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30/04/2014

Un portrait peu flatteur

Stressé, teigneux, imprévisible, de mauvaise foi, irrespectueux des règles et/ou dangereux pour autrui: le Parisien moyen a toujours eu la réputation d'être particulièrement pénible, quand il prend le volant. Ce n'est pas l'étude publiée hier qui va améliorer son image.

Elle indique que les automobilistes de la région parisienne n'ont, en dix ans, pas du tout progressé. Seuls 51% peuvent être considérés comme de bons conducteurs, soit 10 points de moins qu’en 2004. 37% des Parisiens avouent téléphoner quand ils conduisent, quinze points de plus qu'il y a dix ans. Dans la capitale, on roule aussi trop vite, et on ne respecte pas les distances de sécurité. Alors que, dans les autres régions du pays, ces deux comportements s'amenuisent. Cerise sur le gâteau: 79% des automobilistes parisiens franchissent les feux de signalisation à l'orange (72% à l'échelle du pays).

Un double bémol: les conducteurs de la capitale sont moins nombreux que les autres Français à rouler très vite (160-170 km/h) sur l'autoroute (24%, contre 33% en 2004), et ils ne sont que 5% à prendre le volant après avoir bu quatre ou cinq verres d'alcool (c'est trois fois moins qu'il y a dix ans).

La préfecture de police de Paris n'a pas l'air de se contenter de ces deux seuls points positifs. Ce matin, elle a annoncé qu'à l'occasion du pont du 1er mai, elle avait "prévu de déployer 984 policiers sur 245 points de contrôle dans l’ensemble de l'agglomération parisienne". Et de prévenir: "Une surveillance toute particulière sera portée aux infractions liées aux comportements dangereux: alcoolémie, excès de vitesse, franchissement de feux rouges, usage du téléphone portable etc., ainsi qu’à celles liées aux équipements des véhicules tels pneumatiques, optiques, contrôle technique, etc."

Un Parisien averti en vaut deux.

29/04/2014

Une indélicatesse

Personnalités, Valls, FemmesQuelle mouche a piqué Manuel Valls? Ce mardi après-midi, le Parlement débat et vote son programme de stabilité budgétaire 2014-2017, prévoyant 50 milliards de réductions de dépenses publiques dans les trois années à venir. Hier, en prévision de cette échéance, le Premier ministre a adressé un courrier aux députés socialistes, dont nombre n'approuvent pas de gaieté de coeur ce plan de rigueur. Histoire de tenter de les amadouer, avant le vote fatidique. Or, la formulation de l'accroche de sa lettre n'était pas d'une grande délicatesse.

«Messieurs les députés, chers amis», disait cette missive. Or, parmi les députés socialistes à qui elle était destinée, figurent... une centaine de femmes. C'est donc carrément un tiers de la représentation socialiste à l'Assemblée nationale qui a ainsi vu son genre nié, d'un trait de plume primo-ministérielle.

Encore bravo.

28/04/2014

Un chiffre éloquent

Un vol de scooter toutes les huit minutes en France, dont la moitié rien qu'en région parisienne. Le chiffre était connu, depuis un petit temps. Mais sa déclinaison concernant la capitale proprement dite, elle, avait moins été médiatisée. D'où l'intérêt de la donnée statistique qui a été diffusée ce week-end, et qui concerne spécifiquement les vols de deux-roues motorisés perpétrés dans les vingt arrondissements parisiens.

6292, très exactement. Si l'on calcule bien, cela fait 17 scooters volés chaque jour, dans Paris. Et, comme il ne s'agit là que des vols ayant fait l'objet de dépôts de plaintes, le chiffre réel est sans doute supérieur encore. Dans toutes les villes et régions de France, c'est à Paris que la progression de ce type de délinquance est la plus forte. A titre de comparaison, en 2008, 5279 vols de scoots y avaient été déplorés.

Pas étonnant, vu les proportions prises par ce business de vol, que, dans certains arrondissements parisiens (comme notre onzième: voir boulevard Beaumarchais et ses alentours), les magasins de deux-roues motorisés poussent comme des champignons, et semblent très actifs à longueur d'années. Et pour cause: 73% des victimes de vol rachètent ensuite un scooter, il y a donc toute une demande commerciale à satisfaire. Rien qu'à lui seul, du reste, ce chiffre annuel de 6292 vols assure chaque jour une dizaine de nouveaux clients à ces commerces.

25/04/2014

Une revendication, «comique»

Europe, Elections européennes, Famille Dans le programme de l'UMP pour les élections européennes, que ce parti a présenté hier, on trouve notamment la revendication d'«une Europe qui concentre son action là où elle est vraiment utile». En clair: «Il est indispensable de redéfinir la répartition des missions entre les États membres et l’Union européenne. Cette dernière ne doit agir que dans les domaines où une politique euro­péenne sera plus efficace qu’une politique nationale afin de défendre les intérêts des Européens. Nous pensons que l’Europe ne doit pas intervenir dans les politiques familiales et sur les ques­tions de société».

Il faut sans doute voir là un signal amical envoyé par les sarkozystes à la mouvance catholique conservatrice: les associations familiales, le collectif «La Manif pour tous», etc.. Qui ont toujours soupçonné l'Europe de vouloir propager, sur les questions de société, des projets, idées ou doctrines jugés exagérément libertaires, limite dépravés (la «théorie du genre», etc.).

Cette revendication de l'UMP est donc cousue de fil blanc, politiquement. Le problème? «Les politiques familiales ne sont pas de compétences européennes». C'est ce que nous assurait, hier, une très éminente consoeur de la rédaction européenne de «La Libre», à Bruxelles. Et qui, du coup, trouvait Jean-François Copé «comique»: «Il demande à l'Europe de ne pas faire quelque chose qu'elle ne fait pas!»

Cela en dit sans doute long sur le degré d'expertise des hommes politiques français, concernant les questions européennes.

24/04/2014

Une erreur, mémorable

Puisqu'on évoquait hier le vote par le Parlement de la loi sur le «mariage pour tous», il y a un an jour pour jour, cette anecdote de coulisses qui, à l'époque, fut assez peu rapportée par les médias français. Et dont les protagonistes ont bien veillé à ne pas se vanter. Le 23 avril 2013, la «loi Taubira» fut approuvée y compris par... des députés sarkozystes qui, pourtant, avaient défilé en tête de manifs anti-«mariage pour tous».

Les annales parlementaires de l'époque en témoignent. Au moment fatidique, 6 des 196 députés de la droite UMP ont voté le texte. Parmi eux, l'ancien ministre Luc Chatel et, surtout, l'ex-conseiller spécial de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, Henri Guaino. Qui, tout au long du débat fiévreux ayant précédé le vote, avait été un des plus violents pourfendeurs du «mariage gay». Pourquoi, dès lors, un tel vote positif? On trouve l'explication dans les registres officiels de l'Assemblée ().

En marge de l'énumération des votants, pour ou contre, au sein de chaque groupe parlementaire, figure une «mise au point», relative à quelques députés. Elle précise que Luc Chatel et Henri Guaino notamment, «qui étaient présents au moment du scrutin ou qui avaient délégué leur droit de vote, ont fait savoir qu'ils avaient voulu voter contre». La «mise au point», toutefois, ne vaut que pour la forme. En effet, en vertu du règlement de l'Assemblée, «aucune rectification de vote n'est admise après la clôture du scrutin». Dès lors, le duo est considéré à jamais comme ayant voté ce projet de loi.

Appuyer sur le mauvais bouton, au moment du vote solennel d'un texte aussi emblématique: encore bravo.

23/04/2014

Un business florissant

Paris, Société, Institutions, EconomieC'était il y a un an, jour pour jour. Le 23 avril 2013, après des mois de débats fiévreux et de manifestations d'anthologie, le Parlement français adoptait de manière solennelle et définitive le «mariage pour tous».

Un an plus tard, Paris est sur la première marche du podium des villes de France où le plus grand nombre de «mariages pour tous» sont célébrés. Dans la capitale, 15% de tous les noces conclues en mairies concernent des couples de même sexe, soit trois fois plus que la moyenne nationale. Dans certains arrondissements, ce chiffre explose. Ainsi, il atteint 40% dans le quatrième arrondissement – et pour cause, il comprend le «Marais gay».

Dans ce quartier, les commerçants, depuis un an, se frottent les mains. En effet, la loi Taubira a accru encore un peu plus leur chiffre d'affaires, qui était déjà très florissant. Qu'il s'agisse des bijouteries (les alliances), des pâtisseries (les pièces montées), des agences de voyage (les voyages de noces) et même des librairies (les ouvrages sur l'homoparentalité, paraît-il, se vendent comme des petits pains, depuis avril 2013).

Le business «gay-friendly»: voilà au moins un pan de l'économie que François Hollande aura réussi à redresser, depuis son arrivée à l'Elysée.

Sans doute est-ce déjà cela.

22/04/2014

Une différence de traitement

Chaude parfois, l'aube, à Paris. Lundi, vers 6 heures du matin, une fusillade a éclaté à la sortie d'une boîte de nuit du quartier des Champs-Elysées. Entre une patrouille de policiers appelée pour intervenir sur une rixe, et un individu muni d'une arme de poing, qui a ouvert le feu en pleine rue. En février, déjà, dans ce quartier, deux videurs d'une discothèque avaient été poignardés par un client à qui ils avaient refusé l'entrée.

L'ultra-violence, elle sévit à Paris aussi. Il y a quinze jours, des coups de couteau mortels ont été donnés cette fois dans le 17e arrondissement. Auparavant, fin mars, deux spectateurs du «Lavoir moderne», le théâtre du quartier de la Goutte d'Or, avaient été grièvement blessés à l'arme blanche, avant une représentation. En décembre, dans le quatorzième arrondissement, un couple assis à la terrasse d'un bar avait été abattu à bout portant. Quelques semaines plus tôt, un samedi soir d'automne, c'était dans un bus de nuit qu'un banal différend avait valu à un jeune homme d'être grièvement blessé à coups de couteau. Et on arrête là la liste.

Tout cela pour remarquer que, si tous ces faits divers s'étaient déroulés non à Paris mais à Marseille et dans sa région, ils auraient incontestablement eu un retentissement bien plus important. Imagine-t-on combien les grands JT auraient tartiné si, ce week-end, une fusillade s'était déroulée à la sortie d'une boîte de nuit de la Canebière. Là, celle survenue sur les Champs a eu droit, certes, à l'un ou l'autre écho, mais n'a suscité aucun emballement médiatique particulier.

Cette différence de traitement médiatique de l'insécurité, selon le lieu qui est concerné, est décidément curieuse. Et on ne voit a priori pas ce qui peut la justifier, d'un point de vue journalistique.

18/04/2014

Un éternel recommencement?

Personnalités, Luxe, HistoireLes hommes n'apprennent-ils jamais de rien? Ne tirent-ils donc jamais de leçons du passé, et de ses turpitudes? Concernant les socialistes français au pouvoir, en tout cas, on semble être en droit de se poser la question. Du moins, s'il faut en croire les accusations du site Mediapart, concernant un haut conseiller de François Hollande: Aquilino Morelle.

Outre qu'il se voit reprocher – pour ce qui concerne une époque où il n'était pas encore à l'Elysée – des conflits d'intérêts avec l'industrie pharmaceutique, il est décrit comme ayant eu, depuis mai 2012, au palais présidentiel, des comportements «gauche caviar» peu compatibles avec la République irréprochable qu'avait promise François Hollande. Ainsi, entre autres caprices, il aurait régulièrement fait venir à l'Elysée... un cireur: pour lustrer ses chaussures de marque.

Si elle est avérée, cette histoire renverrait furieusement à une des affaires les plus minables qui éclaboussèrent l'entourage d'un François Mitterrand en fin de règne. Une histoire de chaussures déjà, qui contribua à la chute de Roland Dumas: ancien ministre socialiste des Affaires étrangères et président du Conseil constitutionnel. En 1991, deux paires de bottines sur mesure avaient été confectionnées à son intention, par le chausseur et maroquinier de prestige Berluti. Elles avaient été réglées (plus de 10.000 FF la paire), rubis sur l'ongle, par sa maîtresse: Christine Deviers-Joncour. Alors que celle-ci bénéficiait d'un emploi de complaisance grassement payé par le contribuable, au groupe pétrolier Elf-Aquitaine. Le scandale, à l'époque, en avait dit long sur les moeurs de certains socialistes au sommet de l'Etat, et n'avait pas peu terni l'image de la fin de l'ère Mitterrand.

Près de vingt-cinq ans plus tard, donc, à en croire Mediapart, un haut conseiller socialiste à l'Elysée se serait à nouveau fait remarquer par et pour ses chaussures de luxe. Les gens, décidément, y compris en haut lieu, n'ont pas de mémoire.

17/04/2014

Un premier bilan

C'est un chiffre qui ne va pas contribuer à renforcer la popularité ni de l'exécutif Hollande-Valls, ni de l'«écologie punitive» – comme dirait Ségolène Royal. Il concerne le périphérique parisien. C'est le premier bilan du nombre d'infractions au Code de la route qui y ont été constatées, depuis que la vitesse sur ce boulevard a été abaissée de 80 à 70 km/h. Pour rappel (relire ), cette mesure avait été prise à la mi-janvier, dans le but de réduire à la fois le nombre et la gravité des accidents de la route, la pollution de l'air, et les nuisances sonores.

A en croire les chiffres publiés par le magazine Auto Plus (ici), que la préfecture de police de la capitale n'a d'ailleurs pas démentis, les radars équipant la rocade se déclenchent 1200 fois par jour, en moyenne. C'est carrément 20% de plus qu'à l'époque où l'on pouvait y circuler jusqu'à 80km/h. 1200 contraventions chaque jour pendant trois mois, cela fait pas mal d'automobilistes mécontents.

Et auprès desquels risque de rester largement inaudible la précision, en forme de dédramatisation, apportée par la préfecture: 1200 verbalisations par jour, par rapport au trafic journalier du périphérique (1,3 millions de véhicules, environ), cela ne fait jamais qu'un automobiliste sur mille qui est sanctionné.

16/04/2014

Un droit, par intermittence

Femmes, Institutions, Histoire, Elections municipales, Elections européennesFrançois Hollande prononcera un discours sur le sujet, ce mercredi soir: la France célèbre, ces jours-ci, le 70e anniversaire de l'octroi du droit de vote aux femmes. En effet, cette avancée démocratique historique a été consacrée par une ordonnance remontant au 21 avril 1944.

70 ans plus tard, dans l'Hexagone – mais c'est sans doute valable aussi dans d'autres pays où le vote n'est pas obligatoire –, les femmes, à l'instar des hommes, n'ont recours que par intermittence à ce droit. Certes, traditionnellement (lire ici), «la différence de participation (aux scrutins) entre hommes et femmes apparaît faible, au total». Car cette participation dépend surtout de l’âge: «Avant 40 ans, les femmes votent plus souvent que les hommes; entre 40 et 80 ans, il n’y a plus de différence; et après 80 ans, les femmes votent moins souvent que les hommes». Mais, en mars dernier, lors de ces fameuses élections municipales marquées par un record historique d'abstention, les femmes ont encore moins voté que les hommes (voir ). Et, aux élections européennes de la fin mai, le taux d'abstention qui est annoncé dans certaines catégories de l'électorat féminin français atteint des sommets astronomiques. Ainsi (voir ), 86% des femmes entre 18 et 24 ans pourraient bouder les isoloirs.

Le bilan de ce 70e anniversaire est donc très mitigé, en ce qui concerne l'usage qui est fait de ce droit. Ce serait d'ailleurs un utile sujet de réflexion et d'examen de conscience, pour une classe politique qui, nul besoin de le rappeler longuement, est toujours très majoritairement masculine.

15/04/2014

Une leçon de morale

«Un mec qui se conduit comme ça avec les femmes, c’est un goujat!» Sophie Marceau, dixit. Dans le numéro du magazine «GQ» qui sort en kiosques ce mardi. La comédienne – qui n'a jamais caché avoir voté pour Nicolas Sarkozy – y tire à boulets rouges sur François Hollande et sur sa vie privée. Entre autres exclamations énervées: «Quel lâche, il a des maîtresses et, quand on le sait, il refuse d’en parler!»

Après Geneviève de Fontenay (relire ), Sophie Marceau, donc.

Sans passer des heures à cela – qui ne le mérite vraiment pas –, comme il est facile de porter des jugements sur l'intimité d'un homme et sur la vie privée d'un couple, sans rien savoir ni connaître du tout: juste sur base d'échos, d'indiscrétions, de ragots.

Et comme il faut soi-même avoir une vie personnelle absolument irréprochable sur tous les plans, pour ainsi s'arroger le droit de donner publiquement des leçons de morale à autrui.

Misérable.

14/04/2014

Une si maigre consolation

Paris, Tourisme, Social, Economie, PatrimoineUne adresse de grand luxe en moins à Paris, dès aujourd'hui. Puisque c'est ce lundi que le Lutetia, le célèbre hôtel de la rive gauche, ferme ses portes. Pour trois années de gros travaux – l'installation d'une piscine, en sous-sol, est notamment prévue.

On l'avait relaté, à l'époque (relire ): cette fermeture a fait l'objet d'un véritable bras de fer social. Qui a débouché sur plusieurs manifestations dans et aux abords du si sélect établissement – du jamais vu, auparavant. Le contentieux n'est d'ailleurs toujours pas réglé. A la mi-mai, le comité d'entreprise et le syndicat CGT traîneront en justice la direction de l'établissement (un grand groupe isréalien). Ils ne décolèrent pas contre «le dilemme» devant lequel, selon eux, a été placé le personnel de l'hôtel. A savoir, «accepter une baisse dramatique des salaires pendant les travaux, avec l’acceptation du chômage partiel de longue durée. Ou accepter le plan de départ "volontaire", sans certitude d’être réintégré».

En attendant, les quelque 200 employés de l'hôtel auront la consolation de pouvoir acheter à prix préférentiel... des peignoirs de bain siglés Lutetia ainsi que d'autres articles à l'effigie du célèbre établissement, avant que le tout soit mis en vente publique.

Un peignoir siglé. Quelle belle attention. Quel merveilleux signe de générosité. On croit rêver.

11/04/2014

Un casse-tête sécuritaire

Ce sera l'événement du week-end, dans la «Ville lumière». La réouverture, après plusieurs années de gros travaux, du Zoo de Vincennes, rebaptisé Parc zoologique de Paris. Comme vient de le faire savoir (ici) la préfecture, les services de police ont été associés de près au chantier de rénovation des lieux et à la conception des espaces réorganisés. Comme le dit un inspecteur en chef de la santé publique et vétérinaire, «chacun garde en mémoire la mort d’un jeune soigneur de 23 ans: attaqué par un lion, en septembre 2001, dans la fauverie du zoo. Nous devons veiller à ce que ce type d’accident ne se reproduise pas».

On n'a pas forcément cela à l'esprit quand on visite un zoo, mais cet endroit – où cohabitent un millier d'animaux, de 180 espèces différentes – est un véritable casse-tête, en termes sécuritaires. Le premier impératif est évidemment de sécuriser les enclos. Mais ce n'est pas le seul. «Il faut aussi penser à la prévention des risques, notamment chimiques. Avec le stockage de produits dangereux comme l’acide chlorhydrique, pour réguler le pH des bassins, la conservation des médicaments pour les animaux, la sécurisation de cuves de stockage de gasoil pour les camions, penser aux armoires blindées pour enfermer les armes et fusils hypodermiques», etc. Sans oublier de prendre en compte le risque sanitaire, lié par exemple aux infections transmissibles de l’animal à l’homme (type grippe aviaire).

Pour la petite histoire, cette réouverture du zoo a mis à contribution de manière inédite les agents des compagnies motocyclistes de Paris.

Leur travail habituel, ce sont les contrôles de vitesse et d'alcoolémie, l'escorte de personnalités, ou l'encadrement des transferts de détenus. Là, ils ont eu à gérer un convoi exceptionnel assez inhabituel: le transport d'un des futurs pensionnaires du parc zoologique. Un lamantin de 450 kg, en l'occurrence. Qui, pour rejoindre son nouveau bassin, a effectué un trajet de plus de 500 km, tout en étant «maintenu dans son milieu aquatique durant la totalité du périple». La compagnie des motocyclistes parisiens l'a escorté jusqu'à Vincennes, depuis le péage de Senlis. «Mission particulièrement délicate, pour ces fonctionnaires». Mais mission accomplie: «0 coup de frein donné, pour une vitesse moyenne de 80km/h».

C'est merveilleux.

10/04/2014

Un manque de respect

Femmes, Institutions, Personnalités, RoyalNouvel incident à caractère sexiste, hier après-midi, à l'Assemblée nationale – après tant d'autres, déjà (relire ). Ségolène Royal y assistait à sa première séance (en tant que ministre de Manuel Valls) de questions d'actualité au gouvernement. Elle a eu droit à des quolibets et à des railleries. Au moment où elle évoquait François Hollande et la feuille de route qu'il a fixée au gouvernement, les ricanements ont redoublé. Sur les bancs de la droite, où l'on trouve visiblement digne de moqueries la situation de l'ex-couple Royal-Hollande.

«Ce n'était pas méchant!», a minimisé, hilare, le député UMP de Paris, Pierre Lellouche – qui n'a jamais été le plus délicat des parlementaires. «Elle avait l'air tellement heureuse de venir nous expliquer toutes ces choses qu'on est contents pour elle!» Des femmes députées, en revanche, ont estimé que de telles allusions à la vie privée, qui plus est dans pareil cadre, relevaient d'«un manque de décence total», «honteux».

Minable, même, trouve-t-on.

Alors, bien sûr, chacun peut parfaitement penser ce qu'il veut de Ségolène Royal. Et, par exemple, ne pas être fan de son profil idéologique si baroque, de ses postures politiques si souvent agaçantes, et de son appétit médiatique si envahissant. Mais on voit mal comment lui dénier le droit, en tant que personne – qu'elle soit femme ou homme, peu importe –, à bénéficier du respect. Respect qu'elle avait d'ailleurs réclamé dès ses premières interviews radio-télé, aussitôt après sa nomination. Mais manifestement, pour certains hommes, c'est déjà trop demander.

Encore bravo.

09/04/2014

Un «humour décomplexé»

«Voler des poules, c’est cool». «Une petite pièce, pour ma Mercedes». «Plutôt voleur que travailleur». «Des bidonvilles pour tous». «+ d'enfants = +d'argent».

Quelques-uns parmi les slogans entendus place de la République, hier midi. A l'occasion d'un «happening militant» organisé à la faveur de la Journée internationale des Roms. Ce sont des jeunes Roms eux-mêmes qui ont scandé ces slogans. Car, aux yeux d'un responsable des «Enfants du Canal», l'association à l’origine de la manifestation, le fait que les intéressés eux-mêmes reprennent de façon ironique les accusations dont ils sont si souvent l'objet «est le meilleur moyen pour tordre le cou aux préjugés qui circulent à l’égard des Roms». Des préjugés qui ont la vie dure: «A chaque publication dans les médias au sujet de cette population, nous retrouvons toujours ces mêmes clichés, dans les commentaires des internautes: les Roms ont de belles voitures, les Roms sont des voleurs de poules… Ce midi, nous avons également prouvé que les Roms savent manier l’humour, être décomplexés, et qu’ils ont la volonté de s’intégrer».

Moins drôle: lundi, un habitant de Paris a été jugé en correctionnelle, pour avoir agressé un couple de Roms qui campait sur le trottoir en bas de chez lui. Non loin, d'ailleurs, de cette même place de la République. L'individu était poursuivi pour violences volontaires. En janvier, il avait aspergé le matelas de ces Roms d'un produit corrosif à base d'eau de Javel, qu'il avait fabriqué lui-même. A la barre, sa défense a certifié qu'il ne fallait pas voir la moindre connotation raciste à son geste. Juste l'exaspération, qui serait légitime, d'un riverain confronté trop souvent à ce type de cohabitation avec des SDF. Trois mois de prison avec sursis n'en ont pas moins été requis contre lui, ainsi qu'une amende de 1500€.

08/04/2014

Un air de déjà-vu

Personnalités, Communication, VallsLe grand jour de Manuel Valls, ce mardi. Cet après-midi, le nouveau Premier ministre prononce son discours de politique générale, devant l'Assemblée nationale. Qui, ensuite, procédera au vote de confiance.

A Paris, aux devantures des kiosques à journaux, on ne voit plus que lui, depuis sa nomination à Matignon. Dans les magazines de papier glacé, il s'affiche même bras dessus, bras dessous avec Madame. En apercevant cela, on s'est souvenu de ce dimanche après-midi où, sur le divan rouge de Michel Drucker, il avait cru bon de s'épancher, devant des millions de téléspectateurs, sur les conditions dans lesquelles il avait rencontré son épouse, sur son «coup de foudre immédiat» ce jour-là, etc. A l'époque déjà, comme cette semaine à la vue de ces «Unes» de magazines, on a poussé un identique soupir d'agacement: ce déballage est-il vraiment nécessaire?

Il rappelle furieusement, en tout cas, un certain Nicolas Sarkozy s'affichant en «Une» de Match, au début du quinquennat précédent. D'abord avec son épouse Cécilia, puis au bras de celle qui lui succéda, Carla Bruni. A l'époque, les Français n'avaient pas du tout aimé cela. Et ce qu'ils avaient considéré comme de l'exhibitionnisme déplacé avait même sonné le début de la dégringolade de la popularité de l'alors Président – dont il ne se remit jamais, avec les suites que l'on connaît.

Quelques années plus tard, donc, Manuel Valls – censé grand communicant – fait d'emblée le choix analogue de l'étalage de sa vie privée. On verra ce que, cette fois, cela donnera.

07/04/2014

Un moment d'hésitation, révélateur

Un sondage de popularité assez moyen pour l'exécutif Hollande-Valls, publié ce matin (ici). Le hasard a voulu qu'on ait fait partie du panel des personnes interrogées. A dû jouer aussi le fait que nos téléphones n'étant pas sur liste rouge, on est sollicité à longueur de journées par des démarcheurs de toutes sortes, dont des sondeurs. Comme chaque fois, cela a été assez comique de répondre aux questions de la petite main qui, samedi matin, pour l'institut OpinionWay, nous a appelé en vue de cette enquête d'opinions.

Ainsi, la formulation d'une de ses questions en disait long sur l'ambiance anti-politique du moment, dans la population: «De quel parti politique vous sentez-vous le plus proche, ou, disons, le moins éloigné?» Parmi les formations qui étaient suggérées comme réponses à cette question, on a même eu droit au petit parti «Chasse, Pêche, Nature et Traditions», qui, pourtant, a depuis longtemps disparu de la circulation. Parmi les personnalités dont on était prié de dire si on était satisfait («assez ou très») ou mécontent («assez ou très»), figurait un certain... Nicolas Sarkozy. Qui a théoriquement quitté la politique active. On a aussi découvert que, parmi les questions destinées à établir le profil socio-économique du sondé (nécessaire, s'agissant d'une enquête par quotas), figurent, outre les interrogations habituelles (taille et composition du ménage, dernier diplôme obtenu, etc.), une question relative... au permis de conduire: la possession ou non de ce titre, et le nombre de points y figurant – on n'a pas bien vu le rapport.

Surtout, comme chaque fois qu'on a en ligne quelqu'un d'un institut de sondages, on a eu droit à ce délicieux petit moment d'hésitation de notre interlocuteur, après l'énoncé de notre profession. Puis à une requête de sa part de bien vouloir patienter quelques secondes, suivie d'un blanc. Soit sans doute le moment, pour lui, d'interroger son supérieur: sur la catégorie socio-professionnelle dans laquelle il pouvait bien classer cette occupation de journaliste (employé? cadre? profession supérieure?).

En ces temps de précarisation grandissante de la corporation journalistique (relire , par exemple), on n'est jamais assez prudent.

04/04/2014

Un souvenir encore vivace

Personnalités, Histoire, Etrangers, Chirac Dix-huit mois plus tard, il est toujours là, sur la porte d'un immeuble de notre quartier Saint-Sébastien. Ce pochoir qu'on a déjà évoqué (là), représentant le visage de ce bon vieux Jacques Chirac. Depuis qu'il a été apposé, il a été légèrement modifié. Un(e) anonyme, passant par là, y a ajouté deux termes, très connotés en politique française: "bruit" et "odeur".

A l'attention des lecteurs les plus jeunes de ce blog, précisons que cela renvoie à un mémorable dérapage verbal qu'avait commis l'intéressé. C'était en 1991. A l'époque, il n'était pas encore considéré, comme à la présidentielle de 2002, tel un rempart républicain face au Front national. Maire de Paris, il dirigeait un RPR pur et dur, ne répugnant pas à piétiner les terres de l'extrême droite. Dans un discours, à Orléans, Jacques Chirac avait évoqué le sort du Parisien moyen habitant un HLM dans un quartier populaire, comme la Goutte d'Or. Infortuné travailleur se crevant à la tâche et gagnant peu, alors que son voisin de palier, immigré, vit grassement de prestations sociales. "Le bruit et l'odeur" de ce voisinage, ajoutés à cette cohabitation, et "il devient fou", l'honnête travailleur. C'est ce qu'avait lancé Jacques Chirac, sous les ricanements de son auditoire. "Et ce n'est pas être raciste que dire cela!", avait-il même ajouté. 

Ce fut certainement un des épisodes les moins glorieux de sa carrière. Ces deux mots, "bruit" et "odeur", ajoutés par un passant de notre onzième arrondissement sur le pochoir de son visage, témoignent que, près de vingt-cinq ans plus tard, tout le monde n'a pas oublié.

03/04/2014

Un fonctionnement quasi-dynastique

Puisqu'on évoquait hier le nouveau maire de notre onzième arrondissement de Paris, François Vauglin, il a été élu très confortablement, dimanche. Par 64,4% des voix. Or, il y a six mois encore, c'était un parfait inconnu. Neuf Parisiens sur dix des quartiers Bastille-Nation-République qu'on aurait interrogés auraient probablement été complètement incapables de le situer.
 
Ce n'est pas faire injure à ses compétences et talents (éventuels: on ne le connaît pas du tout) que de le signaler: l'homme ne doit son ascension qu'au fait que son prédécesseur a renoncé à son poste, et lui a transmis les clés de la mairie. Ce précédent maire du onzième, le député PS Patrick Bloche, contraint par la nouvelle règle du non-cumul, a préféré conserver son siège de député plutôt que sa mairie d'arrondissement. En 2008, lui-même avait hérité de la mairie à la suite de combinaisons et de tractations politiques opaques, ayant abouti au retrait de son prédécesseur, depuis 1995: l'ancien ministre Georges Sarre. Qui, pour l'anecdote, en 2014, soutenait une liste dissidente   il faut suivre... 
 
Tout cela pour dire que ce mode de fonctionnement partisan quasi-dynastique, dans les bastions socialistes que sont les arrondissements de l'Est parisien, n'a pas contribué à motiver beaucoup l'électeur. Dimanche, dans notre arrondissement, ils ont été 42% à ne pas voter, soit encore davantage que le taux national d'abstention (38%).

02/04/2014

Une mode socialiste?

Paris, Personnalités, ModeSystématiquement de travers, sur ses affiches de campagne électorale: la cravate du nouveau maire de notre onzième arrondissement de Paris, François Vauglin. Qui sait ce détail vestimentaire ne doit-il rien au hasard, mais traduit-il une mode, chez les socialistes français. François Hollande lui-même, si par extraordinaire cela vous avait échappé, est visiblement incapable de faire un noeud correctement. Lui qui, depuis le début de son mandat, s'affiche régulièrement avec une cravate complètement de travers.

Pas sûr, cela dit, que le tropisme vestimentaire «hollandais» de notre nouveau maire le rende populaire aux yeux de celui qui est désormais le plus célèbre des habitants de son arrondissement: le nouveau Premier ministre Manuel Valls.

Ce dernier, en effet, pendant la campagne présidentielle de 2012, alors qu'il était en charge de la com' et de l'image du candidat Hollande, passait ses journées à lui redresser la cravate. Avec, si souvent, un haussement de sourcils irrité.