Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

09/05/2014

Un respect très inégal

International, Médias, Journalisme, TélévisionLe Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) est intervenu (ici) auprès de la télé d'info continue i>Télé. Pour un reportage qu'elle a diffusé, consacré à la guerre en Centrafrique, et qui montrait notamment un homme en train d'être lynché. A cette occasion, la chaîne a manqué deux fois à ses obligations. Elle n'a pas flouté le visage de la victime, et a donc enfreint l'interdiction de «présenter de manière manifestement complaisante la violence ou la souffrance humaine, lorsque sont diffusées des images de personnes tuées ou blessées». Et elle a omis de «veiller à ce que la diffusion de sons et/ou d’images difficilement soutenables soit systématiquement précédée d’un avertissement explicite au public, destiné à protéger les personnes les plus vulnérables de leur éventuel impact».

Les médias audiovisuels français, en effet, sont astreints à un certain nombre d'obligations (), quand ils informent de conflits internationaux, de guerres civiles, ou d'actes terroristes. Dans leur pratique quotidienne, cela dit, ils respectent très inégalement cette charte.

Ainsi, ils se plient majoritairement à l'obligation qui leur est faite de «préserver la dignité des personnes prises en otage, notamment lorsque leur image ou tout autre élément permettant de les identifier est utilisé par les ravisseurs». C'est pourquoi, quand les médias diffusent des vidéos ou des photos d'otages, documents provenant de leurs ravisseurs, les visages de ces otages apparaissent le plus souvent floutés.

International, Médias, Journalisme, TélévisionEn revanche, les télés françaises se contrefichent visiblement de leur obligation de respecter la dignité également des personnes réagissant à la mort de leurs proches. On l'a encore bien vu, et doublement, dernièrement. Quand, à tous les JT et pendant plusieurs jours, ont défilé les images des familles éplorées par le naufrage du ferry coréen et, précédemment, par la disparition de l'avion malaisien. Si la recommandation du CSA avait été respectée à la lettre, les visages de ces personnes endeuillées auraient systématiquement dû apparaître floutés, à l'antenne.

On se demande d'ailleurs où était l'organe régulateur de l'audiovisuel, tous ces jours-là. Puisque, à moins que cela nous ait échappé, il n'a jamais réagi à ces infractions.

Encore bravo.

Les commentaires sont fermés.