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14/01/2014

Un permanent mélange des genres, assommant

A l'Elysée cet après-midi, entendra-t-on François Hollande? Ou Gerhard Hollande? Ou François Blair? A Paris, dans les commentaires, ces deux patronymes imaginaires sont souvent affublés au chef de l'Etat, depuis le 31 décembre. Depuis que, dans son allocution télévisée de fin d'année, il a confirmé combien il était loin du socialisme de papa, mais proche du social-libéralisme qu'incarnèrent Tony Blair et Gerhard Schröder.

François Hollande clarifiera donc sa ligne économique, cet après-midi. Du moins, si toute l'attention médiatique ne se focalise pas sur l'agitation du moment, autour de sa vie privée. Cela dit, les deux thèmes se rejoindraient-ils, dans une espèce de soupe de com' indigeste, que ce serait bien dans l'air du temps.

Ainsi, c'est ce que fit l'autre jour, sur une radio pourtant respectable, un commentateur économique. Après avoir fait une savante comparaison des politiques économiques de François Hollande et de Gerhard Schröder, il conclut, hilare, en rappelant que l'ex-chancelier allemand... s'était marié quatre fois, avec quatre femmes différentes. Et, dans un studio mort de rire, de rassurer François Hollande: la vie privée mouvementée n'empêche donc pas forcément l'entrée dans la postérité.

Cela n'apporte vraiment rien à la compréhension des enjeux, s'est-on dit, en entendant ça. Mais cela illustre bien cette si pénible dérive du journalisme contemporain. A savoir, la tentation permanente de l'infotainment: de l'information mélangée au divertissement. C'est la grande mode, à la radio particulièrement. Il n'est désormais plus possible, en France en tout cas, d'y suivre une tranche d'information sans devoir se farcir des journalistes-humoristes revisitant l'actu, dans des chroniques supposées comiques.

C'est vraiment prendre l'auditeur moyen pour un crétin – comme s'il était incapable de suivre ½ heure d'info sans de telles «respirations», ainsi qu'elles sont présentées et justifiées. Cela entretient une confusion des genres permanente: l'actu ressemble à du Nicolas Canteloup, et inversement. Et cela abaisse considérablement le niveau.

Mais, sans doute, ce degré zéro de l'info est-il bon pour l'audimat. Dans ce cas, ...

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