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18/02/2013

Une «saturation»

«Dire non, ça nous arrache le cœur». Et pourtant, à partir de ce lundi, le Secours populaire de La Courneuve (Seine-Saint-Denis: banlieue nord de Paris) dit «Non» aux miséreux qui débarquent chez lui pour bénéficier de colis alimentaires. «Non», parce que les stocks de nourriture que gère cette association sont proches de «la saturation»: ils sont juste suffisants pour continuer à nourrir les 400 personnes auxquelles elle vient déjà en aide. «Il y a un raz-de-marée de la misère. Aucune région n'est à l'abri», explique l'association – qui, l'an dernier, a distribué 181 millions de repas, à 2,5 millions de bénéficiaires. A La Courneuve le comité local, «débordé», ne peut plus faire face. Il a donc décidé «la fermeture des inscriptions», pour «un temps indéterminé».

Dernièrement, le Secours populaire avait alarmé sur l'impact d'une réduction du budget européen de l'aide alimentaire aux plus démunis. Cela n'a pas empêché l'Union d'amputer cette enveloppe de 28%. Le Secours avait aussi fait sensation en demandant que stocks de viande de cheval, retirés du circuit depuis le scandale de la «lasagne folle», lui soient donnés, pour qu'elle puisse à son tour les distribuer aux plus démunis. «On ne peut pas gâcher ces stocks, quand des gens ont faim!», avait-elle justifié. On attend toujours, manifestement, la réponse des autorités.

Et donc, en attendant, les pauvres qui, à partir d'aujourd'hui, débarquent à La Courneuve dans l'espoir de recevoir à manger sont priés d'aller frapper à la porte à côté. S'ils en trouvent une.

Sinon, ce lundi en France est aussi le jour où sort la nouvelle édition du Guide Michelin, qui récompense les meilleures tables du pays.

Commentaires

En effet, cette situation dramatique traduit le manque d’ambition et l’échec des politiques menées dans les différent pays.
Cette situation n’est pas une situation d’urgence car elle dure depuis longtemps et s’aggrave. Mais on répond par des réponses à court terme à des problèmes structurels.

Les choix politiques contribuent à fabriquer de la pauvreté, et en même temps, les mêmes responsables se mobilisent pour « sauver » le fonds européen !
L’aide matérielle n’est pas la solution. Elle ne peut pas se substituer à des politiques qui remettent la dignité humaine et les droits des citoyens au cœur de l’action européenne et nationale: que tout enfant réussisse à apprendre à l’école, que tout jeune ait une formation, que toute famille bénéficie d’un logement décent…
Or par l’institutionnalisation d’actions d’assistance se met en place une « gestion » de la misère que Joseph Wresinski a toujours violemment dénoncée: « La misère ne se gère pas, elle se détruit ! ».
Depuis 20 ans, le Professeur Jan Vranken (Universiteit Antwerpen) répète que ces distributions alimentaires ne combattent en aucune manière la pauvreté," elles n'apportent aucune solution fondamentale au problème. C'est comme si on essayait d'éteindre un incendie majeur avec des seaux d'eau"

Écrit par : marc bringer | 19/02/2013

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