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30/01/2013

Un ou deux rappel(s), bienvenu(s)

Femmes, Histoire, InstitutionsHier après-midi, à l'Assemblée, le grand débat sur l'ouverture à tous les couples du mariage et de l'adoption (le verbatim, c'est ici), a donné lieu à quelques rappels qu'on a trouvé pas inintéressants. Sur l'évolution qu'a été celle du mariage, en France.

Ainsi, grâce la ministre de la Justice, Christiane Taubira – qui a parlé une demie heure sans la moindre note –, on a appris quelque chose qu'on ignorait complètement. A savoir que, jadis en France, toutes les femmes n'étaient pas autorisées à se marier. Ainsi, avant la révision constitutionnelle de 1791, le mariage exluait «des professions, et notamment les comédiens, parce que la religion proclame qu’elle ne saurait reconnaître les pratiques infâmes des acteurs de théâtre. C’est d’ailleurs le comédien Talma qui va saisir la Constituante, parce que le curé de Saint-Sulpice refuse de publier les bans de son mariage avec une «mondaine», comme on disait à l’époque».

Deux autres rappels historiques, qu'a faits cette fois la ministre de la Famille, Dominique Bertinotti. Et qui, eux, devaient clairement être lus comme une critique du conservatisme et de la ringardise que la gauche reproche à la droite.

Ainsi, il a fallu attendre le régime du Front populaire, dans le milieu des années 30, pour que la France supprime ce qui figurait auparavant, noir sur blanc, dans le contrat de mariage: le devoir d'«obéissance» de la femme envers son époux.

Femmes, Histoire, InstitutionsEt, dans les années 70, quand a été voté le partage de l'autorité parentale entre le père et la mère (et non plus seulement bénéficiant au père), la droite était montée aux barricades, à l'Assemblée. Un de ses députés (Pierre Mazeaud, qui fut très proche de Jacques Chirac) avait agité l'épouvantail du «risque d’aggraver la dissolution de la famille, pourtant cellule de base de toute société». Et, invoquant ce qu'était alors l'avis de pédiatres et de psychanalystes, il avait eu ses phrases: «La mère exerçant l’autorité parentale, n’est-ce pas affirmer que l’enfant devient finalement l’arbitre des décisions qui le concernent? Je crains qu’il n’y ait des effets graves, d’ici quelques années».

En 2013, avec le recul, tout cela apparaît évidemment complètement daté, voire parfaitement dérisoire.

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