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30/08/2013

Une nouvelle promenade

Un peu de détente, pour bien terminer la semaine. Et/ou pour, qui sait, donner une idée d'activité de week-end.

C'est un lieu de Paris assez fascinant, mais que peu d'habitants – et donc, a fortiori, de touristes étrangers – connaissent. Ou, s'ils le situent, pour en avoir déjà entendu parler, ils n'y vont guère. C'est ce que l'on appelle «La Petite Ceinture». Une ancienne voie de chemin de fer d'une trentaine de kilomètres de long, qui, depuis le Second Empire, parcourt une bonne partie de la capitale, mais qui n'est plus exploitée depuis quarante ans. Outre qu'elle ménage de jolis points de vue sur la ville, c'est un havre de calme, un poumon de verdure, et même un lieu de contre-culture (art urbain, performances artistiques, événements festifs, etc.) précieux.

La mairie a eu la bonne idée d'ouvrir au grand public ce lieu qui, jusqu'à présent, était grillagé une bonne partie de l'année, excepté lors des Journées du patrimoine. Fin août, a été inaugurée une première tranche de ce parcours ferroviaire désormais réaménagé. Seuls 900 mètres sont concernés, mais un demi-kilomètre d'aménagement supplémentaire est en chantier, et d'autres pourraient suivre dans les années à venir.

Un volet particulièrement appréciable de ce projet d'aménagement est le parti pris de ne pas exagérément artificialiser les lieux: de laisser tout de même à la nature ses droits (entretien le moins intrusif possible de la végétation, absence de luminaires troublant le rythme biologique de la faune locale, etc.)

Bien.

29/08/2013

Une curieuse apathie

Publicité, Religion, Activisme, SociétéIls sont en passe d'arriver à Paris: les «Veilleurs». Ces militants opposés au «mariage pour tous» parcourant à pied la France: pour «éveiller les consciences», «susciter l'éveil démocratique». Partis début août de Charente maritime, une vingtaine de ces «Veilleurs» randonneurs sont annoncés dans la capitale samedi matin, voire dès demain. Ils comptent se faire entendre sur le parvis de la Défense, place de la Concorde, et sur les Champs. Où notamment ils liront des textes de Camus et de Bernanos.

Ce mouvement se revendique comme pluraliste et non-confessionnel, mais est évidemment très ancré à droite politiquement, et situé dans la mouvance catholique – qui, pendant des mois, a été le fer de lance de la mobilisation contre le «mariage gay».

Dans cette mouvance, figurent les catholiques ultras de l'Institut Civitas – dont on a déjà eu l'occasion de parler, dans ce blog (relire par exemple ici). Ces dernières semaines, assez curieusement, ils n'ont pas le moins du monde réagi à une campagne de pub que l'on a beaucoup vue, sur les murs de Paris. Emanant d'une marque de mode, elle affiche, qui plus est en très grands formats, des visuels et slogans issus de la chrétienté, qu'elle détourne voire singe allègrement. Les activistes de Civitas aiment mener des opérations coup de poing contre les représentations artistiques relevant selon eux de la «cathophobie». Mais là, rien. Pas une réaction à cette campagne, pas une affiche recouverte de slogans rageurs, pas la moindre manifestation contre ces bondieuseries mercantiles. Rien.

Mais sans doute tout le monde a-t-il le droit, en cette période de l'année, à partir à la plage.

28/08/2013

Une merveille de novlangue

Magnifique enchaînement d'euphémismes et de litotes, hier soir: dans la bouche de Jean-Marc Ayrault. Quand le Premier ministre a présenté (ici) sa réforme des retraites. Qu'on en juge:

-«Ce sont les cotisations sociales qui seront sollicitées, à un faible niveau et progressivement». En clair? Les cotisations payées par les employeurs et par les travailleurs vont augmenter, et cela va durer plusieurs années.

-«Un mécanisme de pilotage (de la réforme) sera mis en place. Il permettra notamment de corriger la trajectoire, si les besoins de financement se révèlent plus importants que prévu». Traduction, en langage non-technocratique? Au gouvernement y compris, on n'est pas trop sûr que les efforts demandés dans le cadre de cette réforme suffiront à limiter les déficits. De nouveaux sacrifices pourront donc devoir être demandés.

-A propos du «compte personnel de prévention de la pénibilité», qui permettra aux travailleurs ayant exercé des professions physiquement pénibles de ne pas devoir trop attendre avant de prendre leur retraite: «Je souhaite que ce compte puisse être mis en place en 2015. Nous aurons le souci qu’il ne soit pas complexe en gestion, pour les entreprises comme pour les salariés». Qu'est-ce à dire, en français qui ne soit pas de la novlangue? Le gouvernement n'a, à ce stade, aucune idée de la manière dont il va concrétiser cette idée, mais il s'attend à ce que ce soit fameusement lourd et bureaucratiquement compliqué.

-La concertation avec les partenaires sociaux, préalable à cette réforme, «a été intense» Lire: on a dû palabrer pendant d'interminables mois, pour arriver à ce résultat.

Encore bravo pour cette si belle créativité linguistique.

27/08/2013

Une criante inégalité

Femmes, Institutions, ActivismeDes cris, des slogans et des éclats de voix, hier soir: Place du Panthéon. Devant le si vénérable édifice dédié «Aux grands hommes: la patrie reconnaissante». A l'initiative de plusieurs mouvements féministes (ici, notamment), quelques dizaines de manifestantes ont houspillé François Hollande: pour qu'il n'oublie pas sa promesse de «panthéoniser» une femme.

Car c'est peu dire que la parité n'est pas de mise, au Panthéon. Dans les 72 sépultures qu'il héberge, on compte... 70 hommes. Les mouvements féministes trouvent cette inégalité insupportable, notamment en termes d'image que cela renvoie aux femmes – seuls donc des mâles auraient droit à la reconnaissance du pays? Les manifestantes dénonçaient aussi le nombre très réduit de noms de rue et de station de métro qui, à Paris, honorent des femmes – on a déjà évoqué cela, dans ce blog: relire ici ou .

La semaine prochaine, via son site internet, l'Elysée lancera une grande consultation populaire, portant sur le nom de la femme dont les Français voudraient que les cendres soient transférées au Panthéon. Plusieurs personnalités semblent avoir déjà les faveurs des pronostics: les écrivaines George Sand ou Simone de Beauvoir, par exemple, ou la révolutionnaire Olympe de Gouges.

26/08/2013

Une mode médiatique

C'est la dernière mode, dans les médias: recycler des personnalités politiques en chroniqueurs et amuseurs publics. Ainsi, sur le modèle de l'ex-ministre Roselyne Bachelot sévissant sur la chaîne de télé D8, une autre ancienne membre d'un gouvernement UMP, Jeannette Bougrab, fait ce soir ses débuts télévisés: au «Grand Journal» de Canal. Et, ce matin, sur la radio Europe 1, le Vert Daniel Cohn-Bendit a inauguré ses chroniques quotidiennes.

Jeannette Bougrab n'a pas laissé un souvenir impérissable du temps où elle était ministre. Mais là, se dit-il à Paris, elle pourrait faire merveille puisque, «avec ses stilettos, elle est si girly chic». C'est ce qu'on a lu hier dans un journal, avec un certain effarement.

Quant à Daniel Cohn-Bendit, il a décidé d'intituler ses chroniques «Ca m'énerve». Et, dès ce matin, pour sa première, il a donné le ton: effectivement assez énervé. Outre que, en l'occurrence, ce premier billet (ici) enfonçait vraiment pas mal de portes ouvertes, sur le fond, pas sûr que cet angle de l'énervement soit vraiment ce qu'il manquait au journalisme contemporain. Lui déjà si agité, si prompt aux emballements, si versé dans le zapping. Il nous semble avoir besoin, non d'énervements du moment, mais de l'inverse, exactement: du calme, de la prise de distance, du recul, de la réflexion sur la durée.

Mais sans doute n'est-ce plus trop, médiatiquement, dans l'air du temps.

23/08/2013

Un combat d'arrière-garde

Activisme, Société, InstitutionsTrois mois maintenant que la loi sur le «mariage pour tous» a été définitivement votée et promulguée. Depuis, y compris dans des villes gérées par la droite, des couples de même sexe – pas en très grand nombre, cela dit – convolent en mairie, sans que cela ait l'air de poser de problèmes majeurs. Et sans que, évidemment, la société française s'en trouve complètement déstabilisée, ainsi que l'avaient prédit tant de Cassandre. Trois mois plus tard, malgré tout, les anti-«mariage gay» les plus virulents poursuivent leur croisade.

C'est ce que l'on peut constater cet été, dans les rues de Paris. A la vue notamment de tous ces stickers qui ont été apposés ça et là, sur la voie publique. Ils appellent carrément à la démission de François Hollande.

Les militants à l'origine de cela s'auto-glorifient de leur constance de vues et de leur indéfectible opiniâtreté activiste. Leurs détracteurs les accusent d'acharnement et de non-respect des institutions républicaines – s'agissant d'une loi qui a été démocratiquement votée et est entrée en vigueur avec toute sa légitimité. Plus calmement, l'on est fondé à se dire que cette mobilisation devient vraiment, et plus que jamais, un combat complètement d'arrière-garde.

22/08/2013

Une amélioration, paraît-il

Puisqu'on évoquait hier la circulation automobile à Paris, la qualité de l'air s'améliore, dans cette ville. Du moins s'il faut en croire les chiffres diffusés cet été – cela ne correspond pas du tout à notre ressenti quotidien de Parisien, mais bon: qui serait-on pour juger...

Cette étude conclut que, de 2002 à 2012, la qualité de l'air générale dans Paris s'est améliorée. Suit, immédiatement, une nuance: «Les niveaux de pollution restent supérieurs à la réglementation, notamment le long du trafic. En 2012, pour les particules et le dioxyde d'azote, de 22% à 97% des Parisiens sont toujours exposés à un air dont la qualité ne respecte pas les normes annuelles».

Paris, Santé, Environnement, TransportsLe maire de Paris, Bertrand Delanoë, n'en a pas moins salué d'un grand cocorico cette «baisse sans précédent de la pollution atmosphérique». Qui «confirme que les efforts réalisés par la Ville de Paris pour réduire à la fois le trafic routier et la vitesse de circulation sur les axes parisiens sont efficaces en termes de lutte contre la pollution et donc de santé publique».

Pas sûr, cependant, qu'il y ait de quoi se pavaner. Alors que l'on sait désormais (relire ici) que chaque Parisien moyen bénéficierait d'un gain de six mois d'espérance de vie si, dans la capitale, les normes annuelles européennes en matière de pollution étaient parfaitement et en permanence respectées. Autrement dit, statistiquement, dans la «Ville lumière», on meurt en moyenne six mois trop tôt à cause de la pollution.

Mais à part ça donc, il y a une amélioration.

21/08/2013

Un été assez exceptionnel (encore)

Cet été 2013 pourrait bien rester dans les annales en France pour une seconde raison. Outre, donc, pour le bilan très positif en matière de feux de forêt, qu'on évoquait ces deux derniers jours – mais qui reste à confirmer (cela a brûlé hier, en Corse). En effet, sur un deuxième plan, des chiffres absolument historiques sont tombés, dernièrement.

Ils concernent, eux, la sécurité routière. En juillet 2013, la mortalité par accidents de la route a été «la plus faible jamais enregistrée depuis 1948, date des premières statistiques». Précisément, 21 vies ont été épargnées: 345 morts sur les routes de l'Hexagone en juillet 2013, contre 366 en juillet 2012. Une telle baisse de la mortalité routière (5,7%), a fortiori s'agissant d'un mois à forte circulation automobile, c'est du jamais vu.

Mais, là aussi, il faut relativiser. Pour certains usagers particuliers de la route, l'été fut meurtrier. Ainsi, la hausse cumulée de la mortalité des motocyclistes a été de 19,3% de juin à juillet 2013, par rapport à la même période en 2012. Comme dit le ministère de l'Intérieur, «ces chiffres rappellent la nécessité, pour les motards, d’avoir toujours un équipement adapté, en dépit de la chaleur, et aux automobilistes de redoubler de prudence vis-à-vis de ces usagers particulièrement vulnérables».

Cette mortalité routière à deux vitesses, cela dit, on connaît bien cela, et depuis un petit temps, à Paris.

Ainsi, en 2012 dans la capitale, le nombre de décès par accidents de la route s'est rapproché du chiffre plancher des dix dernières années (37 tués, en 2007). Mais cette «tendance excellente», dixit la préfecture de police, cache mal deux données elles plus inquiétantes. Le nombre de motocyclistes tués dans Paris ne baisse pas, lui: il stagne (15, contre 16 en 2011). Et celui des cyclistes lui, carrément explose (5, contre 0 en 2011).

20/08/2013

Un certain relâchement

Sécurité, Environnement, Economie, ArméePour la petite histoire, et puisque la note d'hier était consacrée aux feux de forêt, l'armée a, cet été encore, conservé le même nom de code pour son opération estivale de lutte contre ces incendies. Ce plan est baptisé «Héphaïstos».

Ce terme renvoie à la mythologie grecque, où Héphaïstos (ou Héphaistos, en grec ancien Hφαιστος) est le dieu du feu, des forges et des volcans (voir ici, par exemple).

Cet été, outre les Canadairs, hélicoptères et personnels de la sécurité civile, 200 militaires, 60 véhicules, et 3 hélicoptères Puma et Gazelle de l'armée sont mobilisés pour cette opération, qui se déploie sur quinze départements de la zone Sud et de la Corse. Cet état d'«alerte permanente», dixit le ministère de la Défense, est prévu pour durer jusqu'à septembre.

Un nom de code identique, mais notons au passage qu'en catimini et sans crier gare, les autorités, année après année, réduisent la voilure de ce dispositif de vigilance et d'intervention. Austérité budgétaire oblige? Ainsi, 80 véhicules militaires avaient été mobilisés pour «Héphaïstos 2012». Et, deux ans plus tôt, on en avait carrément compté une centaine. En outre, cet été-là, 300 militaires avaient participé à l'opération: un tiers de plus que cet été, donc.

Ce relâchement des moyens pourrait évidemment être monté en épingle, voire susciter la polémique politique, si d'aventure et par malheur cela brûlait beaucoup dans le Midi, en cette fin d'été 2013. A cet égard, depuis la note écrite hier, le département du Var vient de repasser en vigilance rouge, pour cause de mistral.

Plus que jamais ne pas crier victoire trop vite, dès lors, pour ce bilan jusqu'à présent très satisfaisant de l'été 2013, en la matière.

19/08/2013

Un été assez exceptionnel

De retour. En cette dernière ligne droite d'un été qui, en France, s'il continue de la sorte pendant les deux, trois, semaines à venir, restera dans les annales comme ayant été exceptionnel sur un point. Car, même si, curieusement, cela a l'air d'avoir échappé aux médias français, qui en ont peu fait écho, cela a exceptionnellement peu brûlé, cet été dans l'Hexagone: très peu de feux de forêt.

Pourtant, l'été 2013 n'a pas du tout été pourri, sur le plan météorologique. Il fut même assez sec et chaud. Pourquoi, donc, cette absence – jusqu'à présent – de feux de forêt gigantesques? Y compris les spécialistes ont l'air de se perdre en conjectures. Le printemps exceptionnellement frais et pluvieux qu'a connu la France a rempli les nappes aquifères comme jamais, et a considérablement humidifié le sol. Cela a pu faire office de retardant, pour les incendies. Mais, d'un autre côté, cette forte pluviosité a aussi beaucoup fait pousser toute la végétation (broussailles, etc.) qui sert habituellement de combustible à ces feux. Pour les autorités, en fait, ce serait surtout le gros travail de prévention et de sensibilisation de l'opinion – de répression des pyromanes, aussi –, accompli ces dernières années, qui porterait enfin ses fruits.

En tout cas, ce bilan très positif – pour l'instant – tranche fameusement avec les derniers précédents en date. Pour rappel, les premiers mois de l'année 2012 avaient vu 2000 hectares de forêt partir en fumée, dans les départements méditerranéens. Deux sapeurs-pompiers avaient même trouvé la mort, dans ces incendies – qui, à ce stade de l'année, n'avaient pas revêtu une telle intensité depuis dix ans. Le bilan de l'année 2011 avait été pareillement mauvais: quelque 4500 hectares de forêt avaient brûlé, dont 1380 pendant la seule période estivale.