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08/03/2013

Une spécificité, ou pas?

«J'ai davantage été choisie pour mes compétences de journaliste que pour mon statut de femme». C'est, en substance, ce que n'a cessé de dire et de répéter, ces derniers jours, Natalie Nougayrède: la nouvelle directrice du «Monde». Ce qu'elle n'a cessé de répéter, en réponse à ces journalistes qui, en l'interviewant, en arrivaient tous invariablement à l'interroger sur le fait qu'elle est la première femme, en France, à prendre la tête d'un grand quotidien national – si l'on excepte sa consoeur Dominique Quinio, de «La Croix», mais ce n'est pas faire injure à ce journal catholique que d'estimer qu'il ne joue pas vraiment dans la même catégorie.

Y a-t-il une manière spécifique de faire du journalisme quand on est une femme? Y a-t-il un regard journalistique qui soit typiquement féminin? Et qui donnerait une valeur ajoutée au journalisme? Ou être journaliste, homme ou femme, est-ce d'abord et avant tout être journaliste, au-delà du sexe/du genre? Est-ce sexiste de (se) poser ces questions? C'est ce que Natalie Nougayrède semble penser.

Si elle a raison, le journalisme différerait donc de la politique. Puisqu'on entend si souvent dire, en France comme ailleurs, que la politique faite par les femmes se distinguerait de celle des hommes. Les femmes politiques seraient plus concrètes, plus à l'écoute des gens, moins brutales (l'ex-ministre Christine Lagarde ironisa sur le niveau selon elle exagéré de testostérone, en haute politique), voire meilleures gestionnaires (Ségolène Royal l'a assuré, cette semaine).

On verra à l'usage, en tout cas, si «Le Monde», sous l'égide de sa nouvelle patronne, se féminise, ou pas: dans ses choix rédactionnels, son approche journalistique, sa vision de l'actu. Ce sera intéressant à suivre.

 

PS: En attendant, puisque c'est aujourd'hui le 8 mars, remarquons que beaucoup de femmes figurent parmi les journalistes que les médias français, depuis la mi-janvier, envoient au Mali, pour couvrir la guerre qui s'y déroule. Tout comme, auparavant, nombre de consoeurs avaient couvert sur place les révolutions du «Printemps arabe». Certaines, d'ailleurs, l'ont payé chèrement: non pas en tant que journalistes, là, mais bel et bien en tant que femmes.

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