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21/03/2014

Un signe patent d'agitation

Huit. On les a comptés: il y a huit points d'exclamation, dans la tribune au vitriol – au bazooka, même – que Nicolas Sarkozy publie ce matin, dans «Le Figaro». Ce fameux texte où il compare les procédés des magistrats l'ayant mis sur écoutes (dans le cadre des enquêtes judiciaires le concernant) aux agissements de la Stasi: la sinistre police politique de l'ex-Allemagne de l'Est.

Passons vite sur cette analogie, tant elle est excessive. Et indigne envers les victimes de la Stasi. Cette comparaison à l'emporte-pièce ne fait sans doute que traduire l'état de confusion et d'agitation du signataire du texte.

Un texte qui donc, sur ses quelques milliers de caractères, comprend huit points d'exclamation. Un signe de ponctuation qui, auparavant, n'était pas du tout fréquent, dans le langage écrit des hommes politiques. Ceux-ci, pour paraître posés et sereins, responsables donc, ont toujours privilégié l'assertion à l'exclamation. Les seuls à faire exception à cette règle implicite, ce sont les partis d'extrême droite et d'extrême gauche: leurs communiqués, par nature vindicatifs, ont toujours regorgé de points d'exclamation. Depuis un petit temps maintenant, l'UMP sarkozyste y a aussi un ample recours, dans sa communication. Vendredi, donc, son mentor a montré qu'il était parfaitement au diapason de cette évolution stylistique. Au risque que cela soit pris par le lecteur comme révélateur surtout du fait que, décidément, l'intéressé n'a pas changé: il peine toujours autant à se tempérer.

C'était Laurent Fabius, croit-on se souvenir, qui, lors d'une campagne présidentielle, avait dit cela, concernant Nicolas Sarkozy: «Avant de vouloir présider, il faut se présider». Par son texte, et rien que sur la forme – sans même s'occuper de son fond –, le peut-être futur candidat de la droite à la présidentielle de 2017 montre qu'en la matière, il a encore une marge de progression.

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