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22/03/2013

Une ligne de défense pas forcément très habile

On se l'est dit dès hier soir, vers 23 heures. En prenant connaissance de la tonalité de certaines parmi les premières réactions de personnalités de droite, à l'annonce de la mise en examen de Nicolas Sarkozy, pour abus de faiblesse. Si d'aventure et par extraordinaire cela vous a échappé, des indices graves et concordants pèsent donc sur l'ex-Président – qui demeure, bien sûr, présumé innocent. En 2007, il aurait pu avoir abusé de la faiblesse de la milliardaire Liliane Bettencourt: en lui soutirant des fonds ayant pu frauduleusement financer sa campagne présidentielle de cette année-là.

C'est l'ultra-sarkozyste député-maire de Nice Christian Estrosi, qui, le premier hier soir, a cru bon d'utiliser cet angle de contre-attaque: il a accusé la justice de «méthodes au relent politique évident». Ce matin, plusieurs cadors de l'UMP ont poursuivi dans cette veine, sous-entendant l'existence d'une espèce de complot politique de magistrats, visant l'ex-chef d'Etat.

Ils ont évidemment parfaitement le droit de penser cela. Mais ils auraient peut-être pu/dû y réfléchir à deux fois, avant de lancer une telle charge dans tous les médias. Car cette ligne de défense est exactement la même – y compris jusqu'au recours à certains termes précis – que celle utilisée (cette semaine encore) par une autre personnalité politique ayant des soucis avec la justice, dans un autre pays. La situation de ces deux hommes, bien évidemment, n'est absolument pas comparable. Mais cette similitude de ligne de défense pourrait conduire une partie des Français à faire l'analogie entre eux deux, dans une sorte de rapide raccourci. Auquel cas, ce serait vraiment tout sauf à l'avantage de Nicolas Sarkozy.

Cette autre personnalité à laquelle on a immédiatement pensé hier soir, entendant ses arguments recyclés dans la bouche de Christian Estrosi, c'est un certain... Silvio Berlusconi. Et son éternel refrain sur les juges pourris: agissant davantage à des fins politiques que judiciaires.

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