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28/02/2014

Une tradition devenue très minoritaire

Un sondage particulièrement de saison, pour terminer cette semaine située en plein congé de février. Et cette enquête d'opinions confirme qu'elle est bien révolue, la tradition française des vacances de février à la neige – l'époque «Les Bronzés font du ski», en somme.

D'après l'institut Ifop, «près de huit Français sur dix (78%) n’ont pas le projet de partir en vacances pour les congés scolaires de février/mars». C'est quatre points de plus que les deux saisons précédentes. De même, 74% des sondés assurent qu'ils n'ont pas l'intention de partir à l'occasion des prochains congés scolaires de Pâques. C'est deux points de plus que l'an dernier.

Le manque d'argent (26%) et le souhait d'économiser en vue d'autres dépenses (18%) ne reviennent pas marginalement, dans les motivations citées par les sondés pour expliquer leur choix de ne pas partir au ski, ces deux semaines. Les privilégiés qui partent ont un budget moyen (962 euros) en baisse de 100 euros par rapport à l'an dernier à la même époque.

Parmi ces chanceux, la montagne reste une destination privilégiée. Cette année encore, 46% de ces vacanciers de février s'offrent les joies des sports d’hiver, contre seulement 17% et 18% qui leur préfèrent un séjour à la campagne ou à la mer, respectivement.

Bonnes vacances, où que ce soit, si vous avez la chance d'en prendre.

27/02/2014

Un aménagement, bienvenu

Justice, Histoire, Institutions, International La Justice française se voit souvent reprocher son inhumanité, donc ne passons pas sous silence cette initiative. Elle a été prise au Palais de Justice de Paris. Dans le cadre du procès, devant la Cour d'assises, de Pascal Simbikangwa: le premier Rwandais à être jugé en France pour complicité de génocide et de crimes contre l'humanité.

A quelques mètres de la salle d'audiences, a été aménagée une «zone de silence», dont l'accès est interdit au grand public. Elle est réservée à deux psychologues, membres d'une association agréée d'aide aux victimes. Ces deux professionnels suivent en permanence le procès, et c'est dans cet espace particulier qu'ils viennent en aide aux «personnes en difficultés», comme nous dit une vice-procureur. A savoir, aux membres du public ou des parties civiles qui vivraient mal l'évocation, à l'audience, des atrocités commises lors du génocide de 1994. Puisque la nécessité d'une bonne justice impose que, parfois, dans leurs débats, magistrats, jurés et avocats aillent jusqu'à traiter dans les moindres détails, macabres, de l'épouvantable contexte historique de ce procès.

«On pensait qu'il pouvait y avoir un besoin» d'aide, explique le cabinet du procureur général. Et, effectivement, depuis l'ouverture de ce procès, début février, cette infrastructure a déjà plusieurs fois servi.

Bien.

26/02/2014

Un nouveau report

Décidément, les handicapés ont peu de raisons d'être à la fête, en France en ce moment. Ce mercredi, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, devrait officialiser le report de la fameuse échéance de 2015: l'année qui avait été fixée pour que soit garantie l'accessibilité physique des moins-valides à tous les lieux publics: bâtiments officiels, transports, etc. Cette échéance de 2015 date pourtant d'il y a près de dix ans – elle avait été fixée par le loi de 2005 sur le handicap –, donc on ne peut pas dire que le temps n'a pas été donné pour la respecter. Ce mercredi, néanmoins, un nouveau délai devrait être fixé, qui pourrait même reporter encore cette échéance à plusieurs années.

Encore bravo. Qui plus est venant d'un gouvernement de (centre-) gauche, donc tout de même théoriquement censé un minimum sensible au sort des minorités.

25/02/2014

Une opposition qui ne désarme pas

Cela fait des années qu'on parle du réaménagement des anciens grands magasins La Samaritaine, dans le quartier Rivoli. Il s'agit d'un énorme projet urbanistique: un des plus gros concernant le centre de Paris – avec, bien sûr, le chantier du Forum des Halles. Mais, visiblement, les opposants à ce projet ne désarment pas. Pour preuve, hier, pendant une bonne partie de la journée, le Conseil d'Etat a examiné les recours qu'ils ont introduits contre le permis de construire délivré en 2012. Et les débats furent chauds.

Ces opposants (comités de quartier et associations de défense du patrimoine) ont remporté une manche, purement formelle. Mais l'on risque de devoir encore attendre un bon mois avant de connaître l'épilogue de ce feuilleton juridique.

De toute manière, la messe est-elle dite? Ces recours ne sont pas suspensifs. Dès lors, en attendant, ils se poursuivent, ces travaux pudiquement dissimulés par des grandes bâches. Les opposants craignent la démolition de plusieurs immeubles du XIXe siècle, et même de deux maisons du XVIIIe. Le groupe de luxe LVMH, auteur du projet, assure que toutes les mesures nécessaires à la conservation du patrimoine ont été prises. Si non, alertent les opposants, «ce serait la première fois depuis la démolition des Halles», sous Georges Pompidou, que l'on détruirait «un îlot entier au coeur de Paris. Il y a comme une malédiction dans ce secteur...»

24/02/2014

Une relégation

Télévisions, Sports, Médias, Gouvernement, HandicapésRideau sur Sotchi. Où, néanmoins, dans quelques jours, débutent les Jeux paralympiques. «Pour la première fois en intégralité», cette compétition sera retransmise par France Télévisions, a confirmé, hier soir, le confrère qui officiait au commentaire de la cérémonie de clôture des JO. Non sans s'extasier: «Soixante heures de direct!»

Oui, si ce n'est que ce sera diffusé sur ...France 4: la chaîne la plus confidentielle du service public. Même pas sur France 3, donc. Et encore moins sur France 2 – le talk-show en prime time de Laurent Ruquier, c'est sans doute plus important que la promotion du sport handicapé.

Il y a a quelques jours à peine – on l'avait évoqué, dans ce blog –, la ministre des Affaires sociales avait plaidé pour une représentation plus visible du handicap, à l'antenne des médias audiovisuels. Chacun peut donc apprécier sa capacité de persuasion.

Encore bravo.

21/02/2014

Un déséquilibre (un peu) moins criant

«Aux grands hommes: la patrie reconnaissante». Et les femmes? François Hollande a donc rempli sa promesse, et entendu la demande qui lui était faite – déjà évoquée, dans ce blog: relire ici ou . Parmi les quatre grands noms de la Résistance dont le chef de l'Etat confirme, ce vendredi, le prochain transfert au Panthéon, figurent deux femmes: Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Germaine Tillion.

Ces femmes ont eu un parcours de vie si admirable que l'on peut considérer que, finalement, leur genre importe peu: est même assez accessoire, dans les motivations du processus qui conduira à ce qu'un hommage solennel leur soit rendu par la Nation.

Oui, mais non. A titre de symbole, il était important que, enfin, une panthéonisation face la part belle aux femmes. Pour donner un signe, pour lancer un mouvement. Etant entendu que n'est pas supportable – dans le message que cela renvoie aux Françaises – ce déséquilibre si flagrant existant dans le genre des personnalités reposant au Panthéon.

Au demeurant, il y a encore un fameux bout de chemin à faire. Puisque, après le transfert des cendres de Geneviève de Gaulle-Anthonioz et de Germaine Tillion, l'institution ne comptera jamais que 4 femmes. Contre quelque 70 hommes.

20/02/2014

Une vision perturbante

Tabac, Santé, Télévision, Médias, GouvernementCela fait plusieurs semaines que l'on voit cela, sur les chaînes de télévision françaises. Les jours ont beau passer, on ne parvient pas à s'y habituer. Les dirigeants du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) eux-mêmes semblent en être un peu perturbés. Il n'empêche, jour après jour, cela continue d'être diffusé.

On veut parler des spots de pub vantant la cigarette électronique. Alors, certes, si on a bien suivi, vapoter est moins mauvais pour la santé que fumer. Mais enfin, ce n'est tout de même pas non plus excellent. Et, que l'on sache, à moins qu'on ait loupé un épisode, le gouvernement Ayrault avait donné à la cigarette électronique le même régime que le tabac, pour tout ce qui concerne la publicité, la promotion de ces produits, etc. A savoir, le régime minimal, tel que l'impose la loi Evin.

Il y a déjà plus d'une semaine, le CSA a publiquement houspillé (ici) le ministère de la Santé: l'a invité à clarifier le régime audiovisuel de la cigarette électronique. Sans résultat apparent: des dizaines de millions de Français continuent chaque jour de voir – et d'entendre, puisque c'est aussi le cas à la radio – des messages associant monts et merveilles au fait de vapoter.

Dans le pays du principe de précaution, encore bravo.

19/02/2014

Une perte de repères

Le journalisme à la française, sujet décidément perpétuel d'étonnement. Dernier exemple en date, hier soir, tard: une séquence entendue sur une radio très écoutée. En trois minutes, les sons importants de la journée, le condensé des actualités qu'il ne fallait pas manquer.

Un jeune jihadiste français, combattant en Syrie, disait prendre comme «modèle» Mohammed Merah: le Toulousain auteur, en 2012, de sept assassinats antisémites, dont des enfants abattus dans une école juive. Et promettait que, de retour en France, lui aussi ferait «tout péter». Venaient ensuite, dans cette séquence, un médaillé olympique français de Sochi se plaignant de ses ligaments croisés du genou, un médecin confirmant qu'une crise de goutte (comme celle qu'a subie Jacques Chirac, lundi soir), c'est extrêmement douloureux, et ainsi de suite. Entre autres sons de la journée, hop, emballé c'est pesé/diffusé, et on passe au flash météo.

Non.

On ne mélange pas comme cela, dans une sorte de zapping de ce qui a buzzé depuis le début de la journée, une apologie du crime antisémite, et tout le reste. On n'aligne pas de la sorte, sans le moindre commentaire, des actualités aussi dissemblables, dans leur degré de gravité. Au risque que le grand public en vienne, à son tour, à mettre tout cela sur le même pied. La haine antisémite se retrouvant reléguée au rang d'ingrédient comme les autres de «la soupe» des agitations médiatiques de la journée.

Une actualité chasse l'autre, certes. Mais tout ne se vaut pas. Et a fortiori quand on est un média du service public, qui compte l'éducation parmi ses missions.

Il y a décidément, dans le journalisme contemporain – mais sans doute n'est-ce pas propre à la France –, une perte de sens et de repères qui est absolument effarante.

18/02/2014

Une dégringolade continue

Médias, Journalisme, Justice, Police, PersonnalitésC'est le jour où jamais pour le mentionner. Puisque ce mardi, devant le tribunal correctionnel de Paris, est jugée une spectaculaire affaire de violation du droit des journalistes au secret de leurs sources.

Bernard Squarcini, le grand patron des services de Renseignement sous Nicolas Sarkozy, encourt jusqu'à cinq ans de prison et 300 000 euros d’amende. Pour avoir irrégulièrement fait saisir les factures téléphoniques détaillées d'un journaliste du «Monde» qui enquêtait sur l'«affaire Bettencourt».

Le jour ou jamais, donc, pour signaler que la France vient d'encore perdre une place, dans la dernière édition en date du classement mondial des libertés de la presse, établi chaque année par l'ONG Reporters sans frontières.

L'Hexagone n'y figure plus qu'à la 39e position (sur 180 Etats classés), derrière des pays comme le Costa Rica, la Namibie, le Ghana, la Slovénie ou le Salvador. Cause de ce mauvais classement, notamment? Les «atteintes graves à la liberté de la presse» commises à l'occasion, précisément, de ces incessants et retentissants scandales politico-financiers. Sans oublier, cela n'a rien à voir mais ce n'est tout de même pas accessoire, les très nombreux journalistes qui, en 2013, ont été physiquement pris à partie, voire carrément violentés, à l'occasion de manifestations agitées.

La France n'a cessé de dégringolé dans ce classement, ces dix dernières années. Pour preuve, dans l'édition 2002 de ce palmarès, elle figurait à la 11e position.

17/02/2014

Un fameux retard

Mieux vaut tard que jamais, dit l'adage. Mais là, le retard est vraiment frappant. La semaine dernière, le Parlement français a évoqué la question de la prise en compte des personnes handicapées à la télévision. Pour le moment, dans l'Hexagone, c'est vraiment la portion congrue. Les télés de service public et les principales chaînes privées sous-titrent les programmes à destination des sourds et malentendants, mais elles ne les traduisent que très rarement en langue des signes. Ainsi, sur les trois télés d’info continue (LCI, BFM et Itélé), un seul et unique bulletin par jour est interprété en direct dans cette langue, et encore: pas le week-end.

Cela va peut-être changer. Le gouvernement, en effet, admet «la nécessité de renforcer l’accès des personnes sourdes et malentendantes à l’information». L'objectif est qu'il y ait au moins un JT quotidien, diffusé à une heure de grande écoute, qui bénéficie d'une telle traduction. Un groupe de travail a commencé à plancher sur la question. Il réunit des représentants des ministères de la Communication et des Affaires sociales, des associations concernées, et des chaînes de télévision.

Très bien. En Belgique, d'après le souvenir qu'on a gardé de ce pays, cela fait au moins vingt ans, si pas trente, que les JT des chaînes publiques bénéficient systématiquement d'une telle traduction en langue des signes.

Quand la France aura comblé son retard à la matière, elle pourra s'attaquer à un autre problème illustrant combien elle est encore loin d'être «une société pleinement inclusive», comme on dit en jargon technocrate. Selon les propres chiffres donnés aux parlementaires par la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, «seuls 0,4% des personnes présentes à l’antenne ont un handicap visible ou exprimé».

14/02/2014

Une sanction, sévère

Justice, Social, ParisC'est l'épilogue judiciaire d'un fait divers qui, à l'époque, avait provoqué une fameuse agitation, dans notre quartier Saint-Ambroise.

En octobre 2011, dans l'immeuble juste à côté de notre bureau, un chômeur avait fait irruption dans une agence Pôle Emploi, puis pris en otages deux de ses cadres. Visiblement un peu agité dans sa tête, il avait justifié son geste de manière décousue, évoquant notamment «la machine à broyer» qu'était, selon lui, l'administration gérant les chômeurs – dont les services aux usagers étaient, à l'époque déjà, notoirement perfectibles. Quelques heures plus tard, il avait fini par se rendre. Aucune effusion de sang n'avait été à déplorer. Et son arme s'était révélée factice.

Le tribunal correctionnel de Paris vient de le condamner à trois ans de prison, dont 18 mois ferme. Outre des dommages et intérêts à payer à ses deux victimes.

La prise d'otages est, évidemment, un acte très grave. Qu'on l'accomplisse avec une arme de pacotille ne change rien au traumatisme infligé aux victimes, qui, sur le moment, ignorent son caractère factice. Et il n'est pas admissible, quand on a un contentieux avec une administration, de s'en prendre physiquement à deux des représentants. Qui font juste leur travail, voire sont eux-mêmes en souffrance vu les conditions dans lesquelles ils doivent l'effectuer.

Justice, Social, ParisIl n'empêche. 18 mois ferme. Ce n'est pas rien. Alors qu'aucune goutte de sang n'a été versée. Et alors que, de facto, aucun danger réel n'a été causé à la sécurité d'autrui. On n'est d'ailleurs pas le seul à le penser. Ainsi, le parquet – institution qui, pourtant, n'a rien de laxiste – avait requis une peine nettement moindre: 3 ans de prison certes, mais assortis seulement de quatre mois ferme. Ces quatre mois étant couverts par la détention provisoire qu'a déjà effectuée le condamné, il n'aurait pas dû retourner en prison.

Et aurait donc pu, dès lundi, tenter de retrouver un travail.

13/02/2014

Un «débat désagréable»

Une matinée belge ce jeudi, à la Cour d'assises de Paris. Où donc – et c'est une première en France –, est jugé un Rwandais accusé de complicité de génocide. Toute la matinée, en effet, a été consacrée à l'audition comme témoin du Belge Filip Reyntjens: professeur à l'université d'Anvers et spécialiste reconnu du Rwanda.

L'homme était cité à comparaître, et n'a donc eu d'autre choix que de venir témoigner. Mais, a-t-il précisé à la Cour, il l'a fait sans gaieté de coeur.

Notamment car, pour lui, le débat sur le Rwanda est, en France, «désagréable, voire détestable». Car il est «extrêmement polarisé», est «devenu un enjeu franco-français», et a pris une tournure «très émotionnelle, voire passionnelle». Dans ce débat hexagonal, a déploré le professeur anversois, «on n'écoute jamais les autres» et on caricature ses opposants en allant jusqu'à s'envoyer à la tête des accusations de négationnisme ou de révisionnisme. Et l'on schématise à outrance les faits. Car «on aime les histoires simples, avec les bons d'un côté et les méchants de l'autre. Mais ce n'est pas une histoire simple».

12/02/2014

Une communication anxiogène

Paris, Transports, Métro, SantéAprès la journée catastrophique de la fin décembre à la RATP (relire ici), le bras de fer s'y poursuit, à propos des chantiers de désamiantage concernant le métro. Bras de fer entre la direction de l'entreprise et les syndicats du personnel. Ces derniers considèrent qu'ils doivent travailler à marche forcée et sans respect optimal de la sécurité, dans les ateliers de maintenance où sont traitées les rames couvertes d'une peinture isolante contenant de l'asbeste.

C'est dans ce climat social tendu que le syndicat CGT a cru bon de balancer sur la place publique que ces vieilles rames amiantées – dont la peinture «se délite et peut libérer des fibres» – circulent sur plus de la moitié du réseau. Précisément, sur les lignes 3, 3 bis, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12 et 13, ainsi que sur les lignes des RER A et B. La direction de la régie, elle, continue d'opter pour une communication minimale, sur le sujet. Ainsi, sur le site web de la RATP, pas la moindre information n'est disponible sur cette question. Le grand public est sans doute prié de se contenter de l'assurance qu'avait donnée, lors de ses voeux de fin d'année, le grand patron de la RATP («Il n'y a absolument aucun risque pour les voyageurs»).

Cet alarmisme d'un côté, cette opacité de l'autre côté, c'est, bien sûr, la pire des choses, en termes de communication. Les usagers des lignes 3, 3 bis, 6, 7, 8, etc. aimeraient sans doute en savoir plus, sur les risques que cette vieille peinture amiantée fait éventuellement courir à leurs poumons. L'on pourrait aussi en profiter pour, enfin, faire le point publiquement et en toute transparence sur les vieilles plaques de frein qui équipèrent longtemps les rames du métro de Paris, elles aussi à base d'asbeste.

Mais là, non: rien . Sans doute est-ce trop demander. Après tout, cela ne concerne jamais que, chaque jour, quelques millions d'usagers.

Encore bravo. Qui plus est dans le pays censé être celui du principe de précaution.

11/02/2014

Un scénario d'horreur

On évoquait hier le Paris de 2001 et celui de 2014. Mais qu'en sera-t-il du Paris de 2040?

«De Roissy jusqu'aux confins nord de la capitale française, s'élève un vaste bidonville, où se pressent quelque six millions d'habitants sur les vingt que compte cette mégapole». C'est une zone de non-droit, sous la coupe de bandes armées qui «se livrent régulièrement à des attaques contre les trains ou les véhicules». A l'autre extrémité de la capitale, le quartier d'affaires de La Défense n'est plus que l'ombre de lui-même. Car «les tours ont cessé d'être entretenues, à mesure que l'insécurité interdisait leur accès». En banlieue toujours, à côté d'EuroDisney, «un New Paris a été construit. Il reproduit, à l'échelle, les principaux monuments de la capitale et ses rues les plus emblématiques».

Et ce «New Paris» ne désemplit pas de touristes venus du monde entier. Car l'ancien Paris, lui, est fini. Le centre-ville, le dimanche, est «une ville morte; tout est fermé, car le travail est interdit. Ceci, outre les problèmes de sécurité, explique la fuite des touristes». Les autres jours de la semaine, pareillement, «la ville-musée est lugubre. Les rues sont à peine éclairées, conséquence d'une loi votée à l'initiative des écologistes, qui taxe très lourdement l'éclairage nocturne». Dans les grands musées de la «Ville lumière», «la sécurité des collections n'est absolument plus assurée. De très nombreux vols sont déjà intervenus». Paris n'est plus la ville de la culture, ni même celle des amoureux. Car, comme les touristes, les amants «ont déserté Paris, sous la pression de l'insécurité, des extrémistes et des fondamentalistes religieux», qui s'attaquent aux femmes dont ils jugent la tenue indécente. Du coup, le chic parisien a lui aussi vécu: les Parisiennes ne sortent plus dans la rue qu'«engoncées dans d'énormes manteaux sombres, dont la fonction est plus de les rendre invisibles que de les protéger de la pluie et du froid».

paris,personnalités,littérature,economie,histoireCe Paris imaginé en 2040, c'est celui de Nicolas Baverez. Ce très médiatique historien et économiste néo-libéral entrevoit ainsi la capitale française, dans vingt-cinq ans. Et la décrit de la sorte dans «Lettres béninoises»: la remise au goût du jour des «Lettres persanes» de Montesquieu, qu'il vient de publier chez Albin Michel.

Le portrait est sombre? Le scénario urbain est horrifique? C'est la moindre des choses. Venant du chef de file des «déclinologues». Ainsi que Dominique de Villepin, jadis, avait rebaptisé ces penseurs qui, à longueur d'essais, s'affligent d'une France qu'ils jugent en déclin tant sur les plans économique que culturel ou géopolitique.

Au moins Nicolas Baverez confirme-t-il qu'il a de la suite dans les idées. Moins attendu, il se révèle être... un très grand comique. Si l'on consent à prendre son bouquin pour une farce, tellement outrancière qu'elle en devient très cocasse.

Mieux vaut, sans doute, prendre le parti d'en rire.

10/02/2014

Une page qui se tourne

Une page politique est en passe de se tourner, à Paris. Ce lundi, en effet, s'ouvre le dernier Conseil municipal de Paris qui sera présidé par le socialiste Bertrand Delanoë. Puisque celui qui est le maire de la capitale depuis 2001 a décidé de ne pas se représenter, aux élections municipales de mars.

«J'ai dirigé Paris pendant 13 ans, c'est lourd», a commenté l'intéressé, l'autre jour. Affichant l'air de celui qui n'est pas mécontent de tourner la page.

paris,personnalités,delanoë,elections municipalesSans doute le temps viendra, dans les deux mois, pour un bilan plus détaillé et argumenté de son action de maire.

Si néanmoins il faut l'esquisser d'emblée, en résumé, et de manière très impressionniste, on dira qu'on le trouve moyen. Passable. Mais guère plus, finalement.

Côté pile? Contrairement à son cliché de «belle endormie» (par rapport à d'autres capitales censées plus dynamiques, comme Londres, etc.), Paris est une ville qui bouge bien: en matière d'activités culturelles, de loisirs, de création, d'animation, de convivialité ou de proximité. Pas mal de bonnes choses ont été faites, depuis 2001, dans les domaines de l'urbanisme, de l'aménagement, du patrimoine ou des déplacements. Et la mairie s'est vraiment activée pour atténuer (à défaut d'avoir encore réussi à les régler) quelques gros problèmes structurels, tels le manque de logements à prix accessible ou la pénurie de places en crèches. Côté face, la pauvreté est encore plus visible dans le Paris de 2014 qu'elle l'était déjà dans le Paris de 2001. La ville est toujours aussi chroniquement polluée et embouteillée. La propreté ne s'y est pas spectaculairement améliorée. La sécurité quotidienne reste un sujet controversé. Et, globalement, la dualité s'est aggravée. Pour le formuler autrement: un art de vivre exquis, oui, demeure à Paris, mais, pour y avoir accès, il faut, plus que jamais, être nanti. Ceux qui ne le sont pas continuent donc à galérer. Avec, peut-être, la (maigre) consolation de le faire dans une ville qui, sans doute, reste l'une des plus belles du monde.

C'est peu dire, donc, que la prochaine équipe au pouvoir aura du pain sur la planche.

07/02/2014

Un si mauvais goût

Ne pas achever la semaine, marquée notamment par le premier procès organisé en France d'un présumé génocidaire rwandais, sans mentionner cette effarante faute de goût. Cet humour si péniblement douteux, qui a valu à Canal+ une remontrance du Conseil supérieur de l'audiovisuel.

Cela s'est passé dans une émission parodique. La séquence incriminée mettait en scène une émission de télé fictive se déroulant au Rwanda, au cours de laquelle des célébrités rencontraient un jeune Rwandais présenté comme rescapé du génocide de 1994. Entre autres horreurs supposément comiques, on voyait interprétée une chanson présentée comme étant de tradition rwandaise, inspirée de la comptine enfantine «Fais dodo, Colas mon petit frère». Cela donnait: «Maman est en haut, coupée en morceaux, Papa est en bas, il lui manque les bras». Allusion aux victimes du génocide, démembrées à coups de machette.

Pour le CSA, «en dépit du genre humoristique» allégué, cette séquence a porté «atteinte à la dignité de la personne humaine». Dès lors, la chaîne a été mise en demeure de respecter ses obligations déontologiques.

C'est la moindre des choses. Un génocide ainsi tourné en dérision, on ne pouvait pas laisser passer cela. D'autant moins après tout le tumulte qu'on a récemment fait (et à raison) autour de Dieudonné. Parce que, notamment, il moque la Shoah, avec des paroles de «Chaud Cacao», d'Annie Cordy, transformées en «Shoah Ananas».

Il y a des choses avec lesquelles, non, on ne plaisante pas. En tout cas, pas sans tact, talent et finesse.

06/02/2014

Une idée fixe

Musées, Culture, Arts, Economie, Tourisme, InternationalC'est la fin d'un système qui existait depuis près de quinze ans. Une remise en cause en catimini, comme embarrassée. Lundi, Le Louvre a confirmé avoir décidé que, pendant la haute saison touristique (d'avril à septembre), le premier dimanche du mois ne serait plus synonyme de gratuité d'accès à ses collections permanentes. Ce changement est formalisé sur la page de son site web détaillant les horaires et tarifs.

Pourquoi revenir sur cette gratuité dominicale mensuelle? Les agences de voyage étrangères auraient abusé. Elles auraient pris l'habitude d'organiser un grand nombre de visites précisément à ces dates-là. Cela aurait conduit à une «hyper-fréquentation» du musée, ces dimanches, au détriment de «la satisfaction des visiteurs» et des «conditions de travail» du personnel.

Les problèmes que poserait la clientèle étrangère: c'est décidément une idée fixe, au Louvre. Un tel argument avait déjà été brandi il y a quelques années, dans un débat tarifaire voisin (relire ici ou ).

Serrer la vis sur les tarifs, parce qu'il y a trop d'étrangers. Il y aurait une autre façon, plus glorieuse, de résoudre le problème présent.

Musées, Culture, Arts, Economie, Tourisme, InternationalLe personnel du musée est surchargé les premiers dimanches de mois? La qualité de la découverte artistique s'en trouve dégradée? Que ce musée prenne ses dispositions. Qu'il augmente ses effectifs ces jours-là, pour encadrer plus efficacement ces visites: les canaliser, via l'ouverture de salles supplémentaires, etc.

Certes, cela lui coûterait plus cher qu'à présent, en termes de nombre de personnels rémunérés au tarif dominical. Mais, quand on accueille plus de 9 millions de visiteurs à l'année, à un tarif payant supérieur à 10 euros par personne, on peut difficilement faire preuve de pingrerie.

05/02/2014

Une sécurité, décontractée

Une partie de la journée d'hier passée à la Cour d'assises de Paris. Où s'est ouvert le premier procès tenu en France d'un Rwandais présumé complice de génocide et de crimes contre l'humanité.

C'est complètement périphérique par rapport au caractère historique de ce procès, c'est même certainement très anecdotique, mais ne nous a pas échappé le fait que, pas une fois au cours de la journée, pendant nos déambulations dans le Palais de justice, nos affaires n'ont été contrôlées. Et pas une fois on n'a dû passer par un portique de sécurité.

Alors, certes, après avoir (très) vaguement montré patte blanche, on a bénéficié des accès au Palais qui sont réservés aux «professionnels» (magistrats, avocats, greffiers, journalistes, etc.), auxquels n'a pas droit le grand public. Mais tout de même: aurait-on été animé de noirs desseins qu'on aurait pu, sans le moindre problème, dans cette salle d'audiences de Cour d'assises, sortir de notre sac un couteau, une arme ou un pain de plastic.

On a été ravi, pendant toute la journée, du temps que nous a permis d'épargner ce dispositif de sécurité si décontracté. En y repensant, toutefois, on s'est demandé s'il n'avait tout de même pas été un peu léger.

04/02/2014

Une tradition, en péril?

Santé, Art de vivre, Social, Folklore, Gouvernement, TabacCe mardi, François Hollande présente un grand plan anti-cancer. A deux mois des élections municipales, l'on peut a priori douter que ce plan s'attaque frontalement au lobby du tabac, à la corporation des buralistes, et à l'électorat fumeur. En revanche, s'agissant d'une autre assuétude, l'alcool, les autorités semblent moins timorées. En témoigne le dernier plan gouvernemental en date, visant à combattre «les drogues et les conduites addictives». Ce plan, présenté fin janvier, est passé assez inaperçu médiatiquement, alors qu'il contient quelques mesures très symboliques.

Ainsi, cette ambition affichée de lutter contre l'alcool au bureau. Qui, à terme, pourrait menacer une tradition bien française: celle du pot entre collègues (pot de départ à la retraite, etc.). Le plan prévoit de modifier l'article du Code du travail relatif à l’alcool en milieu professionnel. Cette modification viserait à «permettre aux entreprises de mettre en place, via le règlement intérieur, des mesures de limitation de consommation de boissons alcoolisées».

Actuellement, cet article du Code se limite à stipuler qu'«aucune boisson alcoolisée autre que le vin, la bière, le cidre et le poiré n'est autorisée sur le lieu de travail». Dès lors, y sont théoriquement illégaux les habituels pots d'entreprise autour d'un (mauvais) mousseux, et encore plus les pots de fin d'année où, pas rarement, sont servis des alcools forts. Demain, donc, on pourrait serrer la vis, à la fois dans les textes et dans la pratique. Et, in fine, en arriver à ne plus tolérer la moindre goutte d'alcool sur le lieu de travail, y compris lors des festivités conviviales? On a quelques doutes.

Santé, Art de vivre, Social, Folklore, Gouvernement, TabacAuquel cas, cela ne remontererait pas le moral des Français – moral si bas, en ce moment: on l'écrivait hier. Puisque, c'est bien connu, faire la fête permet d'oublier (un peu).

Mais au moins cela ferait-il le bonheur des tenanciers de bistrots, lieux où migreraient illico toutes les fêtes de bureau.

03/02/2014

Un moral pas folichon

Lecteurs et lectrices de ce blog, si vous êtes Français(e) et n'avez pas trop le moral, en ce moment, vous êtes parfaitement en accord avec l'humeur ambiante. Qui, effectivement, est à la morosité. Vient de le confirmer la dernière édition en date du «Baromètre du moral des Français» – oui, cela existe (voir ici).

Près de sept sondés sur dix (69%), carrément, s'y déclarent pessimistes sur «l'avenir de la société française». Les femmes, les âgés, les classes populaires et les électeurs de droite sont proportionnellement moins enclins à l'optimisme que les sondés masculins, les jeunes, les catégories socio-professionnnelles plus élevées, et les électeurs de gauche. En ce qui concerne leur état d'esprit relatif à leur avenir personnel, les pessimistes (+9 points par rapport à décembre) sont désormais aussi nombreux que les optimistes (-8). Jamais, depuis la création de ce baromètre, il y a trois ans, les niveaux d’optimisme et de pessimisme n'avaient ainsi atteint le même score.

Commentaire de l'institut CSA: «Alors que les raisons expliquant les différentes variations du moral des Français étaient particulièrement diffuses au cours des dernières vagues et ne reposaient pas nécessairement sur un événement en particulier, mais davantage sur un contexte général morose, suscitant un sentiment de désarroi général, ce mois-ci, un événement en particulier est cité à de très nombreuses reprises par les personnes interrogées, pour justifier leur état d’esprit: la hausse du chômage». De même, la «chute plus abrupte» du moral des Français en ce qui concerne leur avenir personnel «s’explique surtout, ce mois-ci, par la forte influence du contexte économique national». Et la baisse est «générale dans l’ensemble des catégories sociales, de manière sensiblement égale».

Qu'ajouter à cela? Que ça va aller. Ou, en tout cas, que c'est sans doute ce qu'il faut se dire, dans un tel climat.