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13/05/2013

Une cohérence qui ne saute pas aux yeux

Paris, Personnalités, Histoire, International, Delanoë Puisque, dans la dernière note, on évoquait les mots qui fâchent, revenons sur ce dont on avait parlé l'autre jour (là): cette double tentative de renommer une rue de Paris. En l'honneur soit (version droite UMP) de la «Dame de Fer» Maggie Thatcher, soit (version Front de gauche) de son opposant républicain irlandais Bobby Sands. Un boulevard Maggie? Un square Bobby? Finalement, la majorité socialiste a tranché: ce ne sera... ni l'un, ni l'autre. En effet, selon la mairie, ce faire aurait été «utiliser les décès des uns et des autres à des fins politiques», dixit l'adjoint du maire, Bertrand Delanoë, chargé des questions internationales.

Pas de noms de personnalités politiques étrangères pour les rues de la Ville lumière? C'est la deuxième fois que la mairie ressort l'argument. Elle l'avait déjà fait en 2010, quand elle avait refusé qu'un lieu de la capitale honore la mémoire du Palestinien Yasser Arafat.

On ne peut pas dire que la cohérence du raisonnement saute aux yeux.

De longue date, Paris a une avenue Président Kennedy, dans le seizième arrondissement. Une avenue Franklin Roosevelt, près des Champs. Une avenue Président Wilson, à Iéna. Ou une avenue Winston Churchill, près du Grand Palais. En dehors du monde anglo-saxon, le libérateur vénézuélien Simon Bolivar et le révolutionnaire cubain José Marti ont respectivement nommé une place et une rue de la capitale. Il y a un jardin Yitzhak Rabin dans le parc de Bercy. Bertrand Delanoë lui-même, en 2010, inaugura une promenade Ben Gourion, le fondateur d'Israël, sur les quais de Seine. Et, quatre ans plus tôt, s'agissant d'une autre personnalité politiquement très controversée, il avait donné le nom de l'ex-pape Jean-Paul II au parvis de la cathédrale Notre-Dame. A l'époque, d'ailleurs, l'initiative avait suscité un gros chahut.

Paris, Personnalités, Histoire, International, Delanoë En revanche, il n'y aura donc pas de polémiques ou de manifs pour ou contre une esplanade Maggie Thatcher ou une allée Bobby Sands. A un an des prochaines élections municipales (il est prévu qu'elles se tiennent au printemps 2014), surtout ne se mettre personne à dos. Ne pas faire de vagues, en somme.

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