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13/11/2013

Un revirement, de mauvaise grâce

Sans tambour ni trompettes, à l'occasion du débat parlementaire en cours sur le projet de budget 2014, le gouvernement vient de revenir sur un projet très controversé d'économies, qu'on avait évoqué dans ce blog, dernièrement (relire ici). Il s'agissait de grappiller une bonne vingtaine de millions d'euros lors des campagnes électorales: en supprimant l'envoi postal, à tous les électeurs, des dépliants présentant les programmes des candidats. Ce nouveau régime aurait pu s'appliquer dès les européennes de mai 2014. Ce qui aurait probablement renforcé encore le désintérêt des Français pour ce scrutin – alors déjà qu'il subit habituellement une abstention record.

Pas très malin, donc. Les députés en ont convenu. L'autre jour, dès lors, ils ont, par amendement, supprimé ce dispositif envisagé. Visiblement pas content de ce revirement, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a fait savoir qu'il n'y consentait qu'«avec douleur». Et d'argumenter: «La France fait figure d'exception dans l'Union européenne, en étant un des deux seuls pays à envoyer au domicile des documents électoraux. Que je sache, cela n'empêche pas l'abstention d'être forte, dans notre pays». Idiot, un tel raisonnement. C'est précisément ce terreau de désaffection populaire qui, dès le départ, aurait dû inciter Manuel Valls et ses collègues à ne pas risquer de l'accroître encore, par une mesure d'un tel acabit.

Pas sûr, cela dit, que ce revirement suffira à faire se précipiter les Français aux urnes, en mai prochain. Ni qu'il permettra de réduire l'ampleur du vote protestataire qui est attendu à ce scrutin. Mais au moins les électeurs auront-ils eu la possibilité, préalablement, de s'informer. Et donc c'est en parfaite connaissance de cause qu'ils pourront, ou non, voter.

En démocratie, n'en déplaise à Manuel Valls et/ou aux soucis budgétaires de son gouvernement, cela paraît tout de même la moindre des choses.

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