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25/06/2013

Un dévoiement lexical

Société, Langue française, Justice, PolicePuisque les anti-«mariage pour tous» continuent de faire parler d'eux, signalons leur dernier dévoiement lexical en date. Ils avaient déjà utilisé, de manière si incongrue, les termes "dictature" ou "Résistance" (on l'avait évoqué ici). Voilà à présent qu'ils qualifient de «prisonnier politique» un de leurs camarades, qui, depuis quelques jours, est incarcéré à Fleury-Mérogis.

Arrêté à l'occasion d'un rassemblement destiné à interpeller François Hollande, ce jeune homme a été condamné à deux mois de prison fermes: pour rébellion, refus de se soumettre à un prélèvement d'ADN, et fourniture d'une identité imaginaire aux autorités. Il était en état de récidive. Le mois dernier, en effet, il avait déjà été mis à l'amende, pour non dispersion d'un rassemblement non autorisé, entrave à la circulation, et fourniture d'identité imaginaire.

On est parfaitement en droit de trouver très lourde cette condamnation. On peut également, légitimement, considérer que les jugements en comparution immédiate (ce fut son cas), c'est de la justice d'abattage. On peut aussi contester le prélèvement systématique d’ADN pour des contrevenants qui ne sont nullement délinquants ou criminels sexuels. Mais appeler ce détenu un «prisonnier politique» – comme ici, , ou , par exemple –, non.

Les prisonniers politiques, ils sont en Chine, à Cuba, en Birmanie, en Syrie, en Ukraine ou au Zimbabwe. Et ils pleureraient toutes les larmes de leurs corps pour pouvoir vivre dans cet «Etat socialitaire» (néologisme rappelant "Etat totalitaire"), ainsi que les anti-«mariage pour tous» ont rebaptisé la France.

Les mots ont un sens.

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