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11/07/2014

Une pause estivale, bienvenue

FERMÉécriteau.jpgL'actualité commençant tout doucement à se mettre au rythme estival, et les ministres eux-mêmes allant bientôt partir en vacances, on va s'éclipser, et ce blog partir à la plage: faire une pause de quelques semaines, histoire de reprendre des forces après ces derniers mois si denses et intenses.

«Paris Libre» reprendra son cours normal vers la deuxième quinzaine d'août.

En attendant, bel été à toutes et tous. Et bonnes vacances, si vous aussi avec la chance de pouvoir en prendre.

10/07/2014

Un temps de repos assez bref

«Reposez-vous. Si on peut éviter d’avoir des zombies à la rentrée de septembre, c’est aussi bien. Le repos, c’est normal». C'est, d'après des échos, la consigne que l'entourage de Manuel Valls aurait donnée aux ministres, à l'approche des vacances d'été. Malgré cette invitation à la détente, les membres du gouvernement ne prendront que peu de congés, sitôt achevé le dernier Conseil des ministres de la saison, le 4 août. Quatorze jours maximum, la rentrée du gouvernement étant programmée le 18 août. C'est deux jours de vacances en moins que durant l'été 2013, et six de moins qu'en 2012.

En plus, pendant cette pause estivale, les ministres devront se conformer à une double obligation. Rester en permanence joignables, bien sûr. Et séjourner à 2h30 maximum de Paris, pour être en mesure de regagner rapidement la capitale en cas de crise majeure. Comme chaque été, la ministre de la Justice, Christiane Taubira, bénéficiera d'une dérogation, qui lui permettra de rentrer dans sa famille en Guyane.

Puisqu'on parle des vacances des éminences, s'il faut en croire un récent sondage (mais oui, on consacre des sondages à cela...), deux Français sur trois (67%) ne partiraient pour rien au monde à la plage avec une personnalité politique. La minorité de sondés qui n'est pas rétive à cette idée jetterait son dévolu sur, évidemment, la jeune et avenante ministre Najat Vallaud-Belkacem (8%), plus populaire en cette matière que sa collègue Ségolène Royal (3%) et même que le duo Valls-Hollande (2% chacun). Nicolas Sarkozy (6%) et même Marine Le Pen (5%) font un score meilleur que celui du tandem exécutif.

L'histoire ne dit pas si ces personnalités seraient ravies, elles, de partager leurs si courtes vacances avec des Français moyens.

09/07/2014

Un exemple de bonne gestion

Partis, UMP, PersonnalitésEtre endetté jusqu'au cou. Mais, malgré tout, donner à autrui, à longueur de journées, des leçons de bonne gouvernance. C'est le paradoxe qu'incarne l'UMP. Puisque, hier soir, l'audit mené sur ses finances a confirmé que le parti sarkozyste était endetté à hauteur de plus de 70 millions d'euros. Après cela, chacun jugera si la première formation de l'opposition est vraiment bien qualifiée pour critiquer à tout bout de champ le gouvernement sur sa gestion des déficits et la réduction des dépenses publiques.

Le plan financier qu'a approuvé l'UMP hier prévoit «un pilotage resserré» de ses dépenses. Toutefois, le «début du désendettement du parti» n'est pas attendu avant la fin 2017. Avec une double réserve. D'abord, à cette période, l'UMP sera encore dans le rouge de 55 millions, ce qui n'est tout de même pas rien. Ensuite, admet-il lui-même, ces «projections s'appuient sur une hypothèse où les perspectives de recettes (adhésions, dons) demeurent incertaines».

C'est le moins que l'on puisse dire. Donner de l'argent, en tant que mécène ou simple adhérent, à une organisation qui, visiblement, le jette par les fenêtres, il faut vraiment avoir envie.

08/07/2014

Un partenariat inattendu

La Française des Jeux érigée au rang de «grand partenaire» du cycle commémoratif du centenaire de la Première guerre mondiale. Cela se passera demain et en grandes pompes, lors d'une cérémonie aux Invalides.

On a été assez surpris, en prenant connaissance de cette information. A priori, on ne voyait pas bien le rapport entre la société aux si matérialistes Euromillions, Loto, Morpions et autres jeux de grattage et de tirage, et le centenaire des valeureux poilus. Et bien oui, il y a un lien. Comme on le précise au ministère de la Défense, la FdJ est «l’héritière de la Loterie nationale venant en aide aux invalides de guerre et aux anciens combattants, et compte encore dans son actionnariat l’Union des blessés de la tête et de la face, les «gueules cassées», et la Fédération Maginot».

Plusieurs grands événements vont d'ailleurs, prochainement, mettre en lumière ce centenaire. Courant juillet, sept étapes du Tour de France traverseront des champs de bataille de 14-18. Et le 14 juillet, le traditionnel défilé militaire de fête nationale, sur les Champs, s'inscrira dans cette dimension mémorielle. «La France sera, ce jour, la capitale mondiale du centenaire, puisqu’elle a invité 80 pays, qu’ils aient été belligérants sur le théâtre européen ou qu’ils aient envoyé des travailleurs en France», se réjouit le ministère de la Défense nationale. Le tableau final du défilé présentera une chorégraphie de José Montalvo, sur le thème «La paix, la jeunesse, l’espoir, le renouveau». Elle sera interprétée par des jeunes de toutes nationalités. Sur les 80 pays invités, 68 ont déjà confirmé qu'ils enverraient bien une délégation de jeunes pour participer à ce spectacle.

07/07/2014

Un sujet de discorde? Pas vraiment

Sports, Télévision, Art de vivre, Femmes, HommesLes Bleus de retour à la maison, la France ayant été battue par l'Allemagne. Un malheur n'arrivant jamais seul, les Français ne peuvent même pas se consoler de leur élimination en se disant qu'au moins, la diminution de la frénésie footeuse à la télé, qu'elle va entraîner, ramènera la paix dans les ménages. La fin, donc, du plan: Monsieur rivé devant sa télé et surtout à ne pas déranger, Madame se morfondant en rêvant de regarder un autre programme. Et bien non. Car, s'il faut en croire un sondage (mais oui, on fait même des sondages là dessus...), cette compétition n'a pas spécialement tendu les relations de couple, dans l'Hexagone.

Ainsi, avant l'entame de ce tournoi, seules 8% des femmes françaises en couple disaient le redouter, et 73% des couples estimaient que cette compétition n'allait changer en rien leur quotidien. Ce serait surtout les célibataires, en fait, qui s'imagineraient que cet événement sportif et télévisuel perturbe la vie des ménages. Encore mieux: 64% des hommes en couple assurent préférer passer une soirée en amoureux plutôt qu'être scotché seul devant la télé, à regarder du foot.

On est, toutefois, un peu sceptique sur ce dernier chiffre. Au vu de l'hystérie, très majoritairement masculine, dont on a été témoin à Paris, ces dernières semaines – pas grand-chose ne semblait être en mesure de détourner les mâles du petit écran.

04/07/2014

Un impact saisissant

Le grand match fatidique, donc, à 18 heures, pour les Bleus. Si la France une fois de plus s'incline face à l'Allemagne, ce sera assurément, pendant tout le week-end, le grand drame national. Pour autant, tout n'aura pas été perdu, pour le Français de la rue. En effet, tout à l'heure, à la sortie des bureaux, il va perdre beaucoup moins de temps... dans les embouteillages.

Depuis le début du Mondial, le phénomène a été observé chaque jour où l'équipe tricolore a joué. Et il a même été quantifié, par une société de services info trafic. Ainsi, le mercredi où, à 21h45, s'est déroulée la rencontre entre la France et l'Equateur, dès entre 17h et 20h, le trafic a baissé de 12% à Paris, de 11% à Lyon et de 9% à Marseille. Et, dans la capitale entre 22 et 23h, soit quand la partie battait son plein, la circulation a carrément chuté de 25%.

L'autre jour, d'ailleurs, au moment où la France rencontrait le Nigéria, Paris n'était plus du tout Paris, et c'en était vraiment saisissant. Très peu de monde (et, singulièrement, beaucoup moins d'hommes que de femmes) dans les rues – hormis, bien sûr, devant les bistrots diffusant la rencontre. Des queues nettement moins longues que d'habitude devant les musées, à l'Opéra, ou aux guichets de La Poste. Pas la moindre attente aux caisses des supermarchés ou aux bornes Vélib'. Et toute la place disponible pour soi sur les bancs publics, dans les bus et métros, à la piscine municipale, ou dans les salles de cinéma. On se serait cru à la mi-août.

Ce soir probablement à nouveau, donc, pour des millions de Français, moins de bouchons, moins de coups de klaxon, moins de stress (au volant, en tout cas), moins d'accidents de la circulation, et moins de pollution. Sans doute est-ce déjà cela.

11:26 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris, sports

03/07/2014

Un étonnement ou l'autre

Personnalités, Sarkozy, Valls, Langue française, Justice, Communication«Dans les yeux». Le grand retour radiotélé de Nicolas Sarkozy, hier soir, nous a fait sursauter au moins sur un point. Quand, regardant ses intervieweurs bien droit «dans les yeux», il leur a assuré qu'il n'avait rien à se reprocher. On aurait été lui qu'on se serait bien gardé d'utiliser une telle expression. Si connotée en politique française, depuis que, «les yeux dans les yeux» de toute la classe politique et médiatique, pendant des mois, l'ex-ministre PS Jérôme Cahuzac assura ne pas détenir un compte bancaire non-déclaré à l'étranger. Avant de finir par devoir reconnaître les faits, mettant piteusement son mensonge sur sa «part d'ombre». Pas sûr, dès lors, que Nicolas Sarkozy avait vraiment intérêt à proclamer son innocence «dans les yeux» de ses interlocuteurs, et à travers eux dans ceux des Français

Le matin même, déjà, on avait au moins autant sursauté, à l'écoute cette fois de Manuel Valls. En entendant le Premier ministre lâcher, à propos de Nicolas Sarkozy: «Les faits sont graves». Or, à ce stade, il n'y a pas de «faits»: juste des présomptions pesant sur l'ex-Président, des indices graves et concordants. Ce dérapage faisait furieusement penser à celui qu'avait commis, en juillet 2003, un certain... Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur. Quand il avait annoncé «l'arrestation de l'assassin» en cavale du préfet de Corse, Claude Erignac. Alors qu'Yvan Colonna, à ce moment-là et par la force des choses, n'avait pas encore été jugé et encore moins condamné, donc était présumé innocent. Manuels Valls a beau détester être comparé à Nicolas Sarkozy, là, pour le coup, il lui a fameusement ressemblé, dans son écart de langage.

A la fin de cette journée, d'ailleurs, il était assez stupéfiant de constater que ces deux étrangetés de communication avaient été le fait de deux hommes politiques qui sont pareillement censés être de très grands experts en com', et qui sont à longueur de journées entourés et conseillés par des hauts communicants supposés de choc.

C'est à n'y plus rien comprendre.

02/07/2014

Une fermeture définitive

Nicolas Sarkozy pourrait donc un jour être jugé pour corruption et trafic d'influence actifs, ainsi que recel de violation du secret professionnel: les trois chefs de la mise en examen qui lui a été notifiée, dans la nuit. Pour l'anecdote, si d'aventure et par extraordinaire l'ex-Président venait effectivement à être renvoyé en correctionnelle et à comparaître au Palais de justice de Paris, il ne pourra y bénéficier d'une commodité, dont la fermeture définitive vient d'être confirmée.

On veut parler de ce qui fait figure d'institution, dans le petit monde judiciaire parisien: la buvette du Palais de Justice, de manière plus chic officiellement dénommée le «Buffet du Palais». Depuis 1894, dans un joyeux brouhaha, s'y côtoyaient prévenus, avocats, greffiers, policiers, chroniqueurs judiciaires et magistrats. En mars, l'exploitant avait averti qu'il risquait de devoir bientôt jeter l'éponge, faute de rentabilité suffisante de l'établissement. Ces jours-ci, la fermeture définitive de la buvette a été confirmée. Les lieux seront remis à la disposition du tribunal, en attendant le déménagement de celui-ci, dans quelques années.

Cette buvette n'était pas qu'un endroit de détente, c'était aussi un lieu chargé d'Histoire. En effet, ce local était autrefois affecté à la Conciergerie voisine: la célèbre prison parisienne, aux si illustres pensionnaires – Marie-Antoinette et les Girondins, notamment. Précisément, l'actuel «Buffet du Palais» servait à l'époque de greffe de la Conciergerie. C'était donc là que les quelque 2700 hôtes de la Conciergerie condamnés à mort sont venus signer le registre officiel de leur levée d'écrou, avant de partir pour l'échafaud.

Une page de la petite histoire de la capitale se tourne. Nicolas Sarkozy, s'il est un jour jugé au Palais de Justice de Paris, ne pourra, entre deux audiences, aller refaire le monde à la buvette. Cette perspective ne doit pas exagérément le chagriner. Outre qu'il a d'autres chats, autrement moins anecdotiques, à fouetter, il ne boit jamais d'alcool.

01/07/2014

Une première après l'autre

Justice, Personnalités, SarkozyUn ex-Président après l'autre. Fin 2007, Jacques Chirac était entré dans l'Histoire, en devenant le premier ancien chef d'Etat à être mis en examen. Ce mardi, son successeur à l'Elysée, Nicolas Sarkozy, est carrément devenu le premier ex-hôte de l'Elysée placé en garde à vue. Dans le cadre des soupçons de trafic d'influence qui pèsent sur lui.

La réforme en cours de la garde à vue, qui crée des nouveaux droits pour le justiciable, n'entrera en vigueur qu'en 2015. Dès lors, le justiciable Nicolas Sarkozy ne pourra, dès à présent, en bénéficier. S'il y a une logique dans tout cela, il n'en sera nullement chagriné, puisque son propre parti, l'UMP, a toujours bataillé contre un tel assouplissement, jugé «laxiste», de cette mesure de privation de liberté.

En revanche, la réforme de la garde à vue de 2011 (ici) s'applique bel et bien à l'ex-Président. Elle permet notamment à l’avocat de s’entretenir pendant 30 minutes avec son client avant son placement en garde à vue, de consulter ses procès-verbaux d’audition, voire d'assister aux interrogatoires. Léger problème, dans le cas d'espèce: le propre avocat de Nicolas Sarkozy, Thierry Herzog, est... lui aussi et au même moment, dans un bureau différent de la police judiciaire, gardé à vue: dans ce même dossier de trafic d'influence présumé.

Rien n'est jamais simple, décidément, dans les «affaires» des partis politiques français.