Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

18/12/2013

Une durée

Police, Justice, PersonnalitésSeize heures. Claude Guéant, qui est soupçonné de détournement de fonds publics, a donc passé seize heures d'affilée en garde à vue, hier. L'ex-secrétaire général de l'Elysée puis ministre de l'Intérieur, quand Nicolas Sarkozy était Président, est arrivé dès huit heures du matin à l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales. Il en est sorti vers minuit. L'homme est âgé de 68 ans – ce qui n'est tout de même pas rien. Et sa santé n'est pas au mieux: il a subi un pontage coronarien en 2011, et a dû être hospitalisé au Val de Grâce cet été, après un malaise.

Cela nous frappe à chaque fois, mais c'est comme cela: les interrogatoires aussi interminables sont monnaie courante, en France. Avant Claude Guéant, Bernard Tapie, Dominique de Villepin ou même Nicolas Sarkozy, pour ne citer que ces quelques exemples, ont eux aussi été interrogés par des policiers ou des juges pendant des journées voire pendant des nuits entières.

Il n'y a, bien sûr, aucune bienveillance à avoir envers les délits politico-financiers et leurs auteurs présumés. On laisse néanmoins chacun juger de l'humanité – ou non – de telles pratiques. Qui sont aussi infligées aux innombrables quidams gardés à vue chaque jour en France, là loin des caméras. Et qui sans doute, eux, ne bénéficient même pas des maigres privilèges concédés aux VIP placés dans de telles situations: un plateau-repas pas (trop) immangeable, et l'une ou l'autre (très brève) pause, toutes les quatre ou cinq heures.

Pour ne s'en tenir qu'au strict plan de l'efficacité, on doute tout de même assez de la pertinence de tels procédés. Que peut-on encore bien tirer de sensé d'un gardé à vue qui en est déjà à sa quinzième heure d'interrogatoire?

Les commentaires sont fermés.