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11/01/2015

Un quartier au centre d'une journée historique

Paris, Police, Sécurité, Journalisme Quelques coulisses de cette journée historique qu'a vécue Paris, ce dimanche. Vus depuis notre quartier du onzième arrondissement, plus que jamais concerné puisqu'il a été le premier endeuillé par la si meurtrière semaine écoulée.

Rue Saint-Sabin ainsi que dans quantité d'autres artères à proximité, il ne fallait vraiment pas être allergique à la couleur bleu marine. Dès les premières heures de la matinée, ces rues étaient entièrement, sur toute leur longueur, réservées aux véhicules de gendarmes, de CRS et de policiers.

Boulevard Richard Lenoir, des policiers lourdement armés et vêtus de gilets pare-balles ont, pendant toute la journée, stationné y compris... dans la cour intérieure de l'immeuble où se trouve le bureau parisien de «La Libre». Non pas, bien sûr, pour protéger ses modestes occupants. Mais parce que la même résidence héberge également un habitant qui, en ces temps, est susceptible de constituer une cible de choix, pour les poseurs de bombes et autres tueurs en puissance. Pour raison de sécurité – même si on doute un peu que les islamistes lisent «Paris Libre»... – , on ne s'étendra pas sur l'identité de l'intéressé.

Le hasard a voulu qu'aux grilles d'entrée de ce même immeuble – tout proche du lieu de l'attentat contre «Charlie» –, les gens du quartier, dès mercredi, aient commencé à déposer des bougies, des fleurs, des mots et des dessins en hommage aux victimes. Jour après jour, ce lieu de recueillement n'a cessé de grandir. A présent, c'est devenu un des plus imposants du quartier. Du coup, on ressent désormais une impression un peu bizarre – celle de pénétrer dans un mausolée – chaque fois que l'on franchit les grilles de l'immeuble, direction le bureau pour aller y travailler.

Sur ce même boulevard Richard Lenoir cet après-midi, sur le coup de 16 heures, la foule amassée était si dense qu'à pied, il fallait compter en moyenne une bonne minute pour chaque mètre parcouru. Avancer plus vite était physiquement impossible. Imaginez la facilité d'aller et venir, de réaliser un reportage sur une manifestation, dans de telles conditions.

Boulevard Voltaire à la même heure, et même dès une heure auparavant, on avait beau être muni de tous les badges et accréditations officiels nécessaires, on avait beau s'armer de son plus grand sourire, on avait beau parlementer longuement, surjouer l'amabilité et/ou jurer d'une indéfectible admiration de toujours pour la corporation des policiers, on n'était plus autorisé à franchir le moindre cordon de sécurité. Là aussi, pas facile de travailler.

On va dire qu'au moins, cela a eu l'avantage et l'intérêt de constituer une mémorable nouveauté, dans les usages journalistiques en République: un pass tout ce qu'il y a de plus officiel (délivré par le palais de l'Elysée) qui permet... de ne passer nulle part.

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