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31/05/2013

Une prédiction hasardeuse

Personnalités, Humour, Météo, HollandeUn peu d'humour, pour bien terminer la semaine. D'humour présidentiel, même. Puisque, en ce moment, François Hollande mérite plus que jamais son surnom de «M. Petites Blagues».

Et la météo semble beaucoup inspirer le Président. «Il pleut tout le temps, depuis un an!», a-t-il ironisé, cette semaine. C'est vrai que, depuis ce jour d'investiture de la mi-mai 2012 où le successeur de Nicolas Sarkozy descendit les Champs-Elysées sous des trombes d'eau, on a un peu l'impression que le beau temps a quitté la France. «Gouverner, c'est pleuvoir!», a philosophé, dans la foulée, François Hollande – réinventant à sa manière la maxime «Gouverner, c'est prévoir».

«Vous allez voir: cela va se lever», a-t-il ensuite assuré, poursuivant sa métaphore politico-météorologique. Mais peut-être le chef de l'Etat s'est-il avancé un peu vite, avec une telle prédiction. Cette semaine, en effet, plusieurs prévisionnistes ont, eux, déprimé encore un peu plus les Français: en leur signalant que, statistiquement, après un hiver aussi long et un printemps aussi pourri, il y avait des chances que l'été, à son tour, soit exceptionnellement humide et frais.

Cela promet.

30/05/2013

Un éventail de sentiments

C'était assez drôle: hier, à la télé. De voir les têtes des journalistes au moment d'annoncer, de commenter ou de relater le premier mariage de France entre deux gays, à Montpellier. Il y avait là tout l'éventail des sentiments humains possibles.

L'hystérie, d'abord. A en friser l'apoplexie, devant «cet événement de portée mondiale» – heu, on se calme? C'était bien sûr particulièrement le cas des chaînes d'info continue, excitées comme jamais. L'empathie, ensuite: l'émotion manifestement sympathisante, quasi la larme à l'oeil. Elle était perceptible notamment chez quelques reporters de terrain de BFMTV. Alors que, paradoxe, cette chaîne est détestée par nombre d'activistes gays, pour sa couverture jugée de bout en bout partiale de cette saga sur le «mariage pour tous». Il y avait la prudence, aussi. A tout prix garder son quant-à-soi, sur un sujet aussi clivant et donc délicat. Sous peine qu'une mine allant dans un sens ou dans un autre énerve, et donc fasse zapper, la moitié des téléspectateurs. David Pujadas, au 20 Heures de France 2, a été le parfait exemple de cette attitude-là. On a aussi cru décrypter des sourires en coin. Du genre: «Je ne dis rien, mais n'en pense pas moins». Gilles Bouleau, au 20 Heures de TF1, nous a semblé dans ce registre-là.

Le plus cocasse, d'ailleurs, a été visible sur cette même chaîne. Quelques heures plus tôt: au 13 Heures de Jean-Pierre Pernaut – le JT le plus populaire de l'Hexagone.

D'habitude, l'homme est en permanence jovial. Il n'a pas son pareil pour lancer les sujets les plus anecdotiques (la météo, l'actu locale, etc.) avec une grande hilarité, comme s'ils étaient autant de sources potentielles de joie de vivre et de grand bonheur. Hier, en revanche, dans l'amorce du sujet de son JT consacré aux préparatifs nuptiaux de Montpellier, il n'a pas desserré les mâchoires. A affiché, de bout en bout, un masque glacial et crispé.

Et s'est bien gardé de désannoncer la séquence en adressant tous ses voeux de bonheur aux jeunes mariés. Lui qui, pourtant, est toujours le premier à féliciter à l'antenne la moindre centenaire du village le plus reculé de France, le moindre petit artisan du terroir mettant en valeur son patrimoine séculaire.

29/05/2013

Une désastreuse image

Journalismes, Médias, Télévisions, Personnalités, Le PenHier soir, à un JT de 20 heures. Un sujet sur Marine Le Pen, et plus spécialement sur son influence et audience qui seraient grandissantes, en France.

Le sujet illustre ce postulat notamment en montrant la n°1 du Front national dans les coulisses d'une chaîne de télé. Avant son passage à l'antenne: en train d'y converser très aimablement avec son intervieweur – une des vedettes du journalisme politique parisien – , en le tutoyant.

Aucune surprise de notre part, à la vue de ces images: cela fait plusieurs années déjà que l'on a pu constater que le duo se tutoie – et même se fait la bise, pour se saluer. Aucune surprise, mais néanmoins un léger frisson, à l'idée de l'effet potentiellement dévastateur de ces bruits et images de couloir, auprès du grand public.

Des anecdotes de cet acabit risquent évidemment de le renforcer encore un peu plus dans sa conviction/sensation de l'existence d'une caste politico-médiatique, à la tête du pays. Une sorte d'élite fonctionnant au copinage voire à la consanguinité, si loin des préoccupations des gens.

28/05/2013

Un rappel, bienvenu

«Les mots ont un sens». C'est le rappel, utile, qu'a fait François Hollande, hier. A l'adresse des plus excités des anti-mariage gay. Ceux qui manifestent en scandant des slogans hostiles à un Président «dictateur» qui se trouverait à la tête d'un Etat «fasciste», ceux qui tabassent des «journalistes collabos», ceux qui se targuent d'incarner une «Résistance».

«La Résistance, c'était par rapport au nazisme, à l'Occupation. La collaboration, c'était des Français qui étaient avec l'occupant. Et le fascisme, le nazisme, la dictature, c'était une époque qui heureusement est révolue», a rappelé François Hollande. Qui a condamné cette «utilisation des mots de la seconde guerre mondiale et du nazisme à des fins qui n'ont rien à voir avec ce qu'ils ont exprimé», à l'origine.

Encore plus clairement, l'hôte de l'Elysée aurait pu dire que récupérer un tel lexique, réservé à une période historique aussi lourde, n'est pas seulement grotesque. C'est aussi indigne. Car cela insulte les souffrances qu'endurèrent les victimes, à l'époque.

La gauche, cela dit, a peu de leçons à donner à la droite, en la matière. Elle qui, sous Nicolas Sarkozy, qualifiait de «rafles» les opérations policières menées contre les étrangers sans-papiers. Certes, bien souvent, ces coups de filet se déroulaient dans des conditions choquantes. Quand, par exemple, des clandestins étaient arrêtés alors que, affamés, ils faisaient la queue pour la soupe populaire, ou quand ils attendaient leurs enfants à la sortie de l'école, ou étaient en train de se faire soigner dans un dispensaire. Il n'empêche, parler de «rafles», avec l'épouvantable passé que ce terme véhicule (les rafles de Juifs, la rafle du Vel d'Hiv, etc.), n'était pas plus admissible que de prétendre aujourd'hui incarner une «Résistance».

Les mots ont un sens.

27/05/2013

Une invitation à dégager

Paris, SociétéA nouveau la castagne, hier soir à Paris: à l'issue de la manifestation contre le mariage gay. Comme cela avait été le cas lors des précédentes manifestations, sa dissolution a été suivie par des jets de pierres et de projectiles divers sur les policiers. Par des casseurs, particulièrement excités.

Il a fallu attendre 23 heures passées pour que le calme revienne, dans le quartier des Invalides. A l'issue des échauffourées, 293 personnes ont été interpellées, parmi lesquelles 231 ont été placées en garde à vue.

Visiblement, il n'y a pas que dans la classe politique que le niveau général de testostérone est trop élevé – comme avait dit Christine Lagarde, quand elle était ministre. C'est manifestement le cas aussi dans ces groupuscules agités de la droite ultra, d'où sortent ces énergumènes. A l'attention toute spéciale de ces gros bras, donc, ce pochoir que l'on voit pas mal en ce moment, sur le bitume de notre onzième arrondissement. Et qui invite les machos de tous poils à dégager fissa.

Si ça pouvait être vrai...

11:09 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris, société

24/05/2013

Un état très dégradé

Les automobilistes de Paris et de sa région pestent beaucoup, en ce moment, contre les radars. Hier encore, on ne parlait que de cela (voir, par exemple). Ils auraient des raisons de se plaindre aussi de l'état du réseau routier, en région parisienne. Immense, ce réseau: 800 kilomètres d'autoroutes, plusieurs centaines de kilomètres de bretelles, et des tunnels parmi les plus longs d'Europe. Le tout dans un état assez désastreux, comme l'a rappelé la droite UMP cette semaine, au Parlement (là).

Infrastructures pas rarement dans un état de «délabrement». Accotements «sales». Tags qui «se multiplient». Glissières de séparation «souvent rouillées ou abîmées». Evacuation des eaux «déficiente». Signalisation verticale «en mauvais état». Bandes blanches qui «ne réfléchissent plus rien». Panneaux lumineux d'information «défectueux». Revêtement «souvent endommagé». Eclairage public «coupé la nuit sur certaines portions, défaillant sur d'autres». Bref, selon un sénateur UMP de la Seine-Saint-Denis (banlieue nord de Paris), «prendre la route de nuit, sous la pluie, devient dangereux», en région parisienne.

Paris, Transports, GouvernementLe ministre des Transports, par la voix d'une collègue, n'a pas nié le problème. Malgré les 95 millions d'euros affectés chaque année à l'entretien du réseau routier parisien, son état visiblement demeure perfectible. La propreté s'y «dégrade trop rapidement». Le système d'évacuation des eaux a souffert des «précipitations abondantes» de ces derniers mois. Les vols de câbles électriques affectent «parfois» la continuité nocturne de l'éclairage des autoroutes A1, A3 et A86. Et «la sécurité impose un plus haut niveau de maintenance des tunnels». Il n'empêche, les usagers de ce «réseau routier stratégique» peuvent «compter sur l'engagement de l'État et de ses agents», pour travailler à l'amélioration de la situation.

Les automobilistes concernés – plusieurs millions chaque jour, tout de même – seront certainement ravis de l'apprendre. En attendant de pouvoir le constater, de visu.

23/05/2013

Un rappel à l'ordre

Impossible de ne pas le remarquer, en regardant la télé. Depuis une semaine, les chaînes françaises prennent bien soin de flouter les visages des enfants montrés dans les programmes d'information. Ce n'est pas un mince changement, et c'est le résultat d'un coup de gueule ministériel.

Celui qu'a poussé le ministre de l'Education, Vincent Peillon. Jeudi dernier, quand il s'est rendu compte que nombre de chaînes n'avaient pas garanti l'anonymat des enfants qu'elles interviewaient, à la sortie de cette école parisienne où un homme s'est suicidé en se tirant une balle dans la tête, après avoir fait irruption dans l'établissement. Furieux de ce manque de «décence» et de «pudeur», le ministre a aussitôt saisi le Conseil supérieur de l'audiovisuel. Qui a «solennellement» adressé une mise en garde aux médias. «Le recueil du témoignage des enfants placés dans une situation aussi difficile est subordonné à une double condition cumulative: la garantie de leur anonymat, en particulier par le floutage, et l’autorisation explicite des titulaires de l’autorité parentale».

Si, depuis cette réprimande, les télés françaises font beaucoup plus attention, ce n'est pas spécialement qu'elles feraient preuve de servilité envers le «gendarme de l'audiovisuel» et/ou envers le ministre. C'est parce qu'elles n'ont pas le choix: c'est la loi. Le droit de chacun au respect de sa vie privée, en effet, est garanti par le code civil (en son article 9). Et les télés qui, jeudi dernier, ont montré les visages des enfants interviewés auraient pu, théoriquement, être poursuivies en justice. Puis condamnées: à des peines d'un an de prison et de 45000 euros d'amende.

22/05/2013

Un nouvel habitant

Paris, ArtsParis, ArtsUn visage, surgi de nulle part. Découvert ce matin au saut du lit, dans notre coin de Paris – quartier Saint-Sébastien, dans le onzième arrondissement. Visage de papier, grand format, comme sorti d'une BD. Collé sur un mur, par un artiste de rue.

Visage mutique d'un jeune homme. La moue boudeuse, ayant l'air de toiser le passant, de ce regard que l'on trouve légèrement condescendant.

A quelques rues de là, de l'autre côté du boulevard, un autre visage, lui présent depuis plusieurs mois, contemple lui aussi la vie de quartier. Casquette, lunettes, davantage de couleurs dans le graphisme, mais un regard identiquement songeur.

Cela arrive de temps en temps, dans Paris, de faire connaissance, du jour au lendemain, avec de nouveaux voisins, le plus souvent éphémères. Ainsi, on l'évoqua en son temps, cet ancien Président (ici) cocassement réapparu sur une porte (et qui y figure toujours, aux dernières nouvelles). Ou ces candidats imaginaires aux élections (là), que l'on vit beaucoup dans les rues de la capitale, au moment de la campagne électorale. Ou, encore, ce visage magnifique de Noir (ici), qui impressionna beaucoup les gens du quartier. Avant qu'impitoyablement il disparaisse, balayé par les pluies et/ou les coups de pinceau des agents municipaux de la propreté.

Paris, ArtsAutant de rencontres fugaces et inattendues, qui, au gré de l'humeur des créateurs, agrémentent les allées et venues dans Paris. «La rue est une galerie d'art en plein air», dixit un pochoir que l'on a longtemps vu, dans le onzième. L'art en plein air: à ciel ouvert.

Bien.

11:50 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris, arts

21/05/2013

Un cas de figure envisagé

Remue-ménage, place de la Bastille. Où, depuis hier, une armada de gros bras s'affaire à monter la scène où, ce soir, se produiront le chanteur Mika et les autres artistes participant au «Concert pour tous». Qui est organisé par les pro-«mariage pour tous», pour fêter le vote définitif de cette réforme par le Parlement – ce week-end, le texte a été promulgué et publié au Journal officiel.

La manifestation festive pourrait bien se dérouler sous haute protection policière. Les autorités, en effet, n'écartent pas la possibilité de raids d'anti-mariage gay sur Bastille, en cours de soirée. Certains scénarios policiers ont même envisagé un autre cas de figure que celui d'incidents isolés. A savoir, un grabuge généralisé, qui pourrait prendre les mêmes proportions... que la soirée de saccage ayant dévasté le quartier du Trocadéro, l'autre jour. En marge d'une manifestation qui, elle aussi, était censée purement festive: la célébration du titre de champion de foot, remporté par le PSG.

Que ne soit pas écartée la possibilité de batailles rangées sur le sujet en dit long sur l'état du débat politique, dans ce pays. Tout comme le fait que, depuis dix jours, dans le Marais gay – a-t-on remarqué en y passant, ce week-end –, des cars de police sont désormais stationnés en permanence. Veillant au grain. Dans le cadre sans doute de ce que l'on appelle le principe de précaution.

Sale ambiance, décidément.

17/05/2013

Une cachette originale

Police, Sécurité, Economie, TransportsCe ne sont pas moins de trois ministres qui, hier après-midi, ont annoncé la nouvelle. Les ministres de l’Economie, du Commerce extérieur et du Budget. Ils ont félicité les agents des Douanes, pour le joli coup de filet qu'ils ont réussi, mercredi: sur l'autoroute A10, dans la région de Tours.

En l'occurrence, plus de deux tonnes de résine de cannabis, dénichées dans un camion provenant d'Espagne. Précisément: «48 valises marocaines, 71 paquets de résine et 23 sacs de «pollen» de cannabis, pour un poids total de 2162 kg». La valeur de la prise est estimée à plus de 10 millions d’euros. Et son modus operandi mérite d'être détaillé. «C’est vers 18 heures que les agents ont sélectionné un ensemble routier frigorifique pour le contrôler. Selon le chauffeur et les documents présentés, il transportait 22 palettes de carottes. Les agents ont constaté que le camion n’était pas réfrigéré, alors que les marchandises étaient censées être transportées à 4 degrés. Le chien de l’équipe cynophile, quant à lui, a marqué l’extérieur de la remorque et les palettes de légumes. Le contrôle du chargement a permis de mettre rapidement au jour des valises marocaines, entre les palettes de carottes».

L'histoire ne dit pas ce que sont devenues les carottes.

16/05/2013

Une addition, salée

«ZNAK SUITE FERAY» et «PVC95». Ainsi signaient les tagueurs qui ont été arrêtés mardi, dans le Val d'Oise (banlieue de Paris). Leurs graffitis, ils les apposaient sur des trains stationnés dans des gares parisiennes ainsi que sur des métros. La police des transports, qui recense méticuleusement – en les photographiant – tous les tags dont elle recherche les auteurs, a plongé dans ses fichiers et fait ses comptes. Facture finale? Les trois jeunes sont accusés d'avoir causé à la SNCF et à la RATP un préjudice d'un montant total de ... 560 000€. Ils sont en voie d'être déférés au parquet. C'est peu dire qu'ils n'ont pas fini de payer.

Selon la préfecture de police de Paris, lors des perquisitions menées à leurs domiciles, a été retrouvé tout le matériel ad hoc: «bombes de peinture, croquis de tags, une nouvelle encre indélébile aux techniques de nettoyage», etc. Mais aussi «deux armes: l’une de type kalachnikov neutralisée, l’autre un pistolet». Ils n'ont pas fini de payer, décidément.

15/05/2013

Une piste, pas forcément adéquate?

Santé, Economie, Jeunes, Art de vivreQuelques jours après l'étude préoccupante sur la consommation d'alcool en France (dont on parlait mardi dernier), cette piste fiscale que le Parlement explore. Le vin pourrait être soumis à une taxe spéciale, comme la bière depuis l'an dernier, et les alcools forts depuis 2011.

Ce prélèvement serait «mesuré»: quelques centimes d'euro supplémentaires par bouteille de vin. Alors que ce produit a toujours bénéficié d'une fiscalité avantageuse par rapport aux autres alcools: 4 centimes de taxe par bouteille, contre 36 centimes pour la bière et 1,90€ pour les spiritueux.

Une telle mesure, toutefois, risque de ne pas passer comme une lettre à la poste. En France, le secteur du vin au sens large occupe 500.000 emplois. C'est donc, outre un puissant lobby, un secteur économique important. Et exportateur (7,6 milliards d'euros d'excédents annuels), ce qui n'est pas rien dans un pays dont la balance commerciale est lourdement déficitaire.

Cette taxe éventuelle risque de passer d'autant plus mal que, comme l'a rappelé le rapport cité plus haut, la réduction de plus de la moitié de la consommation d'alcool enregistrée en France ces cinquante dernières années est «essentiellement imputable à la baisse de la consommation de vin». Certes, ce produit domine toujours le marché: 58% du total des alcools consommés (contre 22% pour les spiritueux et 17% pour la bière). Mais, «depuis le début des années 2000, sa part a légèrement régressé (-3 %), principalement au profit des spiritueux (+2,5 %)».

En outre, chez les 18-25 ans, depuis 2005, la part de consommateurs hebdomadaires de vin n’a pas significativement augmenté, à l'inverse de celle d'autres alcools. Chez les jeunes hommes, le vin (22,4%) est désormais dépassé par les alcools forts (29,5%) et la bière (39,3%). Chez les jeunes femmes, il reste la boisson la plus courante (14,3%), mais sa consommation augmente moins vite que celle d'alcools tels le cidre, le champagne, ou le porto.

Santé, Economie, Jeunes, Art de vivreGlobalement, donc, pour ce qui concerne leur consommation d'alcool, les jeunes en restent au «régime TGV», comme l'on dit dédaigneusement dans les milieux viticoles français: le régime tequila, gin, vodka.

Pas sûr, dès lors, qu'augmenter les taxes frappant le vin contribuera forcément à réduire la consommation juvénile d'alcool.

 

14/05/2013

Une appréciation ahurissante

Tant pis pour les amateurs de foot – les vrais: pas les hooligans. Ce matin, le ministre de l'Intérieur a ordonné l'annulation de la cérémonie qui devait avoir lieu ce soir, place de l'Hôtel de ville. Au cours de laquelle devait être présenté au public le trophée de champion de France remporté dimanche par le club de foot de la capitale, le PSG. En cause, les très gros débordements et incidents ayant eu lieu hier soir sur la place du Trocadéro et ses alentours, à l'occasion de réjouissances consacrées, déjà, à ce titre de champion.

Des abribus en miettes. Des vitrines de magasins en mille morceaux. Du mobilier urbain saccagé. Des poubelles et des voitures incendiées. Des touristes étrangers rançonnés dans leur car pris d'assaut par les voyous. Un fast-food dont le stock de burgers a été pillé. Et on en passe. Tel est le bilan d'une soirée qui était censée festive.

«Il y a eu quelques imbéciles qui ont failli troubler la fête, mais celle-ci n'est pas gâchée. Tout s'est bien passé. Les débordements ont été contenus». C'est la déclaration, proprement ahurissante, qu'a faite le maire de Paris, Bertrand Delanoë, hier soir.

Tous ces dégâts, une trentaine de personnes blessées, et une quarantaine de casseurs interpellés, mais, à part cela donc, «les débordements ont été contenus». On n'ose imaginer l'état du quartier du Trocadéro ce matin, si le maire avait jugé que tel n'avait pas été le cas.

13/05/2013

Une cohérence qui ne saute pas aux yeux

Paris, Personnalités, Histoire, International, Delanoë Puisque, dans la dernière note, on évoquait les mots qui fâchent, revenons sur ce dont on avait parlé l'autre jour (là): cette double tentative de renommer une rue de Paris. En l'honneur soit (version droite UMP) de la «Dame de Fer» Maggie Thatcher, soit (version Front de gauche) de son opposant républicain irlandais Bobby Sands. Un boulevard Maggie? Un square Bobby? Finalement, la majorité socialiste a tranché: ce ne sera... ni l'un, ni l'autre. En effet, selon la mairie, ce faire aurait été «utiliser les décès des uns et des autres à des fins politiques», dixit l'adjoint du maire, Bertrand Delanoë, chargé des questions internationales.

Pas de noms de personnalités politiques étrangères pour les rues de la Ville lumière? C'est la deuxième fois que la mairie ressort l'argument. Elle l'avait déjà fait en 2010, quand elle avait refusé qu'un lieu de la capitale honore la mémoire du Palestinien Yasser Arafat.

On ne peut pas dire que la cohérence du raisonnement saute aux yeux.

De longue date, Paris a une avenue Président Kennedy, dans le seizième arrondissement. Une avenue Franklin Roosevelt, près des Champs. Une avenue Président Wilson, à Iéna. Ou une avenue Winston Churchill, près du Grand Palais. En dehors du monde anglo-saxon, le libérateur vénézuélien Simon Bolivar et le révolutionnaire cubain José Marti ont respectivement nommé une place et une rue de la capitale. Il y a un jardin Yitzhak Rabin dans le parc de Bercy. Bertrand Delanoë lui-même, en 2010, inaugura une promenade Ben Gourion, le fondateur d'Israël, sur les quais de Seine. Et, quatre ans plus tôt, s'agissant d'une autre personnalité politiquement très controversée, il avait donné le nom de l'ex-pape Jean-Paul II au parvis de la cathédrale Notre-Dame. A l'époque, d'ailleurs, l'initiative avait suscité un gros chahut.

Paris, Personnalités, Histoire, International, Delanoë En revanche, il n'y aura donc pas de polémiques ou de manifs pour ou contre une esplanade Maggie Thatcher ou une allée Bobby Sands. A un an des prochaines élections municipales (il est prévu qu'elles se tiennent au printemps 2014), surtout ne se mettre personne à dos. Ne pas faire de vagues, en somme.

10/05/2013

Un mot, plutôt qu'un autre

Comme chaque 10 mai depuis l'année 2001, ce vendredi est, en France, la Journée nationale de commémoration de l'abolition de l'esclavage. Qui sait François Hollande en profitera-t-il pour houspiller la droite et/ou lui reprocher de ne pas vouloir l'épauler dans l'accomplissement d'une de ses promesses électorales. Il s'agit de sa volonté de supprimer le mot "race" de la Constitution française – on en a déjà parlé, dernièrement: relire ici. Cette réforme nécessite un vote à la majorité des trois cinquièmes, au Congrès de Versailles. Dès lors, sans les voix de la droite, la gauche n'est numériquement pas en mesure de la faire passer.

Au sujet des mots qui fâchent et de cette page si douloureuse de l'Histoire, il est un autre terme qui est dans le collimateur de la gauche. D'ailleurs, la ministre de la Justice Christiane Taubira – qui est à l'origine de la loi de 2001 sur cette journée commémorative du 10 mai – a demandé à ses services de ne plus recourir à ce mot, dans les circulaires et documents officiels.

Il s'agit, pour distinguer la France continentale de celle d'outre-mer, du terme "métropole". Ses détracteurs veulent qu'il soit proscrit dans les usages officiels, car ils lui voient une connotation coloniale. Ce que confirme, du reste, «Le Robert»: il définit la métropole comme étant, dans cette acception, un «Etat, territoire d'Etat, considéré par rapport à ses colonies, aux territoires extérieurs». En ce sens, il serait nettement préférable de dénommer la France continentale en utilisant le terme "Hexagone" – lui complètement neutre, historiquement.

Pourquoi pas.

Si ce n'est que, bien sûr, la droite va une fois de plus se gausser du «politiquement correct de la gauche bien-pensante», selon son expression désormais consacrée.

08/05/2013

Un soleil moins brûlant

personnalités,hollande,parti socialisteIls ont bien changé, en un an: les slogans à caractère politique, peinturlurés sur les murs du quartier Bastille, dans notre onzième arrondissement parisien. C'est ce qu'on s'est dit, l'autre matin. En tombant nez à nez sur un énorme «LARMES A GAUCHE», écrit en lettres capitales. En mai 2012, en revanche, sur les murs de Paname, on ne lisait guère que des odes au nouveau Président.

A dire vrai, on a été tout sauf étonné en tombant sur ces larmes de peinture. L'un après l'autre, ces derniers jours, les instituts de sondage ont tous et parfaitement confirmé, si besoin en était, l'extraordinaire dégringolade de la popularité de l'hôte de l'Elysée et de sa politique, y compris au sein de l'électorat qui, il y a un an, l'avait supporté.

Des exemples? Selon la Sofres (là), sont mécontents du bilan de François Hollande 56% des électeurs ayant voté pour lui en avril 2012, au premier tour de la présidentielle. Et 70% de ceux qui l'ont choisi au second tour, en mai. Ce que confirme, globalement, l'institut CSA (là). Qui note une «démobilisation sensible de l’électorat de gauche, et plus particulièrement de celui ayant apporté ses suffrages à François Hollande. Seuls 59% des personnes ayant voté pour lui au premier tour de l’élection présidentielle en 2012 voteraient à nouveau pour lui».

Des exemples, encore? A en croire l'Ifop (ici), un an plus tard, 36% des électeurs de gauche n'approuvent pas l’action du Président. Enfin, selon Ipsos (là), «François Hollande bascule dans l’impopularité, même dans son propre camp: seulement 47% des sympathisants de gauche (-6 points par rapport à avril, -12 points en deux mois) lui accordent leur confiance, contre une majorité relative de 49% (+6 points) qui ne le font pas. Auprès des sympathisants PS, c’est à peine mieux : il recueille 58% d’avis favorables (en baisse également, de 5 points), contre 39% de mauvaises opinions».

personnalités,hollande,parti socialisteComme dit la célèbre vieille chanson française, en plus particulièrement de circonstance en ce mercredi parisien si nuageux: «Oh! je voudrais tant que tu te souviennes/ Des jours heureux où nous étions amis./ En ce temps-là la vie était plus belle, /Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui».

07/05/2013

Une consommation déraisonnable

Dans le pays du vin, du pastis et de la Kro qu'est la France, sans doute est-ce assez naturel que l'on apprécie les plaisirs de l'alcool. Mais ce n'est pas sans poser de problèmes. Ainsi, un ensemble d'études scientifiques publié (ici) hier soir, sous l'égide de l'Institut de veille sanitaire, a lancé un cri d'alarme. Il juge «urgent d’agir pour réduire encore la consommation d’alcool en France, afin de réduire la mortalité, et notamment la mortalité prématurée».

Car chaque Français (adulte, évidemment) consomme en moyenne 27 grammes d’alcool pur par jour. C'est infiniment moins qu'au siècle dernier (65 grammes, à la fin des années 1930). Mais cela reste beaucoup trop: l'Hexagone affiche «une des consommations d’alcool les plus élevées des 48 pays d’Europe, après l’Estonie, la République tchèque et l’Irlande». Conséquence: chaque année, 49000 décès survenant en France sont à attribuer à cette consommation excessive.

Particulièrement préoccupante est l'alcoolisation croissante des jeunes. Ainsi, «l’expérimentation de boissons alcoolisées est déclarée par 59% des élèves de 6e (primaire), elle progresse en fréquence au cours des années du collège jusqu’à concerner 83% des élèves de 3e, puis 93% des élèves en terminale». Et «la part de ceux qui déclarent avoir déjà connu une ivresse progresse nettement, passant de 17% en 4e à 69% des élèves de terminale. De même, l’usage régulier d’alcool (au moins dix fois lors du dernier mois précédant l’enquête) passe de 3% en 4e à 27% en terminale». Et il n'y a pas seulement qu'en Angleterre que l'on est confronté au «binge drinking»: «Les 18-25 ans se distinguent des personnes plus âgées par des consommations d’alcool moins régulières, mais plus excessives». Si l'on note chez eux «une stabilisation de la consommation quotidienne d’alcool», on remarque aussi «une augmentation des alcoolisations ponctuelles importantes et des épisodes d’ivresses». Concrètement, «les ivresses répétées concernent près de deux fois plus d’étudiants en 2010 qu’en 2005, et plus du double parmi les femmes».

C'était sans doute utile à rappeler, à l'approche des vacances d'été: période comme chacun sait propice aux libations – enfin se lâcher, se laisser aller: après tant et tant de mois laborieux.

06/05/2013

Un pays de pessimisme

Société, Institutions, Economie, InternationalUne nouvelle pas très motivante, et qui ne donnera pas forcément le moral pour commencer la semaine. Les Français sont le peuple le plus pessimiste d'Europe. C'est ce qu'on entendait au saut du lit sur une radio (ici), ce matin, et c'est l'enseignement d'un sondage comparatif européen annoncé pour cet après-midi. Sept Français sur dix craignent que leurs enfants vivent moins bien qu’eux, soit un taux plus élevé encore que celui que l'on trouve dans des pays européens autrement plus touchés par la crise et l'austérité, comme l'Espagne ou l'Italie.

Corollaire de ce pessimisme: la défiance générale des Français envers les institutions. Et un rejet massif d'une institution en particulier: l'Europe. 80% des Français la jugent incapable de proposer des solutions, et 50% considèrent même l'Union européenne comme un handicap.

Jean Monnet – ou Robert Schuman – doit se retourner dans sa tombe.

03/05/2013

Une goutte d'eau dans la mer

On vit bien, décidément, à l'Elysée. Puisque, dans la cave à vins du palais présidentiel français, figurent des bouteilles dont la valeur souvent dépasse celle d'un salaire minimum – ainsi, ce Petrus de 1990 évalué à 2 200 €.

Si l'on peut se faire une idée de la richesse du patrimoine oenologique de l'Elysée, c'est parce que François Hollande a décidé de mettre en vente aux enchères (ici) une partie de la cave présidentielle: 1200 bouteilles, soit un dixième de la collection élyséenne. Cette vente, qui a été annoncée cette semaine, permettra le renouvellement de la cave, et en l'occurrence le réinvestissement «dans des vins plus modestes». Ce qui restera du produit des enchères «sera reversé au budget de l'État».

C'est sans doute de bonne guerre, en ces temps d'austérité budgétaire extrême.

Mais c'est peu dire que les quelques milliers ou dizaines de milliers d'euros qui retourneront ainsi dans les caisses de la Nation n'y pèseront que de peu de poids, face à l'ampleur de son déficit actuel (pour rappel: 87,2 milliards d'euros, en 2012). Une goutte d'eau – et non de grand cru, pour le coup –, dérisoire somme toute, dans la mer déficitaire budgétaire.

02/05/2013

Un «honneur livré aux chiens»

Histoire, Parti socialiste, Personnalités, Mitterrand, Lang, Presse, MédiasD'un Premier ministre à l'autre. Mais, là, de façon pas du tout légère, à l'inverse de la précédente note sur Jean-Marc Ayrault. Puisque, hier soir, à 22h15 très exactement, la France a commémoré les 20 ans de la disparition de Pierre Bérégovoy: le 1er mai 1993.

Au-delà des thèses complotistes qui ont toujours circulé, mais n'ont jamais été avérées, la version officielle veut que l'ex-chef du gouvernement ait succombé lors de son transfert en hélicoptère à l'hôpital militaire parisien du Val de Grâce. Après s'être suicidé d'une balle en pleine tête, tirée avec l'arme de service du policier chargé de sa sécurité. Pour les lecteurs les plus jeunes, à l'époque, ce suicide avait traumatisé le pays. Et avait inspiré au Président Mitterrand une épitaphe mémorable: «Toutes les explications du monde ne justifieront pas qu'on ait pu livrer aux chiens l'honneur d'un homme et finalement sa vie». Visés: ceux qui mettaient en doute la probité de l'ex-Premier ministre, sur base de la révélation du «Canard Enchaîné» selon laquelle il avait bénéficié d'un prêt sans intérêt (mais déclaré chez un notaire) de la part d'un proche du chef de l'Etat.

Vingt ans plus tard, l'examen de conscience à propos de ce drame se poursuit visiblement, dans la propre famille politique de Pierre Bérégovoy. Témoin, cet aveu de l'ex-ministre Jack Lang, hier sur une télé: «Le comportement de la plupart des socialistes à ce moment-là, à l'égard de Pierre Bérégovoy, n'a pas été à la hauteur».

C'est, vraiment, le moins que l'on puisse dire.

Histoire, Parti socialiste, Personnalités, Mitterrand, Lang, Presse, MédiasA l'époque, nul n'ignorait que l'intéressé était très dépressif. Officiellement, parce que son affaire de prêt le minait, et parce que ce scandale avait contribué à infliger une Bérézina historique au PS, aux élections législatives du printemps 1993: moins de 60 sièges à l'Assemblée (qui en compte 577). En son for intérieur, Pierre Bérégovoy était aussi extrêmement affecté par l'attitude de ses «camarades» à son égard. Les hiérarques socialistes le fuyaient, gênés par le scandale et/ou rendus furieux par la déroute électorale. Du jour au lendemain au sein de son parti, et y compris auprès de ceux qu'il croyait être ses amis, Pierre Bérégovoy avait dégringolé du statut de chef de la majorité à celui de pestiféré.

Peu de temps avant sa mort, d'ailleurs, si l'on en croit certains mémorialistes de la Vème République, l'ex-Premier ministre tenta à plusieurs reprises d'avoir François Mitterrand au téléphone. En vain. Jamais le Président ne prit ses appels, ni ne les lui retourna.