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05/01/2015

Un effet à court terme aussi

Paris, Santé, Environnement, GouvernementBonne année, oui. «Et bonne santé!», comme on dit dans les voeux. Mais, à Paris, sur ce point en tout cas, 2015 a mal débuté. Puisque, dès les douze coups de minuit sonnés, la capitale a enchaîné deux jours successifs (jeudi et vendredi) d'épisode de pollution atmosphérique aux particules fines. Et ce sera peut-être le cas aussi demain mardi (voir ici).

Or, ces jours-ci, est sortie une nouvelle étude scientifique qui précise l'effet sanitaire néfaste de ces particules. On savait déjà, depuis un petit temps (relire ), qu'à long terme, elles coûtent près de six mois d'espérance de vie à chaque Parisien. Ce que détaille à présent l'Institut français de veille sanitaire (InVS), ce sont les dégâts à court terme qu'elles causent également.

Concrètement, les chercheurs ont étudié les associations entre ces PM10 et la mortalité journalière par groupes d’âge et saisons dans 17 villes de l'Hexagone, dont la capitale. Conclusion? «Nos résultats confirment les effets à court terme des PM10 sur la mortalité». Plus précisément, une croissance de 10 µg.m-3 des niveaux journaliers de pollution par ces particules se traduit par une augmentation de 0,51% de la mortalité pour cause non accidentelle, pour toute l’année et pour tous âges, et de 0,55% pour la mortalité cardiovasculaire. Pour ne rien arranger, «les analyses par saisons ont montré que, pour les PM10, le plus fort impact se trouve pendant l’été, en particulier pour la mortalité cardiovasculaire et pour la mortalité non accidentelle». Enfin, pour couronner le tout, les particules fines ont des effets sanitaires à court terme «même à des concentrations conformes à la réglementation de l’Union européenne et proches des valeurs guides de l’OMS». Des concentrations que Paris, cela va sans dire, dépasse allègrement, la plupart du temps. Du coup, l'InVS insiste sur la «nécessité d'agir pour diminuer les niveaux de particules», cette action devant «concerner tant les pics que les niveaux de fond» de cette pollution.

Paris, Santé, Environnement, GouvernementMais, rien n'étant jamais simple en France, au moment où cet organisme dépendant du ministère de la Santé prend cette position, le ministère de l'Environnement, lui, assouplit la réglementation. Comme en a témoigné la décision fracassante prise à la fin de l'année par Ségolène Royal. Opposée à toute «écologie punitive», elle a invalidé le règlement qui, en région parisienne, voulait interdire dès 2015 les feux de cheminée, qui contribuent à cette pollution aux particules.

On a beau avoir changé d'année, on n'est décidément pas sorti de l'auberge.

Commentaires

Pour ce qui est de la nocivité des particules fines, se reporter au "Canard Enchaîné" du 10 décembre, où le volatile, pourtant "ecolo friendly" remonte à la source de cette légende mortifère, tout comme l'avait fait dans un livre l'ancien directeur de la santé, Jean de Kervasdoué, tout ça pour montrer que les études à partir de modèles mathématiques sont aussi performantes que celles qui mènent la finance à partir des mêmes méthodes.

Souvenons-nous que la vache folle devait tuer des centaines de milliers de personnes en Europe, tout comme les dizaines de millions de vaccins commandés par la mère Bachelot, à partir de ce genre de projections.

Écrit par : cp | 05/01/2015

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