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22/05/2014

«Une petite phrase, au gré du débat politicien»

Incidents en série à l'Assemblée nationale, hier. Où toute la journée ainsi que la soirée ont été tendues, vu l'animosité de la droite à l'égard du projet de réforme de l'autorité parentale.

Entre deux altercations, un député UMP, qui, dans le civil, exerce la profession de psychiatre, s'en est pris à une ministre qu'il jugeait trop peu locace: «Après nous avoir répondu avec une perplexité anxieuse, vous êtes désormais dans un repli autistique particulièrement inquiétant, avec un relatif évitement du regard associé, signe d'un diagnostic assez grave». L'intéressée n'a pas apprécié. «Quand vous dites cela, je pense aux 100.000 familles qui, en France aujourd’hui, élèvent un enfant autiste. Je pense à leur souffrance. Je pense au mépris que vous exprimez à leur égard, en laissant entendre que la maladie de leur enfant peut être un quolibet, un nom d’oiseau, une petite phrase jetée au gré du débat politicien». Et la ministre de présenter ses excuses à tous ces parents, au nom du gouvernement – «parce que vous, M. le député, ne le ferez sans doute pas».

Le parlementaire sarkozyste a tenté de s'en sortir en jouant sur les mots. «Votre cabinet, Mme, aurait dû vous apprendre la différence entre un trouble envahissant du développement, syndrome autistique décrit par Kanner, et le repli autistique, qui concerne les psychoses de l’adulte. C’est une différence fondamentale, qu’il vous faudrait apprendre. Mon terme ne concernait en rien les enfants: ça, c’est une manipulation de votre part, à laquelle vous recourez parce que, depuis plusieurs heures, vous êtes en difficulté» dans ce débat parlementaire.

Cette anicroche politico-psychiatrique n'apaisant pas l'atmosphère, les débats ont continué à s'enflammer et à s'étirer. Au point que, vers 1h30 du matin, 361 amendements étaient encore à examiner. Le gouvernement a alors compris que, dans de telles conditions, ce texte ne pourrait jamais être voté mercredi prochain, comme il était prévu. Dès lors, il a dû faire suspendre le débat, et reporter sine die l'adoption de la réforme.

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