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26/11/2014

Une croisade qui n'en finit pas

Quarante ans plus tard, la France se remémore l'âpre combat qu'elle a dû mener pour l'avortement. La loi Veil, qui dépénalisa l'IVG, n'a été votée qu'au début de l'année 1975, mais c'était dans ces jours de la fin novembre 1974 que le Parlement avait débuté le débat houleux relatif à ce texte de loi. Cet après-midi, l'Assemblée votera une résolution solennelle, qui réaffirmera «le droit fondamental» à l'IVG et la nécessité de continuer à veiller à son accès effectif, pour toutes les femmes.

Un accès contre lequel, quarante ans plus tard, certains continuent de militer. Au sein d'une mouvance anti-IVG qui est sortie galvanisée de la grande croisade des anti-«mariage pour tous», en 2013 – les activistes «pro-vie» (anti-IVG, en clair) ayant d'ailleurs toujours constitué un des piliers constitutifs majeurs de «La Manif pour tous».

A Paris, la justice a eu à statuer sur un des hérauts de cette cause anti-IVG, dernièrement. Le Dr Xavier Dor, octogénaire, pédiatre à la retraite, et dirigeant d'une association de défense des «tout-petits». L'homme a un lourd casier judiciaire, lui qui a déjà été condamné une dizaine de fois pour des actions anti-IVG. Cette fois, il était rejugé en appel pour avoir fait intrusion à deux reprises, en juin 2012, dans des locaux parisiens du Planning familial. Il y avait abordé une femme qui attendait de consulter en vue d'une IVG, et lui avait donné une médaille de la Vierge Marie ainsi qu'une paire de chaussons pour bébés. Xavier Dor a une nouvelle fois été condamné en appel, comme il l'avait déjà été en première instance. Condamné à 10.000€ d'amende, pour délit d'entrave à l'IVG.

L'an dernier, ce délit a été durci, et son champ étendu (voir par exemple ). A l'origine, il ne s'appliquait qu'aux actes «commis en vue d’empêcher ou de tenter d’empêcher une interruption volontaire de grossesse», au sein des établissements médicaux. Désormais, il punit également l'entrave au libre accès à l'information sur cet acte médical, ainsi que les tentatives de blocage des centres qui le pratiquent.

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