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30/06/2014

Une semaine par an

Chaque année, les Français passent l'équivalent d'une semaine entière dans les transports pour se rendre au travail. C'est ce qu'il ressort d'une étude, qui évalue à 23,4 minutes le temps moyen du trajet jusqu'au bureau. Cette durée peut fortement varier selon la région. Ainsi, elle n'est que de 17 minutes en Normandie. Mais peut aller jusqu'à 33 minutes à Paris et dans sa région, qui sont connus pour la congestion du trafic automobile et l'état de quasi-saturation des transports publics.

Dans la capitale et sa banlieue, 32% des gens – ce qui n'est tout de même pas rien – mettent en moyenne 45 minutes pour aller bosser. Si on additionne l'aller et le retour, cela leur fait donc 1h30 passée chaque jour dans les transports.

D'où l'importance d'un fonctionnement pas trop mauvais des transports publics, en termes de ponctualité notamment. Or, selon un des derniers bilans que dresse régulièrement (ici) le Syndicat des transports d’Île-de-France, cette ponctualité s'améliore, globalement. Ainsi, au premier trimestre 2014, par rapport à la même période de l'an dernier, elle a progressé dans douze des quatorze lignes du métro, et toutes les lignes ont enregistré une ponctualité au-dessus des 90%, ce qui n'était plus arrivé depuis des années. Les lignes des RER B, C et D et E sont également en progrès. En revanche, cela continue de se dégrader sur le RER A, et plusieurs lignes du Transilien SNCF affichent toujours une ponctualité trop faible.

27/06/2014

Une nuisance qui s'accentue

Paris, SécuritéCela a été le chiffre de la semaine, à Paris, et il y a été énormément médiatisé. 1,5 million. Soit le nombre d'appels intempestifs qu'a reçus la brigade des sapeurs-pompiers de la capitale, en 2013. Des appels «qui n’ont pas concerné les services de secours d’urgence, et ont encombré les lignes téléphoniques du centre opérationnel». 1,5 million d'appels incongrus, sur les 2 millions d'appels parvenus à cette brigade, l'an dernier.

Selon la préfecture de police, «cette situation n’a cessé de s’accentuer, ces trente dernières années». C'est notamment dû à ce que les pompiers appellent les «bruits de poche» (ou de sac à main). A savoir, les appels passés par des portables dont le clavier se déverrouille et compose, sans la volonté du détenteur du téléphone, les numéros 112 ou 18. Le phénomène devient vraiment problématique, pour le Centre de traitement de l’alerte: la plateforme qui gère les appels aux numéros d'urgence, et qui réceptionne quotidiennement plus de 7200 appels. Selon elle, ces appels «sans lien réel avec la notion d’urgence parasitent considérablement le travail des opérateurs».

Aussi, la brigade a réorganisé son fonctionnement. Désormais, le central téléphonique comporte un premier niveau, dit de «débruitage». Son but est précisément de «dépolluer» les appels non désirés. C'est seulement une fois ce tri effectué que l’opérateur chargé du traitement des demandes redirige vers les secours les appels qui le méritent bel et bien.

Paris, Sécurité«L’objectif est de concentrer l’emploi des hommes et des matériels sur les interventions urgentes, de manière à préserver la qualité du service sur les détresses avérées», explique la préfecture.

C'est bien le moins, n'en déplaise et en dépit des facéties de la téléphonie.

26/06/2014

Un humour, involontaire

«Vivez les festivals de l'été avec la SNCF!» C'est la campagne de com' que lancent les chemins de fer français, ce matin. «SNCF soutient une nouvelle fois la musique et la découverte de nouveaux talents cet été, en étant partenaire de nombreux festivals. Avis aux curieux, l’été s’annonce riche en émotions musicales: mise en circulation de 18 TGV 100% Prem’s pour voyager à petits prix, concerts à bord des #TGVLive, animations et découverte de jeunes talents grâce à iDTGV».

Merveilleux.

Et (involontairement) comique. Voilà donc la SNCF qui, après dix mémorables jours de grève, tente à présent de relancer les affaires en s'associant à un secteur des festivals qui va lui-même, très probablement, être perturbé pendant tout l'été par une grève: celle des intermittents du spectacle.

La situation pourrait même devenir surréaliste. Si ces intermittents grévistes estivaux en venaient à imiter leurs homologues cheminots du printemps. En organisant à leur tour, comme l'ont fait des syndiqués à la SNCF pendant dix jours, des sit-in sur des voies de chemin de fer. Pour empêcher le départ de ces trains spéciaux... à destination des festivals eux-mêmes frappés par la grève.

Rien n'est décidément jamais simple, en France.

25/06/2014

Un débat (un peu) rouvert

Paris, Urbanisme, ArchitectureC'est une petite phrase qui n'est pas passée inaperçue, dans les milieux de l'architecture et de l'urbanisme à Paris. Elle concerne les immeubles de grande hauteur. Un tabou, dans la «Ville lumière», a fortiori depuis la construction, en 1976, de l'assez hideuse tour Montparnasse (210 mètres de haut). Petite phrase qu'a prononcée cette semaine la maire, Anne Hidalgo: «Je ne fais pas des tours une obsession ou un tabou». Et son adjoint au Logement d'ajouter, encore plus explicitement: «Nous ne nous interdisons pas de recourir à des immeubles de 50 mètres. Hauteur ne rime pas avec dégradation de la qualité de la vie».

On pourrait en rester là, pour le moment. En effet, le sujet est très sensible chez les écologistes, qui font partie de la majorité municipale.

En tout cas, le «Pacte logement pour tous» qu'a présenté la maire lundi ne s'avance guère sur l'autorisation éventuelle de la construction de gratte-ciel. Tout au plus glisse-t-il, au passage, que «la question de la hauteur (des bâtiments) mérite d'être à nouveau posée aujourd'hui». Et rappelle-t-il que «surélever le bâti» est «une longue tradition parisienne: depuis Henri IV et jusqu'aux années 1970, les règles en matière de hauteur des immeubles parisiens n'ont cessé d'évoluer».

Paris, Urbanisme, ArchitectureCes velléités de relancer le débat permettent, en tout cas, de signaler que s'est enfin débloqué, au printemps, le dossier d'une tour que la crise économique avait, depuis plusieurs années, mis entre parenthèses: la Tour Triangle. A la mi-mai, en effet, une demande de permis de construire a officiellement été déposée, pour ce projet de gratte-ciel de 42 étages et 180 mètres de haut, que le groupe Unibail-Rodamco souhaite édifier dans le quinzième arrondissement. Ce dossier est donc désormais en cours d'instruction à la mairie.

Ce projet pourrait bien rester à jamais – ou un bon bout de temps, à tout le moins – à l'état de vue de l'esprit. Les riverains continuent d'être très remontés (là) contre lui, y voyant «un fiasco urbanistique». Et le bon score réalisé par les Verts aux dernières élections municipales ne plaide a priori pas beaucoup en faveur de son éventuelle autorisation.

24/06/2014

Un début d'évolution de fond?

Mine de rien, c'est peut-être tout un secteur de l'économie parisienne qui commence à changer. Et à s'humaniser, dans ses pratiques sociales. En tout cas, c'est la deuxième fois que des travailleurs en grève obtiennent gain de cause, alors qu'ils opèrent dans un secteur où, pas rarement, la loi de la jungle prédomine, l'employé ayant juste le droit de la fermer.

Dans l’Est de Paris (les environs du Boulevard de Strasbourg et le quartier Château d'Eau), les employées de deux salons de beauté afro sont entrées en résistance. Elles étaient payées au lance-pierre: au pourcentage et au compte-goutte, quand leur patron le voulaient bien. Ce statut professionnel ultra-précaire ne facilitait bien sûr pas leurs démarches en vue d'une régularisation, s'agissant d'étrangères sans-papiers. Dernièrement, après avoir fait grève pendant plusieurs jours, elles ont obtenu un contrat de travail en bonne et due forme, et des modes de rémunération légaux. Au printemps, déjà, un mouvement social analogue avait eu pour cadre une boutique d'onglerie et de manucure du dixième arrondissement, cette fois dans la communauté asiate. Les employés y travaillaient sans avoir été déclarés (certains depuis plusieurs années), ils étaient payés à la tâche, et subissaient des retards de salaire pouvant s'étaler sur plusieurs mois. Pendant plusieurs semaines, ils ont occupé les lieux, jour et nuit. Et ont fini par obtenir un contrat de travail et des fiches de paie, y compris rétroactives.

Dans les deux cas, un syndicat, la CGT, s'est mobilisé aux côtés de ces grévistes, ce qui n'a pas peu contribué à leur victoire. Au passage, l'on peut noter que, à de rares exceptions près (ici, par exemple), ces actions syndicales de défense des travailleurs exploités, parfaitement louables, sont infiniment moins médiatisées que les mouvements de grève menés par ces mêmes organisations – voir, ces dix derniers jours, le rouleau compresseur médiatique sur la «prise en otages» des usagers des chemins de fer par la CGT notamment, la «capacité de nuisance» de ce syndicat, etc.

23/06/2014

Un enracinement dans la misère

Paris, Social, PauvretéLe nombre de SDF à Paris et dans sa région a augmenté de 84%, depuis 2001. C'est le chiffre choc d'une étude qui a récemment été publiée, sur la question. A titre de comparaison, en province, pendant la même période, le nombre de sans-domicile n'a crû que de 11%. Plus que jamais, donc, l’agglomération-capitale concentre la misère sur son territoire. A elle seule, elle accueille – si l'on ose dire – «43% des sans-domicile francophones de toutes les villes de France de plus de 20 000 habitants et même 60% des sans-domicile étrangers, alors que son poids dans la population nationale est de 27%».

Autre enseignement retentissant: les années ont beau passer et les dispositifs d'accueil et d'insertion se développer et être censés devenus plus efficaces, les SDF continuent de s'enraciner dans la misère. Ainsi, «dans l’agglomération parisienne, la moitié des sans-domicile sont sans domicile depuis au moins un an».

L'étude confirme également un autre aspect des choses, que ne peut que constater le Parisien un minimum attentif, dans sa vie quotidienne, à son environnement urbain. A savoir, la part croissante des femmes dans la population SDF, depuis 2001. Certes, celle-ci reste composée majoritairement (59%) d'hommes. Mais «la part des femmes sans domicile est plus importante dans l’agglomération parisienne, où leur nombre a plus que doublé depuis 2001, que dans les autres agglomérations de plus de 200 000 habitants (41% contre 36%)».

11:08 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris, social, pauvreté

20/06/2014

Un succès confirmé

Une info légère, pour terminer la semaine en douceur. Mais légère uniquement dans son contenu informatif, pas dans son poids calorique.

Cela a été annoncé et confirmé cette semaine: un deuxième «Burger King» va ouvrir à Paris, le mois prochain. Cette enseigne de restauration rapide avait fait son grand retour dans la capitale française il y a six mois (relire ), après y avoir été absente pendant quinze ans. L'accueil fait à son établissement de la gare Saint-Lazare a été si bon que son chiffre d'affaires a dépassé toutes les prévisions. Dès lors, fin juillet, un deuxième ouvrira. Dans le parc de La Villette, cette fois.

Les hasards de l'actualité sont parfois féroces. Cette annonce survient précisément la semaine où ont été présentées les grandes orientations de la prochaine loi sur la santé. Qui envisage notamment que, sur tous les aliments vendus dans les magasins, et a fortiori les produits alimentaires industriels, soit apposée une signalétique informant clairement le consommateur de la qualité de ces produits, ou non, pour la santé.

L'histoire ne dit pas si les whoppers et autres burgers – qui, au minimum, n'ont aucun intérêt nutritionnel – seront concernés, ou pas, par cette réforme annoncée.

19/06/2014

Une cible de choix

Paris, Culture, Musique, Social, Architecture, ActivismeNouveau coup d'éclat des intermittents du spectacle, à Paris hier. Après avoir occupé, l'autre jour, l'Opéra Bastille, ils ont envahi le chantier de La Philarmonie: l'immense temple de la musique symphonique en cours de construction, portes de Pantin et de La Villette. Ils y ont notamment déployé des banderoles en son sommet, qui ont été vues par des dizaines de milliers d'automobilistes circulant sur le boulevard périphérique situé en contrebas. Et, perchés sur le toit du petit matin jusqu'à la fin de l'après-midi, ils ont nargué les CRS.

Le choix de cette cible ne doit sans doute rien au hasard. On reproche aux intermittents leur régime spécifique d'assurance chômage, déficitaire et donc ruineux pour le contribuable? Mais La Philarmonie elle-même, projet financé par l'Etat et la Ville de Paris, est «un vrai florilège de tout ce qu'il ne faut pas faire, dans la conduite d'un grand équipement public».

Ainsi l'avait qualifié l'auteur du rapport que la commission des finances du Sénat lui avait consacré, en 2012. Pour preuve, son budget prévisionnel est passé de 150 millions d'euros, au début des années 2000, à... plus de 380 millions, aujourd'hui. Soit «une inflation des coûts exorbitante», dixit la Cour des comptes. Pour qui «on pouvait tout aussi bien défendre le principe d'un projet plus sobre, plus économe, limité à la construction d'une grande salle de concerts et jouant en synergie avec les autres espaces du parc de La Villette», la Cité de la Musique singulièrement.

Paris, Culture, Musique, Social, Architecture, ActivismeMais non, on a préféré un «chantier pharaonique» (un bâtiment de plus de 50 mètres de hauteur, etc.), comme le qualifient les intermittents du spectacle. Qui, dans ces conditions, l'ont un peu mauvaise qu'on vienne leur donner des leçons de bonne gestion des deniers publics.

En prime, à en croire ces manifestants, hier, sur ce chantier, ils ont découvert «de nombreux travailleurs roumains, slovaques, polonais, espagnols, portugais, allemands, belges, avec ou sans papiers, intérimaires pour beaucoup d'entre eux». Qui leur «ont fait part de leurs conditions de travail proches de l'esclavage, comme des ouvriers polonais payés 4€ de l'heure».

L'histoire ne dit pas si c'est à un tel tarif horaire que les opposants au régime des intermittents voudraient que ceux-ci soient rémunérés.

18/06/2014

Un silence assourdissant

Rien. Pas un mot. Pas un communiqué d'indignation. Pas une déclaration de compassion. Rien. A moins que, par extraordinaire, cela nous ait échappé, aucune personnalité ni organisation étiquetée à droite – et a fortiori à l'extrême droite – n'a eu un mot, hier, sur le cas du jeune Darius. Ce Rom âgé de 16 ans, qui, en banlieue de Paris, a été enlevé, séquestré et tabassé pendant de longues heures dans une cave – y subissant des «actes de barbarie», a confirmé la procureure –, par des habitants d'une cité voisine le soupçonnant d'être l'auteur d'un cambriolage commis chez eux. Le jeune homme a été retrouvé inanimé, gisant dans un chariot de supermarché. Il est toujours entre la vie et la mort, son pronostic vital restant engagé.

Pas un mot à l'UMP, donc, sur ce drame. Pas le moindre commentaire officiel. Alors que c'est cette famille politique qui, depuis des années, à longueur de journées et de semaines, ne cesse de taper sur les Roms. Mais là, non: rien. Pas un mot.

Sans doute faut-il déduire de ce silence assourdissant que la droite n'est obsédée par la communauté Rom que lorsqu'elle peut l'accuser de tous les maux. Mais pas quand elle est dans le camp des victimes.

17/06/2014

Une tension croissante

Septième jour consécutif de grève, dans les chemins de fer français. Plus les jours passent, plus la tension monte, parmi les usagers. En particulier dans les gares de la région parisienne, qui sont les plus fréquentées du pays – chaque jour, des millions d'usagers transitent par elles.

Les premiers à subir cette tension croissante sont les «gilets rouges»: le personnel embauché par la SNCF (souvent des vacataires ou des jeunes) pour informer les usagers désorientés et leur porter assistance. Eux qui ne sont pour rien dans ce mouvement des cheminots se prennent de plus en plus souvent les réactions de colère voire d'agressivité des voyageurs. Des incidents ont également été déplorés hier, qui était jour du début des épreuves du bac: des usagers ont refusé qu'aient un accès prioritaire aux trains les candidats bacheliers arborant pourtant le badge «Priorité Exams» édité par la SNCF à leur intention. Autres éclats de voix: ceux, de plus en plus fréquents, que suscite la présence, dans les gares, de délégations de syndicats grévistes venus s'assurer que la grève se déroule comme ils l'entendent.

Et les altercations en viennent à se multiplier entre les voyageurs eux-mêmes, loin de la solidarité qui aurait pu unir ces involontaires compagnons d'infortune de galère ferroviaire. On se bouscule pour pouvoir monter dans les trains, on se dispute les rares places assises, on s'agglutine dans des rames encore plus bondées que d'habitude, on s'énerve pour un rien, on s'invective à longueur de journées. Et pour cause, les gens commencent à être épuisés, donc sont sur les nerfs. Eux qui, depuis sept jours, sont contraints à des levers beaucoup plus matinaux et à des retours beaucoup plus tardifs que d'habitude, et ont déjà accumulé des heures et des heures d'interminable attente, sur les quais.

A ce train-là, si l'on ose dire, il ne faudrait vraiment pas que ce mouvement perdure encore trop longtemps. Sous peine que, dans les gares, le climat finisse par devenir vraiment irrespirable.

11:52 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : transports, social

16/06/2014

Une punition levée

Sports, Paris, Football, SécuritéLa décision n'a rien à voir avec la victoire remportée par l'équipe de France hier soir, dès son premier match de Mondial, puisqu'elle a été prise avant cette rencontre. Mais sans doute les supporters jugeront-ils que cette décision tombe d'autant mieux, depuis cette victoire.

Finalement, des matchs pourraient bel et bien être diffusés en public et sur écrans géants, dans Paris. Ce qu'avaient pourtant exclu les autorités, encore récemment.

Ainsi, il y a deux semaines, la mairie avait annoncé qu'aucun dispositif grand public ne serait installé dans la capitale, relatif à ce Mondial. A l'inverse de ce qui s'était passé pour l'Euro 2012 ou lors de Coupes du monde précédentes. Raisons officielles invoquées: le manque d'engouement populaire pour l'équipe des Bleus, et l'austérité budgétaire. Dans les faits et surtout, les autorités ne voulaient pas prendre le risque de voir se reproduire les gros débordements qui, en mai 2013, avaient accompagné le sacre du PSG. A l'époque, des hordes de casseurs avaient déferlé sur les beaux quartiers du Trocadéro. Il était donc craint que des retransmissions publiques, au Champ de Mars par exemple, à nouveau tournent mal. D'autant que le décalage horaire avec le Brésil fait se dérouler certaines rencontres tardivement dans la soirée. Fin de la semaine dernière, toutefois, la mairie avait fait marche arrière. Un écran pourrait donc bien être installé place de l'Hôtel de Ville, à partir des huitièmes de finale. Si l'équipe de France s'y qualifie et donc si trop de public afflue devant la mairie, un deuxième écran serait installé au stade Charléty.

Ce serait, sans doute, de bonne guerre. S'agissant de la capitale d'un pays qui n'a plus eu, depuis longtemps, matières pour lesquelles s'emballer, collectivement.

Et cela lèverait l'impression désagréable donnée par la première décision de la mairie. Celle d'une punition collective – donc par nature injuste –: la majorité paie pour les conneries d'une minorité de casseurs.

13/06/2014

«Un mythe grotesque»

C'est toujours périlleux de donner des leçons de morale, parce qu'il faut être soi-même irréprochable. C'est néanmoins ce que vient de faire le Front national, à propos... du Mondial. Dans un communiqué diffusé hier, peu avant l'ouverture de la compétition, le parti de Marine Le Pen a enjoint aux joueurs de l'équipe de France d'avoir, au Brésil, «un parcours exemplaire, sur le terrain comme en dehors». «Qu’ils tiennent bien leur place, et ils sauront reconquérir le cœur des Français», a ordonné le Front national.

Chacun jugera si les plus hauts dirigeants de ce parti sont eux-mêmes «exemplaires». Quand, comme Jean-Marie Le Pen, ils lancent leurs habituelles tirades racistes et antisémites.

Le parti lepéniste s'est également permis de donner une consigne à l'ensemble de la classe politique. Il lui semble «souhaitable que les politiques renoncent à prendre le football en otage, en cherchant à instrumentaliser les futurs succès de l’équipe de France à des fins idéologiques. Que ceux qui seraient tentés, à l’instar de la ministre des Sports, de ressusciter le mythe grotesque de la France «Black, Blanc, Beur» de 1998 restent pour une fois à leur place».

L'histoire ne dit pas si, les soirs de matchs de foot, les dirigeants et sympathisants du Front vont, dégoûtés, détourner leur regard du téléviseur, quand les Bleus marqueront un but mais que ce sera le fait d'un joueur black ou beur.

12/06/2014

Un refus catégorique, réaffirmé

Sports, Gouvernement, Jeunes, BanlieuesUn peu de sport, une fois n'est pas coutume dans ce blog. Puisque c'est ce jeudi que démarre la grande folie footballistique mondiale. Si la France ne se distingue pas des autres pays dans son rapport au ballon rond, elle cultive et revendique sa singularité à propos d'un autre sport. Sport certes beaucoup moins grand public que le foot, mais furieusement tendance en ce moment auprès des jeunes, des jeunes de banlieue singulièrement. Et cette spécificité, le gouvernement vient de la réaffirmer avec force, au Parlement. Elle concerne le MMA. Ou «Mixed Martial Arts».

La France a toujours interdit la tenue, sur son territoire, de compétitions de ce sport de combat spectaculaire et ultra-violent, où pratiquement tous les coups sont permis. Mardi, le secrétaire d'Etat aux Sports a été interpellé sur la question par un député partisan de la reconnaissance du MMA. Selon cet élu, «c’est à travers la réglementation, l’organisation et la fédération des encadrants que les risques de cette pratique sportive peuvent être maîtrisés», et non par une prohibition favorisant «les pratiques clandestines». Mais le ministre l'a envoyé sur les roses. «Il faut être clair: il n’est pas question de laisser se développer ces pratiques, dans notre pays», a-t-il confirmé au député. «Si le gouvernement devait légiférer, ce serait pour interdire nettement ces pratiques dégradantes et qui portent atteinte à la dignité humaine, comme le fait de combattre dans une cage ou de frapper une personne au sol, avec le coude, les poings, les pieds».

La France en restera donc à l'encadrement et à la reconnaissance de la seule version light du MMA: le combat mixte et autres «disciplines (associées) de combat combinant des percussions, des techniques de projection et des techniques d’immobilisation ou de soumission». Du coup, il perdurera, le vide juridique et réglementaire dans lequel évoluent les associations et clubs d’arts martiaux ou de sports de combat où se pratique le MMA. Et cette discipline continuera à y être enseignée par des instructeurs n'ayant pas accès au diplôme d'Etat.

Sports, Gouvernement, Jeunes, BanlieuesLe gouvernement aurait pu opter pour une autre voie: permettre à tous les jeunes qui pratiquent ce sport de s'y adonner dans un cadre structuré et sécurisé, sous l'égide d'instructeurs dûment reconnus et donc à la fois formés et respectés. Mais non, il préfère se mettre la tête dans le sable, pratiquer la politique de l'autruche.

On ne voit vraiment pas l'intérêt d'une telle approche.

11/06/2014

Un printemps agité

Plus de 300 kilomètres cumulés de bouchons (soit deux fois plus que la normale) ont été constatés sur les routes en région parisienne, ce mercredi matin au plus fort de l'heure de pointe. Conséquence de la grève en cours depuis hier soir à la SNCF, et qui a d'ores et déjà été reconduite pour demain. Pour ne rien arranger, viennent s'ajouter les gros embarras de circulation qu'entraîne l'«opération escargot» menée en ce moment par les chauffeurs de taxi, sur l'autoroute A1 entre Roissy et Paris. Et il n'y a pas que les automobilistes qui, ce matin, ont galéré. Dans les gares de certaines lignes du RER, les usagers ont dû patienter une heure avant de voir arriver un train (évidemment encore plus bondé que d'habitude).

Pendant ce temps, au-delà de ce secteur des transports, les choses continuent de s'envenimer de jour en jour, dans le domaine de la culture. Hier, le personnel du parc et de la Halle de la Villette a décidé de se joindre au mouvement de protestation des intermittents du spectacle – qu'on évoquait lundi. Il a voté la grève reconductible à partir du 13 juin. En dehors de Paris, la traînée de poudre protestataire se poursuit. La grève frappe, outre le Festival Printemps des comédiens à Montpellier, le festival Rio Loco de Toulouse (ainsi qu'une dizaine de théâtres de cette ville), les Furies (festival de rue) de Châlons en Champagne, le Festival d'Anjou à Angers, et le Festival Crossover de Nice.

L'agitation sociale semble donc marquer ce printemps. Alors que c'est à la langueur qu'inviterait plutôt la météo, si estivale, du moment.

10/06/2014

Un amalgame, de l'autre côté cette fois

Activisme, Personnalités, Valls, Sarkozy «NI VALLS NI LE PEN». C'est l'inscription en lettres capitales et en format géant qu'un quidam a laissée, ce week-end, sur le rideau métallique d'un commerce du boulevard Richard Lenoir, dans notre onzième arrondissement.

Comme on aperçoit ce tag depuis la fenêtre de notre bureau, on peut témoigner que bon nombre de passants, le découvrant, tombent en arrêt. S'interpellent à son sujet. Se marrent ou s'offusquent. Voire le prennent en photo. Bref, il ne passe pas inaperçu.

Cela rappelle ces affiches qui, pendant la campagne présidentielle de 2007, avaient, une nuit, fleuri sur les murs de Paris. Elles disaient «Votez Le Pen», mais, sous ce slogan, montraient... le visage de Nicolas Sarkozy. Manière, pour les associations de gauche à l'origine de cette campagne, de dénoncer l'ultra-droitisation du candidat de la droite. A l'époque, cet amalgame entre droite et extrême droite avait fait grand bruit.

Pour la petite histoire, Nicolas Sarkozy y avait plutôt habilement réagi. Au lieu de monter lui-même au créneau – ce qui aurait donné encore plus d'écho à cette initiative –, il avait envoyé au front l'auteur du cliché utilisé sur ces affiches: un grand photographe de mode. Qui avait menacé les associations d'un procès, pour avoir utilisé l'image sans en détenir ni les droits d'auteur, ni l'autorisation de son créateur. Craignant d'être condamnés à des dommages et intérêts astronomiques, les anti-sarkozystes avaient dû mettre fin à leur campagne d'affichage – son visuel n'en avait pas moins connu un grand succès sur le net.

Une demi-douzaine d'années plus tard, donc, rebelote. Avec cette fois, le nom Le Pen qui se réfère non au père, mais à la fille. Et qui est accolé à une personnalité étiquetée non plus à droite, mais à gauche. Pas sûr que l'intéressé d'aujourd'hui appréciera davantage que celui d'hier.

09/06/2014

Une irruption parisienne

Ce conflit social avait jusqu'à présent la province pour cadre, mais, ce week-end, il a soudainement fait irruption à Paris. Samedi soir, à la surprise générale, une centaine d'intermittents du spectacle, de travailleurs précaires et de chômeurs ont mené une opération d'«occupation de l’Opéra Bastille». Ils ont pris la scène d'assaut, y ont déployé une banderole de solidarité envers leurs collègues grévistes du festival des Printemps des Comédiens, à Montpellier, puis ont tenu une assemblée générale sur le plateau même. Cela a beaucoup retardé le début de la représentation du jour: «La Traviata» – dont la première, mercredi dernier, à l’opéra de Montpellier, avait déjà dû être annulée.

Les intermittents protestent () contre la réforme de leur régime d'indemnisation de chômage. Plus globalement, ils veulent «en finir avec les politiques d’austérité et la casse sociale généralisée». Ils ont déposé un préavis de grève national pour tout le mois de juin. Le gouvernement est tétanisé à l'idée que la saison des festivals soit perturbée – comme cela avait été le cas en 2003: le festival d'Avignon et les Francofolies de La Rochelle, notamment, avaient dû être annulés. Manuel Valls, ce week-end, a donc nommé un médiateur, le priant de trouver une solution dans les quinze jours.

Si tel n'est pas le cas, cela risque bien de devenir le feuilleton politique et social, brûlant, de l'été.

06/06/2014

Une mise au goût du jour

Paris, Transports, Métro, Sécurité, CommunicationUne fois n'est pas coutume, un sujet très léger. Pour bien terminer la semaine. Mais un sujet qui concerne tout de même une icône de Paris, dans son genre. Un petit personnage qui a été vu par des générations entières de bambins parisiens, et par au moins autant d'enfants de touristes venus du monde entier visiter la capitale française. On veut parler de Serge, le lapin de la RATP. Celui qui, en sticker sur toutes les portes des métros et des RER, depuis 1977, invite les mômes à prendre garde de ne pas s'y «faire pincer très fort».

Le lapin Serge a donc été relooké (ici). Sans doute était-il temps, lui qui ne l'avait plus été depuis 1986. Un concours a même été lancé () sur Facebook (quasi 100.000 «J'aime»!), pour élaborer la nouvelle légende qui accompagnera ce visuel plus moderne. Et, histoire d'être totalement dans le vent, Serge a ouvert un compte Twitter (https://twitter.com/SergeLapinRATP (@SergeLapinRATP), «pour dialoguer avec ses fans».

On n'arrête décidément jamais la modernité.

05/06/2014

Un chaos moindre?

Cela promet. A partir de ce jeudi après-midi, trois chefs d'Etat sont attendus à Paris et vont y circuler: la reine Elisabeth II, Vladimir Poutine, et Barack Obama. La liste des quartiers à éviter (à cause des difficultés de circulation que ces venues vont y entraîner) est longue comme le bras. Elle va de la gare du Nord (où la Reine descendra de son Eurostar) et de tous ses environs, jusqu'aux quartiers des Champs-Elysées et de l'Etoile, en passant par la Concorde, l'Hôtel de ville, l'île de la Cité et toutes les zones à leurs alentours.

Cela promet. Alors que, en mars dernier, la simple venue à Paris du seul Président chinois y avait provoqué des embouteillages d'anthologie, et une mémorable cacophonie dans les transports publics (relire ).

On ne mettrait pas forcément la main au feu que, cette fois, cela se passera d'office mieux.

04/06/2014

«Un nouveau territoire»

C'est un hasard de l'actualité, mais il ne tombe pas mal. En ces jours où toute la France se passionne pour les identités régionales – à la faveur du fameux projet de redécoupage de l'Hexagone des Régions, qu'a esquissé François Hollande hier. Ce soir, la maire de Paris lance les premiers noms de domaine en .paris. Et elle n'est pas peu fière que la «Ville lumière» soit «l’une des toutes premières capitales au monde à pouvoir créer des adresses internet à son nom, dans le cadre d’un processus lancé en 2012 par l’ICANN». Les «pionniers» qui seront les premiers à disposer d'un site web dont l'adresse s'achève par un .paris «deviendront les ambassadeurs de Paris et participeront avec la Ville à la construction de ce nouveau territoire numérique» de demain.

Pourquoi pas. Mais l'identité régionale vaut-elle également pour une ville qui est si cosmopolite et mondialisée? Les Parisiens ont ils, eux aussi, le sens du terroir? Autant que les Auvergnats, les Bretons ou les Bourguignons? Alors que la majorité des habitants de la capitale ne sont pas des Parisiens de souche (issus de générations entières ayant vécu sans discontinuer dans cette ville), mais des ex-immigrés venus d'autres Régions – et qui, d'ailleurs, prennent souvent soin d'entretenir leurs racines non-parisiennes. On verra cela, notamment à l'aune du succès – ou pas – de ce nouveau nom de domaine si fièrement parigot.

En tout cas, le projet paraît moins passéiste et régionalo-franchouillard que celui qu'a réaffirmé hier, avec force, l'ineffable Geneviève de Fontenay qui, décidément, n'en rate pas une (relire ). Interrogée sur la nouvelle carte de France redessinée par François Hollande, la dame au chapeau a protesté. «Les gens sont attachés à leurs racines! Pourquoi il y a tant de monde qui veut venir en France? Parce que, justement, on a notre folklore, notre terroir, notre tradition. Nous, en tout cas, on continuera à faire des Miss Quercy, des Miss Centre-Val de Loire, des Miss Artois: ce qui fait la France!»

On n'est pas sûr que ce soit une très bonne nouvelle pour les femmes modernes, du Quercy et d'ailleurs.

03/06/2014

Un tableau, assez incomplet

Paris, Banlieues, Transports, Sécurité, PoliceQu'en pensent ces «Identitaires» effectuant des rondes de «sécurisation» (là) dans les transports parisiens, contre l'«ultra-violence» qui y règnerait? Selon la préfecture de police, en 2013, dans ce réseau, les interpellations de voleurs à la tire ont bondi de 30%, les vols avec violence ont connu «leur troisième année consécutive de baisse», et une centaine de graffeurs ont été interpellés.

Voici donc le tableau sécuritaire dans les transports publics de la capitale, tel que le dressent les autorités. Il a de quoi susciter, au minimum, deux remarques.

Accessoirement, le fait de faire figurer la lutte contre les tags dans ce bilan sécuritaire n'est pas anodin. Auparavant, ce phénomène urbain était rangé plutôt dans la catégorie, non des insécurités, mais des incivilités – ce qui n'est pas pareil.

Principalement, ce tableau est pour le moins incomplet. Il ne dit rien, par exemple, des éventuelles mesures qui auraient été prises en vue de minimiser les risques que, dans le métro, se reproduisent les deux faits divers très violents qu'on y a déplorés, dernièrement.

De même, l'on peut noter que les autorités sont peu loquaces sur la mésaventure, pourtant pas banale, qui est survenue à un conducteur d'une rame du RER D, la semaine dernière. Lorsque, un beau matin, en pleine heure de pointe, son train arrivant dans une gare de banlieue (Evry-Courcouronnes), il s'est pris carrément... une balle de gros calibre. Le coup de feu a vraisemblablement été tiré à l'aide d'un fusil, depuis une passerelle piétonne jouxtant la gare. La balle a abouti sur la portière de la première rame située juste derrière la cabine du conducteur. Et ce n'est que par miracle qu'elle n'a pas fait de blessés.

Paris, Banlieues, Transports, Sécurité, PoliceAu passage, c'est sur cette ligne que, déjà, l'an dernier, une bande d'une vingtaine d'ados avait fait irruption dans un train, puis avait rançonné ses passagers, les contraignant de leur remettre leurs portables, portefeuilles, bijoux, etc. A l'époque, l'affaire avait fait grand bruit, certains ayant comparé ce raid à «une attaque de diligence»...

Un peu de mesure, donc, dans les cocoricos policiers: la situation sécuritaire dans les transports publics de Paris et de sa région peut sans doute encore, et nettement, être améliorée.