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19/11/2013

Un ton, inutile

Malgré plusieurs centaines de témoignages reçus par les autorités et une nouvelle photo de lui diffusée, il n'a donc pas encore été arrêté – pas à l'heure où ces lignes sont écrites, en tout cas. L'auteur présumé de deux fusillades et d'une prise d'otages, hier à Paris et dans sa banlieue. En attendant, sa cavale n'est pas relatée d'une manière toujours très heureuse, trouve-t-on.

A la limite peut-on trouver de bonne guerre que, pour traiter de cette actualité, les médias usent et abusent de termes très physiques, comme «chasse à l'homme» et «traque», ou d'expressions toutes faites comme «toutes les polices sont sur les dents». On peut, à la rigueur, présenter comme purement explicative, et nullement sensationnaliste/anxiogène, l'explication donnée en boucle depuis lundi, selon laquelle retrouver un homme agissant sans logique apparente dans une ville de deux millions d'habitants et une agglomération de dix millions, c'est vraiment «rechercher une aiguille dans une botte de foin».

Pour autant, est-il vraiment nécessaire, comme on l'a lu, entendu et vu dans la presse, à la radio ou à la télé, de parler d'un individu «qui sème l'effroi et la panique dans la capitale»? N'est-il pas journalistiquement léger de balancer au mode conditionnel l'info (non-confirmée) selon laquelle il «serait armé d'explosifs»? De même, étant donné qu'on ignore tout de son état psychologique, est-il pertinent, à ce stade, de le présenter comme «le tireur fou» (et non «tireur», tout court)? Pourquoi François Hollande a-t-il cru bon d'insister aussi explicitement et lourdement sur le fait que cet individu ayant tenté de tuer «peut demain, tout à l'heure, tuer encore»? Un tel «story-telling», comme on dit (processus de narration médiatico-politique), relève-t-il vraiment de l'information? Ou, là, tombe-t-on dans la mise en scène, racoleuse, de l'info?

Les confrères de «Libé» l'ont bien dit, hier: face à un événement de ce type, souvent la sobriété est de mise. Dans ce genre d'actualité, l'on peut présumer que le grand public est déjà suffisamment alarmé pour ne pas avoir besoin d'en rajouter encore un peu plus dans la dramatisation.

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