Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

19/01/2015

Un afflux ininterrompu

Paris, Médias, Police, SécuritéUn gros crayon brisé en deux. A ses côtés, des petites plaquettes jaunes avec des chiffres noirs, comme on en voit sur les scènes de crime aux endroits où des douilles ou des impacts de balles ont été retrouvés. Le tout, entouré de bandelettes rappelant celles qu'utilise la police pour délimiter les périmètres interdits d'accès.

C'est l'installation qu'a réalisée un artiste, dans le petit passage conduisant à la rue Nicolas Appert, où a été commis l'attentat contre «Charlie Hebdo».

La tuerie a beau dater de dix jours déjà, la foule continue à affluer, pour se recueillir et témoigner de sa solidarité avec les victimes. Pendant tout le week-end, en tant que riverain de la rue Appert, on n'a cessé d'être accosté par des gens avec des bouquets de fleurs à la main, qui demandaient où se trouvait la rédaction de «Charlie». Un identique défilé ininterrompu se déroule, depuis dix jours, place de la République et devant l'épicerie casher de la porte de Vincennes.

Le périmètre de sécurité s'est un peu rétréci, dans notre quartier du onzième arrondissement. Mais la rue Appert est toujours interdite d'accès dans son tronçon où se trouvait la rédaction de l'hebdo. Des policiers lourdement armés continuent de stationner en permanence devant le n°10 de l'artère: le petit hôtel d'entreprises où les journalistes avaient élu domicile.

Paris, Médias, Police, SécuritéSur les murs d'une ruelle perpendiculaire, ont été affichées la fameuse couverture du numéro de «Charlie» sorti mercredi, ainsi que toutes les pages du magazine.

Là aussi, le défilé des gens est ininterrompu. Jusque parfois tard dans la nuit y compris, on aperçoit des quidams – hommes ou femmes, jeunes ou vieux, de toutes origines et de toutes nationalités – qui, à la lumière des réverbères, lisent longuement le journal qu'ont réalisé les survivants.

Qui l'avaient promis: «Charlie» continuerait à «être drôle», et ce dès le premier numéro suivant la tragédie. Pourtant, dans la petite allée où l'hebdo a été placardé, on entend si rarement des éclats de rire, on voit si peu des sourires. Les jours ont beau passer, le temps a beau s'écouler, l'ambiance générale, à Paris, reste à la sidération la plus complète, à l'effarement le plus total. Tant et tant de gens qu'on a croisés ce week-end dans les rues du quartier, qui revenaient de ces lieux d'hommage et de recueillement et qui étaient visiblement écrasés de douleur, anéantis par le chagrin.

Les commentaires sont fermés.