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01/12/2014

Une obligation permanente de «mesure»

Télévision, Médias, JournalismeElles continuent décidément de faire débat, les règles qui obligent les télés françaises à traiter dignement y compris les actualités les plus dramatiques et macabres: les actes et faits de guerre, et, plus globalement tout ce qui a trait à la souffrance humaine. Pour preuve, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) vient à nouveau d'intervenir à deux reprises sur la question. Il s'agit encore et toujours de cette charte qu'on a déjà évoquée dans ce blog (relire ici ou , par exemple). Elle interdit notamment aux télés de «présenter de manière manifestement complaisante la violence ou la souffrance humaine», et leur impose de faire preuve de «mesure» lorsqu’elles diffusent des images «concernant une victime ou une personne en situation de péril ou de détresse».

Cela oblige souvent les chaînes à recourir au floutage. Ce que n'a pas totalement fait, cet été, I>Télé. A l'occasion d'un reportage sur la Syrie, elle a diffusé des images non floutées de cadavres de soldats, gisant au sol. Ce qui lui a valu une plainte. Le CSA a cependant dédouané la chaîne. Car les visages des victimes, eux, étaient bel et bien floutés, un avertissement sur le caractère choquant de la séquence avait été préalablement adressé aux téléspectateurs, la diffusion était «justifiée par les nécessités de l’information», et les journalistes avaient «fait preuve de réserve s’agissant de l’authenticité des images diffusées». Le plaignant, dès lors, a été débouté.

En revanche, le «gendarme de l'audiovisuel» a été plus nuancé s'agissant d'une séquence relative à un fait divers diffusée dans le magazine «Enquête exclusive», sur M6. Elle montrait les derniers instants d'une jeune touriste en vacances à l'île de La Réunion, victime d'un grave accident de canyoning. Ses proches avaient saisi le CSA, «profondément meurtris» d'avoir vu, à la télé, l'agonie de l'intéressée. M6 n'a pas été rappelée à l'ordre, car elle avait correctement flouté le visage de la victime. Néanmoins, «comprenant le désarroi que la diffusion de cette séquence a suscité chez les plaignants», le CSA a fait en sorte que la séquence ne soit plus jamais rediffusée, et qu'elle soit même retirée de l’offre de programmes disponibles en télévision de rattrapage.

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