Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

23/10/2014

Un impact sanitaire insoupçonné

C'est une petite info qui, vue depuis l'univers bétonné et bitumisé de Paris, paraît délicieusement campagnarde et bucolique. Mais, à l'échelle du pays, elle n'est tout de même pas si anecdotique. Cela n'a échappé à personne: la France a connu un été particulièrement pluvieux et un mois de septembre très doux. Cette météo atypique a un impact sanitaire particulier, auquel, on l'avoue, on n'aurait pas tout pensé, en tant que citadin 100% urbanisé. Figurez-vous que... «la saison des champignons a commencé plus précocement». Du coup, le nombre d'intoxications et d'hospitalisations qui leur sont dues est en explosion.

Les indicateurs – mais oui, il existe en France des indicateurs pour cela: voir – sont formels. Ils sont basés sur les données qui remontent des centres antipoison et de toxicovigilance, ainsi que des urgences hospitalières. Ces trois derniers mois, 460 cas d’intoxication par des champignons ont été enregistrés. Elles ont donné lieu à 188 passages aux urgences. C'est beaucoup plus que l'an dernier, à la même époque (265 intoxications, 103 interventions hospitalières). Pendant huit semaines consécutives, ces derniers mois, de 35 à 75 intoxications ont été dénombrées chaque semaine. Si les passages aux urgences pour ce motif ont été plus fréquents dans des zones comme Midi-Pyrénées, Pays de la Loire et Rhône-Alpes, «toutes les régions géographiques (du pays) sont concernées» par le phénomène.

Depuis le début de la surveillance saisonnière en la matière, seize cas graves d'intoxication ont été enregistrés. Pour treize de ces cas, «un syndrome phalloïdien» a été constaté. A savoir, un syndrome qui «peut être à risque de complications sévères, voire mortelles, pouvant nécessiter une prise en charge en réanimation, et une greffe hépatique». Et un décès a été déploré.

Les commentaires sont fermés.