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25/09/2014

Une macabre liste qui s'allonge

Avec l'assassinat hier soir du touriste niçois qui avait été enlevé par des islamistes en Algérie, elle commence à dramatiquement s'allonger, la macabre liste des Français ayant perdu la vie après avoir été pris en otage par des islamistes. Au mois d'avril, déjà, le groupe jihadiste Mujao avait annoncé la mort du touriste Gilberto Rodriguez Leal, qu'il avait enlevé à la fin 2012 au Mali. Et l'été dernier, c'était l'homme d'affaires Philippe Verdon qui avait été assassiné par Al-Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi). Trois ans après la mort en détention, possiblement pour raison de santé, de l'otage Michel Germaneau, que le même Aqmi avait enlevé dans le Nord du Niger au printemps 2010.

A cela, il faut encore ajouter la mort de trois otages tués lors d'opérations manquées de libération. Denis Allex: agent des services secrets, décédé en 2013 à la suite de l'assaut donné aux islamistes somaliens des shebabs qui le détenaient depuis quatre ans. Antoine de Leocur et Vincent Delory: les deux jeunes qui, début 2011, avaient péri lors ou en marge du raid aérien mené par l'armée française contre les islamistes les ayant enlevés à Niamey. Sans oublier – même si les circonstances et le motif exacts de leur mort restent à préciser par la justice française – la jeune photographe de presse qui fut victime d'un guet-apens en République centrafricaine au mois de mai, et les deux journalistes de RFI assassinés au Nord-Mali, peu après leur enlèvement, à la fin 2013.

Mais il y a une différence entre tous ces décès tragiques et celui qui vient d'endeuiller la France. Hier soir, pour la première fois s'agissant d'un Français, cet assassinat a été sciemment mis en scène, des images ont été enregistrées sur une vidéo, et celle-ci a été diffusée dans le monde entier à des fins assumées de propagande. Ces images sont donc visibles en France aussi, et y compris par les proches de l'otage assassiné. Jamais auparavant on n'avait connu cela. Jusqu'à présent, même dans les cas les plus anciens et mémorables d'otages ayant trouvé la mort en détention (Michel Seurat par exemple: au Liban au milieu des années 80), le supplice qui leur avait été infligé n'avait pas donné lieu à la moindre image (hormis de ponctuelles preuves de vie), n'avait en tout cas jamais été mis en scène de la sorte.

D'où l'immensité du choc, à Paris et dans tout le pays.

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