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04/03/2013

Un âge, désormais dit

L'armée française change son fusil d'épaule, si l'on ose dire, dans sa communication relative aux pertes qu'elle subit au Mali. Hier dimanche, pour la première fois, la Défense a communiqué l'âge du troisième soldat français qui vient de perdre la vie dans ce pays, depuis que la France y combat. Alors que, jusqu'à présent, systématiquement, cet élément d'information n'était pas porté à la connaissance de l'opinion (relire ici, par exemple). Ce caporal mort au front était donc «âgé de 26 ans seulement», a précisé le ministre de la Défense.

Bien. Au moins, désormais, les choses sont claires.

N'était-on pas le seul journaliste mal à l'aise avec le manque de transparence qui était de rigueur en la matière, avant dimanche? Hier, en tout cas, on a remarqué que tous les médias français ont chaque fois mentionné l'âge de l'intéressé, quand ils ont évoqué son sort.

Transparence toujours, en ce qui concerne cette fois les circonstances de ce décès. La communication officielle est restée sobre: elle a uniquement informé que ce jeune homme avait été «mortellement touché par un tir ennemi, lors des combats menés dans le massif de l’Adrar, au nord du Mali». Mais certains médias ont jugé bon d'en dire plus. «Il a été tué d'une balle reçue en pleine tête», a-t-on ainsi entendu, sur une radio.

La transparence doit-elle aller jusque là? Jusqu'à donner de telles précisions au grand public? De tels détails: aussi physiques, aussi visuellement parlants? Ou, dans ce cas, ne bascule-t-on pas du registre de l'information à celui de l'impudeur, du macabre, du sensationnalisme?

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