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29/11/2013

Un rappel à l'ordre

C'est une affaire qui avait fait grand bruit, dans le monde des médias mais aussi au-delà. Et il est frappant de voir combien le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a accéléré ses procédures, de manière à ne pas trop tarder à statuer sur ce cas.

Le cas de la chaîne TF1. Qui, dans son JT de 20 Heures du 11 novembre, a diffusé un sujet bidouillé, relatif à un déplacement de François Hollande en province. Ont été copié-collées quelques secondes de son de manifestants en train de conspuer le chef de l'Etat. Ce qui a faussement fait croire aux téléspectateurs que l'intéressé avait été hué dès son arrivée sur place, à peine sorti de sa voiture. TF1 a admis que ce fond sonore avait été «maladroitement décalé». Mais a minimisé l'affaire, parlant d'«une erreur regrettable, sans volonté de déformation de la réalité».

Le CSA, lui, est autrement plus cinglant, dans l'avis qu'il vient de rendre sur ce bidouillage. Il juge que la chaîne, en diffusant un tel sujet monté d'une telle manière, a clairement manqué à ses obligations déontologiques. A manqué, plus précisément, à l'obligation faite aux médias de «faire preuve de rigueur dans la présentation et le traitement de l’information», et «de veiller à l’adéquation entre le contexte dans lequel des images ont été recueillies et le sujet qu’elles viennent illustrer». TF1, dès lors, a été mise en demeure. Elle est fermement priée de, désormais, strictement se conformer à ses obligations. Ce qui paraît vraiment la moindre des choses.

En attendant, lorsqu'on fait l'expérience de taper, à tout hasard, «TF1 manipulation» sur les moteurs de recherche internet, en une fraction se seconde sont proposées plusieurs centaines de milliers de résultats.

28/11/2013

Une campagne, contestée

Santé, Art de vivre, Publicité, Métro, ParisPuisqu'on parlait de publicité hier, un mot tout de même de cette campagne qui, dans le métro parisien, figure parmi les plus remarquées de l'année – le nombre de collégiennes qu'on a vues, ces dernières semaines, pouffer de rire à la découverte de ces affiches, sur les quais de stations. Le visuel, à notre avis plutôt bien trouvé, représente deux allumettes sur un lit, dont une vient de prématurément s'enflammer. Un slogan invite à «garder le contrôle». Garder le contrôle, dans le cadre... de rapports sexuels. Puisque c'est d'éjaculation précoce dont il s'agit ici, mais oui.

Cette démarche publicitaire a été doublement contestée. D'abord, parce qu'elle a toutes les apparences d'une campagne officielle d'éducation à la santé. Or, il s'agit d'un message à caractère strictement commercial, émanant d'un labo pharmaceutique proposant un médicament contre ce trouble. Contestée, ensuite (, notamment), parce que cette campagne prend semble-t-il des libertés avec les chiffres relatifs à la part de la population masculine qui souffre d'un tel problème sexuel. Du coup, la campagne est soupçonnée de vouloir donner une proportion démesurée à ce souci de santé, et ce à des fins purement mercantiles.

Au-delà de ces controverses, reste le contraste, cocace. Cela faisait bien longtemps que, dans les couloirs et stations de la RATP, n'avait plus été traité en un format aussi géant (des affiches de 3 mètres sur 4) un sujet aussi intime.

27/11/2013

Une «indignation», ou pas

Léger sourire, hier. A la lecture d'une dépêche de l'agence AFP relatant «l'indignation» suscitée à Moscou par l'installation d'«une gigantesque malle aux couleurs de la marque de luxe français Louis Vuitton, à côté du mausolée où repose Lénine, et bouchant la vue sur la place Rouge». Double sourire, en fait.

D'abord, cela ne date pas d'hier que le grand luxe (français ou pas), à l'occasion, peut être tapageur. Et donc de mauvais goût.

Ensuite, ce qui fait scandale à Moscou suscite l'indifférence à Paris. Pour preuve, sur des dizaines de mètres le long de la Seine, Quai Malaquais (à hauteur du Pont des Arts), une grande marque de luxe a entièrement emballé l'édifice qu'elle est en train de restaurer: l'a recouvert d'une immense bâche publicitaire, vantant les mérites de cette enseigne.

N'importe quelle autre capitale digne de ce nom et se disant soucieuse de son patrimoine historique n'aurait évidemment pas toléré que l'on «marchandise» ainsi, et aussi ostensiblement, un ensemble classé aux Monuments historiques. Mais là, à Paris, rien. Cela fait des semaines que cette méga-réclame publicitaire défigure une perspective fluviale et urbaine considérée comme Patrimoine de l'humanité par l'Unesco – mais que fait donc cette institution? Sans que personne ne s'en offusque. Sans qu'aucune «indignation» n'ait été relayée par l'AFP.

Ce doit être une illustration contemporaine, post-moderne en somme, de la parabole de «La paille et la poutre».

26/11/2013

Un vote, en catimini

CARTEddePRESSE.jpgSaisissant contraste. Hier, pendant toute la journée, les médias français ont abondamment couvert l'ouverture, par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, de la concertation sur la réforme annoncée de la fiscalité. En revanche, ces mêmes médias ont très peu fait écho à un vote intervenu il y a peu au Parlement, relatif à... la propre fiscalité des journalistes.

Cela a trait encore et toujours au fameux abattement fiscal dont bénéficie la presse – on l'a déjà souvent évoqué, dans ce blog (relire ici, ou ). Au Sénat, à l'occasion du débat sur le budget 2014, le PS a proposé que, comme toutes les autres «niches fiscales», cet avantage soit réduit. Concrètement, seuls les journalistes gagnant moins de 4000€ nets par mois pourraient continuer à déduire 7.650€ de leur revenu imposable annuel, à titre d'«allocation pour frais d'emploi». Malgré l'opposition du gouvernement, la proposition a été votée à une large majorité. Les sénateurs de la droite UMP, en effet, ont (comme les centristes) approuvé la mesure. «Dans la période difficile que nous vivons, toutes les catégories doivent participer à l’effort qui est demandé à des millions de Français», a-t-elle justifié.

Du coup, si ce vote au Sénat est confirmé par l'Assemblée, les grandes fortunes de la profession journalistique (présentateurs de JT, etc.) pourront dire adieu à 7.650€ d'abattement fiscal.

Pas sûr qu'on s'apitoiera sur leur sort.

 

LIPSTICK.jpgPS: Au passage, notons ce coup de sang de la sénatrice écologiste Marie-Christine Blandin, à propos de qui peut, en France, prétendre au titre de journaliste. «Le mot "journaliste" recouvre une grande diversité de situations! D’un côté, il y a le photoreporter, de plus en plus souvent payé à la pige parce que les titres veulent de moins en moins de salariés, qui part dans des zones de conflit sans carte de presse et franchit les check points au péril de sa vie. De l’autre, il y a des minettes qui essaient des rouges à lèvres dans des bureaux du 16e arrondissement de Paris, pour de beaux journaux en papier glacé. Ou des minets qui testent les blousons en cuir des dernières marques à la mode. Ceux-là aussi ont la carte de presse; ils sont "journalistes"!»

Cette tirade effarée, si l'on en croit le verbatim de la séance (ici ou ), n'a été accueillie que par des «sourires», dans l'hémicycle. Les minet(te)s peuvent donc dormir sur leurs deux oreilles: ils et elles conserveront leur carte de presse.

25/11/2013

Un plan après l'autre

Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, ce lundi. En France, elle coïncide avec le lancement, par le gouvernement, d'un plan triennal d'action et de prévention, en la matière. Très bien. Mais c'est déjà le quatrième plan du genre. Et, malgré tous ces plans s'empilant les uns sur les autres, la situation continue d'empirer, dans ce pays. Ainsi, le nombre d'homicides perpétrés au sein de couples (dont les femmes sont les victimes dans 84% des cas) a encore augmenté, de 2011 (146) à 2012 (177).

Au moins ces plans successifs permettent-ils de corriger les insuffisances des dispositifs précédents. Ainsi, pour ne prendre que ce seul exemple (sur lequel la communication gouvernementale a beaucoup insisté, ces derniers jours): toutes les dispositions techniques ont désormais été prises pour que, quand des femmes violentées appellent le numéro vert d'assistance et de conseil mis à leur disposition, cet appel n'apparaisse jamais ensuite sur la facture téléphonique du couple. Dans le cas contraire, cela expose souvent les intéressées à de nouvelles violences: quand leurs conjoints découvrent, sur la facture de téléphone, l'existence d'un tel appel.

Une précaution salutaire, donc. Mais si élémentaire qu'on reste pantois qu'il ait fallu attendre quatre plans gouvernementaux pour y penser.

22/11/2013

Une «transhumance forcée»?

Communication, Technologies, Economie, Transports, ParisVoilà peut-être la réponse à une question que l'on se posait depuis un petit temps. Comme, sans doute, nombre de Parisiens usagers de la téléphonie mobile.

La qualité du réseau ne cesse de se dégrader, dans la capitale en tout cas. C'était notable depuis pas mal de semaines, mais, là, cela devient assez spectaculaire. Pas un jour quasiment sans échouer à envoyer des SMS depuis le métro. Alors que cela marchait très bien, auparavant. Pas une semaine ou presque sans se retrouver, en plein centre de Paris, en «zone blanche»: sans accès au moindre réseau. Comme dans le fin fond de la Creuse ou de la Corrèze. Comment expliquer cela? Une grande association de consommateurs (régulièrement en contentieux avec les opérateurs de téléphonie) vient de jeter (ici) un pavé dans la mare. Outre que, chiffres à l'appui, elle confirme la dégradation de ce réseau, elle s'est demandée si, en fait, cette dégradation n'était pas ... délibérée: voulue par les opérateurs eux-mêmes.

Explication. En ce moment, ils sont en pleine campagne de promo pour la 4G. Les voilà donc suspectés de «manœuvre»: accusés de «dégrader les conditions d’utilisation de la 3G, pour valoriser artificiellement la 4G». Afin que davantage d'usagers, dégoûtés par les difficultés actuelles du réseau, optent pour la génération suivante de téléphonie. En d'autres termes, on serait en pleine «transhumance forcée des consommateurs, de la 3G à la 4G». Et «il est à craindre que les opérateurs, faisant de la 4G un enjeu stratégique, généralisent la pratique, ainsi qu’une baisse des investissements sur les réseaux 3G». Du coup, s'il faut en croire cette thèse (complotiste? réaliste?), la qualité du réseau mobile traditionnel pourrait continuer à se dégrader.

On n'arrête décidément pas le progrès. Même et y compris à l'insu de son plein gré?

21/11/2013

Un bond dans l'histoire

Saisissant bon dans l'histoire, hier soir. Peu après l'annonce de l'arrestation de l'homme qui est soupçonné d'avoir, lundi, blessé grièvement un jeune confrère de «Libé». Quand on a appris que l'intéressé avait déjà été jugé et condamné dans une vieille et très mémorable affaire qui, à l'époque, avait eu notamment pour cadre tragique notre 11e arrondissement – et avait fort choqué les Parisiens.

Paris, Histoire, Police, Sécurité, Cinéma A savoir, l'équipée sanglante et meutrière, en 1994, de deux jeunes auparavant sans histoires: Florence Rey (19 ans) et son ami Audry Maupin (22 ans). Inspiré par des idées vaguement anti-système, le duo avait semé la mort dans Paris. Après un vol d'armes à la fourrière automobile de Pantin (banlieue) et la prise en otage d'un chauffeur de taxi, il avait tué à quatre reprises: le taximan, puis trois policiers – dont un avait, place de la Nation, été abattu de sang-froid et à bout portant. L'individu arrêté hier soir était «le troisième homme» du sinistre duo. En 1998, il avait été jugé et condamné pour avoir fourni aux deux amants le fusil à pompe leur ayant permis de tuer.

A l'époque, la chevauchée meurtrière de ces «Bonnie & Clyde de Paris», comme les médias les avaient surnommés, avait provoqué une très vive émotion, dans le pays. Avait ajouté à la controverse le fait que, dans le squatt qu'occupait le jeune couple, trônait une affiche format géant de «Tueurs Nés» («Natural Born Killers»): le film ultra-violent d'Oliver Stone, dont ils se disaient fascinés.

20/11/2013

Une surprise, y compris au sommet

La qualification des Bleus, hier soir, au Mondial de foot: c'est peu dire qu'y compris au sommet du pouvoir français, on n'y croyait pas du tout.

A titre d'illustration: hier soir, peu avant le coup d'envoi du match, on a interrogé sur le sujet le ministre de l'Emploi et du Travail, Michel Sapin (pilier du gouvernement, et très proche de François Hollande), à la faveur d'une rencontre qu'il avait avec des journalistes européens. Sera-t-il plus facile pour la France d'aller au Brésil, ou de réussir son pari d'inverser la courbe du chômage d'ici à la fin de l'année? «Je crains que cela lui sera beaucoup plus difficile de se qualifier au foot», avait-il répondu.

Reste à espérer, du coup, que ce ministre se révélera meilleur dans sa politique de l'emploi qu'en matière de pronostics sportifs...

19/11/2013

Un ton, inutile

Malgré plusieurs centaines de témoignages reçus par les autorités et une nouvelle photo de lui diffusée, il n'a donc pas encore été arrêté – pas à l'heure où ces lignes sont écrites, en tout cas. L'auteur présumé de deux fusillades et d'une prise d'otages, hier à Paris et dans sa banlieue. En attendant, sa cavale n'est pas relatée d'une manière toujours très heureuse, trouve-t-on.

A la limite peut-on trouver de bonne guerre que, pour traiter de cette actualité, les médias usent et abusent de termes très physiques, comme «chasse à l'homme» et «traque», ou d'expressions toutes faites comme «toutes les polices sont sur les dents». On peut, à la rigueur, présenter comme purement explicative, et nullement sensationnaliste/anxiogène, l'explication donnée en boucle depuis lundi, selon laquelle retrouver un homme agissant sans logique apparente dans une ville de deux millions d'habitants et une agglomération de dix millions, c'est vraiment «rechercher une aiguille dans une botte de foin».

Pour autant, est-il vraiment nécessaire, comme on l'a lu, entendu et vu dans la presse, à la radio ou à la télé, de parler d'un individu «qui sème l'effroi et la panique dans la capitale»? N'est-il pas journalistiquement léger de balancer au mode conditionnel l'info (non-confirmée) selon laquelle il «serait armé d'explosifs»? De même, étant donné qu'on ignore tout de son état psychologique, est-il pertinent, à ce stade, de le présenter comme «le tireur fou» (et non «tireur», tout court)? Pourquoi François Hollande a-t-il cru bon d'insister aussi explicitement et lourdement sur le fait que cet individu ayant tenté de tuer «peut demain, tout à l'heure, tuer encore»? Un tel «story-telling», comme on dit (processus de narration médiatico-politique), relève-t-il vraiment de l'information? Ou, là, tombe-t-on dans la mise en scène, racoleuse, de l'info?

Les confrères de «Libé» l'ont bien dit, hier: face à un événement de ce type, souvent la sobriété est de mise. Dans ce genre d'actualité, l'on peut présumer que le grand public est déjà suffisamment alarmé pour ne pas avoir besoin d'en rajouter encore un peu plus dans la dramatisation.

18/11/2013

Une profession dégradée

Presse, Médias, Journalisme, Economie, SocialRetour de la rue Béranger, la rue du 3e arrondissement où se trouve le siège du journal «Libération». Rédaction à l'accueil de laquelle, ce matin, un individu a donc ouvert le feu. Blessant grièvement un jeune confrère photographe. Les ministres de la Culture et de l'Intérieur sont immédiatement descendus sur place, pour dire leur consternation. Vendredi matin, déjà, un individu (le même?) avait brandi un fusil (mais pas ouvert le feu) au siège de BFM, la télé d'info continue.

Les médias deviennent donc des cibles, en France. La profession journalistique n'avait vraiment pas besoin de cela, elle qui avait déjà le moral à zéro.

En a encore témoigné une étude sortie récemment. Résumée vite fait, cela donne: «Un malaise réel (règne) au sein de notre profession. On s’interroge face à la complexité d’exercer notre métier, sur ce que signifie vraiment le statut de journaliste, sur l’utilité ou non d’une carte professionnelle et sur l’avenir de cette profession au coeur d’une révolution numérique et multimédia». La Société civile des auteurs multimédia (Scam), à l'origine de cette enquête, base ce constat sur les réponses à son questionnaire qu'elle a reçues de quelque 3400 journalistes, sur les 37000 détenteurs de la carte de presse dénombrés en France.

Quantitativement, concernant les revenus de cette profession, 12% des répondants à cette enquête ne gagnent que le salaire minimum (13.000 € nets/an) ou même moins, et 18% se situent dans la tranche 13.000-20.000 € l'an. On peut donc vraiment parler d'une «détérioration des conditions d’exercice du métier de journaliste», voire d'une «précarisation réelle, notamment pour les reporters de guerre photographe ou les pigistes». Qualitativement, ce n'est guère mieux: «L’évolution du métier est jugée de façon très négative (par ses pratiquants), avec un secteur en grande fragilité, des pratiques qui se détériorent, une perte de sens et une profession discréditée».

Et en plus donc, maintenant, on sort des fusils, voire on ouvre le feu, dans des rédactions.

15/11/2013

«Un cadeau pas comme les autres»

Ne pas partir en week-end sans faire écho à ce qui fut la proposition la plus décoiffante de la semaine, faite aux Parisiens. Elle a émané, hier, du Muséum national d’histoire naturelle. Qui propose au grand public de, dès ce vendredi, parrainer... un animal.

Les habitants de la «Ville lumière» sont invités à devenir les mécènes de, au choix, D’Aramis, «superbe jaguar d’Amérique du Sud», Tinus, «l’attachant lamantin des Antilles», ou Adeline, «sympathique girafe d’Afrique de l’Ouest». Autant de futurs pensionnaires du Parc zoologique de Paris quand, en avril prochain, il rouvrira ses portes au bois de Vincennes, après de gros travaux de rénovation. Le public est donc invité à «parrainer, grâce à un don, un animal parmi une trentaine d’espèces présentes à l’ouverture du parc. Il bénéficiera ainsi d’une relation privilégiée avec l’animal de son choix; en contribuant à sa conservation et à la protection des espèces menacées dans leurs milieux d’origine. Afin d’offrir à tous la possibilité de parrainer un animal, plusieurs niveaux de dons sont proposés: 15€, 30€, 75€, 150€, 300€ et 1000€».

«Original et utile, ce parrainage est aussi un cadeau pas comme les autres, à l’approche des fêtes de Noël», assure le Muséum. En tout cas, cela change fameusement des propositions de mécénat qui, ces derniers temps, avaient été faites au grand public. Voir par exemple l'appel à dons en cours au Musée du Louvre, pour la restauration de «La victoire de Samothrace»: collecte ayant déjà permis de récolter, à ce jour, 530.000€ – ce qui n'est tout de même pas rien.

14/11/2013

Un sentiment général d'insécurité

Paris, Transports, sécurité, métroEn France, l'usager des transports publics ne s'y sent globalement pas en sécurité. C'est ce que vient de confirmer un sondage Ifop. Il indique que ce sentiment d'insécurité est particulièrement présent en région parisienne. Ainsi, dans la capitale et sa banlieue, 59% des usagers des transports en commun n'y sont pas rassurés. C'est aussi le cas de 57% des utilisateurs du RER.

Ce sentiment d'insécurité si largement répandu contraste, parfois, avec ce qui est la réalité de la situation sécuritaire, sur le terrain concerné. Ainsi, si seules les statistiques devaient guider les sensations, il y aurait peu de raisons de, par exemple, craindre d'être agressé dans le métro ou le RER. Puisque 5% seulement de toutes les violences physiques perpétrées en France le sont dans un réseau de transport en commun. En revanche, la crainte des vols, simples ou à la tire, elle, serait plus étayée, statistiquement. Puisque ces vols représentent plus de la moitié des faits de délinquance commis dans les transports parisiens. A eux seuls, ils ont occasionné le dépôt de très exactement 22 909 plaintes, l'an dernier – ce qui n'est tout de même pas rien.

 

PS: Près de quinze ans maintenant qu'on utilise presque quotidiennement les transports publics parisiens, sans avoir jamais eu à y subir la moindre broutille. Hormis peut-être, un jour, une vague tentative, vite déjouée, de subtilisation du portefeuille dans la poche arrière: par un pickpocket à l'oeuvre sur le grand escalator (toujours bondé) de sortie de la station de métro «Nation». Aucun sentiment personnel d'insécurité, dès lors. Mais il est vrai qu'on n'emprunte que trois fois l'an le RER, l'essentiel de ces déplacements s'effectuant dans Paris intramuros. Ceci explique peut-être en partie cela.

13/11/2013

Un revirement, de mauvaise grâce

Sans tambour ni trompettes, à l'occasion du débat parlementaire en cours sur le projet de budget 2014, le gouvernement vient de revenir sur un projet très controversé d'économies, qu'on avait évoqué dans ce blog, dernièrement (relire ici). Il s'agissait de grappiller une bonne vingtaine de millions d'euros lors des campagnes électorales: en supprimant l'envoi postal, à tous les électeurs, des dépliants présentant les programmes des candidats. Ce nouveau régime aurait pu s'appliquer dès les européennes de mai 2014. Ce qui aurait probablement renforcé encore le désintérêt des Français pour ce scrutin – alors déjà qu'il subit habituellement une abstention record.

Pas très malin, donc. Les députés en ont convenu. L'autre jour, dès lors, ils ont, par amendement, supprimé ce dispositif envisagé. Visiblement pas content de ce revirement, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a fait savoir qu'il n'y consentait qu'«avec douleur». Et d'argumenter: «La France fait figure d'exception dans l'Union européenne, en étant un des deux seuls pays à envoyer au domicile des documents électoraux. Que je sache, cela n'empêche pas l'abstention d'être forte, dans notre pays». Idiot, un tel raisonnement. C'est précisément ce terreau de désaffection populaire qui, dès le départ, aurait dû inciter Manuel Valls et ses collègues à ne pas risquer de l'accroître encore, par une mesure d'un tel acabit.

Pas sûr, cela dit, que ce revirement suffira à faire se précipiter les Français aux urnes, en mai prochain. Ni qu'il permettra de réduire l'ampleur du vote protestataire qui est attendu à ce scrutin. Mais au moins les électeurs auront-ils eu la possibilité, préalablement, de s'informer. Et donc c'est en parfaite connaissance de cause qu'ils pourront, ou non, voter.

En démocratie, n'en déplaise à Manuel Valls et/ou aux soucis budgétaires de son gouvernement, cela paraît tout de même la moindre des choses.

12/11/2013

Un détournement

Paris, Humour, Histoire, PersonnalitésIl doit se retourner dans sa tombe, le pauvre Antoine-Jean Amelot de Chaillou (1732-1795). Dans une indifférence générale, sans qu'aucun redresseur de torts n'ait fait rectifier cela, la plaque de rue qui, dans notre onzième arrondissement, porte le nom de cet homme d'Etat français, continue d'être rebaptisée... «Rue Camelot».

Qui sait les auteurs de ce détournement patronymique sont-ils les mêmes que ces petits plaisantins qui, l'autre jour, dans le même arrondissement, s'étaient attaqués à la rue Saint-Sébastien (relire ici).

Au moins ont-ils eu la charité d'épargner au marquis le changement également de la notice figurant sur sa plaque – aux dernières nouvelles, il y est toujours présenté comme ayant été ministre, et non sinistre, de Louis XVI.

08/11/2013

Un imposteur

Pour l'anecdote, sans nullement donner à la chose une importance qu'elle ne mérite pas, donc avec le sourire – pour bien terminer la semaine, en somme –, avis à qui croiserait dans les rues de Paris, ces jours-ci, un Bernard Delattre se prétendant journaliste à «La Libre». Il n'est probablement pas celui que vous croyez.

On l'a appris par des coups de téléphone ou mails reçus cette semaine, provenant de grandes maisons d'édition parisiennes. Un individu est en train d'en faire le tour, se faisant passer pour notre modeste personne. Et réclamant de ces éditeurs qu'ils lui envoient des masses d'ouvrages en service de presse (= à titre gracieux), pour prétendument les chroniquer dans «La Libre».

S'il s'agit d'un grand amateur de lecture mais qui, les temps sont durs, n'a pas les moyens de s'acheter des bouquins, on compatit bien sincèrement. Et on lui signale très amicalement qu'à Paris, des tas de librairies de seconde main vendent des livres à prix écrasés: jusqu'à moins d'un euro pièce.

Si l'intéressé n'est pas motivé par le goût de lire mais plutôt par l'appât du gain (via la revente de livres qui ne lui ont rien coûté), on se permet de lui rappeler que l'usurpation d'identité est sanctionnée par le Code pénal. En son article 226-4-1 précisément, il la punit d'une peine d'un an de prison et de 15 000€ d'amende. Ce qui, cher imposteur, serait tout de même cher payé, pour quelques bouquins volés, non?

Sinon, bonnes lectures à toutes et tous: dans ce blog ou ailleurs.

07/11/2013

Un chiffre certainement minoré

Transports, Police, Sécurité, Femmes, Métro, Paris, BanlieuesLes «frotteurs». C'est donc qu'ainsi que sont dénommés, en jargon policier, les individus qui, dans les transports publics parisiens, profitent de la cohue pour agresser sexuellement des femmes: par des attouchements ou, au minimum, des contacts aussi rapprochés qu'indésirés. A la RATP, on avait déjà les «pousseurs du métro» ou les «détrousseurs de l'aube». Voici donc maintenant les «frotteurs». Tant qu'à faire, et pour parler encore plus clair, on aurait pu/dû donner à ces gens le nom qu'ils méritent: celui d'agresseurs sexuels.

Dans le dernier bilan sécuritaire en date dressé par la police des transports parisiens (pdf téléchargeable ici: le numéro 292), on peut lire que 500 plaintes ont été déposées en 2012 pour atteinte à caractère sexuel perpétrée dans ce réseau de transports. Des agressions sexuelles, dans plus d'un cas sur deux (52%). Des exhibitions.(43%). Et des viols et tentatives (4%). La préfecture de police assure que, «quand les femmes déposent plainte, le taux d'élucidation est proche de 50%, grâce à l'exploitation des images de vidéoprotection».

Outre que cela fait une plainte sur deux ne débouchant sur rien (ce qui n'est tout de même pas rien), tout est là: dans cette formule «Quand les femmes déposent plainte».

Transports, Police, Sécurité, Femmes, Métro, Paris, BanlieuesOn a beaucoup vu, lu et entendu, dans les médias ces jours-ci, de beaux esprits se réjouir de ce chiffre de 500 plaintes annuelles qu'ils présentaient comme finalement très réduit: par rapport à la masse des 15 millions de voyages quotidiens effectués dans les transports publics parisiens.

Pénible, un tel commentaire, a-t-on trouvé. Comme si la souffrance d'une victime était quantifiable, et donc plus ou moins appréciable, en fonction de la récurrence ou non, et à quelle fréquence, des agressions semblables à celle qu'elle-même a subie. Commentaire qui n'a pas de sens, en plus. Puisqu'il ne fait aucun doute que ce chiffre ne représente qu'une infime partie de la réalité.

06/11/2013

Une marque de soutien

Anne Hidalgo se lève tôt. A moins que, hier soir, la candidate socialiste à la mairie de Paris ait prié les petites mains animant sa campagne de veiller toute la nuit. Pour preuve: c'est très précisément à... 6h13 que, ce matin, est parvenu aux journalistes le communiqué de presse dans lequel Anne Hidalgo adresse ses félicitations à Bill de Blasio: élu maire de New York cette nuit (heure de Paris).

«Par ce vote, les New-Yorkais ont manifesté leur attachement à un projet profondément social, attentif aux plus modestes, ainsi qu'aux minorités», écrit celle qui ambitionne de succéder à Bertrand Delanoë. «J'adresse tous mes encouragements et mes vœux de réussite à Bill de Blasio. Si les Parisiens m'accordent leur confiance en mars prochain, j'aurai à cœur de renforcer la coopération fructueuse entre Paris et New York».

Sûr que Bill de Blasio, quand il a vu arriver ce message d'Anne Hidalgo, s'est précipité pour en prendre connaissance. Certain qu'il a apprécié à sa juste valeur le poids politique considérable de cette marque de soutien parisienne.

05/11/2013

Un coup de sang

Social, Société, Racisme, Personnalités, MédiasSur le plan des relations inter-communautaires et – appelons les choses par leur nom –, du racisme, les choses doivent aller bien mal, en France. Pour que se décide à prendre publiquement la parole, afin de dénoncer ce climat, quelqu'un comme Harry Roselmack: personnalité très consensuelle, jusqu'à présent peu exposée politiquement, et dont l'image était donc assez lisse. Dans le journal «Le Monde» à paraître ce mardi soir, le journaliste de TF1 pousse un coup de gueule (). Contre ce «fond de racisme qui résiste au temps et aux mots d'ordre, pas seulement au sein du Front national, mais au plus profond de la société française».

Cette initiative survient après les deux indignités qu'a dû subir la ministre Christiane Taubira, dernièrement. Sur Facebook, elle, originaire de Guyane, a été comparée à un singe, par une candidate du FN aux élections municipales (le parti l'a suspendue, depuis). Ensuite, dans la même veine, lors d'une manifestation, elle a été traitée de «guenon» par une enfant, qui lui a tendu une banane.

Comme dit Harry Roselmack, pour qu'on en arrive là, il doit être bien entamé, ce que la République avait «su créer: un sentiment d'appartenance et d'attachement national chez des gens de classes sociales différentes, de cultures différentes, de couleurs différentes».

04/11/2013

Une terrible première

On a peut-être la mémoire qui nous joue des tours, mais on n'a pas le souvenir d'avoir jamais vécu cela en France, précédemment. Ce week-end, un média français a donc volontairement, et assez longuement, mis fin à ses propres programmes.

C'était samedi soir. La chaîne de radio RFI a, pendant un long moment, arrêté la diffusion de ses émissions, les remplaçant par un tapis ininterrompu de musique classique non commentée. En signe de deuil, après la confirmation de l'assassinat de deux journalistes de cette station, au Nord-Mali.

Une première médiatique dramatique. A la hauteur de l'émotion suscitée en France par ce double assassinat. Et pour cause. Qu'un journaliste envoyé spécial dans un pays en guerre y décède, victime d'une balle perdue ou d'un obus de mortier, c'est triste, mais ce sont malheureusement les risques du métier. Autre chose est d'enlever puis d'exécuter froidement des journalistes en raison précisément de leur statut de représentants des médias. Là, on entre dans une autre dimension. Comme l'a assez bien dit le ministre Laurent Fabius, hier, c'est alors «un crime contre la liberté d'informer et d'être informé».

Dramatique.