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31/10/2013

Une visite, appétissante?

Avis aux amateurs de sucreries et/ou aux... sympathisants du Font national. Ce jeudi matin à Paris, Porte de Versailles, Marine Le Pen visite... le Salon du Chocolat.
 
Pourquoi pas. Sans doute la présidente du Front national a-t-elle le droit, elle aussi, de tenter de flatter cet électorat-là.
 
L'histoire ne dit pas si les grands communicants du Front ont recommandé à leur patronne de bien veiller, pour son image, à y déguster autant de chocolat noir que de chocolat blanc.

30/10/2013

Un indicible

International, Gouvernement, Personnalités, Médias, JournalismeLibres. Après très exactement 1139 jours de captivité. Les médias français parlent beaucoup de «calvaire», depuis la libération des quatre Français retenus en otages au Sahel, hier. Sans ergoter sur les mots, une si longue détention, dans de telles conditions, ce dut plutôt être un enfer. Comme en témoignait encore ce matin Jean-Louis Normandin (ex-otage français au Liban), on ne peut décrire ce qu'est l'horreur d'une telle épreuve (*). Et il est impossible de verbaliser, a posteriori, une telle terreur. La terreur de la survie – pendant une si longue durée, en plus – sous la menace permanente d'être, à tout moment, exécuté.

Et comment se reconstruire, après cela? On en reste pantois. Elle en disait long, a-t-on trouvé, cette parole de François Larribe, épouse d'un des quatre otages libérés, et qui fut elle-même otage, à ses côtés: «Maintenant, toute cette émotion, il faut qu'ils puissent la recevoir, mais aussi la gérer».

Même si les médias ont frisé l'impudeur, on l'a trouvée touchante, l'émotion des proches de ces otages, hier soir.

Et, si l'on peut se permettre de l'ajouter, là pour le coup dans le registre très nombriliste: c'est dans ces moments-là, avec de telles actualités, qu'il devient enfin agréable à faire, ce métier de journaliste – la profession de porteur, si souvent, de mauvaises nouvelles, en somme.

 

(*) «Comment décrire qu'on a vécu enchaîné? Comment faire comprendre ce qu'est le fait de devoir demander l'autorisation pour aller pisser? C'est le Moyen-Age: c'est irracontable».

29/10/2013

Une «avancée positive»

Consommer en étant écologiquement responsable, c'est comme manger bio: c'est bien, mais c'est plus cher. C'est le genre de réflexion que l'on entend continuellement, en France comme ailleurs. Cela pourrait bien devenir un cliché. Si se poursuit la tendance qu'une étude a mise en lumière, hier.

Elle a été réalisée par une association de consommateurs. Et porte sur le prix des produits de marques distributeurs avec écolabels, disponibles en grandes surfaces à Paris et en province. L'enquête conclut que, contrairement à l'idée reçue sur le coût de ces "produits propres", «les marques de distributeurs estampillées de l’Ecolabel européen et du NF Environnement pratiquent des prix attractifs, qui permettent de concilier la consommation écologique et le pouvoir d’achat».

Ainsi, par rapport à l'édition précédente de l'étude, «dans notre panier 2013, deux prix de marques distributeurs portant l’écolabel européen ont baissé: les liquides vaisselle (-9,5%), et les lessives (-11,5%)». Autre progrès: la communication sur le packaging de ces produits écolabellisés «s'est améliorée», et «est plus loyale». Des progrès, certes, restent à accomplir. Subsiste «une grande disparité des prix relevés selon les lieux d’achat». Certains produits écolabellisés (shampooings et après-shampooings) sont encore trop souvent peu disponibles. Et d'autres offrent au consommateur une gamme de choix insuffisante (le sac-poubelle, par exemple: fermeture simple, à poignée ou coulissante, etc.). Mais, globalement, ces «avancées positives contribuent à la diffusion massive des produits» écologiquement responsables, tout en respectant donc ce fameux pouvoir d'achat dont on parle tant et tant, en France.

C'est sans doute la bonne nouvelle du jour – même si, on est d'accord, le bonheur humain ne se résume pas au prix du liquide vaisselle ou de la lessive.

28/10/2013

Une remontrance après l'autre

Télévision, Médias, Gouvernment, JusticeDécidément, les télés en prennent pour leur grade, en ce moment. Durant l'«affaire Leonarda», déjà, les médias d'info continue ont été très critiqués. La chaîne BFM-TV a même été rebaptisée... «BFN» par certains socialistes, qui lui reprochent d'en faire trop sur les thématiques migratoire et sécuritaire, et donc de servir la soupe au Front national. A présent, c'est la chaîne M6 qui est dans le collimateur du gouvernement.

Pour avoir diffusé «en exclusivité», dans son JT de vendredi soir, des images volées, provenant de bandes de caméras de vidéosurveillance. Elles montrent le braqueur Redoine Faïd en train de s'évader, en avril dernier, de la prison de Lille-Sequedin (Nord). Les téléspectateurs ont donc pu voir le malfrat faire exploser la porte de sa prison, puis braquer plusieurs surveillants et les prendre en otages, pour couvrir sa fuite. De l'avis de la ministre de la Justice, Christiane Taubira, M6 a fait preuve d'irresponsabilité en diffusant cette séquence, les «images valorisant des actes criminels» et portant «atteinte à la dignité des personnels pénitentiaires».

Sur le fond de l'argument, pourquoi pas. Sur la forme, en revanche, en ce qui concerne l'image que donnent ces reproches incessants fait par le gouvernement aux télés, les grands communicants du tandem Hollande-Ayrault devraient être les premiers à le savoir, et donc à y réfléchir à deux fois: sans cesse faire la leçon aux médias, c'est risquer de donner l'impression d'être un pouvoir aux abois.

25/10/2013

Une portion toujours aussi congrue

Les médias audiovisuels français? Avant tout un univers de mâles. C'est ce que viennent de confirmer deux études (ici et) réalisées par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). Elles portent sur la place, la parole et la représentation des femmes dans les programmes d'information et les émissions dites "de plateau" ("Mots croisés", "On n’est pas couché", "C dans l’air", etc.).
 
Ainsi, en ce qui concerne les programmes d'info, que ce soit dans les reportages, les brèves, les plateaux avec invités ou les duplex diffusés, "la part des femmes intervenant est inférieure à 20%, contre un peu de plus de 80% pour les hommes". Dans les émissions de débat liées à l’actualité, si les présentatrices et chroniqueuses sont plus présentes et visibles que leurs homologues masculins, au global, "les femmes représentent moins d’un tiers du temps de parole". Et "ce temps est plus morcelé". Concrètement, "lorsqu’elles ont la parole, les femmes ont tendance à la garder moins longtemps que les hommes", ont donc "moins de temps pour développer leurs propos et s’affirmer sur un plateau". Quant au statut des intervenantes, "42% des femmes ont un statut d’encadrant ou de dirigeant (présidentes d’association, dirigeantes d’entreprise, personnalités politiques, etc.), contre 55% des hommes".
 
Et, bien sûr, un grand classique perdure: "Les interventions des femmes dans le domaine de la culture et de la santé sont proportionnellement plus importantes que celles des hommes. A l’inverse, les interventions des hommes marquent leur différence sur les sujets politiques et économiques. Les femmes sont, en revanche, très rarement sollicitées, voir jamais dans le corpus étudié, pour aborder les sujets qui relèvent des sciences et techniques, du sport, de l’environnement, de l’art de vivre et de l’éducation".
 
Bref, un déséquilibre sur tous les plans, au détriment des femmes: tant quantitatif que qualitatif. Or, la majorité des programmes décryptés par le CSA pour ce travail réalisent de bons scores d’audience. Dès lors, ils "concourent de manière significative à l’image des femmes véhiculée" par les médias. D'ou cette conclusion en forme de rappel à l'ordre: les médias audiovisuels "portent une responsabilité particulière concernant la représentation et la promotion de la diversité des parcours des femmes (...) Montrer cette richesse à l’antenne apparait comme le meilleur moyen de faire progresser les mentalités, au travers des exemples et modèles que (les médias) peuvent donner à voir".
 
Compris, Messieurs?

24/10/2013

Une espérance de vie

Paris, Social, Pauvreté, Logement, SécuritéGros émoi, hier, dans le quartier voisin: le Haut Marais. Un homme âgé d'une vingtaime d'années a été retrouvé mort au square du Temple: découvert au petit matin par le gardien, au moment où il ouvrait le parc. Il gisait dans une mare de sang, le crâne fracassé. Une enquête pour homicide a été ouverte par la police judiciaire. Qui investigue notamment auprès des SDF du quartier.

Peut-être qu'une autre piste s'imposera, mais, si d'aventure il se confirme que la victime était effectivement sans-abri, cela illustrera la violence à laquelle est quotidiennement confrontée ce type de population. Et qui a un impact très concret et dramatique: sur son espérance de vie.

Ainsi, en France, pour la population générale, cette espérance de vie est de 78 ans pour les hommes et de 84 ans pour les femmes (voir ici). En revanche, en ce qui concerne les SDF, elle n'est que de .. 44 ans pour les femmes, et 55 ans pour les hommes, selon Médecins du Monde. «L’âge moyen au décès des personnes sans chez soi est de 55 ans en région parisienne, 47 ans en province», confirme-t-on au collectif «Les Morts de la Rue» (CMDR).

En gros, donc, et quitte à résumer les choses un peu brutalement, en France, cinquième puissance économique mondiale, ne pas avoir de toit a un prix: cela coûte 25 ans d'espérance de vie.

Paris, Social, Pauvreté, Logement, Sécurité«La mortalité des personnes sans chez soi reste encore un phénomène méconnu», rappelle-t-on au CMDR: «Beaucoup de choses restent à faire, avant de comprendre les causes de mortalité et les parcours de ces personnes».

L'on sait bien, néanmoins, que la part de décès de SDF par «cause externe» est beaucoup plus importante que dans la population générale. Par «cause externe», l'on entend les agressions, les suicides, et les accidents: noyades, expositions au feu, collisions avec un véhicule ou chutes. En région parisienne, «les causes externes de mortalité représentent environ un quart des décès» de SDF, indique un rapport du Collectif.

C'est donc énormément plus que les décès par hypothermie (2,6%). Qui, pourtant, est souvent vue, par les médias et donc par le grand public, comme la menace n°1 pesant sur les sans-abri – voir l'habituelle litanie médiatico-politique, chaque hiver, sur les SDF «morts de froid», etc.

23/10/2013

Un déséquilibre persistant

Puisqu'on parlait hier de noms de rues à Paris, la capitale compte désormais une Place Stéphane Hessel. Inaugurée l'autre jour, elle se situe dans le quatorzième arrondissement, pas loin du lieu où vécut longtemps l'essayiste et ancien résistant. En choisissant de donner son nom à une place, la mairie a voulu saluer «les convictions généreuses et le destin exceptionnel de cette figure de notre histoire contemporaine».

Pourquoi pas. Au moins, un choix aussi consensuel (voir les millions d'exemplaires d'«Indignez-vous!» qui se sont vendus dans le monde), ne fera pas tache, à quelques mois des élections municipales.

Juste – et cela n'enlève rien aux mérites que l'on peut trouver à Stéphane Hessel –, on avait cru comprendre que, dorénavant, la Ville allait, le plus souvent possible, dans ses choix d'appellation de places, de squares et de rues, privilégier des noms de femmes. Pour tenter de corriger un peu le déséquilibre en la matière: dans la capitale, la plupart des rues portent des noms d'hommes (on en a déjà parlé, ici notamment, dans ce blog).

Encore une occasion ratée, donc.

22/10/2013

Un martyr pour un autre

Paris, Histoire, Humour, Art de vivreUne petite curiosité, dans notre quartier du onzième arrondissement. Qui a fait sourire pas mal d'habitants. Notre bonne vieille rue Saint-Sébastien a été rebaptisée par des petits plaisantins. Qui y ont apposé de fausses plaques en l'honneur de Thérèse d'Avila. Avec la mention «Jouissons en extase».

Dans le quartier, nul ne comprend pourquoi donc le saint agonisant, au très mâle corps transpercé de flèches, soudain s'est ainsi fait évincer par la mystique Espagnole. Celle qui, de mémoire, était à ce point exaltée qu'elle arrivait à écrire «Je meurs parce que je ne meurs pas; je ne meurs pas parce que je meurs». La désespérance de ne pas succomber suffit à me faire trépasser; le plaisir si intense que me procure la perspective de mourir me revitalise tant qu'il m'en devient impossible d'en finir.

Un martyr pour un autre, dans le onzième. Qui sait les gais lurons à l'origine de cette substitution ont-ils voulu, par cette exhortation de rue à la jouissive extase, adresser un message à tous les partisans contemporains du retour à l'ordre moral.

Les catholiques ultras, en tout cas, n'ont pas encore réagi à cette cocasse apparition de «la folle de Dieu», sur les murs de Paris.

21/10/2013

Un mot qui fâche

A propos de cette «affaire Leonarda» qui agite la France depuis bientôt une semaine – du nom de cette jeune fille sans-papiers, expulsée vers le Kosovo –, ces subtilités lexicales qui, si elles ne concernent que la forme, en disent long, trouve-t-on.

Ainsi, cette tournure de phrase particulière utilisée par François Hollande, samedi: «Si elle en fait la demande et veut poursuivre sa scolarité en France, un accueil lui sera réservé». Le chef de l'Etat se serait exprimé en langage courant qu'il aurait dit quelque chose du genre: «Elle sera accueillie en France», ou «La France l'accueillera». Non. Les communicants de l'Elysée ont sans doute jugé que ces dernières tournures étaient trop connotées affectivement – comme quand on se fait une joie d'accueillir un visiteur, etc. La jeune Leonarda a donc eu droit à une formule beaucoup plus désincarnée, comme administrative et donc abstraite, dénotée de la moindre connotation affective: «Un accueil lui sera réservé». On a déjà vu invitation plus cordiale, bristol plus chaleureux.

Mais ce n'est rien par rapport aux circonvolutions des dirigeants pour ne jamais, au grand jamais, devoir utiliser le grand mot qui fâche: le terme "expulsion". De longue date, la France n'expulse plus les sans-papiers. En langage administratif, les clandestins ont longtemps été «refoulés», voire, plus rarement, «renvoyés» dans leurs pays d'origine. Sous Nicolas Sarkozy, l'on parlait de «reconduites à la frontière». Comme quand on reconduit une personne après avoir passé une chouette soirée avec elle. A présent, sous François Hollande, on parle d'«éloignement» des sans-papiers. Comme quand un souci se dissipe, un tracas s'égare.

On pourrait appeler cela de la couardise lexicale.

18/10/2013

Une invasion identitaire

Activisme, Paris, Racisme, Etrangers, Sécurité C'est sans doute le degré zéro de l'engagement politique, mais cela donne un résultat assez visible, donc c'est bon au moins pour la notoriété: placarder l'espace public de stickers vantant telle ou telle idée. L'extrême droite (comme l'extrême gauche, d'ailleurs) a souvent recours à ce genre de procédé, et c'est particulièrement le cas de sa mouvance dite «identitaire».

Ainsi, depuis plusieurs années maintenant (on en a déjà parlé jadis dans ce blog: ici), à intervalles réguliers, ses militants effectuent des descentes sur Paris. Et y maculent des quartiers entiers de leurs slogans indignés.

On vient encore d'en faire l'expérience dans notre quartier St Sébastien/St-Sabin. Où, depuis quelques jours, on ne peut plus faire un pas sans tomber sur leur propagande identitaire. Cela donne, par exemple, des slogans aussi accueillants que «Vivre ensemble, oui mais sans eux!», ou «Défends-toi. Ici, c'est chez toi».

Activisme, Paris, Racisme, Etrangers, Sécurité Les Parisiens ont toujours très peu voté à l'extrême droite: beaucoup moins que la moyenne nationale française. Et c'est particulièrement le cas dans les quartiers bobos-chics-branchés comme le onzième arrondissement. Pas sûr, dès lors, que cet investissement militant des «Identitaires» soit très rentable électoralement, dans des quartiers comme le nôtre en tout cas.

Sans doute ces colleurs de stickers en sont-ils les premiers conscients, mais cela ne les empêche pas de persévérer dans ce genre d'opération.

Qui leur donne aussi la possibilité de rebondir et de s'exprimer sur des faits d'actualité. Ainsi, dans cette dernière vague de collages en date, nos «Identitaires» ont bien veillé à mettre en valeur leurs stickers prônant l'autodéfense. Du style: «Oui à l'autodéfense: défendre son commerce n'est pas un crime!»

Activisme, Paris, Racisme, Etrangers, Sécurité Cela fait bien sûr allusion au dramatique fait divers qui s'est produit à Nice, dernièrement: un commerçant qui a tué à coups de fusil un jeune qui venait de braquer son magasin. Ce sticker en faveur de l'autodéfense renvoie d'ailleurs directement à la section locale des Identitaires de Nice, dont il donne l'adresse complète.

En exposant aussi visiblement leur origine géographique, ces colleurs militants s'exposent à ce que les Parisiens qui n'adhèrent pas à leurs idées leur retournent en pleine face, et cette fois à leur détriment, leur propre slogan: «Vivre ensemble, oui mais sans eux!»

17/10/2013

Une «source de fatigue et d'usure»

Les transports publics parisiens sont plus sûrs qu'avant – ce qu'on évoquait dans la note d'hier – , mais leur utilisation quotidienne reste pénible. Ou, en tout cas, est vécue comme telle chaque jour, par des millions d'usagers. C'est ce que confirme une étude qui vient de sortir.

Elle indique que 63% des Parisiens et des banlieusards se sentent fatigués par les trajets qu'ils effectuent quotidiennement pour se rendre au travail. En région parisienne, près d'un actif sur deux (46%) voit même ces transports comme une «source de fatigue, d'usure ou d’altération de la santé». Ce sont surtout la chaleur du voyage, la durée du transport, et la position debout durant le trajet qui sont vues comme les principales causes de fatigue. Ce taux de pénibilité est beaucoup plus élevé que celui enregistré à l'échelle du pays (28%). Et pour cause: là où les Français dans leur ensemble mettent en moyenne une demi-heure pour aller travailler, dans la capitale et sa région, cette durée grimpe à trois quarts d'heure le matin, et à 1h30 par jour.

On essaiera de se souvenir de ces chiffres, la prochaine fois – très rapidement, certainement – que, dans le métro ou le RER, on trouve que les gens, décidément, font la tête. Ce n'est donc pas, n'en déplaise au cliché, parce qu'ils sont Parisiens, et donc teigneux de nature. C'est juste parce qu'ils sont épuisés: usés.

16/10/2013

Une (légère) amélioration, enfin

Transports, Métro, SécuritéCe sont des statistiques internes de la RATP, qui n'étaient pas destinées à être diffusées, mais qui, hier, ont fuité dans les médias. Elles indiquent que la violence est enfin en diminution, dans le réseau métro et RER – où, ces dernières années, s'étaient produits plusieurs faits divers dramatiques, qui, à Paris et dans sa région, n'avaient pas peu ému l'opinion publique (relire ici, par exemple).

Cela s'améliore donc un peu, dorénavant. Les violences commises à l'encontre des usagers ont légèrement baissé en 2012, s'établissant à à 2,73 cas par million de voyageurs transportés (contre 2,91 un an plus tôt). Auparavant, ces violences avaient doublé rien qu'entre 2007 et 2010. Sont également en baisse les violences physiques perpétrées contre les agents de la RATP: 476 cas en 2013 – ce qui fait tout de même encore près de dix agents victimes chaque semaine de violences. Selon des collectifs d'usagers des transports, ce climat un peu meilleur qu'auparavant sur le réseau est notamment dû à l'introduction de rames de RER à deux niveaux. Car elles ont limité la surcharge des trains, or celle-ci est souvent vecteur d'énervement pouvant dégénérer en violences.

En baisse tout autant: les suicides et tentatives de suicides perpétrés dans ces réseaux de transports publics: ils ont régressé de près de 70%, depuis 2005. En 2012, on a tout de même encore recensé 60 «accidents graves voyageur», ainsi que les suicides sont toujours dénommés dans la novlangue de la RATP.

Transports, Métro, SécuritéUn nombre de suicidés qui, cela dit, pourrait encore diminuer cette année. Grâce, non pas au meilleur moral général qu'auraient les voyageurs parisiens, mais à des dispositifs de sécurisation comme les portes palières automatiques, qui empêchent l'accès aux voies – ainsi, désormais, elles équipent notamment la ligne 1 du métro, qui est la plus fréquentée de Paris.

15/10/2013

Une surface habitable, mais oui

Les joies de la vie à Paris. Ville où le logement a atteint un tel niveau de prix que certains doivent s'endetter quasi toute une vie pour acquérir un minuscule studio sous les toits. Et où d'autres en sont réduits à louer ce qu'on n'est même pas sûr de pouvoir appeler une cage à poules – pas sûr que les défenseurs des animaux accepteraient que des gallinacés aient de telles conditions d'habitat. Encore un exemple, ce mardi, de cette belle vie parisienne, dans ce domaine. Et cela concerne notre cher (dans les deux sens du terme) onzième arrondissement.

Ce matin, devant le tribunal d’instance du onzième, comparaît un propriétaire ayant loué un logement d'une surface... d’1,56 mètre carré. Mais oui, c'est possible. Pour preuve, la photo dudit logement, qu'a publiée ce matin le confrère ayant révélé l'affaire. Et qui ajoute: «Un matelas, un robinet et une plaque de cuisson. Voilà les seuls biens (du locataire) qui pouvaient rentrer dans cette surface habitable». Surface qui lui était louée 330 euros. Ce qui fait 211,5 euros le mètre carré.

A part cela, depuis plus de dix ans en France (depuis un décret ministériel du 30 janvier 2002, précisément), un logement, pour pouvoir être loué, doit disposer «au moins d'une pièce principale ayant soit une surface habitable au moins égale à 9 mètres carrés et une hauteur sous plafond au moins égale à 2,20 mètres, soit un volume habitable au moins égal à 20 mètres cubes».

Dans ce pays, décidément, pas grand-chose ne change jamais. Qu'il soit gouverné par la droite ou par la gauche, des tas de lois demeurent, dans les faits, inappliquées.

14/10/2013

Un curieux message

Parti socialiste, Communication, GouvernementReçu ce week-end, sur notre téléphone personnel, un SMS venant... d'un membre du gouvernement. Il disait ceci: «Ce dimanche, votez aux primaires citoyennes pour mettre fin au clientélisme et à l'immobilisme. Je compte sur vous!» Signé: la ministre Marie-Arlette Carlotti. Qui, à Marseille, avec cinq autres candidats, briguait l'investiture socialiste pour les élections municipales de mars prochain – et qui, au passage, a été lourdement défaite, au premier tour hier.

Curieux message. On n'a jamais communiqué notre numéro de téléphone à cette dame, ni donné au PS notre accord pour recevoir des textos de propagande électorale. Sans doute l'équipe de campagne de Marie-Arlette Carlotti a-t-elle retrouvé ce numéro, et probablement quantité d'autres de confrères, dans le fichier presse du candidat Hollande, l'an dernier. Puisque, lors des campagnes présidentielles, les journalistes et communicants des candidats échangent souvent par SMS: pour avertir des changements de programme de dernière minute, etc. Il n'empêche, aller retrouver des numéros de téléphone dans des fichiers de journalistes, puis solliciter ces derniers en tant qu'électeurs, cela paraît un peu cavalier, comme procédé.

En outre, quand bien même, par extraordinaire, aurait-on souhaité participer à ce scrutin partisan d'hier, qu'on n'aurait évidemment pas pu le faire. Puisqu'on vit à Paris, et non à Marseille. C'était donc, clairement, un SMS envoyé pour rien, quelques centimes d'un budget de campagne jetés par les fenêtres.

Espérerons donc, pour la bonne marche de l'Etat, que les dossiers de la ministre Carlotti sont plus en ordre que son fichier d'électeurs présumés.

11/10/2013

Un secteur en ébullition, plus que jamais

Coup de tonnerre, hier, dans le monde feutré de l'hôtellerie parisienne de prestige – qui, décidément, traverse une passe agitée (on en avait notamment parlé ici, dernièrement). A son tour, l'Hôtel Lutetia, le très beau 4 étoiles Art déco de la rive gauche, va fermer ses portes. Dès la fin 2014, et pour subir trois années de lourds travaux de restauration. Précédemment, déjà, avait fait sensation, dans ce petit monde de grand luxe, l'annonce de la fermeture du Ritz (relire ici) et du Crillon (), pour la même raison.

Et, une fois de plus, cela se passe mal avec le personnel. D'où, hier, des mouvements de protestation et des arrêts de travail ayant perturbé la quiétude du prestigieux établissement. Le propriétaire des lieux (le groupe israélien Alrov) n'offre que deux possibilités à ses 211 salariés. Soit ils voient leur contrat de travail suspendu pendant trois ans, ont l'assurance d'être réembauchés à la fin des travaux, mais, en attendant, doivent se contenter d'une indemnité équivalant à 12% maximum de leur salaire brut – ce qui ne fait pas lourd, vu le niveau des salaires dans le secteur (relire). Soit ils acceptent un départ volontaire et se retrouvent donc sur le marché de l'emploi, avec tout au plus une indemnité de départ un rien majorée (15%). Sinon? C'est la porte: le licenciement sec.

Les syndicats sont fous de rage contre ces propositions, jugées d'autant plus indignes que le groupe Alrov «annonce chaque année des bénéfices colossaux». Cet après-midi, dès lors, à l'occasion d'un rassemblement devant l'hôtel, ils vont manifester bruyamment leur mécontentement.

On n'a sans doute pas fini d'en parler, dans le tout-Paris, de ce dossier.

10/10/2013

Une sanction très inhabituelle

Institutions, FemmesOn s'est donc trompé, hier. Et, cela dit, on en est ravi.

Trompé, en écrivant que rien ne change décidément en France, dans le monde politique machiste – à propos de cette députée écologiste qui, mardi soir, en plein hémicycle, s'est pris des caquetages de poule, lancés des bancs de la droite. Trompé, car, contre toute attente, l'incident a pris de grandes proportions, le lendemain – alors que tous les précédents de cet acabit étaient illico tombés dans les oubliettes de la petite histoire peu glorieuse du Parlement.

Ainsi, hier, on parla de cela y compris dans le debriefing de presse du Conseil des ministres, à l'Elysée. La porte-parole du gouvernement a dit «regretter que certains (députés) aient du mal à conserver une attitude conforme à la fonction, après des dîners manifestement trop arrosés». Ensuite, à l'Assemblée, toutes les députées de la majorité ont, pour protester, boycotté le début de la séance, puis sont arrivées ostensiblement, et toutes ensemble, en retard dans l'hémicycle. L'élue qui avait été si misérablement chahutée a eu droit à des applaudissements. Et à des excuses du malotru qui l'avait assimilée à de la basse-cour. L'homme s'est même pris une sanction, pour «comportement sexiste»: il sera privé du quart de son indemnité parlementaire pendant un mois, soit très exactement 1.378 euros. La réprimande a été infligée sur décision du bureau de l'Assemblée prise à l'unanimité, donc y compris avec les voix de l'UMP sarkozyste. Qui a pareillement condamné l'«incident tout à fait regrettable» causé par son député macho.

Un tel tumulte parlementaire après un dérapage sexiste, c'est très nouveau. L'avenir dira si ce n'est qu'un feu de paille, ou une vraie tendance de fond.

09/10/2013

Un machisme ordinaire (encore)

Les députés qui, après une petite pause à la buvette de l'Assemblée, reviennent dans l'hémicycle et y dérapent en propos ou attitudes sexistes. C'est une vieille tradition parlementaire française – dont on a déjà eu l'occasion de parler, dans ce blog (relire par exemple ici ou). Et, comme quoi décidément rien ne change, un nouvel incident de cet acabit s'est déroulé hier soir.

Quand, alors qu'une député écologiste avait la parole, des petits gloussements aigus ont été entendus sur les bancs de l'UMP. Où, donc, certains députés tentaient de faire passer l'oratrice pour une poule. L'intéressée et le président de l'Assemblée, le socialiste Claude Bartolone, ont aussitôt protesté. Mais les perturbateurs – «complètement avinés», d'après certains de leurs collègues – ont persévéré. Ce qui a occasionné une (courte) suspension de séance.

Très énervé contre cette ambiance de «cour de récréation», Claude Bartolone a fait la leçon aux députés. «Que quelques parlementaires essayent de se transformer en oiseau lorsqu'il y a un parlementaire qui s'exprime, ce n'est pas acceptable! Et n'allez pas, après, vous étonner qu'il puisse y avoir des voix pour les populistes s'ils se rendent compte que les élus de la République se comportent comme ils se comportent quelques fois».

Bien entendu, la députée comparée à une poule n'a pas eu droit à la moindre excuse, de ses misérables collègues.

08/10/2013

Un bonheur, pas flagrant

Paris, Social, Economie, Art de vivre, Personnalités, Kosciuko-MorizetLes habitants de Paris et de sa région sont plus heureux que la moyenne des Français.

Ce n'est pas flagrant, vu la tête qu'ils tirent dans les transports en commun? Et/ou, vu leur amabilité en général? Peut-être. Mais cela ressort d'une étude divulguée hier, patronnée par la Fondation pour l'innovation politique et la Fondation Jean-Jaurès – merveilleux oeucuménisme politique, cela dit: le premier de cet organisme est proche de l'UMP, et le second est lié au PS.

Donc, les Parisiens et les banlieusards gardent le moral, malgré la crise. Et ils sont plus optimistes que la moyenne des Français. Ils sont 84% à convenir que le monde contemporain ne va pas bien, mais 79% jugent qu'eux-mêmes, personnellement, parviendront à s'en sortir – contre 67%, pour la moyenne nationale. Comme le disait hier une analyste de l'institut TNS Sofres, recourant à un mot si à la mode depuis quelques années: il y a chez les Parisiens «une aptitude à la résilience» qui est plus forte qu'ailleurs. Cela se voit notamment dans le fait qu'ils sont moins préoccupés par le chômage que le reste des concitoyens. Les sociologues attribuent ce différentiel d'attitude entre Paris et le reste du pays au fait que la population parisienne (comme, la plupart du temps, les population des capitales, dans les pays en général) est proportionnellement plus jeune, plus diplômée, et d'un niveau socio-professionnel un peu plus élevé que la moyenne des Français. Ce qui est censé aider pour affronter les difficultés de la vie.

Néanmoins, comme quoi tout n'est pas rose dans la capitale et sa banlieue, deux habitants sur trois ont des difficultés à finir le mois, le pouvoir d'achat étant la préoccupation n°1 – normal: dans une ville où le coût de la vie est plus élevé qu'ailleurs. Le niveau d'imposition figure aussi dans le peloton de tête des préoccupations, bien plus que dans le reste du pays: le souci classique des gens un peu plus aisés que la moyenne, et donc qui ont le douloureux privilège d'être imposables.

Paris, Social, Economie, Art de vivre, Personnalités, Kosciuko-MorizetSinon, au passage, notons un enseignement de cette étude qui pourrait bien intéresser plus particulièrement les stratèges de Nathalie Kosciuko-Morizet: la candidate de la droite UMP à la mairie de Paris, pour les élections municipales de mars prochain.

Ainsi, cans la capitale et sa région, l'insécurité et l'immigration préoccuperaient beaucoup moins que dans le reste du pays. C'est vraiment pas de chance pour la candidate sarkozyste. Qui, jusqu'à présent, a axé l'essentiel de sa campagne sur, précisément, ces deux thèmes (les Roms, etc.).

07/10/2013

Une «mobilisation pour la dignité»

Passé un peu par hasard, hier après-midi, place de la Bastille, au moment où s'y déroulait le volet parisien de la «Roma Pride»: troisième journée européenne annuelle de «mobilisation pour la dignité du monde du voyage». Des Roms qui, en France particulièrement – cela n'étonnera personne –, n'en peuvent plus. «Stigmatisations, expulsions, discours haineux, violences: de nouveau, ces populations malmenées et discriminées, cibles de stéréotypes éculés et de représentations stigmatisantes, sont instrumentalisées à des fins politiques».

Pas énormément de monde pour s'en indigner, cela dit, hier à Bastille – à l'heure où on y est passé, en tout cas. Quelques dizaines de personnes, guère plus, venues applaudir jongleurs, chanteurs, danseurs de flamenco, slammeurs ou musiciens. Dans une ambiance festive et bon enfant qui, a-t-on trouvé, contrastait bizarrement avec la gravité de la situation de cette communauté en France et la violence des attaques qu'elle subit.

Une bonhommie qui avait tout de même une cible privilégiée: le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls. Il en a fameusement pris pour son grade, pendant toute l'après-midi. Plusieurs pancartes et des slogans l'ont nommément épinglé.

Et pas toujours très judicieusement, s'est-on dit. Ainsi, ce slogan comparant sa politique à celle jadis menée par le dictateur espagnol Franco – alors que Manuel Valls lui-même est issu d'une famille espagnole ayant, à l'époque, fui la répression franquiste. Le parallèle historique est tellement incongru (la France n'est tout de même pas devenue dictatoriale, que l'on sache) que cela en devient idiot. N'y a-t-il pas des arguments plus étayés à brandir contre l'intéressé?

04/10/2013

Un défi pas insurmontable

Elections municipales, Paris, PersonnalitésUn Belmondo candidat aux prochaines élections municipales. Et, en plus, sur les listes du Front national.

Ce fut la sensation «people» de la semaine, dans la capitale. Elle a été annoncée hier par le parti lepéniste, qui, décidément, après le coming out de l'humoriste-imitateur Jean Roucas, l'autre jour (relire ici), semble avoir décidé de recruter des personnalités, pour ce scrutin à venir.

Un Belmondo jeune, mais évidemment pas «Bébel» lui-même. Ce candidat FN se prénomme Jean-François et non Jean-Paul. C'est un neveu du comédien: le fils du producteur Alain Belmondo, frère de l'acteur. Dans la vie, il est pharmacien. Et, aux municipales de mars prochain, il figurera donc sur les listes du Front national, plus précisément dans le troisième arrondissement de Paris (le Haut Marais, en gros).

Le candidat réussira-t-il, rien que par son patronyme connu, à récolter des voix d'électeurs perdus? On verra. En même temps, la barre n'est pas fixée très haut, et le défi ne lui est donc pas insurmontable, pour engranger un meilleur résultat. Dans ce quartier très bobo de Paris, en effet, aux élections municipales de 2008, le Front national avait récolté très exactement... 258 voix. Sur 12.000 votants. Soit un très maigre 2,15%.

Jean-François Belmondo pourra donc difficilement faire plus mal.