Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

30/10/2013

Un indicible

International, Gouvernement, Personnalités, Médias, JournalismeLibres. Après très exactement 1139 jours de captivité. Les médias français parlent beaucoup de «calvaire», depuis la libération des quatre Français retenus en otages au Sahel, hier. Sans ergoter sur les mots, une si longue détention, dans de telles conditions, ce dut plutôt être un enfer. Comme en témoignait encore ce matin Jean-Louis Normandin (ex-otage français au Liban), on ne peut décrire ce qu'est l'horreur d'une telle épreuve (*). Et il est impossible de verbaliser, a posteriori, une telle terreur. La terreur de la survie – pendant une si longue durée, en plus – sous la menace permanente d'être, à tout moment, exécuté.

Et comment se reconstruire, après cela? On en reste pantois. Elle en disait long, a-t-on trouvé, cette parole de François Larribe, épouse d'un des quatre otages libérés, et qui fut elle-même otage, à ses côtés: «Maintenant, toute cette émotion, il faut qu'ils puissent la recevoir, mais aussi la gérer».

Même si les médias ont frisé l'impudeur, on l'a trouvée touchante, l'émotion des proches de ces otages, hier soir.

Et, si l'on peut se permettre de l'ajouter, là pour le coup dans le registre très nombriliste: c'est dans ces moments-là, avec de telles actualités, qu'il devient enfin agréable à faire, ce métier de journaliste – la profession de porteur, si souvent, de mauvaises nouvelles, en somme.

 

(*) «Comment décrire qu'on a vécu enchaîné? Comment faire comprendre ce qu'est le fait de devoir demander l'autorisation pour aller pisser? C'est le Moyen-Age: c'est irracontable».

Les commentaires sont fermés.