Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

07/05/2013

Une consommation déraisonnable

Dans le pays du vin, du pastis et de la Kro qu'est la France, sans doute est-ce assez naturel que l'on apprécie les plaisirs de l'alcool. Mais ce n'est pas sans poser de problèmes. Ainsi, un ensemble d'études scientifiques publié (ici) hier soir, sous l'égide de l'Institut de veille sanitaire, a lancé un cri d'alarme. Il juge «urgent d’agir pour réduire encore la consommation d’alcool en France, afin de réduire la mortalité, et notamment la mortalité prématurée».

Car chaque Français (adulte, évidemment) consomme en moyenne 27 grammes d’alcool pur par jour. C'est infiniment moins qu'au siècle dernier (65 grammes, à la fin des années 1930). Mais cela reste beaucoup trop: l'Hexagone affiche «une des consommations d’alcool les plus élevées des 48 pays d’Europe, après l’Estonie, la République tchèque et l’Irlande». Conséquence: chaque année, 49000 décès survenant en France sont à attribuer à cette consommation excessive.

Particulièrement préoccupante est l'alcoolisation croissante des jeunes. Ainsi, «l’expérimentation de boissons alcoolisées est déclarée par 59% des élèves de 6e (primaire), elle progresse en fréquence au cours des années du collège jusqu’à concerner 83% des élèves de 3e, puis 93% des élèves en terminale». Et «la part de ceux qui déclarent avoir déjà connu une ivresse progresse nettement, passant de 17% en 4e à 69% des élèves de terminale. De même, l’usage régulier d’alcool (au moins dix fois lors du dernier mois précédant l’enquête) passe de 3% en 4e à 27% en terminale». Et il n'y a pas seulement qu'en Angleterre que l'on est confronté au «binge drinking»: «Les 18-25 ans se distinguent des personnes plus âgées par des consommations d’alcool moins régulières, mais plus excessives». Si l'on note chez eux «une stabilisation de la consommation quotidienne d’alcool», on remarque aussi «une augmentation des alcoolisations ponctuelles importantes et des épisodes d’ivresses». Concrètement, «les ivresses répétées concernent près de deux fois plus d’étudiants en 2010 qu’en 2005, et plus du double parmi les femmes».

C'était sans doute utile à rappeler, à l'approche des vacances d'été: période comme chacun sait propice aux libations – enfin se lâcher, se laisser aller: après tant et tant de mois laborieux.

Les commentaires sont fermés.