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14/03/2013

Un mot maintenu, finalement

Le mot "race" restera, pour l'instant en tout cas, dans la Constitution française. Où il apparaît aussi bien dans le corps du texte que dans ses préambules: «Tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés», «La France forme avec les peuples d'outre-mer une Union fondée sur l'égalité des droits et des devoirs, sans distinction de race ni de religion». Ce terme y sera maintenu, puisque, cela a été confirmé hier, François Hollande ne soumettra pas au Congrès de Versailles la proposition de révision constitutionnelle qui aurait ôté ce mot de la Constitution, un engagement qu'il avait pourtant pris pendant sa campagne présidentielle.

Tout comme l'octroi du droit de vote aux élections municipales pour les étrangers non-européens, ce projet de modification ne fait pas partie «des réformes susceptibles de recueillir une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés au Congrès», a justifié le communiqué officiel diffusé à l'issue du Conseil des ministres, hier.

La droite est ravie de ce renoncement. Pendant la campagne présidentielle, les sarkozystes, les lepénistes et les polémistes de tout poil (Eric Zemmour, etc.) avaient vilipendé «le politiquement correct» de ce projet de François Hollande. «Le ridicule dépasse les bornes», avait raillé Nicolas Sarkozy en personne.

L'opposition est aux anges, mais c'est la consternation, voire l'abattement, au sein des organisations antiracistes, et y compris chez certains ministres – ainsi, George Pau-Langevin a ouvertement dit sa déception, hier. Pour ces opposants au mot "race" (ici, par exemple), ce concept est «historiquement périmé et scientifiquement inopérant». En plus, outre qu'«'il a été introduit dans la législation française en 1939, puis installé par les lois antisémites du régime de Vichy», il «a servi de support aux discours qui ont précédé les pires actes criminels» du siècle passé.

Hier, tentant de les amadouer, la porte-parole du gouvernement a assuré que ce projet de réforme restait «un engagement symbolique et attendu», engagement qui, a-t-elle sous-entendu, finira par être concrétisé: en temps utile.

On verra cela, d'ici à 2017. On le verra, ou pas?

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