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23/05/2013

Un rappel à l'ordre

Impossible de ne pas le remarquer, en regardant la télé. Depuis une semaine, les chaînes françaises prennent bien soin de flouter les visages des enfants montrés dans les programmes d'information. Ce n'est pas un mince changement, et c'est le résultat d'un coup de gueule ministériel.

Celui qu'a poussé le ministre de l'Education, Vincent Peillon. Jeudi dernier, quand il s'est rendu compte que nombre de chaînes n'avaient pas garanti l'anonymat des enfants qu'elles interviewaient, à la sortie de cette école parisienne où un homme s'est suicidé en se tirant une balle dans la tête, après avoir fait irruption dans l'établissement. Furieux de ce manque de «décence» et de «pudeur», le ministre a aussitôt saisi le Conseil supérieur de l'audiovisuel. Qui a «solennellement» adressé une mise en garde aux médias. «Le recueil du témoignage des enfants placés dans une situation aussi difficile est subordonné à une double condition cumulative: la garantie de leur anonymat, en particulier par le floutage, et l’autorisation explicite des titulaires de l’autorité parentale».

Si, depuis cette réprimande, les télés françaises font beaucoup plus attention, ce n'est pas spécialement qu'elles feraient preuve de servilité envers le «gendarme de l'audiovisuel» et/ou envers le ministre. C'est parce qu'elles n'ont pas le choix: c'est la loi. Le droit de chacun au respect de sa vie privée, en effet, est garanti par le code civil (en son article 9). Et les télés qui, jeudi dernier, ont montré les visages des enfants interviewés auraient pu, théoriquement, être poursuivies en justice. Puis condamnées: à des peines d'un an de prison et de 45000 euros d'amende.

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