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28/06/2013

Un grand vainqueur, un gros business

Un peu de culture, pour bien terminer la semaine. Avec le nom du vainqueur de la saison des grandes expositions parisiennes. Qui, de Dali exposé à Beaubourg ou de Edward Hopper célébré au Grand Palais, a le plus déplacé les foules? Les résultats sont tombés (ici) cette semaine. C'est le peintre surréaliste espagnol (790 090 visiteurs) qui l'a emporté, avec 5821 entrées d'avance sur son concurrent américain (784 269).

Ces deux grands événements culturels ont surclassé les autres, en termes de fréquentation. Matisse à Pompidou (encore lui), troisième expo la plus vue de la saison, arrive loin derrière: 494 085 visiteurs. Et la dizaine de grandes manifestations culturelles ayant bien marché à Paris en 2012 ont plutôt tourné autour des 300 000 visiteurs.

Sinon, le palmarès culturel de l'année confirme l'engouement du public pour les grands classiques artistiques (Matisse, Degas, l'impressionnisme, etc.). Mais des expos (un peu) moins «mainstream» ont elles aussi récolté un certain succès: 352 000 visiteurs pour la rétrospective Tim Burton à la Cinémathèque, 286 694 pour «Debussy: la musique et les arts», au Musée de l'Orangerie.

Tous ces chiffres peuvent aussi avoir une lecture économique. Ils confirment le gros business des expositions temporaires: par rapport aux collections permanentes des musées et autres institutions culturelles – qui, elles, connaissent une hausse beaucoup moins marquée de leur fréquentation.

27/06/2013

Un manque à gagner considérable

Paris, Tourisme, Social, Economie40.000. On peut estimer à un bon 40.000, au grand minimum, le nombre de personnes qui, ces deux derniers jours à Paris, ont probablement été très énervées, au moment de réaliser qu'elles ne pourraient pas visiter la tour Eiffel – qui a été fermée mardi et mercredi, pour cause de grève. 40.000, puisque le célèbre monument accueille 7 millions environ de visiteurs à l'année (6,2 millions seulement en 2012, mais, de février à août, la tour avait été fermée pour cause de travaux de rénovation).

Plus de 20.000 touristes dépités chaque jour: voilà qui ne va sans doute pas améliorer l'image de marque de Paris, à l'étranger. Les quelque 300 employés travaillant pour la société exploitant l'édifice s'étaient mis en grève notamment pour protester contre la dégradation, selon eux continue, de leurs conditions de travail. Cela fait des années que le climat social est pesant, voire houleux, dans cette entreprise.

Une fois de plus, cela dit, la direction du fameux établissement n'a pas tardé à négocier avec les syndicats et à finir par lâcher du lest, afin que les lieux puissent le plus vite possible rouvrir au public. Et pour cause. Avec des billets d'entrée dont les tarifs vont de 5€ à 14€50, le manque à gagner que représente la moindre heure de fermeture – et, a fortiori, la moindre journée de grève – prend tout de suite des proportions financières considérables.

26/06/2013

Un réquisitoire, indigné

C'est un article de presse qui n'est pas passé inaperçu, dans le quartier République. A propos du réaménagement de la place parisienne du même nom, qu'on évoquait l'autre jour. Globalement, cette nouvelle place a l'air plutôt saluée par les riverains. Mais le très conservateur journal "Le Figaro" (qui n'a jamais beaucoup aimé le maire socialiste, Bertrand Delanoë), lui, depuis la fin du chantier, publie un entrefilet incendiaire après l'autre, sur le sujet. Le dernier article en date, signé par un docte chroniqueur ès Arts, constituait un réquisitoire si enflammé qu'on l'a trouvé assez comique.

«Esplanade sans âme, comme on en voit partout», projet «consternant», «banalité esthétique criante», «négation de la dimension historique» des lieux, «désastre», «vandalisme officiel», le procureur n'y est pas allé de main morte. Pour conclure par une chute absolument tragique: «L'une des plus belles places françaises du XIXe siècle, haut lieu de notre histoire au XXe siècle, vient de mourir sous nos yeux».

Sans pour autant être absolument enthousiasmé par cette République nouvelle, on a un peu de mal à partager l'indignation, qui plus est à un si haut degré, de notre éminent confrère. Mais sans doute est-ce parce que nous n'y connaissons rien. Pas davantage que tous les gens du quartier, qui se gardent bien d'ainsi s'emporter. Se souvenant de l'enfer à bagnoles que cette place était devenue, au fil des ans. Sans jamais trop gêner, pour autant qu'on s'en souvienne, les beaux esprits du "Figaro".

25/06/2013

Un dévoiement lexical

Société, Langue française, Justice, PolicePuisque les anti-«mariage pour tous» continuent de faire parler d'eux, signalons leur dernier dévoiement lexical en date. Ils avaient déjà utilisé, de manière si incongrue, les termes "dictature" ou "Résistance" (on l'avait évoqué ici). Voilà à présent qu'ils qualifient de «prisonnier politique» un de leurs camarades, qui, depuis quelques jours, est incarcéré à Fleury-Mérogis.

Arrêté à l'occasion d'un rassemblement destiné à interpeller François Hollande, ce jeune homme a été condamné à deux mois de prison fermes: pour rébellion, refus de se soumettre à un prélèvement d'ADN, et fourniture d'une identité imaginaire aux autorités. Il était en état de récidive. Le mois dernier, en effet, il avait déjà été mis à l'amende, pour non dispersion d'un rassemblement non autorisé, entrave à la circulation, et fourniture d'identité imaginaire.

On est parfaitement en droit de trouver très lourde cette condamnation. On peut également, légitimement, considérer que les jugements en comparution immédiate (ce fut son cas), c'est de la justice d'abattage. On peut aussi contester le prélèvement systématique d’ADN pour des contrevenants qui ne sont nullement délinquants ou criminels sexuels. Mais appeler ce détenu un «prisonnier politique» – comme ici, , ou , par exemple –, non.

Les prisonniers politiques, ils sont en Chine, à Cuba, en Birmanie, en Syrie, en Ukraine ou au Zimbabwe. Et ils pleureraient toutes les larmes de leurs corps pour pouvoir vivre dans cet «Etat socialitaire» (néologisme rappelant "Etat totalitaire"), ainsi que les anti-«mariage pour tous» ont rebaptisé la France.

Les mots ont un sens.

24/06/2013

Une ambiance d'intolérance

Cela ne s'arrange pas, décidément: l'ambiance d'intolérance en France, alors pourtant que cela fait plusieurs semaines maintenant qu'elle a été définitivement approuvée, cette fameuse loi sur le «mariage gay». Pour preuve: ce week-end-end, dans notre quartier de Paris, a été deux fois vandalisée une exposition de photographies contre l'homophobie.

Les clichés étaient montrés devant la mairie du troisième arrondissement, dans le Haut Marais. Ils mettaient en scène des partenaires – quidams ou célébrités – de couples fictifs, représentés dans des situations de la vie quotidienne. Les oeuvres ont été considérablement dégradées. Signe particulièrement symbolique de la violence du geste des vandales, ils s'en sont surtout pris aux visages des sujets photographiés, qu'ils ont lacérés à coups de cutter.

Les passions tardent visiblement à s'apaiser, dans ce pays. Pas sûr qu'ils et elles auront vraiment matière à faire la fête, samedi: les participant(e)s à la première Gay Pride/Marche des Fiertés de Paris, depuis l'entrée en vigueur du «mariage pour tous».

10:55 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris, société, arts

21/06/2013

Un climat, si pénible

Femmes, PersonnalitésNe pas terminer la semaine sans mentionner, une fois de plus, le climat de beauferie que continuent de devoir se coltiner, en France, les femmes actives en haute politique. Sujet qu'on a déjà évoqué dans ce blog (relire ici ou, par exemple), et qui, cette semaine, a trouvé une nouvelle illustration, éloquente. Au détriment, cette fois, de la ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem.

A l'Assemblée nationale, la jeune femme assistait à la séance de questions d'actualité au gouvernement, quand elle se prit un tweet graveleux. «NVB suce son stylo très érotiquement»: tel fut le message qu'un élu UMP envoya sur la plateforme de microblogging.

L'intéressé, complètement inconnu du grand public, est membre du conseil national de ce parti, et siège au bureau politique du Parti chrétien-démocrate: le mouvement de l'ex-ministre Christine Boutin, allié au parti sarkozyste. Sa saillie machiste lui valut immédiatement la renommée, sur les réseaux sociaux. Et le tollé fut tel que l'intéressé finit par s'excuser – non sans, auparavant, s'être gaussé de l'indignation de ce qu'il a appelé «la gauchosphère».

Que cet individu se définisse par ailleurs comme un bon père de famille, à cheval sur les valeurs traditionnelles, cela ne regarde que lui: chacun, sans doute, a la cohérence qu'il mérite. Que, en plus, cet amateur des relations buco-génitales se refuse à marier des couples gays, dans la petite commune de Bretagne dont il est le maire, on laisse cela aux psys. Qu'il ait trouvé normal de rendre publiques ses pensées libidineuses à l'égard d'une personnalité, qui sait cela en dit-il long sur un certain climat envers les femmes, dans la classe politique de ce pays.

Pénible, décidément.

20/06/2013

Une prédiction hasardeuse? (encore)

Plusieurs décès, des dizaines de municipalités dont le fonctionnement quotidien est perturbé, des centaines de foyers inondés ou sinistrés par les inondations et les torrents de boue, des millions d'euros de dégâts. Tel est le pénible bilan des précipitations météorologiques particulièrement violentes déplorées en France, ces trois derniers jours.

Météo, MédiasDu coup, ce matin, dans le tumulte médiatique général, on entendait, sur une radio, un prévisionniste qui se hasardait à pronostiquer un été français particulièrement pourri: exceptionnellement frais et pluvieux. Ces dernières semaines, déjà (relire ici), le Français moyen eut droit à quantité de prévisions présentées comme statistiques, tablant sur un été épouvantablement maussade – après, déjà, un printemps si sinistre.

Il faudrait savoir. On avait cru comprendre (, notamment) que, pour le spécialistes de l'institut Météo France, de tels pronostics ont une valeur scientifique inversement proportionnelle à leur audience médiatique. Pour la bonne et simple raison qu'il est «impossible de prévoir (le temps) au-delà de 8 à 10 jours».

De la rigueur, donc. Même si, clairement, c'est moins «vendable», moins médiatisable.

13:00 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : météo, médias

19/06/2013

Une enfilade de clichés

Le Belge moyen est «sensible aux formules de politesse», «en recherche de convivialité», et aime les «ambiances authentiques». On ne sait pas trop où elles ont été cherchées, mais ces assertions en forme de clichés figurent en toutes lettres dans la fiche consacrée aux touristes belges, contenue dans la brochure «Do you speak touriste?». Depuis hier, cette brochure est distribuée à tous les professionnels du tourisme de Paris et de sa région: taximen, hôteliers, etc. Dans le cadre d'une «opération d'envergure» (là) destinée à améliorer la qualité de l'accueil fait aux visiteurs étrangers, ici.

Dans la même veine, celle des clichés enfilés comme des perles, l'Américain y est décrit comme «très direct» et ayant «le contact facile». L'Allemand et le Japonais sont diagnostiqués comme étant en grand besoin respectivement «de constance», et d'être «rassuré». Le Brésilien est défini comme une personne au «contact chaleureux», voire «facilement tactile». On imagine la tête et le désarroi du réceptionniste d'hôtel ou garçon de café de Paris qui, après avoir lu pareille brochure, tomberait par hasard sur un Américain taciturne, un Brésilien réservé, un Belge qui détesterait le cérémonial, un Allemand ou un Japonais qui adorerait l'imprévu – cela doit bien exister.

Sinon, au registre des clichés, on en a entendu pas mal, hier. En boucle, pendant toute la journée, et dans tous les médias français qui ont – amplement – relayé cette opération. Des clichés à l'encontre de ces Parisiens qui, au contact des touristes étrangers, seraient forcément désagréables et unilingues. C'était péniblement insultant pour les si nombreux habitants de cette ville qui, mais oui, sont aimables, accueillants, et ouverts au monde.

Le Parisien forcément teigneux: là encore, on retombe dans le cliché. A moins, bien sûr, que le fait d'habiter cette ville constitue d'office, vu de l'étranger, un stigmate infamant. Parfois, à dire vrai, on se pose la question.

18/06/2013

Une nouvelle place, plutôt réussie

Paris, Urbanisme, Patrimoine, Transports Plutôt bien: la nouvelle place de la République, telle qu'elle a été inaugurée ce week-end, après dix-huit mois de gros travaux de réaménagement. Auparavant rond-point à voitures en permanence bruyant, agité et pollué, la place qu'avaient créée Napoléon III et le baron Haussmann dans les années 1855 est désormais devenue la plus grande esplanade piétonne de la «Ville lumière»: 280 mètres sur 120. Et, n'en déplaise aux prédictions des Cassandre, le trafic, dorénavant interdit sur un de ses flancs, semble y trouver son compte, du moins si l'on en juge à l'absence d'embouteillages hier soir, pourtant à l'heure de sortie des bureaux.

Certes, à ce stade, cette gigantesque esplanade paraît encore très vide. Les riverains et passants, visiblement, ne se la sont pas encore appropriée, comme s'ils étaient un peu intimidés par l'immensité des lieux. Et la petite centaine d'arbres plantés, très jeunes, devront encore attendre plusieurs années avant d'habiter l'espace. Mais, dans cette nouvelle configuration, l'énorme statue de la République, sa fontaine, ses lions et ses allégories de la Liberté, de l'Egalité et de la Fraternité, le tout ayant été joliment restauré, en imposent indéniablement plus qu'avant. Et témoignent du soin apporté au rémaménagement des détails comme la qualité et le goût du dallage, ou la beauté des bancs publics (en chêne, et d'une forme résolument contemporaine). Même les inévitables bouches d'aération du métro (pour la gigantesque station située sous la place) ont été reprofilées de manière à être moins hideuses.

Paris, Urbanisme, Patrimoine, Transports Pour que le projet soit parfaitement réussi, peut-être aurait-on pu travailler davantage sur les différences de niveau, afin d'atténuer cette impression d'immensité. Y aurait aussi contribué l'aménagement, ça et là, d'espaces un peu plus intimes, où le regard se perd moins le vide – mais sans doute de tels recoins étaient-ils jugés risqués, comme lieux potentiels d'insécurité. Dans l'ensemble, cependant, «Répu» ainsi remaniée paraît avoir tous les éléments pour, à terme, s'intégrer dans la ville de manière plus paisible et conviviale qu'auparavant.

Bien.

17/06/2013

Un mot très ancien

«Le langage n’est-il qu’un outil?», «La science se limite-t-elle à constater les faits?», «Peut-on agir moralement sans s’intéresser à la politique?», «Le travail permet-il de prendre conscience de soi?», «Que devons-nous à l’Etat?» Tels sont quelques-uns des sujets de l'épreuve de philo qui a lieu en France ce lundi, et consacre l'ouverture de l'édition 2013 du baccalauréat – diplôme tenté cette année par 664.709 candidats.

"Baccalauréat": ce mot a une origine très ancienne, a-t-on appris hier, à la faveur d'un JT de 20 Heures. Il vient du latin médiéval, et est à rapprocher de "bacca laurea": les baies de laurier.

Les baies, avant la couronne de laurier du vainqueur? Bon courage aux candidats, en tout cas; on préfère être à notre place qu'à la leur...

14/06/2013

Une distinction parfaitement méritée

Personnalités, Copé, Etrangers, ReligionsOn avait débuté la semaine par un Prix, celui de l'humour en politique. On l'achève, pareillement, par une distinction, mais elle pas du tout drôle. En effet, il s'agit du palmarès 2013 des «Y'a bon awards». Ils récompensent les personnalités ayant tenu les propos alimentant le mieux les clichés discriminants et racistes – tout comme le slogan publicitaire «Y'a bon banania» exploitait l'imagerie dénigrante du brave Africain souriant, du bon vieux temps des colonies.

Plutôt que de s'appesantir sur tous ces tristes sires désormais dûment couronnés ou sur leurs propos pénibles, on s'en tiendra au seul président de l'UMP, Jean-François Copé. Qui, bien sûr, fait partie des lauréats, pour sa mémorable anecdote dite du pain au chocolat, qui anima la dernière campagne électorale présidentielle. Textuellement: «Il est des quartiers où je peux comprendre l’exaspération de certains de nos compatriotes pères et mères de famille rentrant du travail le soir, et apprenant que leurs fils s’est fait arracher son pain au chocolat à la sortie du collège: par des voyous qui lui expliquent qu’on ne mange pas pendant le ramadan».

A la suite de ses propos, le tribun sarkozyste assura en boucle que, non non, bien sûr, il n'était nullement islamophobe: s'était juste borné à faire état d'un témoignage qu'il aurait reçu d'un Français moyen, à qui serait survenue pareille mésaventure chocolatière.

On imagine bien, cependant, le tollé – autrement plus fort – que cela aurait provoqué, si, par hypothèse, dans cette fameuse phrase, le terme "ramadan" avait été remplacé par les mots "shabbat" ou "carême".

Encore bravo.

13/06/2013

Une «atonie générale»

Inondé de musique, le téléspectateur français moyen? On pourrait le penser, au vu du tapage des émissions de télé-crochet comme «The Voice». Et bien non. Un volumineux rapport montre que, en fait, la musique peine à trouver sa place sur le petit écran, dans l'Hexagone.

Seize chaînes télévisées (numériques hertziennes et câble-satellite) ont été passées au crible, pendant toute l'année 2012. Résultat? La «faiblesse de la programmation de concerts et «live plateau» sur les chaînes numériques hertziennes, avec une forte tendance à la diffusion sur la tranche horaire 0h-6h» – la tranche la moins regardée. Pareillement, les clips musicaux sont souvent «considérés comme une programmation nocturne». Et la présence à l'écran de musiciens en promotion, elle aussi, est «en fort recul». Quelques chiffres? Le volume d’heures de diffusion télévisée de «live plateau», en 2012: -45% par rapport à 2011. Le nombre de musiciens différents diffusés sur le petit écran: -8%. La musique à l'antenne: -7%. Le nombre d'émissions musicales différentes: -13%. Et cela fait plusieurs années que cela dure, s'inquiète le rapport: «Depuis le début de notre dispositif, en 2009, tous les indicateurs (nombre d’artistes, nombre de programmes et nombre de passages musicaux) sont à la baisse».

Les chaînes câblées et satellitaires ne sauvent pas, globalement, la mise, elles qui, sur ce créneau musical, souffrent de la concurrence du net et des sites de streaming. Dans ce secteur-là du PAF, c'est donc également «l'atonie générale» en matière de diffusion musicale. Hormis l'une ou l'autre exception – le groupe NRJ, note le rapport, se distingue par l'augmentation du nombre à la fois d'heures de programmes musicaux diffusés et de titres et artistes mis à l'écran.

Sinon, si l'on examine quel type de label musical est diffusé sur quelle télé, on remarque, évidemment, que ce média sert souvent d'outil de promo pour les productions musicales-maison. Ainsi, «les labels media obtiennent la part la plus forte sur TF1, avec 18,3% de part en diffusion, notamment la diffusion des vidéomusiques des Stentors, de Vincent Nicol et des Prêtres: tous édités sur le label TF1 Musique». De même, les titres sortis par M6 Music Label sont très diffusés sur les chaînes M6, W9 et MCM.

Plus que jamais, donc, la télé – et y compris la culture à la télé –, c'est aussi (surtout?) un business.

12/06/2013

Une contrefaçon, pas banale

Police, Sécurité, Economie, Gastronomie, Art de vivreUn fameux «effet madeleine de Proust», ce matin. A la lecture d'un communiqué du ministère des Finances qui, pourtant, s'annonçait très anodin. Et bien non, puisqu'il a fait resurgir des (très) vieux souvenirs gustatifs: ceux de goûters d'enfance.

Car, dernièrement, ce ne sont pas moins de 10.000 paquets de biscuits contrefaisant la marque «BN» qui ont été saisis par les Douanes françaises. Précisément, «le 15 mai dernier, suite à un ciblage par la brigade maritime des douanes de Marseille, un poids lourds a été contrôlé à sa sortie du port de Marseille. A l’intérieur, les agents ont découvert 20. 000 paquets de biscuits fabriqués par une société alimentaire tunisienne et destinés à une société basée à Lyon. Après retenue douanière, la moitié du chargement, soit 10.000 paquets de 16 biscuits, a été reconnue comme contrefaisant la marque BN, en raison du visage souriant sur le biscuit».

L'histoire ne dit pas si ces imitations du fleuron de la Biscuiterie nantaise sont moins bonnes que les originales. Ni si ces contrefaçons seront détruites, ou plutôt données aux associations distribuant de l'aide alimentaire aux plus démunis. Ces associations qui, d'ailleurs, au passage, sont en train de recevoir, ces jours-ci, des kilos de «lasagne de cheval». Au moins cette vaste fraude à la consommation aura-t-elle servi à cela...

11/06/2013

Un budget pas énorme

Le Parisien moyen: un sorteur invétéré, qui passe ses journées à claquer son fric dans les boutiques et ses soirées à faire le beau en ville? Oubliez tout de suite ce cliché. Si l'on en croit une récente étude de l'institut TNS-Sofres consacrée au budget loisirs, l'habitant de Paris et de sa région va en moyenne moins d'une fois par mois au resto ou au ciné.

Et pour cause. Dans la région-capitale, le budget loisirs moyen tourne autour de 78,3€ par mois. Ce qui n'a rien d'énorme, quand on connaît les prix pratiqués ici. En gros: quasi 10€ la place de ciné achetée à l'unité, rarement beaucoup moins le ticket d'entrée à une grande expo, ou des restos où il n'est pas simple de manger quelque chose de correct à moins de 20-25€ (le soir, en tout cas, mais à midi, les formules-déjeuner réduisent l'addition). Sans parler des tarifs des consos dans les bars à la mode ou des adhésions aux salles de sport: exorbitants.

Ce budget loisirs stagne, pour la majorité des sondés (51%). Il a même régressé pour près d'un habitant sur cinq (19%). Très logiquement, dès lors, dans le classement des loisirs de prédilection à Paris et dans sa région, figurent nombre d'activités de détente qui coûtent peu cher, voire sont gratuites: le footing, les balades, les brocantes, ou le recours aux médiathèques, bibliothèques ou ludothèques municipales. L'on s'adapte comme on peut.

10/06/2013

Une sortie assez mémorable

Humour, PersonnalitésUn peu de légèreté, pour bien commencer la semaine. Vient d'être dévoilée la troisième sélection de l'année des petites phrases nominées pour l'édition 2013 du «Prix Humour et politique» – distinction à laquelle on fait écho à peu près chaque année: relire par exemple ici, ou.

Du coup, voilà un peu relevé le niveau du millésime, qui, jusqu'à présent, ne volait pas très haut, trouve-t-on. En effet sont moins dans le registre désopilant que grinçant, voire dénigrant, les nominés tels Bernadette Chirac («Rendez-vous compte: dans ma famille, ils ont tous voté Hollande. Sauf Jacques; mais il ne le sait pas»), ou l'ex-ministre et très anti-mariage gay Gérard Longuet («Hollande est pour le mariage pour tous…. Sauf pour lui!»).

La livraison du dernier trimestre, en revanche, est un peu plus drôle. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a toutes les chances de figurer au palmarès. Lui qui, en réponse à la «part d'ombre» confessée par son ministre déchu Jérôme Cahuzac, après son aveu d'évasion fiscale, eut cette sortie assez mémorable: «Moi, ma part d’ombre, c’est mon combi Volkswagen». On trouve pas mal aussi la sortie vacharde du sénateur Charles Pasqua, à propos de l’activité de l'ex-ministre Michèle Alliot-Marie: «Elle ne fait rien; mais elle le fait avec ténacité».

Le palmarès, le 24 juin prochain.

07/06/2013

Une grande réactivité

Les mouvements d'extrême gauche ont une fois de plus démontré leur grande réactivité, hier à Paris. A l'occasion de la mort du jeune Clément, des suites d'une bagarre avec des skinheads d'extrême droite. Réactivité sur le net, les blogs et les réseaux sociaux, bien sûr, mais aussi dans la rue.

Ainsi, dès le début de la matinée, dans la mouvance antifasciste (ici ou, notamment), on a fait floquer des tee-shirts. «Clément, à jamais l'un des nôtres», inscrit en lettres capitales rouges sur fond noir. Tee-shirts qui ont ensuite été portés par ces activistes, lors des rassemblements tenus à Paris en hommage au jeune homme. Vers le milieu de l'après-midi, à la sortie des stations de métro de Paris, on commençait déjà à distribuer des tracts aux usagers – à l'initiative de SOS-Racisme, notamment. Tracts mettant en garde et appelant à la mobilisation: «L'extrême droite tue». Et, dans la soirée, des stickers commémoratifs apposés un peu partout sur les murs des couloirs et stations de la RATP montraient le visage – si jeune – de la victime.

Dès demain après-midi, l'extrême gauche aura une occasion de plus de montrer sa capacité de mobilisation. Elle organise une «Marche blanche»: «Contre le racisme et l'extrême droite – Parce que nous sommes fiers de la France métissée, parce que jamais la barbarie nazie ou raciste ne passera». L'itinéraire du cortège n'a pas été choisi au hasard. Départ Métro Stalingrad: «ville symbole de la défaite du nazisme». Arrivée Métro Barbès-Rochechouart, «haut lieu de la résistance antifasciste: le 21 août 1941, le premier occupant allemand est abattu par le Colonel Fabien, signant ainsi l'acte fondateur de la libération de la France du nazisme, de la barbarie raciste et de l'oppression».

06/06/2013

Une tension, très perceptible

Activisme, ParisPas moins de trois rassemblements sont organisés à Paris, ce jeudi. En hommage au militant anti-fasciste de 19 ans qui est hospitalisé à La Salpétrière: dans un état désespéré (mort cérébrale). Hier, dans des circonstances qui sont encore peu claires, il a été mêlé à une algarade avec des militants d'extrême droite, qui a dégénéré en pugilat. Au cours de celui-ci, il aurait été frappé par un coup de poing américain et se serait écroulé, sa tête heurtant violemment un poteau.

Les skinheads ou autres membres de groupuscules d'extrême droite – accusés, dans cette affaire – , on les croise assez souvent, dans notre quartier du onzième arrondissement. En effet, une de leurs associations a pris l'habitude de tenir ses assemblées dans une salle de la rue Saint-Sabin, à deux pas de Bastille. Ces attroupements de cranes rasés suscitent toujours un certain émoi, dans le quartier. Que ces individus ne quittent d'ailleurs jamais sans avoir apposé un peu partout des pochoirs ou stickers à la gloire de leurs thèses identitaires – on en a déjà parlé, dans ce blog: ici, ou .

Pendant que certains de ces militants tiennent réunion à l'intérieur, d'autres occupent le trottoir, pendant toute la journée. Tous sont blancs de peau. Tous sont habillés exactement de la même manière: bomber, grosses godasses, etc. Tous ont la canette de bière et la clope à la main. Ils passent la journée à toiser du regard les passants, se sentant sans doute investis de la mission de faire régner l'ordre. Le climat de tension et d'inquiétude est très palpable, dans la rue, les jours où ils sont là.

On n'a jamais eu de problèmes avec eux. Mais, chaque fois qu'on les croise, chaque fois qu'ils nous dévisagent quand on passe devant eux, on se dit qu'on a de la chance. De ne pas être un petit jeune à cagoule et à la peau basanée.

11:49 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : activisme, paris

05/06/2013

Un bonheur, paradoxal?

Fameuse collision d'actus, en France hier. Sous la forme de la publication de deux vagues d'études qui, quand on les croisait, avaient de quoi laisser songeur.

D'un côté, dans l'après-midi, les résultats d'un sondage BVA assurant que «les Français sont Heu-reux!» Plus de huit sondés sur dix l'assurent. «Le bonheur personnel varie fortement selon le milieu social et culturel, mais il est nettement majoritaire dans toutes les catégories de population». Quelque 89% des sondés se sentent bien intégrés dans ce pays. Où 87% des gens sont persuadés qu'on y vit mieux que partout ailleurs.

D'un autre côté, dès le début de la matinée, les derniers indicateurs mensuels de conjoncture de l'Institut national de la statistique (Insee). Là, on n'est pas dans le sentiment, mais dans le concret. Pas dans le déclaratif, mais dans le chiffre. Et cela donne un climat des affaires dans le pays en général qui «reste morose», un climat conjoncturel qui même «se détériore à nouveau» dans certains secteurs (commerce de gros, bâtiment, services), une consommation des ménages qui «recule légèrement», et la confiance de ces mêmes ménages qui «se dégrade à nouveau».

Mais à part cela, donc, dans le même temps, «les Français sont Heu-reux!»

Ce peuple est décidément formidable. Ou paradoxal, c'est selon.

04/06/2013

Un salmigondis, comique

personnalités,sociétéC'était assez comique. L'autre jour, à la télé, le polémiste Eric Zemmour et le philosophe Alain Finkielkraut ont donné l'impression de se livrer à un grand concours d'indignation. Tous deux étant visiblement très aigris de l'entrée en vigueur du «mariage pour tous». A ce petit jeu, c'est le deuxième qui l'a largement emporté, dans le registre de la virulence involontairement comique. Il a gratifié le téléspectateur d'un salmigondis qui, trouve-t-on, était vraiment cocasse. Et en disait long, sur l'état d'une certaine pensée néo-conservatrice française: complètement à la ramasse.

Ainsi, entre deux, trois énervements sur le Festival de Cannes, le rap, et «cette gauche divine» qui, «par son arrogance», aurait «tué le débat» sur la famille, Alain Finkielkraut s'est lancé dans une tirade échevelée (visible notamment ici). Fustigeant «la propagande» à laquelle, «depuis des semaines et des semaines», la France, selon lui, est soumise, il a asséné sa conviction que «ce pays n'est pas réductible à l'alliance du show-biz et des banlieues. C'est autre chose, et cette autre chose, c'est nous! C'est ce qu'ont voulu montrer les manifestants anti-mariage pour tous!»

Sans doute Frigide Barjot elle-même ne réclamait-elle pas une telle défense, aussi obscure et confuse, de ses thèses.

03/06/2013

Un relent xénophobe

Désagréables. Désagréables, ces commentaires entendus pendant tout le week-end, sur les suites de la vente aux enchères, jeudi et vendredi à l'Hôtel Drouot, d'une partie de la cave à vins de l'Elysée – ce dont on avait parlé dans ce blog, l'autre jour (ici). Des enchères qui ont rapporté 718.800€ à l'Etat, soit beaucoup plus que prévu. Certaines bouteilles ont trouvé acquéreurs à des prix astronomiques: 7.625€ par exemple pour un Petrus 1990, ou 4.625€ pour deux bouteilles de Château Latour, 1er grand cru classé, Pauillac, 1982.

Le problème, selon certains? Parmi les acheteurs, on a compté nombre de Chinois (voir ici, par exemple). C'était couru d'avance, vu la grande popularité des vins français dans ce pays et le pouvoir d'achat florissant de sa nouvelle bourgeoisie – moins frappée par la crise que son homologue en Europe. Du coup, en France, dans le camp de la droite souverainiste, des esprits chagrins ont d'autant plus maugréé contre cette dilapidation d'une partie du patrimoine vinicole national qu'elle est tombée en de telles mains. A les comprendre: des mains de nouveaux riches qui n'en seraient pas dignes.

Désagréables, décidément, les relents xénophobes de telles jérémiades.