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02/01/2013

Une tradition, deux innovations

«Le changement, c'est maintenant», avait promis François Hollande. Dans la nuit de lundi à mardi, un bon millier de véhicules n'en sont pas moins partis en fumée, en France. C'est si conforme à la tradition que, pendant toute la journée d'hier, les médias ont répété en boucle que le réveillon de nouvel an s'était globalement bien déroulé – passons.

Deux innovations tout de même, en matière de sécurité et de maintien de l'ordre. Qu'on a remarquées dans notre quartier parisien de Bastille, qui est aussi celui où réside le ministre socialiste de l'Intérieur, Manuel Valls – ceci explique peut-être cela.

D'abord, le déploiement préventif des forces de l'ordre y a pris des proportions qu'on n'avait encore jamais vues, y compris lors des plus grandes heures du sarkozysme sécuritaire triomphant. Ainsi, jusqu'à présent en période de fêtes de fin d'année, les militaires en uniforme étaient plutôt positionnés dans les lieux a priori à risques et/ou bondés: les grandes gares, les aéroports, les Champs-Elysées le soir du 31, etc. Là, on a pu les voir patrouiller également sur des artères aussi anodines, paisibles et familiales que les boulevards Beaumarchais ou Richard-Lenoir. «Le changement, c'est maintenant»: c'est sans doute ce qu'on a expliqué aux gosses qui, vers la Noël, sortant de la représentation du Cirque d'Hiver, tombaient, médusés, sur ces soldats en treillis, si lourdement armés.

Ensuite, à la St-Sylvestre, la police a rendu sa présence très ostensible. Jusqu'à présent, à Paris comme ailleurs, l'usage voulait que, la nuit, les véhicules de police en intervention utilisent le moins souvent possible leurs sirènes: signalent plutôt leur présence par leurs gyrophares lumineux, histoire d'éviter de réveiller des quartiers entiers, par de tonitruants «pin pon». Le 31 aux alentours de Bastille, en revanche, ce fut, en permanence et jusqu'au petit jour, un grand concert de sirènes de police. «Le changement, c'est maintenant»: c'est ce qu'ont dû soupirer d'aise des milliers de riverains, au moment d'être tirés de leur sommeil par ce tintamarre policier si assourdissant.

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