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03/07/2014

Un étonnement ou l'autre

Personnalités, Sarkozy, Valls, Langue française, Justice, Communication«Dans les yeux». Le grand retour radiotélé de Nicolas Sarkozy, hier soir, nous a fait sursauter au moins sur un point. Quand, regardant ses intervieweurs bien droit «dans les yeux», il leur a assuré qu'il n'avait rien à se reprocher. On aurait été lui qu'on se serait bien gardé d'utiliser une telle expression. Si connotée en politique française, depuis que, «les yeux dans les yeux» de toute la classe politique et médiatique, pendant des mois, l'ex-ministre PS Jérôme Cahuzac assura ne pas détenir un compte bancaire non-déclaré à l'étranger. Avant de finir par devoir reconnaître les faits, mettant piteusement son mensonge sur sa «part d'ombre». Pas sûr, dès lors, que Nicolas Sarkozy avait vraiment intérêt à proclamer son innocence «dans les yeux» de ses interlocuteurs, et à travers eux dans ceux des Français

Le matin même, déjà, on avait au moins autant sursauté, à l'écoute cette fois de Manuel Valls. En entendant le Premier ministre lâcher, à propos de Nicolas Sarkozy: «Les faits sont graves». Or, à ce stade, il n'y a pas de «faits»: juste des présomptions pesant sur l'ex-Président, des indices graves et concordants. Ce dérapage faisait furieusement penser à celui qu'avait commis, en juillet 2003, un certain... Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur. Quand il avait annoncé «l'arrestation de l'assassin» en cavale du préfet de Corse, Claude Erignac. Alors qu'Yvan Colonna, à ce moment-là et par la force des choses, n'avait pas encore été jugé et encore moins condamné, donc était présumé innocent. Manuels Valls a beau détester être comparé à Nicolas Sarkozy, là, pour le coup, il lui a fameusement ressemblé, dans son écart de langage.

A la fin de cette journée, d'ailleurs, il était assez stupéfiant de constater que ces deux étrangetés de communication avaient été le fait de deux hommes politiques qui sont pareillement censés être de très grands experts en com', et qui sont à longueur de journées entourés et conseillés par des hauts communicants supposés de choc.

C'est à n'y plus rien comprendre.

Commentaires

"Les yeux dans les yeux" rappelle également le débat Mitterrand/Chirac de 1988 au cours duquel le leader socialiste avait affirmé "les yeux dans les yeux" que Chirac lui avait affirmé que Gordji était responsable des attentats parisiens.

Écrit par : Paillès | 03/07/2014

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