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18/11/2013

Une profession dégradée

Presse, Médias, Journalisme, Economie, SocialRetour de la rue Béranger, la rue du 3e arrondissement où se trouve le siège du journal «Libération». Rédaction à l'accueil de laquelle, ce matin, un individu a donc ouvert le feu. Blessant grièvement un jeune confrère photographe. Les ministres de la Culture et de l'Intérieur sont immédiatement descendus sur place, pour dire leur consternation. Vendredi matin, déjà, un individu (le même?) avait brandi un fusil (mais pas ouvert le feu) au siège de BFM, la télé d'info continue.

Les médias deviennent donc des cibles, en France. La profession journalistique n'avait vraiment pas besoin de cela, elle qui avait déjà le moral à zéro.

En a encore témoigné une étude sortie récemment. Résumée vite fait, cela donne: «Un malaise réel (règne) au sein de notre profession. On s’interroge face à la complexité d’exercer notre métier, sur ce que signifie vraiment le statut de journaliste, sur l’utilité ou non d’une carte professionnelle et sur l’avenir de cette profession au coeur d’une révolution numérique et multimédia». La Société civile des auteurs multimédia (Scam), à l'origine de cette enquête, base ce constat sur les réponses à son questionnaire qu'elle a reçues de quelque 3400 journalistes, sur les 37000 détenteurs de la carte de presse dénombrés en France.

Quantitativement, concernant les revenus de cette profession, 12% des répondants à cette enquête ne gagnent que le salaire minimum (13.000 € nets/an) ou même moins, et 18% se situent dans la tranche 13.000-20.000 € l'an. On peut donc vraiment parler d'une «détérioration des conditions d’exercice du métier de journaliste», voire d'une «précarisation réelle, notamment pour les reporters de guerre photographe ou les pigistes». Qualitativement, ce n'est guère mieux: «L’évolution du métier est jugée de façon très négative (par ses pratiquants), avec un secteur en grande fragilité, des pratiques qui se détériorent, une perte de sens et une profession discréditée».

Et en plus donc, maintenant, on sort des fusils, voire on ouvre le feu, dans des rédactions.

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