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10/07/2013

Une petite pause estivale

photoFLEURS.jpgLa suite logique de la dernière note en date: sur les vacances des Français. A notre tour de partir à la plage, et donc de mettre ce blog en congé après six mois non-stop, depuis janvier. Rendez-vous normalement vers la deuxième quinzaine d'août, pour sa reprise. En attendant, belles vacances, si vous aussi avez la chance d'en prendre. Et, dans tous les cas, bel été – il est temps!

09/07/2013

Un vieux clivage, balayé

La crise a beau ne pas empêcher les adhérents et sympathisants de l'UMP à faire preuve de générosité envers leur parti préféré – ce qu'on évoquait hier – , cet été, elle va avoir un impact très visible et concret.

Jamais, en effet, la France ne comptera autant de gens renonçant à partir en vacances.

Selon les estimations, qu'ont abondamment relayées les médias français (notamment ici), ces derniers temps, seul un Français sur deux compte partir en vacances, cet été. Cela donnera encore plus de 30 millions de vacanciers, mais c'est carrément 900.000 de moins que l'été dernier.

Art de vivre, Tourisme, Economie, SocialEn outre, les Français vont partir moins longtemps. La crise va même balayer le clivage traditionnel des juillettistes vs les aoûtiens. Puisque, en cet été 2013, la durée moyenne de vacances dépassera rarement 15 jours.

Autre impact de la situation économique: moins d'un Français sur trois passera ses vacances à l'étranger, la toute grosse majorité des nationaux choisissant de demeurer au pays – en villégiature dans un quatuor de régions touristiques de prédilection qui, lui, été après été, demeure inchangé: Provence-Côte d'Azur, Corse, Languedoc-Roussillon et Littoral atlantique. Enfin, toujours dans l'optique de limiter le budget-vacances, et en l'occurrence les dépenses d'hébergement, un vacancier français sur trois partira en famille ou chez des amis.

08/07/2013

Un succès fulgurant

Plus de deux millions d'euros. A quelques euros près, c'est la somme que l'UMP, en quelques jours seulement, a déjà réussi à récolter, auprès de ses adhérents et sympathisants. Car, on l'évoquait dans la note précédente, le grand parti sarkozyste, bien loin de sa splendeur d'avant l'alternance de 2012, en est réduit à faire la quête, pour éviter la faillite.

Il ne lui manque donc plus que neuf gros millions pour compenser le manque à gagner financier dû au rejet du compte de campagne de Nicolas Sarkozy. Et une quarantaine d'autres millions pour apurer totalement son déficit.

Avez-vous remarqué combien, depuis ce week-end, les responsables UMP prennent bien soin de dire et de répéter, dans tous les médias, qu'ils reçoivent énormément de dons venant y compris de gens de condition extrêmement modeste: des dons de quelques euros à peine. Qu'un tel «élément de langage» médiatique soit répété avec autant d'insistance ne doit évidemment rien au hasard. Cela vise à contrer le possible effet pervers du succès fulgurant de ce «Sarkothon», ainsi que des médias ont rebaptisé cette souscription: vise à éviter que cet afflux si spectaculaire d'une telle masse d'argent, en ces temps pourtant de crise, consolide l'image du grand parti de droite comme étant avant tout celui des «classes possédantes» – comme diraient Arlette Laguiller ou Olivier Besancenot.

05/07/2013

Un appel à dons, ou l'autre

Partis, Economie, Médias«La voix de l'opposition ne s'éteindra pas. L'UMP a besoin de vous! Votre don est vital!» Le parti sarkozyste n'a pas lésiné dans le pathos pour, dès hier soir, appeler ses adhérents et sympathisants à la rescousse financière. Lui qui est purement et simplement menacé de faillite. Faisant preuve d'une belle réactivité, dès l'annonce du rejet du compte de la dernière campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, l'UMP a lancé une «grande souscription nationale», et mis en ligne (là) un appel à dons.

Cela commence à 30€, ce qui n'est tout de même pas rien. Mais, en cliquant sur «Autre montant», il est possible de donner moins. A partir de 35€, on devient membre adhérent du grand parti sarkozyste – trop chouette. Selon des calculs qu'auraient faits les comptables de l'UMP, pour que ce mouvement sorte du rouge, il suffirait que 35 centimes soient donnés par chacun des 16 860 685 électeurs, qui, en mai 2012, au second tour de la présidentielle, glissèrent dans l'urne un bulletin au nom de l'ancien Président.

35 centimes: cela ne paraît pas mission impossible.

Sinon, si l'on peut se permettre, celles et ceux qui auraient à la fois de l'argent et des envies de générosité, mais qui, de l'autre bord politique, n'envisageraient pas le moins du monde de donner le moindre centime au «grand parti de la droite et du centre» (de moins en moins au centre, cela dit, d'une année à l'autre), une autre souscription, moins tapageuse, est en cours depuis quelques semaines, présentée elle aussi comme visant à défendre le pluralisme. Il s'agit, là, d'éviter la mort financière et donc la disparition... du quotidien communiste «L'Humanité», lui aussi au bord du dépôt de bilan.

Au moins, comme cela, il y en a pour tous les goûts.

04/07/2013

Une certaine approximation

Léger sursaut, ce matin. En entendant, sur une radio française, ce titre tonitruant: «La Belgique sous le choc!». A priori, la formule du confrère nous paraissait approximative, voire excessive. Alors, peut-être que, à 300 kilomètres de distance, on ne se rend pas du tout compte de l'impact de l'annonce, hier, de l'abdication du roi Albert II. Mais, sauf erreur, il ne nous semble pas que le plat pays soit «sous le choc», depuis hier 18 heures. Il est sans doute surpris par la nouvelle, il s'interroge peut-être, mais il ne nous semble pas «sous le choc». Comme, par exemple, il l'avait été il y a vingt ans, le jour de juillet 1993 où la mort inopinée de Baudouin Ier avait été annoncée. Là, pour le coup, cela avait été un choc.

Une légère approximation aussi, dans les médias français depuis hier, en ce qui concerne les pouvoirs du souverain. Ainsi, au 20 Heures de France 2, David Pujadas a cru bon de corriger un quidam qui, dans un sujet «micro-trottoir» réalisé depuis la place des Palais à Bruxelles, venait de déclarer que le Roi n'avait pas fondamentalement de pouvoirs, sa parole officielle devant avoir été préalablement validée par un membre du gouvernement. Et le présentateur vespéral de France 2 d'assurer, en substance, que, non non, contrairement à ce qu'il venait d'être dit, le souverain belge a bel et bien de grands pouvoirs.

Quelques (très) rapides précisions, donc. A l'attention des lecteurs de ce blog qui viendraient de France et cafouilleraient un peu, vu l'approximation médiatique ambiante dans ce pays, sur le sujet.

En effet, en vertu de la Constitution belge (là), le Roi règne mais ne gouverne pas. Un contreseing ministériel est indispensable au moindre discours royal. Le souverain sanctionne et promulgue les lois, et ce n'est pas toujours qu'une formalité: voir l'impossibilité temporaire de régner qu'avait jadis auto-décrétée le roi Baudouin, pour ne pas devoir valider la loi dépénalisant l'IVG. C'est aussi le chef de l'Etat qui, au lendemain des élections, désigne les formateurs ou négociateurs des gouvernements – et, là, il peut, dans une certaine mesure, peser. Mais, de facto, l'essentiel du pouvoir royal nous semble plutôt résider dans le magistère d'influence, indéniable, qu'il exerce. Et dans le poids symbolique de sa fonction, l'institution royale, habituellement considérée comme le ciment de la nation, bénéficiant globalement d'une grande popularité, dans ce pays.

03/07/2013

Un jeu de dupes

Gouvernement, Hollande, Personnalités, Environnement, FemmesMême pas trois lignes de communiqué officiel, une trentaine de mots à peine, et hop: virée. L'ex-ministre PS de l'Ecologie, Delphine Batho, se consolera peut-être du caractère expéditif de son limogeage, hier, en constatant qu'elle est devenue le premier membre du gouvernement dont le licenciement s'est fait en direct sur Twitter.

Beaucoup d'hypocrisie, cela dit, derrière tout cela.

François Hollande a voulu montrer qu'il savait faire preuve d'autorité, en sanctionnant illico une ministre ayant, le matin même sur une radio, jugé «mauvais» son projet de budget 2014. La belle affaire: si le Président a fait preuve d'autant de poigne, c'est surtout parce que cette jeune ministre ne pesait rien: ni dans l'édifice gouvernemental, ni dans les équilibres internes au PS. Les ministres Arnaud Montebourg ou Manuel Valls auraient-ils tenu exactement les mêmes propos qu'elle que, bien sûr, ils n'auraient pas été virés – pas de la sorte, en tout cas.

Les Verts pleurent à chaudes larmes un licenciement, qui, selon eux, consacre le fait que François Hollande n'en a décidément rien à faire de l'écologie. La belle affaire: avant-hier encore, les écologistes étaient les premiers, en public comme en privé, à fustiger une Delphine Batho qu'ils jugeaient trop molle, voire peu compétente, pour défendre les enjeux environnementaux.

La politique, parfois, comme des tas d'autres domaines d'activité, c'est aussi (avant tout?) un jeu de dupes, une affaire de postures.

 

PS: Au fond, si l'on peut se permettre de poser la question: Delphine Batho aurait-elle été congédiée avec si peu d'égards, si elle avait été un homme? On vous laisse juges.

02/07/2013

Un tweet, ou un twitt?

Les leçons de langue française du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA): on les adore – relire ici ou . Cette fois, le «gendarme» du PAF se penche (là) sur la «question complexe» de l'«orthographe variable» qui a cours, concernant la plateforme de microblogging Twitter. Ce réseau social «est à l’origine de tout un nouveau vocabulaire», mais, à ce jour, ces mots récents n'ont «pas encore d’équivalents français officiellement recommandés». Quant aux dictionnaires, ils hésitent entre "twitt" ou "tweet". Et «les "twittos" (utilisateurs de Twitter) ou "tweetos" et "twittosphère" (univers de Twitter) ou "tweetosphère" attendent aussi une reconnaissance».

Du coup, comment écrit-on, en bon français? De l'avis des linguistes du CSA, «Twitter (le site web) s’écrit avec i et deux t. Il paraît donc beaucoup plus logique d’écrire twitt et ses dérivés avec i et deux t, car la marque déposée fige le mot. Toutefois, l’entreprise Twitter Inc. a récupéré la marque déposée Tweet (pour le court message), ce qui impliquerait qu’on l’écrivît avec deux e, ce que fait le Petit Robert 1. Si l’on veut minimiser les risques, c’est ce que l’on peut recommander actuellement. Et, si l’on considère que le nom est devenu commun, car extrêmement répandu, il n’est pas nécessaire de garder la majuscule».

Au-delà de ces conseils, le CSA juge que «la création de mots français officiellement recommandés par une Commission de terminologie s’impose. Il faudra choisir entre l’orthographe de la marque déposée Tweet et la forme twitt; qui se répand rapidement à cause du site web Twitter. À moins qu’on ne trouve une appellation plus française, mais "cuicui", "gazouillis" ou une autre création lexicale – si originale soit-elle – aura bien des difficultés à s’implanter, au vu de la fréquence d’emploi et de l’omniprésence actuelles de l’anglicisme "tweet"».

Bref, si l'on peut se permettre, après cette intervention du CSA dans le débat, on n'est pas vraiment beaucoup plus avancés.

01/07/2013

Une (double) curiosité

Société, activisme, Sécurité, Police, ParisC'était samedi après-midi, à Paris. Un gros déploiement de forces de l'ordre, là où la Gay Pride était susceptible de déraper. Plus d'une demi-douzaine de cars de CRS stationnés devant la paroisse Saint-Nicolas du Chardonnet, pas loin du Boulevard Saint-Germain. Cette église est occupée depuis des lustres par les catholiques traditionalistes de la Fraternité sacerdotale St-Pie X (les intégristes de Mgr Lefebvre), proches du mouvement ultra-catholique Civitas, lui-même très anti-«mariage pour tous». A chaque Gay Pride, depuis des années, et donc avant même la polémique sur la loi Taubira, quelques activistes de cette obédience se réfugient derrière les grilles de cette paroisse pour y invectiver le cortège, avec des slogans comme «Nous sommes tous des enfants d'hétéros!». Cette année, les autorités craignant des échauffourées, de gros moyens ont donc été déployés à cet endroit. Mais, ... pas le moindre manifestant catholique ne s'y est montré, cette fois. Du coup, tout ces pandores en tenue anti-émeute et en si grand nombre, devant un bâtiment vide, cela avait un côté surréaliste – curieux, même.

Samedi, toutefois; quelques anti-«mariage pour tous» ont bel et bien animé la Marche. Dans le quartier Montparnasse, une poignée d'«Hommen» – mouvement qu'on a déjà évoqué, dans ce blog (relire ici) – avaient repéré un hôtel situé sur le passage du cortège, puis y avaient pris une chambre avec balcon donnant sur le boulevard. C'est de là que le petit groupe, torse nu et masqué comme à son habitude, a déployé, pendant toute l'après-midi, une banderole fustigeant la «dictature des minorités» sexuelles, et le peuple non-gay «bâillonné».

Le plus curieux, là, n'était pas le nombre de CRS barrant l'entrée de l'hôtel, pour éviter que des participants au cortège n'y pénètrent et fassent la peau aux trublions. Mais le fait que ces derniers, pendant des heures, ont levé bien haut leurs poings serrés: en signe de résistance, de protestation. Or, jusqu'à présent, en France comme ailleurs, le poing levé était un salut gestuel utilisé avant tout par des activistes de gauche, voire d'extrême gauche. Une mouvance à laquelle, de toute évidence, ces «Hommen» n'appartiennent pas.