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20/03/2013

Un record pas battu

Un gouvernement nommé il y a dix mois seulement, et déjà un remaniement. Puisque, hier soir, empêtré depuis des mois dans une rocambolesque affaire de détention présumée d'un compte bancaire en Suisse, Jérôme Cahuzac, qui était ministre du Budget, a fini par démissionner. Dix mois: c'est peu dire qu'il ne se sera pas éternisé, à ce maroquin. Cela dit, pour la petite histoire, une carrière ministérielle d'une telle brièveté, c'est tout sauf une première, en France. Où on a déjà connu beaucoup mieux – ou pire, c'est selon.

Ainsi, à Bercy toujours et en 1995 déjà, une personnalité politique avait connu un parcours ministériel encore plus éphémère: quatre mois. C'était l'ultra-libéral Alain Madelin. Numéro trois du gouvernement Juppé (1995-1997), il avait été limogé sans ménagement, après de tonitruantes déclarations sur les «avantages acquis» et «mauvaises habitudes» des fonctionnaires, et sur les RMIstes qui, sans travailler, gagnent plus que les smicards.

Mais ce n'est pas lui qui détient le record de brièveté ministérielle de ce dernier quart de siècle. Il échoit au Pr Léon Schwartzenberg. Fin juin 1988, il avait été nommé ministre délégué chargé de la Santé, au sein du gouvernement Rocard (1988-1991). Il restera ministre très exactement... neuf jours: fut renvoyé après ses propos très libertaires, jugés intempestifs, sur les drogues notamment.

Comparé à ce duo, Jérôme Cahuzac a donc eu, avec ses dix mois passés au gouvernement, une longévité ministérielle que l'on pourrait qualifier d'exceptionnelle...

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