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22/04/2014

Une différence de traitement

Chaude parfois, l'aube, à Paris. Lundi, vers 6 heures du matin, une fusillade a éclaté à la sortie d'une boîte de nuit du quartier des Champs-Elysées. Entre une patrouille de policiers appelée pour intervenir sur une rixe, et un individu muni d'une arme de poing, qui a ouvert le feu en pleine rue. En février, déjà, dans ce quartier, deux videurs d'une discothèque avaient été poignardés par un client à qui ils avaient refusé l'entrée.

L'ultra-violence, elle sévit à Paris aussi. Il y a quinze jours, des coups de couteau mortels ont été donnés cette fois dans le 17e arrondissement. Auparavant, fin mars, deux spectateurs du «Lavoir moderne», le théâtre du quartier de la Goutte d'Or, avaient été grièvement blessés à l'arme blanche, avant une représentation. En décembre, dans le quatorzième arrondissement, un couple assis à la terrasse d'un bar avait été abattu à bout portant. Quelques semaines plus tôt, un samedi soir d'automne, c'était dans un bus de nuit qu'un banal différend avait valu à un jeune homme d'être grièvement blessé à coups de couteau. Et on arrête là la liste.

Tout cela pour remarquer que, si tous ces faits divers s'étaient déroulés non à Paris mais à Marseille et dans sa région, ils auraient incontestablement eu un retentissement bien plus important. Imagine-t-on combien les grands JT auraient tartiné si, ce week-end, une fusillade s'était déroulée à la sortie d'une boîte de nuit de la Canebière. Là, celle survenue sur les Champs a eu droit, certes, à l'un ou l'autre écho, mais n'a suscité aucun emballement médiatique particulier.

Cette différence de traitement médiatique de l'insécurité, selon le lieu qui est concerné, est décidément curieuse. Et on ne voit a priori pas ce qui peut la justifier, d'un point de vue journalistique.

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