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01/07/2013

Une (double) curiosité

Société, activisme, Sécurité, Police, ParisC'était samedi après-midi, à Paris. Un gros déploiement de forces de l'ordre, là où la Gay Pride était susceptible de déraper. Plus d'une demi-douzaine de cars de CRS stationnés devant la paroisse Saint-Nicolas du Chardonnet, pas loin du Boulevard Saint-Germain. Cette église est occupée depuis des lustres par les catholiques traditionalistes de la Fraternité sacerdotale St-Pie X (les intégristes de Mgr Lefebvre), proches du mouvement ultra-catholique Civitas, lui-même très anti-«mariage pour tous». A chaque Gay Pride, depuis des années, et donc avant même la polémique sur la loi Taubira, quelques activistes de cette obédience se réfugient derrière les grilles de cette paroisse pour y invectiver le cortège, avec des slogans comme «Nous sommes tous des enfants d'hétéros!». Cette année, les autorités craignant des échauffourées, de gros moyens ont donc été déployés à cet endroit. Mais, ... pas le moindre manifestant catholique ne s'y est montré, cette fois. Du coup, tout ces pandores en tenue anti-émeute et en si grand nombre, devant un bâtiment vide, cela avait un côté surréaliste – curieux, même.

Samedi, toutefois; quelques anti-«mariage pour tous» ont bel et bien animé la Marche. Dans le quartier Montparnasse, une poignée d'«Hommen» – mouvement qu'on a déjà évoqué, dans ce blog (relire ici) – avaient repéré un hôtel situé sur le passage du cortège, puis y avaient pris une chambre avec balcon donnant sur le boulevard. C'est de là que le petit groupe, torse nu et masqué comme à son habitude, a déployé, pendant toute l'après-midi, une banderole fustigeant la «dictature des minorités» sexuelles, et le peuple non-gay «bâillonné».

Le plus curieux, là, n'était pas le nombre de CRS barrant l'entrée de l'hôtel, pour éviter que des participants au cortège n'y pénètrent et fassent la peau aux trublions. Mais le fait que ces derniers, pendant des heures, ont levé bien haut leurs poings serrés: en signe de résistance, de protestation. Or, jusqu'à présent, en France comme ailleurs, le poing levé était un salut gestuel utilisé avant tout par des activistes de gauche, voire d'extrême gauche. Une mouvance à laquelle, de toute évidence, ces «Hommen» n'appartiennent pas.

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