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30/05/2014

Une sidérante inaction

Santé, Tabac, Télévision, Radio, GouvernementPas mal d'agitation médiatique, en France ce matin. A propos d'un «grand Plan anti-tabac» que présenterait la ministre de la Santé, dans quinze jours. Entre autres mesures envisagées, l'anonymisation des paquets de cigarettes, avec du gore (des photos de pathologies liées au tabac) à la place des logos des marques. Ou l'interdiction de l'usage de la cigarette électronique dans les lieux publics.

Pourquoi pas. Pourquoi pas, mais...

Mais cela fait plus de trois mois que, chaque jour, des dizaines de millions de Français continuent de voir et d'entendre en boucle, dans les médias radio-télé, des spots de pub en faveur de cette e-clope. Plus de trois mois plus tard, la demande de clarification qu'avait faite le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) au gouvernement (relire ici) n'a toujours pas, visiblement, été suivie du moindre effet.

C'est à ce genre de détails que l'on est fondé à se demander, parfois, si ce pays est vraiment géré.

28/05/2014

Un règlement plus strictement appliqué?

Le règlement d'ordre intérieur de l'Assemblée nationale va désormais être appliqué avec plus de sévérité. C'est le président de l'Assemblée qui l'a annoncé aux députés, hier après-midi, lors de la séance de questions d'actualité au gouvernement. Qui, une fois de plus, a été agitée    normal: ces séances étant les seules retransmises à la tété, les parlementaires aiment s'y faire remarquer, pour capter l'attention du téléspectateur/électeur moyen.

Si cette mise en garde est suivie d'effets, les députés qui chahutent trop recevront systématiquement un courrier de rappel à l'ordre émanant du président. Dès la première récidive, ils seront sanctionnés. Sur base de l'article 71 du règlement de l'Assemblée. Il punit "tout député qui se livre à une mise en cause personnelle, qui interpelle un autre député ou qui adresse à un ou plusieurs de ses collègues des injures, provocations ou menaces". Et permet de priver le contrevenant, pendant un mois, du quart de son indemnité parlementaire.

Hier, la menace d'une telle sanction a été spécifiquement brandie contre deux députés. Le premier, socialiste, avait tempêté quand un de ses collègues sarkozystes avait fustigé la France, "pays merveilleux,où des allocations et aides sociales de toute nature permettent d’aller faire la guéguerre, en Syrie ou ailleurs" (allusion à la famille du tueur toulousain Mohamed Merah, soupçonnée d'être partie faire le jihad en Syrie). Le second député menacé de sanction, lui étiqueté UMP, avait raillé ("Blabla!") Manuel Valls alors qu'il était en train de promettre des baisses d'impôt. Et avait vivement réagi ("C'est insultant!") quand le Premier ministre avait estimé que "chacun s’honorerait" à ne pas faire du Parlement un lieu de "débat absurde et caricatural"

"Je n’accepte plus ces cris dans l’hémicycle! J’appliquerai maintenant le règlement à la lettre!", a lancé le président de l'Assemblée aux perturbateurs. Avec une irritation réelle: cela fait des mois qu'il recommande aux députés le calme et la dignité, a fortiori lors des séances qui sont télévisées. En vain.

On est curieux de voir si son coup de sang va changer quelque chose au ton général des débats. A priori, on en doute un peu.

27/05/2014

Un grand train de vie

Elections présidentielles, Justice, Economie, Sarkozy, Gastronomie Les comptes de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012 auraient donc été truqués, et pas qu'un peu. Le but de la manoeuvre? Eviter que ces dépenses électorales n'explosent trop, au risque de dépasser le plafond légal des dépenses maximales autorisées (22 millions d'euros, concernant chacun des deux participants au second tour). Certaines de ces dépenses auraient donc été payées, non sur le budget de campagne du candidat, mais par son parti: l'UMP. Qui, pour ce faire, aurait commis pour une dizaine de millions d'euros de fausses facturations.

Hier soir, dans une mémorable confession télévisée (ici), le directeur adjoint de la campagne du candidat Sarkozy, et en même temps bras droit du patron (démissionnaire) de l'UMP, Jean-François Copé, a personnellement confirmé l'existence d'un tel mécanisme. Et l'a justifié par «les dérives» des dépenses électorales sarkozystes de 2012. En substance, elles partaient tant en vrille qu'il fallait absolument trouver une solution comptable – fût-ce illégale – pour les ramener artificiellement à la baisse.

Le candidat Sarkozy a-t-il donc été exagérément dispendieux, il y a deux ans? A-t-il jeté l'argent par les fenêtres, lors de sa campagne élyséenne? En tout cas, on se souvient qu'à l'époque, on avait été frappé combien cette campagne menait grand train de vie.

Elections présidentielles, Justice, Economie, Sarkozy, Gastronomie Pour ne prendre que ce seul exemple – pas forcément représentatif de l'ensemble –, c'était saisissant pour tout ce qui concernait les dépenses relatives aux réceptions, aux traiteurs, à l'intendance, etc. On l'avait raconté dans ce blog, à l'époque (relire ): côté Sarkozy, c'était petits fours, miniardises et mets fins alors que, côté Hollande, c'était beaucoup plus frugal.

Si le restant du budget de sa campagne a été dépensé à l'avenant, l'ex-Président a du souci à se faire. Et on n'a pas fini d'entendre parler de cette affaire.

26/05/2014

Un îlot, de plus en plus isolé

Plus que jamais, Paris fait figure d'exception, dans le paysage électoral français. En ce lendemain de scrutin européen que le Front national a remporté haut la main.

La capitale, en effet, est la seule de toutes les grandes villes de France (à la seule exception de Rennes) où le parti de Marine Le Pen n'a pas réussi à franchir la barre symbolique des 10%. Avec 9,3% de voix (soit quelque 60.000 suffrages), le candidat frontiste achève le scrutin en cinquième position seulement, derrière même les centristes. Ce qui confirme une fois de plus la tradition selon laquelle la «Ville lumière», si sociologiquement différente du reste du pays, est un terrain électoral difficile, pour l'extrême droite.

Il n'empêche, avec ce score de 9,3%, le parti de Marine Le Pen enregistre une nouvelle progression, dans la capitale. Après des élections municipales qui, il y a deux mois, lui avaient déjà permis de doubler son résultat précédent (relire ).

De manière pas du tout anodine, les frontistes ont remporté le meilleur résultat parisien, non dans des arrondissements populaires, mais dans des quartiers très cossus, qui sont traditionnellement des fiefs de la droite. Ainsi, dans le si chic 16e arrondissement, 10,9% des électeurs ont voté FN. Dans le tout aussi aisé 7e arrondissement aussi (celui dont la maire est l'ex-ministre sarkozyste Rachida Dati), le Front a atteint les 10%. En revanche, comme d'habitude, c'est dans les quartiers bobos du centre-Est parisien que les lepénistes ont enregistré leurs moins bons scores: 6,9% dans notre 11e arrondissement, et même 6,1% seulement chez nos proches voisins du 3e: le Haut-Marais.

23/05/2014

Un énervement (un peu) moindre

Personnalités, Sarkozy, Elections européennes, Presse, Publicité, LuxeNicolas Sarkozy est un peu moins énervé. Visiblement, l'état de l'Europe le met (un peu) moins en rogne que les juges qui sont à ses trousses. En témoignent les points d'exclamation contenus dans la tribune sur les élections européennes qu'il a publiée hier, dans le magazine «Le Point». On y dénombre sept signes de ponctuation de ce type. Ce n'est pas rien, mais c'est moins que les huit points d'exclamation de sa volcanique tribune dans «Le Figaro», à la fin mars: quand avait été révélée sa mise sur écoutes, par des juges (relire ).

L'ex-Président gagne donc (un peu) en tempérance. Ses électeurs apprécieront – ou pas, on verra.

En attendant, il est douteux qu'en ouvrant «Le Point», hier, Nicolas Sarkozy ait apprécié la facétie qu'a occasionnée le plan publicitaire de ce numéro du magazine. En effet, il a fait juxtaposer l'apothéose de cette tribune (L'Europe, «ne laissons ni aujourd'hui ni demain détruire ce trésor!») avec une grande pub. Vantant les dernières créations d'un horloger joaillier suisse, dont une montre («mouvement manufacture réalisé à la main») à 2790€. Soit, tout de même, plus de deux mois de salaire minimum.

Nicolas Sarkozy possède certainement des toquantes encore plus onéreuses. Il n'empêche, il a dû grimacer, à la vue d'un tel catapultage entre pub et rédactionnel. Lui qui n'a jamais réussi à faire oublier sa grande période Rolex, Ray-Ban, bling bling etc.

22/05/2014

«Une petite phrase, au gré du débat politicien»

Incidents en série à l'Assemblée nationale, hier. Où toute la journée ainsi que la soirée ont été tendues, vu l'animosité de la droite à l'égard du projet de réforme de l'autorité parentale.

Entre deux altercations, un député UMP, qui, dans le civil, exerce la profession de psychiatre, s'en est pris à une ministre qu'il jugeait trop peu locace: «Après nous avoir répondu avec une perplexité anxieuse, vous êtes désormais dans un repli autistique particulièrement inquiétant, avec un relatif évitement du regard associé, signe d'un diagnostic assez grave». L'intéressée n'a pas apprécié. «Quand vous dites cela, je pense aux 100.000 familles qui, en France aujourd’hui, élèvent un enfant autiste. Je pense à leur souffrance. Je pense au mépris que vous exprimez à leur égard, en laissant entendre que la maladie de leur enfant peut être un quolibet, un nom d’oiseau, une petite phrase jetée au gré du débat politicien». Et la ministre de présenter ses excuses à tous ces parents, au nom du gouvernement – «parce que vous, M. le député, ne le ferez sans doute pas».

Le parlementaire sarkozyste a tenté de s'en sortir en jouant sur les mots. «Votre cabinet, Mme, aurait dû vous apprendre la différence entre un trouble envahissant du développement, syndrome autistique décrit par Kanner, et le repli autistique, qui concerne les psychoses de l’adulte. C’est une différence fondamentale, qu’il vous faudrait apprendre. Mon terme ne concernait en rien les enfants: ça, c’est une manipulation de votre part, à laquelle vous recourez parce que, depuis plusieurs heures, vous êtes en difficulté» dans ce débat parlementaire.

Cette anicroche politico-psychiatrique n'apaisant pas l'atmosphère, les débats ont continué à s'enflammer et à s'étirer. Au point que, vers 1h30 du matin, 361 amendements étaient encore à examiner. Le gouvernement a alors compris que, dans de telles conditions, ce texte ne pourrait jamais être voté mercredi prochain, comme il était prévu. Dès lors, il a dû faire suspendre le débat, et reporter sine die l'adoption de la réforme.

21/05/2014

Une «reprise mitigée»

Paris, Economie, Emploi, Social, TourismeL'autre jour, dans ce blog, on écrivait combien les bons chiffres de la fréquentation touristique à Paris étaient importants, s'agissant d'un secteur économique vital pour la «Ville lumière». C'est ce que met également en lumière la dernière note de conjoncture que l'Insee (Institut français de la statistique) a publiée hier, consacrée à l'emploi à Paris et dans sa banlieue. A sa lecture, on perçoit combien ces chiffres corrects de la fréquentation touristique sont une bonne nouvelle, tant les derniers mois de 2013 n'avaient pas été folichons. Ainsi, «entre juillet et décembre 2013, les nuitées ont diminué de 0,6% par rapport à l’an passé. L’activité pâtit de la forte diminution de la fréquentation hôtelière de la clientèle française (-9,1% en un an sur la période de juillet à décembre 2013), qui n’est pas entièrement compensée par la fréquentation plus importante de la clientèle étrangère (+6,3%)».

Malgré cette fréquentation hôtelière «en demi-teinte fin 2013», «le secteur de l’hébergement (touristique) et de la restauration reste dynamique (1700 emplois supplémentaires, soit +0,6% en un an)». Cela tombe d'autant mieux que, dans nombre de secteurs de l'économie parisienne, cela patine. Dans le commerce, l'emploi «se stabilise», guère plus. Dans la construction neuve, «l’activité est orientée à la baisse». Dans l'industrie, «l'emploi continue de reculer» (61.000 postes perdus ces six dernières années).

Au total, à la fin 2013 et tous secteurs confondus, l’emploi n'a progressé que de 0,3%, dans la capitale. Logiquement, «la progression du nombre de demandeurs d’emploi n’a que faiblement ralenti», les chiffres du nombre de demandeurs d'emploi parisiens (875.000) dépassant même «les niveaux record enregistrés au cours des quinze dernières années». Ce qui place le taux de chômage parisien à 8,6%, en diminution trimestrielle très infime (-0,1). Conclusion? La capitale ne bénéficie que d'une «reprise mitigée» de son économie.

Et il n'est pas sûr que les Parisiens s'en consoleront en apprenant qu'en province, la situation de l'emploi est encore moins enviable (il y a régressé de 0,4%), et/ou que le taux de chômage en France métropolitaine dans son ensemble (9,8%) est encore plus élevé qu'à Paris.

20/05/2014

Une relaxe

On avait évoqué le cas de cet individu, il n'y a pas si longtemps (relire ). Parisien, habitant le quartier de la place de la République, il avait été renvoyé devant le tribunal correctionnel, accusé d'avoir aspergé de produit corrosif des Roms dont il était incommodé par la présence: ils campaient sur le trottoir, en bas de chez lui. A son encontre, le parquet avait requis trois mois de prison avec sursis et 1500€ d'amende. Hier, l'homme a été fixé sur son sort judiciaire. Il a été relaxé.

Lors de son procès, il avait assuré avoir, le soir de l'incident, voulu uniquement nettoyer le trottoir, sans jamais avoir ni touché ni visé les Roms. Il s'était dit «absolument désolé pour le symbole» du procédé employé pour ce faire, dont il n'aurait «pas mesuré la portée». Et son avocate avait convenu que ce procédé était «désagréable». Le tribunal a entendu ces arguments. Il a aussi estimé que la préméditation du jet de liquide n'était pas établie. Et les expertises dudit produit ont montré qu'il ne s'était agi que d'un mélange artisanal d'eau de Javel et de savon noir. Autant d'éléments qui, selon les magistrats, justifient la relaxe.

Sans avoir eu accès au dossier complet, on se gardera bien de faire un commentaire définitif sur un tel jugement. On se bornera juste à espérer qu'une telle jurisprudence ne va pas inciter tous les Parisiens incommodés par la présence de Roms en bas de chez eux à faire eux-mêmes le ménage, et de la sorte: à coups d'eau de Javel. Sinon, dans certains quartiers de Paris – et particulièrement dans notre onzième arrondissement –, l'atmosphère risque de rapidement devenir assez irrespirable.

19/05/2014

«Une légère tendance à la baisse», mais...

Paris, Environnement, Santé A l'ordre du jour du premier Conseil de Paris de la mandature, qui s'ouvre ce lundi, figure notamment un plan de lutte contre la pollution. Il officialise la double mesure qui avait été prise à la mi-mars: la gratuité des transports publics en cas de pics de pollution, et la mise en place de la circulation automobile alternée (en fonction de la plaque d'immatriculation: paire ou impaire) lorsque le seuil d'alerte est atteint. Il est également question de parvenir (à très long terme) à ce que plus aucun bus de la RATP ni véhicule appartenant au parc automobile de la mairie ne carbure au diesel. Des incitations au covoiturage ainsi qu'à l'auto-partage sont aussi envisagées.

L'adoption de ce plan survient peu après la publication des données annuelles relatives à la qualité de l’air en région parisienne, en 2013. Une fois de plus, ces chiffres sont mauvais, même si «l’année 2013 montre une légère tendance à la baisse des niveaux de pollution chronique, par rapport à 2012». Il n'en demeure pas moins que, comme les années précédentes, plus de 3 millions d'habitants de la région parisienne restent «potentiellement exposés à des niveaux de pollution qui ne respectent pas la réglementation, principalement dans l'agglomération et au voisinage de grands axes de circulation». A proximité de ces derniers, il n'est pas rare que la pollution de l'air atteigne... quatre fois la norme maximale autorisée. Plus précisément, cinq polluants «posent toujours problème à des degrés divers, dans la région capitale»: le dioxyde d’azote, les particules fines PM10 et PM2,5, l’ozone et le benzène.

Pour ne pas, en ce début de semaine, plomber complètement le moral des lecteurs parisiens de ce blog, signalons tout de même que, en ce qui concerne d'autres polluants (dioxyde de soufre, plomb ou monoxyde de carbone), la situation continue à évaluer favorablement.

Sans doute est-ce déjà cela.

16/05/2014

Une réouverture, printanière

Ce n'est pas cela d'office qui va fondamentalement remonter le moral des Français, mais cela ne pourra non plus lui faire de mal. Et, au moins, cela concrétise le printemps...

Hier soir, François Hollande a annoncé la réouverture au public des jardins de l'Elysée, chaque premier dimanche du mois à partir de juin. L'an dernier (relire ), cette ouverture avait été suspendue, par mesure de sécurité. Au moins les Français verront-ils dans ce changement l'illustration d'un climat sécuritaire, anti-terroriste, qui se détend.

Dans ces jardins bientôt de nouveau accessibles, il faudra savoir se tenir. Comme l'a indiqué le communiqué de l'Elysée, pas question d'y promener son chien, d'y casser la croûte, d'y improviser un footing, d'y faire une partie de foot, ou d'y jouer d'un instrument de musique. Le public sera juste autorisé à contempler, et à s'imprégner de l'atmosphère solennelle des lieux. Tout en conservant, bien sûr, «une tenue et un comportement décents». Pas d'amoureux des bancs publics, donc, n'en déplaise à Brassens, dans ce parc-là. On ignore si les vigiles de l'Elysée vont recevoir des instructions au millimètre, pour évaluer la longueur et donc la décence, ou non, de ces petites robes d'été qu'aiment tant les Parisiennes.

Cela dit, si d'aventure c'est moins l'intérêt patrimonial pour le lieu que l'adhésion politique à son hôte qui motive les futurs visiteurs, il risque de ne pas y avoir grand monde, dans ce jardin, dès juin – François Hollande n'étant désormais soutenu que par 2 Français sur 10.

15/05/2014

Un trésor, précieux

Paris, Economie, Tourisme, International, BelgiqueC'est le chiffre de la semaine. 29,3 millions. Soit le nombre de touristes que Paris a accueillis, en 2013. Parmi eux, 12,1 millions de visiteurs étrangers. Dont, pour l'anecdote, 281.300 Belges, en recul (-5%) par rapport à 2012. Selon l'office du tourisme de la capitale française, qui vient de publier ces données, cela confirme que la «Ville lumière» demeure bel et bien la première destination touristique mondiale. Il y a quelques mois, la question avait agité la campagne électorale pour les municipales (relire ici).

Alors, on est le premier à avoir toujours trouvé un peu agaçant, voire puéril, que Paris insiste sans cesse, aussi lourdement, et sur un ton aussi cocardier, sur son leadership mondial, sur le plan touristique. Mais, si cette ville est obligée en permanence d'en faire autant, en la matière – et notamment en termes de communication –, c'est parce que le tourisme est un secteur absolument vital, pour l'économie locale. Cette attractivité touristique mondiale et l'énorme manne financière qui en découle sont un trésor précieux, que la ville doit veiller en permanence à entretenir.

En guise d'illustration, ce chiffre, qui est généralement peu connu à l'étranger, mais que les Parisiens, eux, et au premier chef leurs élus, ne perdent jamais de vue: dans la capitale française, un emploi sur six – ce qui n'est pas rien, a fortiori en cette période de crise – dépend directement du tourisme. En d'autres termes, l'attractivité touristique mondiale de Paris viendrait à baisser, des dizaines de milliers d'emplois seraient directement menacés. Et probablement davantage encore d'emplois indirects.

14/05/2014

Une gifle, qui fait grand bruit

C'est la victoire du pot de terre contre le pot de fer. Victoire à laquelle pas grand monde ne s'attendait, et donc qui a fait grand bruit à Paris, hier après-midi. Le tribunal administratif a annulé l'un des permis de construire de l'immense chantier de réaffectation des anciens grands magasins de La Samaritaine, projet dont on avait encore parlé dernièrement (relire ici).

Ce sont deux associations de défense du patrimoine (ici et ) qui avaient introduit le recours accepté mardi. Il concernait la partie du chantier jouxtant la rue de Rivoli, que les requérants trouvait «dénaturée» par une spectaculaire façade ondulante de verre (visible ), prévue dans le projet. Or, le plan local d'urbanisme interdit formellement toute «rupture» architecturale avec le tissu urbain environnant. Les concepteurs du projet, eux, vantaient, une «enveloppe (qui) réinterprète, avec son mouvement ondulatoire, le rythme vertical des façades parisiennes», et «réfléchit allégoriquement la pierre haussmannienne des immeubles alentour». Les juges, s'ils ont salué les qualités architecturales de l'ensemble envisagé, ont considéré que cette façade ondulante était bel et bien «dissonante» par rapport aux édifices voisins, majoritairement en pierre de taille.

Les plaignants, aux anges, voient dans ce jugement «une grande victoire pour l'avenir de Paris, dont les nouvelles constructions devront s'intégrer dans le tissu urbain». La mairie, qui s'opposait à ces recours, va faire appel de la décision. Qui est une fameuse gifle pour elle, tout comme pour le groupe de luxe LVMH: propriétaire des lieux, et qui finance à grands frais (460 millions d'euros) le projet.

La partie concernée du chantier est à l'arrêt, l'appel du jugement n'étant pas suspensif. Tout comme n'était pas suspensif le recours qu'avaient introduit les opposants au projet. Ce qui, ces dernières semaines, a permis... la démolition d'une bonne partie des bâtiments du XIXe siècle, aux façades préhaussmanniennes, dont la sauvegarde était précisément demandée.

13/05/2014

«Un nouvel élan»

Paris, Métro, Transports, Sécurité, Art de vivrePuisqu'on évoquait hier le métro de Paris, l'insécurité n'y progresse pas – contrairement à ce que claironnent les Identitaires –, et, en plus, le sentiment de ses usagers est que les incivilités y sont en diminution. C'est ce qu'a indiqué la RATP, à l'occasion du lancement, lundi, de sa nouvelle campagne de sensibilisation sur le sujet.

Frauder. Ne pas céder son siège à une personne âgée. Rester assis sur son strapontin ou garder son sac à l'épaule, y compris en cas d'affluence. Ne pas laisser descendre les voyageurs avant de soi-même monter. Mettre les pieds sur la banquette. Ecouter son baladeur à un volume sonore gênant pour les autres usagers, etc. Tous ces comportements seraient en diminution, dans les transports publics de la «Ville lumière» et de sa région. Du moins, c'est le sentiment majoritaire qu'en ont les voyageurs, qu'a interrogés (là) l'institut de sondages TNS-Sofres. Cette diminution, toutefois, est légère: 8%. Et des points noirs d'incivilité subsistent, comme dans le Noctilien (les lignes de bus de nuit).

Plus important pour le long terme, peut-être, est «l'acceptation d'une coresponsabilité dans les incivilités», les voyageurs se disant «prêts à agir sur leur propre comportement ainsi que sur celui de leur entourage», pour que progresse encore le climat de courtoisie et de respect d'autrui. La RATP salue donc «un nouvel élan» collectif dans la lutte contre les incivilités.

Outre qu'on imagine assez mal une personne interrogée revendiquer de but en blanc, devant un sondeur, le droit à l'incivilité et à l'indifférence à son égard, au vu du nombre d'usagers du métro que, chaque jour, on croise en train de franchir les portillons sans payer ou de hurler dans leur téléphone, on est un peu sceptique, on l'avoue. Mais – soyons fous, faisons un rêve –, on accepte bien volontiers l'augure qu'un jour, qui sait, les transports publics de Paris seront peuplés de gens non teigneux ou grossiers, mais aussi courtois et respectueux d'autrui que ceux de Londres.

Dans quelques décennies?

12/05/2014

Une «sécurisation citoyenne»

Après Lille ou Lyon, c'est à Paris que, ce week-end, l'organisation d'extrême droite Bloc identitaire a procédé à une «tournée de sécurisation», dans le métro. Une trentaine de membres de ce groupement a patrouillé – joué les gros bras, en somme – sur plusieurs lignes de métro de la capitale. Selon eux, la police n'a «plus les moyens d'assurer la sécurité» du public, a fortiori dans «un lieu associé à l'insécurité» que serait le réseau de transports publics. «Face à ce déferlement d’ultra-violence, face à l’insécurité qui règne dans notre pays et en particulier dans les transports en commun», ces «initiatives de solidarité populaire face à la racaille» auraient toute leur légitimité. Il s'agirait de «montrer à la population que les citoyens prennent en charge la sécurité de leurs frères et de leurs sœurs».

Ni la police, ni même la RATP n'avaient été avertis d'une telle initiative. Ses organisateurs exploitent sans doute la marge d'interprétation que permet la loi, en la matière. Si elle impose que soient déclarés aux autorités, préalablement à leur tenue, «tous cortèges, défilés et rassemblements de personnes, et, d'une façon générale, toutes manifestations sur la voie publique», elle permet que soient «dispensées de cette déclaration, les sorties sur la voie publique conformes aux usages locaux». On imagine que, dans l'esprit des Identitaires, le fait de simplement prendre le métro en groupe, fût-ce dans une configuration destinée à intimider, s'inscrit dans ces «usages locaux».

Il n'empêche, les participants à ces «tournées de sécurisation» risquent gros. Il suffirait que l'un ou l'autre de ces individus soit, dans de telles circonstances, pris en flagrant délit de port d'armes (un simple couteau suffirait), pour que tout le groupe tombe sous le coup de la législation (, par exemple) réprimant les milices privées.

D'autant que la loi anti-milices vise particulièrement les groupes qui «provoquent à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée». Or, évidemment, le terme de «racaille», qu'aiment tant utiliser ces Identitaires, vise prioritairement un type particulier de population: celle issue de l'immigration.

 

PS: S'il est besoin de le rappeler, ce discours sur des transports publics parisiens qui seraient en proie à une «ultra-violence» en explosion est, malgré deux faits divers récents (relire ici), démenti par les chiffres de l'insécurité (on l'a déjà écrit, dans ce blog: ).

09/05/2014

Un respect très inégal

International, Médias, Journalisme, TélévisionLe Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) est intervenu (ici) auprès de la télé d'info continue i>Télé. Pour un reportage qu'elle a diffusé, consacré à la guerre en Centrafrique, et qui montrait notamment un homme en train d'être lynché. A cette occasion, la chaîne a manqué deux fois à ses obligations. Elle n'a pas flouté le visage de la victime, et a donc enfreint l'interdiction de «présenter de manière manifestement complaisante la violence ou la souffrance humaine, lorsque sont diffusées des images de personnes tuées ou blessées». Et elle a omis de «veiller à ce que la diffusion de sons et/ou d’images difficilement soutenables soit systématiquement précédée d’un avertissement explicite au public, destiné à protéger les personnes les plus vulnérables de leur éventuel impact».

Les médias audiovisuels français, en effet, sont astreints à un certain nombre d'obligations (), quand ils informent de conflits internationaux, de guerres civiles, ou d'actes terroristes. Dans leur pratique quotidienne, cela dit, ils respectent très inégalement cette charte.

Ainsi, ils se plient majoritairement à l'obligation qui leur est faite de «préserver la dignité des personnes prises en otage, notamment lorsque leur image ou tout autre élément permettant de les identifier est utilisé par les ravisseurs». C'est pourquoi, quand les médias diffusent des vidéos ou des photos d'otages, documents provenant de leurs ravisseurs, les visages de ces otages apparaissent le plus souvent floutés.

International, Médias, Journalisme, TélévisionEn revanche, les télés françaises se contrefichent visiblement de leur obligation de respecter la dignité également des personnes réagissant à la mort de leurs proches. On l'a encore bien vu, et doublement, dernièrement. Quand, à tous les JT et pendant plusieurs jours, ont défilé les images des familles éplorées par le naufrage du ferry coréen et, précédemment, par la disparition de l'avion malaisien. Si la recommandation du CSA avait été respectée à la lettre, les visages de ces personnes endeuillées auraient systématiquement dû apparaître floutés, à l'antenne.

On se demande d'ailleurs où était l'organe régulateur de l'audiovisuel, tous ces jours-là. Puisque, à moins que cela nous ait échappé, il n'a jamais réagi à ces infractions.

Encore bravo.

07/05/2014

Un (si) léger mieux

Les plans gouvernementaux successifs de lutte contre les violences conjugales commenceraient-ils enfin à produire leurs effets? Selon des chiffres officiels diffusés ce matin, en France en 2013, 121 femmes sont décédées sous les coups de leur conjoint, et 25 hommes ont été victimes de violences mortelles émanant de leur compagnon ou ex-compagnon. Cela fait 28 décès en moins, par rapport à l'année précédente.

«C'est une tendance à la baisse qui encourage le gouvernement à poursuivre son action», ont commenté les ministres de l'Intérieur et des Droits des femmes. Qui ont redit leur détermination à «mettre en œuvre tous les dispositifs nécessaires pour lutter plus efficacement contre ces violences, qui brisent chaque année trop de vies et de familles».

«Une tendance à la baisse», oui, mais cela fait tout de même encore quelque 150 morts par an, dues à des violences exercées dans le cadre du couple. Et il faut leur ajouter 13 enfants victimes de violences mortelles émanant de leur père ou mère.

Ce macabre décompte, dès lors, même s'il traduit une légère amélioration de la situation, continue d'en dire long sur le degré de sauvagerie quotidienne de la société actuelle – mais, bien sûr, ce n'est nullement propre à la France.

06/05/2014

Une réaction, enfin

Publicité, Paris, Patrimoine, Architecture, CultureIl était grand temps. Le ministère de la Culture commence enfin à se bouger. Contre les publicités géantes qui, y compris en plein coeur du Paris historique, défigurent le patrimoine monumental classé. Alors que nombre d'exemples (relire ici, ou ) ont montré que les autorités ont été très permissives, en la matière.

C'est notamment le cas place des Vosges, une des plus belles places de Paris. Depuis 2012, une bâche publicitaire géante (110 m² de surface) vante une célèbre multinationale de l'électronique. Elle est apposée sur un hôtel particulier qui est en cours de rénovation. La régie gérant cet emplacement publicitaire très en vue espérait obtenir une nouvelle autorisation, lui permettant de conserver cette bâche jusqu'à la fin juin, voire en juillet et en août aussi. Hier soir, le ministère de la Culture a fait savoir qu'il n'en était pas question.

A en croire un fonctionnaire de la Culture cité par le quotidien «Le Parisien», «la ministre s'est penchée sur le dossier, et nous a dit: il faut la retirer, elle n'est absolument pas nécessaire. La bâche est restée suffisamment longtemps pour financer les travaux, qui ont pris du retard». La réclame devrait donc être démontée dès demain mercredi.

Il était temps.

Pas de quoi pavoiser, cela dit, pour les autorités. Elles n'ont laissé que trop longtemps ce dossier, et d'autres de cet acabit, traîner.

05/05/2014

Un fossé, confirmé

39% des Français se fichent des élections européennes prévues à la fin mai. C'est ce qu'est venu confirmer un sondage, ce week-end. Ce désintérêt se nourrit sans doute à la profonde désaffection de nombre d'habitants de ce pays à l'égard de ce qu'est devenu le projet européen. Selon un autre sondage, paru lui aujourd'hui, l'Union européenne évoque «quelque chose de négatif» pour 49% des sondés, et de «positif» pour 45%. Sur le plan économique, 58% des Français perçoivent l'Europe avant tout comme «une contrainte», pour leur pays. Idem sur le plan politique, l'Union est vue comme «une contrainte pénalisante» pour une majorité des sondés (52%).

Ces derniers mois, déjà, d'innombrables enquêtes d'opinion ont mis en lumière l'ampleur du fossé séparant désormais le citoyen et électeur français de l'Europe telle qu'elle fonctionne aujourd'hui – et c'est valable aussi dans d'autres pays. Ce n'est donc pas neuf. Mais, les semaines ont beau passer et ce désaveu sondagier se confirmer, les commentaires de la classe politique et du monde médiatique, face à ces enquêtes catastrophiques, restent dans une tonalité dominante de reproche et de culpabilisation. En substance: ce n'est pas bien, il faut y croire, il est impératif d'aller voter.

Cela rappelle un peu cette litanie de commentaires méprisants qui, en 2005, avait accueilli des mois de sondages pareillement désintéressés et désenchantés. A propos du référendum français sur le projet de traité constitutionnel européen. A l'époque, le même discours culpabilisant avait été tenu. Le petit peuple avait été sermonné de ne rien comprendre ou de se fourvoyer, et houspillé d'aller voter et de voter «Oui». On se souvient de ce qu'il en est advenu: la victoire du «Non», avec 55% des voix. Et une classe politico-médiatique durablement traumatisée par l'ampleur du désaveu populaire infligé au discours dominant.

On ne mettrait pas la main au feu que, quasiment dix ans plus tard, à la fin mai, le même fiasco sera évité.

02/05/2014

Un effarant doublé

Paris, Transports, Métro, SécuritéQui sait pas mal des 10 millions d'usagers quotidiens des transports publics parisiens vont-ils y penser, aujourd'hui. Sur le quai: au moment d'attendre leur train, leur métro ou leur RER. Penser à ces deux effarantes actualités survenues à Paris ces derniers jours, et qui reposent la question de la sécurité dans ce réseau.

Jeudi soir, a été confirmé le décès, à la suite de ses blessures, d'une femme âgée qui, le matin même, avait été percutée par un RER de la ligne B, à la station "Cité universitaire". Elle avait chuté sur les voies, après avoir été bousculée par un resquilleur qui venait de sauter par dessus un des portillons d'accès – qui sont installés très près des voies, dans cette station. L'homme s'est enfui et, aux dernières nouvelles, n'a toujours pas été retrouvé.

Lundi soir, déjà, à la station de métro "Edgard Quinet" cette fois, c'était une jeune femme qui avait été victime d'un «pousseur». Alors qu'elle attendait tranquillement son métro de la ligne 6, était passé derrière elle, sur le quai, un homme probablement déséquilibré, en tout cas déjà connu par la police pour des faits de violence. Sans raisons apparentes, alors qu'ils ne se connaissaient même pas et qu'aucune altercation n'avait eu lieu, il l'avait violemment poussée dans le dos, au moment où une rame entrait en station – heureusement, sur le quai opposé. Puis, il s'était éloigné, comme si de rien n'était. La jeune femme est parvenue à remonter rapidement sur le quai, indemne. Son agresseur a été arrêté et déféré, pour violences volontaires aggravées.

Paris, Transports, Métro, SécuritéDe tels cas de violences gratuites et d'une telle gravité sont extrêmement rares, dans les transports parisiens. On n'a recensé que quelques cas, ces dernières années. Ce qui, statistiquement, est infime, comparé au nombre de passagers transportés.

Mais la survenance de deux faits divers de ce type en un laps de temps aussi court pourrait bien, qui sait, plonger dans l'effroi et l'inquiétude les usagers qui, déjà, ne se sentiraient pas parfaitement à l'aise, dans un tel environnement.