Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

05/03/2014

Une «comédie humaine»

Nicolas Sarkozy a donc bel et bien été enregistré à son insu. Par celui qui, à l'Elysée, était son haut conseiller idéologique: le sulfureux Patrick Buisson. La révélation du contenu (pas mirobolant, à ce stade) des premiers de ces enregistrements suscite évidemment une agitation médiatico-politique considérable. Mais, comme toujours, le buzz a la mémoire courte. En effet, en matière de hauts conseillers qui déballent (ou balancent, comme on veut), existe un fameux précédent. Qui remonte à plus de vingt ans.

Personnalités, Institutions, Histoire, Sarkozy, Mitterrand, LittératureQuand, en 1993, Jacques Attali avait entamé la publication de ses «Verbatim». Par cette démarche, ce haut conseiller de François Mitterrand entendait relater «aussi honnêtement mais aussi crûment que possible, les faits, les impressions, les dialogues» des «épisodes singuliers de la comédie humaine», au plus haut sommet de l'Etat. A l'époque, ce récit non-autorisé «de réussites et d’erreurs, de mesquineries et de grandeurs» avait ulcéré les piliers de la Mitterrandie (les Fabius, Lang, Mauroy, Badinter, etc.). Le Président lui-même avait dit son courroux. En deux phrases mémorables, il avait raillé «le guillemet facile» de l'auteur, et le fait qu'il était «peut-être plus soucieux du nombre de ses lecteurs que de vérité historique».

Néanmoins, la série des «Verbatim» avait connu un grand succès de librairie. Au point que, habituelle rançon de la gloire, un pastiche avait vu le jour. «Aboitim, neuf années dans les secrets de François Mitterrand», c'était son titre. Et son auteur, anonyme, avait choisi Baltique pour pseudonyme: le nom du labrador du Président.

A l'inverse de la chronique des années Sarkozy par Patrick Buisson, ce récit-là, au moins, était marrant.

Commentaires

Le début d'un affaire ubuesque.
Vaut mieux lire les histoires des "duglands"...
Cordialement

Écrit par : jeancourteligne | 05/03/2014

Jacques Attali n’enregistrait pas au sens réel du terme. Mitterrand devait bien se douter que son graphomaniaque « conseiller spécial » ne louperait pas l’occasion de régurgiter ce qu’il avait pu noter durant dix ans à l’Elysée.

Pour ce genre de problématique on oublie toujours le cas de Vincent Auriol, désuet premier président de la quatrième république mais paradoxalement à pointe du progrès technique qui se faisant offrir un magnétophone américain dès son intronisation, incrusta un micro dans son bureau pour enregistrer à leur insu ses visiteurs ; ce qui donna un épais « Journal » qui a permis l’écriture de l’histoire de cette époque, au plus haut sommet.

Écrit par : cp | 05/03/2014

Les commentaires sont fermés.