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19/02/2013

Une action pas trop lisible

Presse, Médias, SocialJournée sans presse écrite pour nombre de Parisiens, ce mardi. En effet, les kiosquiers et autres points de vente de presse mènent une «opération rideau baissé». Ils gardent porte close pour protester contre l'impact, sur cette profession, du gros conflit social qui s'éternise chez Presstalis: les ex-Messageries de la presse. Depuis octobre, ce conflit a occasionné aux kiosquiers 30 jours successifs de non-distribution des journaux et magazines. A force, le manque à gagner leur devient difficilement supportable. «C'est un grand cri d'alarme de la profession. Les kiosquiers risquent de disparaître», selon le syndicat de la librairie et de la presse.

Hier lundi, déjà, les kiosquiers de Paris faisaient signer une pétition à leurs clients, réclamant que la ministre de la Culture se saisisse en urgence du dossier, et fasse en sorte que la profession et le grand public cessent d'être ainsi «pris en otages» par le contentieux chez Presstalis.

Si l'on peut comprendre l'exaspération des kiosquiers, on peut se demander s'ils avaient vraiment besoin de subir ce mardi, du fait de leur opération «rideau baissé», un 31ème jour de chômage technique, en quatre mois. Et s'interroger si, ce faisant, ce ne sont pas eux qui, à leur tour, prennent «en otages» les clients et les entreprises de presse.

Notre kiosquier du 11ème arrondissement, à qui l'on posait la question ce matin, convenait bien volontiers de la cohérence peu lisible de cette action. Mais, en même temps, il se disait vraiment dégoûté d'avoir eu à subir trente très mauvaises journées de travail depuis la rentrée, à cause d'un conflit social qui le dépasse complètement. Du coup, notre homme a coupé la poire en deux: ce matin il est ouvert, et cet après-midi fermé. Il en profitera pour tenter d'avancer dans «la masse de corvées administratives» en retard qui l'attend, du fait du déstockage auquel il doit procéder. Pas question pour lui aujourd'hui, donc, de se croiser les bras.

De toute manière, il pourrait difficilement rester inactif toute la journée, dans les 3 minuscules m2 qui lui tiennent lieu d'espace de travail, tant il y fait froid, en cette saison. Aussi froid qu'il y fait étouffant pendant les mois d'été. C'est sans doute ce que, en langage syndicalo-technocrate, l'on appelle la pénibilité du travail.

11:39 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : presse, médias, social

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