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24/01/2014

Un paradoxe de tous les jours

La confiance des Français envers les médias se redresse, un peu. Mais la profession journalistique a encore du pain sur la planche, pour convaincre l'opinion de son indépendance et de sa crédibilité. C'est ce qu'il ressort de l'enquête que l'institut Sofres consacre chaque année à la confiance envers les médias. Elle indique aussi que, de l'avis des sondés, la presse en a beaucoup trop fait, l'an dernier, sur certains sujets: le «royal baby» britannique, l'«affaire Leonarda», le «mariage pour tous», ou le passage à la 4G.

Voilà donc, comme chaque année, un gros paradoxe remis en lumière. Car ce sont ces mêmes sujets qui, sur le moment, ont été les plus suivis, par le grand public. En audimat, en nombre de clics sur les sites d'info, en quantité de journaux vendus, etc. Voir, par exemple, les centaines de milliers d'exemplaires de «Closer» écoulés ces trois dernières semaines. Qui faisaient leurs choux gras d'une affaire à propos de laquelle, pourtant, tous les sondés assurent qu'elle ne les intéresse pas, ni ne les regarde.

Le paradoxe, cela dit, n'est pas l'apanage du seul grand public: il est aussi celui des médias. A longueur de journées, dans les rédactions (en France, mais aussi ailleurs), les journalistes travaillent en se pinçant le nez: sur des sujets dont ils sont les premiers à convenir qu'ils ne sont pas très glorieux. Mais bon: «Ca intéresse les gens», selon une expression désormais courante, dans les rédactions. Variante: «Les gens en parlent».

Ainsi va le journalisme contemporain. Et l'on prend déjà le pari que, l'an prochain, l'enquête de la Sofres mettra une fois de plus en lumière ce paradoxe quotidien.

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