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20/12/2013

Une fin d'année

Paris, Gastronomie, Art de vivreEst-ce bien raisonnable? Une photo de burger bien gras, alors que toute la France s'apprête à déguster des mets de réveillon autrement plus raffinés? Mais c'est bel et bien ce burger qui, et oui, à Paris, fait l'actualité, en cette période de fêtes de fin d'année.

Pas n'importe quel burger: un whopper, estampillé Burger King. Car c'est cette semaine que l'enseigne américaine de restauration rapide a fait son grand retour dans la «Ville lumière», après quinze ans d'absence. Comme cela avait été annoncé il y a quelques mois (relire ). Et, manifestement, cela a marché du tonnerre. L'établissement n'a pas désempli de toute la semaine: n'a cessé d'être bondé de Parisiens avides de retrouver l'incomparable saveur, paraît-il, de ce fameux whopper.

Le saumon, la dinde, le chapon. Ou le whopper. C'est Noël, donc admettons de bonne grâce qu'il en faut pour tous les goûts. Même et y compris dans la capitale d'un pays qui est réputé dans le monde entier pour la qualité de sa gastronomie.

 

Ces (petites) choses étant dites, ce blog va prendre quelques jours de congé. Il reprendra son cours normal, quotidien, début janvier. En attendant, à toutes et tous, merci pour, cette année encore, votre fidélité. Passez de belles fêtes.

19/12/2013

Un secteur particulièrement surveillé

Une nouvelle bien de saison, à l'heure où toute la France s'hystérise dans les magasins pour le rituel annuel des courses de Noël. Les services chargés de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes ont été priés de se bouger: d'intensifier leurs contrôles. Afin d'éviter que, comme on dit (ici) au gouvernement, les consommateurs «soient victimes de négligences ou d’abus, durant cette période d’activité commerciale intense».

La surveillance a été renforcée notamment dans le secteur des produits alimentaires des réveillons de fin d’année. Dans le viseur des contrôleurs, à la fois les fabricants, les grossistes, les importateurs et les distributeurs. Pour les amateurs de chiffres, 13.500 vérifications ont déjà été effectuées sur des foies gras, des huîtres, des bûches, etc. Elles ont porté à la fois sur le respect des règles d’hygiène (dates limites de consommation, températures de conservation ou propreté des locaux) et sur «la loyauté de l’information mise à disposition des consommateurs» (étiquetage, véracité des labels et appellations d’origine, réalité des annonces promotionnelles, etc.). Résultat? 3.000 manquements ont déjà été relevés, soit un «taux d’anomalie» de 22 %.

L'an dernier, à cette époque, il n'était que de 18,5%. L'histoire ne dit toutefois pas (encore) si ce taux cette année plus élevé d'infractions constatées traduit un relâchement des professionnels de la filière alimentaire, ou simplement une plus grande efficacité des opérations de surveillance les concernant.

18/12/2013

Une durée

Police, Justice, PersonnalitésSeize heures. Claude Guéant, qui est soupçonné de détournement de fonds publics, a donc passé seize heures d'affilée en garde à vue, hier. L'ex-secrétaire général de l'Elysée puis ministre de l'Intérieur, quand Nicolas Sarkozy était Président, est arrivé dès huit heures du matin à l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales. Il en est sorti vers minuit. L'homme est âgé de 68 ans – ce qui n'est tout de même pas rien. Et sa santé n'est pas au mieux: il a subi un pontage coronarien en 2011, et a dû être hospitalisé au Val de Grâce cet été, après un malaise.

Cela nous frappe à chaque fois, mais c'est comme cela: les interrogatoires aussi interminables sont monnaie courante, en France. Avant Claude Guéant, Bernard Tapie, Dominique de Villepin ou même Nicolas Sarkozy, pour ne citer que ces quelques exemples, ont eux aussi été interrogés par des policiers ou des juges pendant des journées voire pendant des nuits entières.

Il n'y a, bien sûr, aucune bienveillance à avoir envers les délits politico-financiers et leurs auteurs présumés. On laisse néanmoins chacun juger de l'humanité – ou non – de telles pratiques. Qui sont aussi infligées aux innombrables quidams gardés à vue chaque jour en France, là loin des caméras. Et qui sans doute, eux, ne bénéficient même pas des maigres privilèges concédés aux VIP placés dans de telles situations: un plateau-repas pas (trop) immangeable, et l'une ou l'autre (très brève) pause, toutes les quatre ou cinq heures.

Pour ne s'en tenir qu'au strict plan de l'efficacité, on doute tout de même assez de la pertinence de tels procédés. Que peut-on encore bien tirer de sensé d'un gardé à vue qui en est déjà à sa quinzième heure d'interrogatoire?

17/12/2013

Un pilier de la Sarkozie

C'est un pilier du système Sarkozy qui, depuis ce matin, avec Claude Guéant (ex-ministre de l'Intérieur et ex-n°2 de l'Elysée), est interrogé dans les locaux de la police judiciaire. A propos des soupçons pesant sur le financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, en 2007.

Même s'il est beaucoup moins connu à l'étranger que Claude Guéant, cet homme est pourtant un très proche de l'ancien Président. Son nom: Michel Gaudin.

Au n°77 de la rue de Miromesnil, dans le huitième arrondissement de Paris – là où Nicolas Sarkozy a installé ses bureaux, depuis qu'il a quitté l'Elysée –, c'est ce même Michel Gaudin qui dirige le cabinet particulier de l'ancien Président. A ce titre, il a la haute main sur son agenda, et connaît tous les secrets et les coulisses des multiples rencontres que Nicolas Sarkozy ne cesse d'avoir avec des personnalités. Auparavant, Michel Gaudin a été rien de moins que grand patron de la Police nationale (2002-2007), puis préfet de police de Paris (2007-2012).

A ce dernier poste, il régna d'une main de fer, ne lésinant notamment jamais sur les déploiements policiers impressionnants et sur les interpellations – ils s'en souviennent bien, tous ceux qui, pendant le quinquennat Sarkozy, ont manifesté dans Paris. Le voilà donc à présent, à son tour, placé en garde à vue: contraint de s'expliquer pendant des heures devant des policiers. Fameux retournement de situation.

16/12/2013

Une invasion publicitaire (suite)

Publicité, Patrimoine, Paris, EconomieLa folie des achats de Noël, comme chaque année à cette époque – crise économique ou pas. Quelque 41 millions de transactions bancaires ont été effectuées samedi en France, dans les commerces et sur internet. 41.225.000, très exactement: on entendait le chiffre claironné par une radio, ce matin.

Dans les quartiers des grands magasins parisiens, on ne lésine pas pour exciter encore un peu plus la frénésie consumériste ambiante. Témoin, cette immense bâche publicitaire qui trône derrière l'Opéra Garnier, rue Scribe. Elle vante un smartphone à la mode, et recouvre en partie la façade d'un îlot en cours de restauration. Pour donner une idée de la dimension de cette réclame, elle s'étend, en hauteur, sur plus de trois étages.

Comme le long des quais de Seine, donc – on en parlait, l'autre jour: ici –, ont été allègrement contournées les réglementations relatives à la préservation esthétique, théoriquement, des zones classées. Dans ce cas, l'annonceur nargue même les anti-pub, et doublement. D'une part, une partie de l'édifice a, elle, été recouverte d'un trompe-l'oeil reproduisant les façades. Ce qui montre bien comment le cachet visuel du quartier aurait pu être un peu plus préservé: si, au lieu de cette gigantesque réclame, ce trompe-l'oeil avait été poursuivi sur tout le pourtour de l'îlot. D'autre part, un écriteau apposé sur le bâtiment informe ceux qui se sentiraient agressés visuellement par cette méga-pub que les recettes qu'elle permet de récolter contribuent au financement du chantier de rénovation.

On en est ravis, pour les finances des copropriétaires de l'immeuble – qu'on peine toutefois à imaginer sur la paille, vu le standing du quartier. Mais cela ne rend pas moins pénible cette énième invasion publicitaire XXL.

13/12/2013

Un cinquième jour

A Paris et dans sa région, ce vendredi, c'est le cinquième jour consécutif de pollution excessive due aux particules fines. Mais, sur les trottoirs et dans les parcs de la «Ville lumière», on croise toujours autant de gens en train de faire leur footing. Alors que, dans une telle atmosphère, le sport intensif en extérieur doit faire davantage de mal que de bien. Et, dans la circulation, on compte toujours autant de poids lourds. Alors que, en ces périodes de pic de pollution, les véhicules de plus de 3,5 tonnes qui sont en transit dans la région parisienne sont invités (là) à contourner la capitale.

Cette invitation au contournement «n'est, dans les faits, pas du tout respectée!», s'est énervée hier, sur une radio, une responsable de l'ONG environnementale FNE. Qui chiffrait à 20 milliards d'euros le coût annuel, pour la Sécu, des pathologies induites par la pollution atmosphérique. Et évaluait à 43.000 le nombre de morts que cette pollution cause chaque année en France.

Ce chiffre d'une quarantaine de milliers de morts annnuelles – que l'on retrouve sur le site web de cette association, ici – a de quoi impressionner. Il est sans commune mesure avec le nombre annuel de morts sur les routes (un gros 3000, environ). Et même n'est pas si loin du bilan sanitaire des maladies liées à la tabagie (à peu près 60.000). La lutte contre l'insécurité routière et contre les dangers du tabac, deux causes qui mobilisent tant et plus – et à raison – les autorités et les médias. En revanche, ces 43.000 victimes annuelles de la pollution retiennent si peu l'attention. Or, cela fait tout de même près de 120 personnes qui, chaque jour, dans ce pays, décèdent pour cette raison.

12/12/2013

Une première, depuis plusieurs années

Paris, Santé, Environnement, TransportsRetour sur le terrain parisien, après cette parenthèse internationale de quelques jours due à l'actualité africaine. Retour dans la capitale, et à son air plus pollué que jamais. Puisque, en ce moment, Paris est en train de vivre un épisode de pollution qui marquera les annales. C'est dû notamment aux conditions météorologiques anticycloniques hivernales, qui empêchent la dispersion des polluants

Les cartes officielles de la pollution l'indiquent bien. Tant celle relative à la région parisienne (ici) que celle concernant Paris intramuros () montrent qu'on est dans le rouge pour la pollution aux particules fines. Ces particules dont l'OMS reconnaît qu'elles sont cancérigènes, et qui, à force d'être accumulées journée après journée, coûtent au final six mois d'espérance de vie à chaque Parisien. Ce jeudi est, à Paris et dans sa région, le quatrième jour consécutif d'alerte aux particules fines. Du jamais vu depuis 2007, année de la mise en place de la surveillance de ce polluant.

Les automobilistes sont donc sommés de modérer leur vitesse, les poids lourds de plus de 3,5 tonnes priés d'éviter le centre de l'agglomération, et le Parisien moyen invité à s'abstenir d'utiliser des feux de cheminée en foyer ouvert à titre de chauffage d’agrément ou d'appoint.

Autant de mesures qu'on actionne depuis des années lorsque surviennent pareils pics de pollution, mais qui, sur le long terme, ne sont bien sûr jamais parvenues à améliorer la situation. 

11/12/2013

Un parallèle, ou l'autre

Frappant de voir combien, dans les médias et les états-majors politiques français, des parallèles historiques assez lourds commencent à être faits, à propos de l'intervention militaire en Centrafrique. Ainsi, ces deux rapprochements souvent entendus depuis vingt-quatre heures: depuis que l'opération a pris un tour dramatique, en coûtant la vie à deux soldats. L'avenir dira si ces comparaisons historiques sont à l'emporte-pièce, ou non.

Le premier rapprochement a trait à la venue surprise de François Hollande, hier soir à Bangui. Un déplacement risqué, qui a dû mettre sur les dents les services de sécurité de l'Elysée. Du coup, certains médias sont allés jusqu'à le mettre sur le même pied qu'une visite tout aussi inopinée qu'avait jadis effectuée François Mitterrand, pareillement dans un pays en guerre. Visite mémorable. C'était le 27 juin 1992. Quittant un sommet européen à Lisbonne, il s'était rendu à Sarajevo, ville alors sous le feu des snipers. Là, il avait encouragé les soldats du contingent français déployés en Bosnie, puis s'était entretenu avec le Président de ce pays, Alija Izetbegovic. Cette visite avait créé la stupéfaction générale.

Le deuxième parallèle historique est moins flatteur pour François Hollande. C'est même une prédiction de Cassandre qui, si elle se révèle fondée, va lui pourrir le restant de son quinquennat. Ce rapprochement-là compare carrément l'intervention française en Centrafrique avec la calamiteuse opération onusienne «Restore Hope»: en Somalie, dans la première moitié des années 90. D'innombrables Casques bleus y avaient perdu la vie. Pour rien, comme l'atteste l'état actuel de ce pays.

Il est vrai que certaines images vues à la télé ces derniers jours – Bangui plongée dans la plus complète anarchie, mise à feu et à sang par des bandes incontrôlées – faisaient froid dans le dos. Tant elles rappelaient, il y a vingt ans, Mogadiscio.

10/12/2013

Un jugement plus accommodant

International, Armée, Défense, Hollande, CommunicationOn a peut-être la mémoire courte, mais, a priori, on n'a pas le souvenir qu'une opération militaire française à l'étranger ait ainsi été endeuillée aussi rapidement après son lancement. Ce matin, a été confirmée la mort de deux soldats français faisant partie du contingent déployé en Centrafrique depuis vendredi. Ces deux jeunes gens appartenaient au huitième régiment de parachutistes d’infanterie de marine, basé à Castres (Midi-Pyrénées). C'est ce même régiment qui, un jour dramatique d'août 2008, avait vu d'un coup dix de ses hommes tués, en Afghanistan.

Les deux décès de Bangui ont été confirmés vers 9 heures, ce matin, par un communiqué de l'Elysée. Qui, quarante minutes plus tôt, dans un autre communiqué, avait annoncé la visite surprise de François Hollande en Centrafrique, ce mardi en fin de journée. Probablement ce déplacement improvisé a-t-il été décidé dans la nuit: alors que l'info sur ces deux décès n'avait pas encore été rendue publique, mais que le palais présidentiel, lui, la possédait déjà.

François Hollande s'investit beaucoup sur le terrain international, a fortiori ces derniers mois (Centrafrique, crise du nucléaire iranien, libération des otages français détenus au Sahel, etc.). Il ne lui a pas échappé que c'est un des très rares volets de son action présidentielle qui est salué par l'opinion. Dix-neuf mois après son accession à l'Elysée, son bilan en général et sa personnalité en particulier sont conspués par les Français: à peine un sondé sur cinq se déclare satisfait. En revanche, un sondage  vient encore de le montrer, le jugement populaire est plus accommodant sur la politique étrangère du Président.

Sans doute l'intéressé y a-t-il songé, au moment de décider de se rendre au débotté, cet après-midi, aux côtés de ses troupes endeuillées.

09/12/2013

Une concorde, pour la galerie

François Hollande et Nicolas Sarkozy donc côte à côte, demain: aux funérailles de Nelson Mandela. Puisque l'ancien Président a accepté l'invitation que lui a faite son successeur, ce week-end.

Les deux hommes trouvent un intérêt dans cette apparition ensemble. Pour François Hollande, c'est l'occasion de battre (un peu) en brèche le procès en «sectarisme» et en «anti-sarkozysme primaire» que la droite lui fait, depuis qu'il a accédé à l'Elysée. Quant à Nicolas Sarkozy, cela ne peut faire de mal à son image que, pour une fois, il soit vu sur la scène internationale autrement qu'à l'occasion des conférences grassement rémunérées qu'il donne devant le gotha mondial de la finance.

L'impression de concorde nationale que donnera l'apparition ensemble des deux rivaux de la présidentielle de 2012 sera évidemment très factice, voire hypocrite. Et rien ne dit qu'elle durera davantage qu'une journée, y compris sur un sujet aussi consensuel qu'est le grand homme d'Etat africain. Lundi prochain, en tout cas, on aura l'occasion de voir si l'harmonie républicaine est encore de mise.

Quand, au conseil municipal de Paris, le maire socialiste, Bertrand Delanoë, soumettra au vote des élus sa proposition de baptiser du nom de Nelson Mandela le futur jardin des Halles réaménagées. C'est peu dire qu'un éventuel vote unanime gauche-droite sur la question trancherait fameusement avec l'âpreté du climat politique actuel, dans la capitale: alors que la campagne fait rage en vue des élections municipales de mars prochain.

06/12/2013

Un hommage, à vitesse variable

LaLARME.jpgLa tristesse en France évidemment aussi, et des hommages unanimes à Nelson Mandela.

François Hollande a un peu tardé, cela dit, à réagir à la mort du grand homme. Hier soir, le communiqué de l'Elysée n'est arrivé qu'à 23h45 dans les boîtes électroniques des journalistes. Jean-François Copé, le patron de l'UMP, lui, avait réagi dans la demi-heure suivant l'annonce du décès: dès 23h15. Le chef de l'Etat, il est vrai, avait plus prioritaire à faire: hier soir, il a décidé puis annoncé l'envoi des soldats français en République centrafricaine.

C'est sans doute aussi à cela qu'on mesure la portée d'une actualité: les personnalités françaises ont veillé jusque tard dans la soirée, hier, pour pouvoir communiquer leur réaction à ce décès. Ainsi, la Parisienne Anne Hidalgo a envoyé son communiqué à 0h28, et Ségolène Royal ainsi que Jean-Marc Ayrault (qui est en visite officielle en Chine, depuis mercredi) l'ont fait carrément à 1h36. Marine Le Pen, elle, mais aussi le ministre Pierre Moscovici, ont préféré ne réagir que ce matin.

En guise d'hommage, le ministère français des Affaires étrangères a décidé de déployer aujourd'hui un portrait immense de Nelson Mandela, sur la façade de son siège, à Paris: au quai d'Orsay.

05/12/2013

Un satisfecit, et sa conséquence

Neuf Parisiens sur dix aiment leur ville, à en croire un sondage publié ce jeudi. Pour 56% des habitants interrogés, vivre à Paris leur semble même «une évidence»: ils ne pourraient «pas vivre ailleurs».

Certes, fidèles à leur réputation/leur caricature, les Parisiens râlent beaucoup. Et principalement contre la circulation et les problèmes de stationnement, contre l'exiguïté et le coût des logements, et contre la pollution de l'air ambiant. Ils s'inquiètent aussi de la montée du nombre de cambriolages. Mais ils sont enchantés de l’offre et des équipements culturels, de l'abondance et de la variété des commerces, et de l'animation régnant en ville. De même, les projets d'extension et de déclinaison de Vélib', le développement du tramway, ou l'énorme chantier de réaménagement des Halles: tous ces projets de la municipalité trouvent majoritairement grâce aux yeux des sondés.

Assez logiquement, dès lors qu'ils apprécient leur cadre de vie et ses perspectives d'évolution, les Parisiens ont «plutôt une bonne opinion» de la majorité sortante. 45% des sondés voient d'un bon oeil Anne Hidalgo: bras droit du maire socialiste, Bertrand Delanoë, et qui ambitionne de lui succéder. Le score de sa rivale de droite, l'ex-ministre sarkozyste Nathalie Kosciusko-Morizet, est moindre (41% de bonnes opinions).

Cela dit, cet écart 45%-41% n'est tout de même pas énorme. Et, vu la si laborieuse campagne électorale que mène NKM, ces 41% constituent plutôt une bonne surprise, pour elle. Dès lors, serait-on Anne Hidalgo qu'on ne dormirait pas sur nos deux oreilles.

Verdict de ces élections municipales en mars prochain.

04/12/2013

Un rouleau compresseur

Journalisme, Médias, Santé, Presse, Personnalités, HollandeDeux heures. François Hollande et ses communicants ont donc tenu deux heures, ce mercredi. Face à la pression du «buzz» de l'info, des réseaux sociaux, etc. Deux heures. Entre le moment où, vers 7 heures, de premières radios ont révélé «l'intervention chirurgicale secrète» que l'intéressé a subie à la prostate, au début 2011: soit avant même qu'il soit Président, ou même candidat à la primaire socialiste pour l'investiture à l'Elysée. Et l'instant où, vers 9h, le palais présidentiel a fini par officialiser la chose, via un laconique communiqué de six lignes.

Entre-temps, pendant ces deux heures, l'entourage du chef de l'Etat a vainement argumenté auprès des médias que cela n'avait pas grand sens qu'ils s'agitent sur cela. Et, à gauche comme à droite, des voix se sont élevées, pour s'irriter d'une «dérive» de l'info (Jean-Marc Ayrault), d'un «emballement» médiatique irraisonné (François Bayrou).

Mais rien n'y a fait. Le rouleau compresseur du journalisme contemporain (en gros: toujours plus d'agitation, toujours moins de recul) a, une fois de plus, écrasé tout sur son passage.

L'histoire ne dit pas si, dans quelques années, le prochain Président de la République devra, ou non, confesser avoir, quand il était gamin, subi une opération de l'appendicite. Ou quelques points de suture, après une chute à vélo.

03/12/2013

Un Parisien sur trois, quasiment

La publication, ce mardi matin, de l'enquête internationale PISA, réalisée par l'OCDE, sur les connaissances et compétences des jeunes de 15 ans, notamment en matière de lecture. La France perd deux places, chutant au 25e rang. Rien de très surprenant: c'est peu dire qu'il ne date pas d'hier, le constat du caractère très perfectible du système éducatif français.

Ses failles se retrouvent d'ailleurs dans la société. Vient encore d'en témoigner une étude, aux résultats assez effarants, consacrée aux difficultés qu'éprouvent les habitants de Paris et de sa région face notamment à l'écrit et à l'oral.

On y découvre que c'est dans la capitale et sa banlieue que l'on trouve les habitants «parmi les plus touchés en France métropolitaine par les difficultés à l’écrit en langue française». 13% de ces habitants sont «en difficulté importante dans un des trois fondamentaux de l’écrit en langue française: lire, écrire ou comprendre un texte simple». Et 29% (donc une personne sur trois, quasiment) «sont en difficulté importante dans au moins un des trois domaines de compétence» à l’écrit, à l’oral ou en calcul. Plus de la moitié (54%) de ces Parisiens en difficulté face à l’écrit exerçant une activité professionnelle, on estime que la lecture pose problème à 570 000 actifs, à Paris et dans sa région. Ainsi, par exemple, 44% des ouvriers, essentiellement dans le secteur de la construction, sont en difficulté importante face à l’écrit.

Mais ces difficultés causent de l'embarras au-delà du cadre professionnel: elles sont sources de gêne y compris dans les activités courantes de la vie quotidienne. Ainsi, toujours selon cette étude officielle, 43% des habitants de Paris et sa banlieue ayant des difficultés avec l'écrit en sont au point de ne pas parvenir à rédiger une lettre. Pour 29%, pose des difficultés le fait de faire ses courses. Et 21% ne parviennent pas à lire une carte routière ou un plan de ville.

02/12/2013

Une fin de non-recevoir

Télévision, Presse, Journalisme, Médias, SécuritéCirculez, il n'y a rien à voir. Et rien à redire: pas de quoi s'émouvoir. Le Conseil supérieur de l'audiovisuel vient d'envoyer Christiane Taubira sur les roses. A propos de ce que la ministre de la Justice avait dénoncé, l'autre jour (relire ici): la diffusion, à la télé, d'images de vidéosurveillance montrant un braqueur en train de s'évader en prenant des gardiens de prison en otages. Pour la garde des Sceaux, il était indigne de diffuser de telles images, valorisant des actes criminels et portant atteinte à la dignité des otages.

Pas du tout, vient de lui répondre le CSA (là). «Pour ce qui est du respect de la dignité de la personne humaine, les personnes apparaissant sur les images, à l’exception du prisonnier évadé, ont été correctement floutées. En ce qui concerne la sauvegarde de l’ordre public, il n’y a pas eu d’incitation directe ou indirecte à des pratiques ou à des comportements délinquants ou inciviques». Désormais, donc, les télés savent à quoi s'en tenir: elles peuvent faire à peu près ce qu'elles veulent avec les images de vidéosurveillance. Un peu de floutage et hop, l'affaire est réglée: tout ou à peu près peut être diffusé.

Dans la même veine, à un JT de 20 Heures, l'autre soir, TF1 a diffusé des images filmées par un passant avec son smartphone, montrant un détenu en cours d'évasion qui était en train d'asséner des coups de cutter à ses gardiens. On voyait même l'un d'eux, blessé grièvement, s'écrouler sur la chaussée. Quelle était donc la valeur ajoutée de telles images? Aucune. Si ce n'est qu'elles ont permis, de manière assez misérable, d'en rajouter dans la mise en scène racoleuse de l'info.

Encore bravo.