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28/01/2014

Une souffrance au travail, là aussi

C'est un secteur que ce blog évoque assez peu, mais allons-y, puisque ces chiffres, dévoilés à la fin de la semaine dernière, sont, trouve-t-on, intéressants – même si les médias français les ont peu répercutés. Ils concernent la souffrance au travail au sein de l'armée.

Il s'agit du premier bilan d'«Ecoute défense», un an après sa création. Cette ligne d'écoute téléphonique anonyme et gratuite est dédiée aux militaires et à leur entourage, confrontés à une situation de détresse. Elle est tenue par des psychologues des hôpitaux d’instruction des armées. En un an, ce service n'a pas chômé. Il a reçu 330 appels. Dans 71% des cas, ils relataient une souffrance psychologique, 54% des appelants étant dans un état clinique de stress post-traumatique. 80% des appels ont concerné des militaires de l’armée de terre, et «tous les théâtres (d'opération) récents, l’Afghanistan, les Balkans ou le Mali, sont concernés», a précisé le ministère de la Défense. 5% des appels ont été le fait d'anciens combattants de conflits beaucoup plus vieux, comme l’Indochine ou l’Algérie. Dans près d'un cas sur deux (47%), l'appelant a été, non un militaire, mais un proche ou un membre de sa famille. Ces personnes en demande d'information et d'orientation vers des soins ont été guidées «vers le correspondant le mieux adapté, prioritairement auprès des soignants du service de santé des armées, ou vers le réseau civil de proximité».

Régulièrement, ces dernières années, chaque fois que s'ouvrait un nouveau front extérieur pour l'armée française, des soldats ont eu le courage de témoigner de la solitude qui avait été la leur: quand ils n'avaient reçu aucun soutien psychologique dans l'armée, alors pourtant qu'ils jugeaient en avoir besoin. Et d'expliquer la difficulté, dans ce milieu militaire, de verbaliser la souffrance, le stress voire le traumatisme. Sous peine de «passer pour une mauviette» – l'expression qui revenait très souvent, dans leurs témoignages.

Avec cette ligne d'écoute, «le tabou sur le stress post-traumatique dans les armées est levé», se félicite-t-on, aujourd'hui, au ministère de la Défense. Il était temps. Alors que l'armée française a été si souvent endeuillée, ces dernières années (relire par exemple ici, ou ).

Commentaires

Si un militaire, un pompier ou un médecin tourne de l'œil face aux exigences de son métier, c'est qu'il s'en est trompé ! Sa place est ailleurs. A partir du moment où l'on tombe dans la neurasthénie, on devient un boulet pour la collectivité, le mal de mer n’est pas recommandé pour un marin, c’est une question de choix d’existence. Un soldat n’est pas une nounou ou une assistance sociale.

Écrit par : cp | 28/01/2014

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