Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

26/11/2013

Un vote, en catimini

CARTEddePRESSE.jpgSaisissant contraste. Hier, pendant toute la journée, les médias français ont abondamment couvert l'ouverture, par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, de la concertation sur la réforme annoncée de la fiscalité. En revanche, ces mêmes médias ont très peu fait écho à un vote intervenu il y a peu au Parlement, relatif à... la propre fiscalité des journalistes.

Cela a trait encore et toujours au fameux abattement fiscal dont bénéficie la presse – on l'a déjà souvent évoqué, dans ce blog (relire ici, ou ). Au Sénat, à l'occasion du débat sur le budget 2014, le PS a proposé que, comme toutes les autres «niches fiscales», cet avantage soit réduit. Concrètement, seuls les journalistes gagnant moins de 4000€ nets par mois pourraient continuer à déduire 7.650€ de leur revenu imposable annuel, à titre d'«allocation pour frais d'emploi». Malgré l'opposition du gouvernement, la proposition a été votée à une large majorité. Les sénateurs de la droite UMP, en effet, ont (comme les centristes) approuvé la mesure. «Dans la période difficile que nous vivons, toutes les catégories doivent participer à l’effort qui est demandé à des millions de Français», a-t-elle justifié.

Du coup, si ce vote au Sénat est confirmé par l'Assemblée, les grandes fortunes de la profession journalistique (présentateurs de JT, etc.) pourront dire adieu à 7.650€ d'abattement fiscal.

Pas sûr qu'on s'apitoiera sur leur sort.

 

LIPSTICK.jpgPS: Au passage, notons ce coup de sang de la sénatrice écologiste Marie-Christine Blandin, à propos de qui peut, en France, prétendre au titre de journaliste. «Le mot "journaliste" recouvre une grande diversité de situations! D’un côté, il y a le photoreporter, de plus en plus souvent payé à la pige parce que les titres veulent de moins en moins de salariés, qui part dans des zones de conflit sans carte de presse et franchit les check points au péril de sa vie. De l’autre, il y a des minettes qui essaient des rouges à lèvres dans des bureaux du 16e arrondissement de Paris, pour de beaux journaux en papier glacé. Ou des minets qui testent les blousons en cuir des dernières marques à la mode. Ceux-là aussi ont la carte de presse; ils sont "journalistes"!»

Cette tirade effarée, si l'on en croit le verbatim de la séance (ici ou ), n'a été accueillie que par des «sourires», dans l'hémicycle. Les minet(te)s peuvent donc dormir sur leurs deux oreilles: ils et elles conserveront leur carte de presse.

Les commentaires sont fermés.