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25/10/2013

Une portion toujours aussi congrue

Les médias audiovisuels français? Avant tout un univers de mâles. C'est ce que viennent de confirmer deux études (ici et) réalisées par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). Elles portent sur la place, la parole et la représentation des femmes dans les programmes d'information et les émissions dites "de plateau" ("Mots croisés", "On n’est pas couché", "C dans l’air", etc.).
 
Ainsi, en ce qui concerne les programmes d'info, que ce soit dans les reportages, les brèves, les plateaux avec invités ou les duplex diffusés, "la part des femmes intervenant est inférieure à 20%, contre un peu de plus de 80% pour les hommes". Dans les émissions de débat liées à l’actualité, si les présentatrices et chroniqueuses sont plus présentes et visibles que leurs homologues masculins, au global, "les femmes représentent moins d’un tiers du temps de parole". Et "ce temps est plus morcelé". Concrètement, "lorsqu’elles ont la parole, les femmes ont tendance à la garder moins longtemps que les hommes", ont donc "moins de temps pour développer leurs propos et s’affirmer sur un plateau". Quant au statut des intervenantes, "42% des femmes ont un statut d’encadrant ou de dirigeant (présidentes d’association, dirigeantes d’entreprise, personnalités politiques, etc.), contre 55% des hommes".
 
Et, bien sûr, un grand classique perdure: "Les interventions des femmes dans le domaine de la culture et de la santé sont proportionnellement plus importantes que celles des hommes. A l’inverse, les interventions des hommes marquent leur différence sur les sujets politiques et économiques. Les femmes sont, en revanche, très rarement sollicitées, voir jamais dans le corpus étudié, pour aborder les sujets qui relèvent des sciences et techniques, du sport, de l’environnement, de l’art de vivre et de l’éducation".
 
Bref, un déséquilibre sur tous les plans, au détriment des femmes: tant quantitatif que qualitatif. Or, la majorité des programmes décryptés par le CSA pour ce travail réalisent de bons scores d’audience. Dès lors, ils "concourent de manière significative à l’image des femmes véhiculée" par les médias. D'ou cette conclusion en forme de rappel à l'ordre: les médias audiovisuels "portent une responsabilité particulière concernant la représentation et la promotion de la diversité des parcours des femmes (...) Montrer cette richesse à l’antenne apparait comme le meilleur moyen de faire progresser les mentalités, au travers des exemples et modèles que (les médias) peuvent donner à voir".
 
Compris, Messieurs?

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