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27/02/2013

Un drôle de bestiaire

Justice, Littérature, Personnalités, Strauss-KahnOn risque de croiser pas mal d'huissiers dans les librairies en France, ce mercredi. Puisque, comme en a décidé hier soir le tribunal de grande instance de Paris, le livre «Belle et Bête» ne peut y être vendu sans un encart informant le lecteur qu'il attente à la vie privée de Dominique Strauss-Kahn.

Les éditions Stock ont lancé l'impression dudit encart dès le prononcé du jugement. Cela risque tout de même d'être un tour de force d'éviter que le moindre exemplaire soit vendu sans l'inséré – sous peine de 50€ d'amende par infraction constatée. Au passage, une astreinte d'un même montant avait été imposée en 2003 aux éditions Arthème Fayard. Quand la cour d’appel de Paris leur avait ordonné l’insertion d’un encart dans tous les exemplaires de «Marie, ma fille»: le livre de Nadine Trintignant, sur la mort de sa fille Marie. Cet encart rappelait le droit à la présomption d'innocence de Bertrand Cantat – qui, à l'époque, n'avait pas encore été jugé ni condamné, mais que le livre traitait à 85 reprises de meurtrier.

Plus spectaculaire avait été le jugement qui, en 2004, avait frappé l'éditeur Michel Lafon/Jean-Claude Gawsevitch. Pour le livre «Mes nuits noires dans la ville rose». Ecrit par une prostituée toulousaine, Florence Khelifi dite «Fanny», il revenait sur la rocambolesque «affaire Baudis». Du nom de l'ex-homme politique et maire de Toulouse Dominique Baudis, qui avait été faussement accusé d'avoir pris part à des ballets roses ayant donné lieu à des actes de torture et de barbarie sur des enfants.

Justice, Littérature, Personnalités, Strauss-KahnDans son bouquin, «Fanny» mettait en scène un personnage de magistrat. Qu'elle surnommait «Le Cobra», et accusait d'avoir commis des meurtres et d'être acoquiné avec le grand banditisme. La justice, saisie par un haut magistrat toulousain s'étant senti visé, avait carrément ordonné à l'éditeur le retrait de dix passages entiers du livre.

Le cobra, donc. Qui a indisposé davantage la justice que le «mi-homme-mi cochon» Strauss-Kahn – et «caniche», en prime: imaginez à quoi une telle créature peut ressembler... –, ainsi que le dépeint «Belle et Bête». Tout cela, en tout cas, nous fait un drôle de bestiaire.

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